vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404192 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL VPNG AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet et le 18 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Betrom, avocate, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier (Hérault) à lui verser la somme de 21 000 euros à titre de provision ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance n'est pas sérieusement contestable dès lors que victime, le 16 septembre 2019, d'un accident de service, son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) a été fixé à 15% ;
- le montant de la provision est conforme à celui que la jurisprudence attribue à l'espèce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, le centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier, représenté par son vice-président en exercice par Me Constans, avocat, membre de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il expose que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et de l'absence de recours préalable ;
- la requête est infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". L'article R. 421-2 du même code énonce que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ".
3. Mme A, adjoint administratif principal de 2ème classe, a été victime, le 16 septembre 2019, d'un accident de service. Il résulte de l'instruction que le centre communal d'action social de la ville de Montpellier a accusé réception, le 18 novembre 2022, de la demande de Mme A tendant au paiement de la somme due au titre de son taux d'incapacité permanente partielle de 15%. Mme A a saisi, le 23 juillet 2024, le tribunal d'une demande tendant à la condamnation du centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier à lui verser la somme de 21 000 euros à titre de provision. Ainsi, en l'état de l'instruction et au regard des dispositions précitées des articles R. 421-1 et R. 421-2 du code de justice administrative, la recevabilité de cette demande est sérieusement contestable. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. D'une part, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par Mme A.
6. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre communal d'action sociale de la ville de Montpellier.
Fait à Montpellier, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 septembre 2024.
La greffière,
B. Flaesch
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