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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404459

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404459

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404459
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, par une ordonnance du 31 octobre 2024, a rejeté la requête de Mme A qui contestait le refus partiel de remise de sa dette d’aide personnelle au logement. La requérante sollicitait une remise totale de l’indu restant de 99 euros, invoquant sa situation de précarité (chômage pour inaptitude et absence de domicile fixe). Le tribunal a constaté que, malgré une demande de régularisation, Mme A n’avait produit aucun justificatif de ses ressources et charges actuelles, rendant ses moyens inopérants ou insuffisamment précis. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que des articles L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 31 juillet et 8 août 2024, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 juin 2024 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Orientales lui a accordé une remise de 297 euros d'une dette d'aide personnelle au logement de 396 euros, laissant à sa charge 99 euros,

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient qu'elle ne peut rembourser les 99 euros restant à sa charge car elle est au chômage à cause d'une inaptitude au travail reconnue le 27 mai 2024 et sans domicile fixe.

Par un courrier du 30 août 2024, envoyé en lettre simple et en lettre recommandée retournée au tribunal le 19 septembre 2024 avec la mention " Pli avisé non réclamé ", auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme A a été invitée à régulariser sa requête et à produire devant le tribunal, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité, les justificatifs détaillés de ses ressources et de ses charges actuelles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Pour les contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la procédure de remise gracieuse définie par le code de de la sécurité sociale ne crée aucun droit à remise de dette au profit des attributaires de l'aide personnelle au logement qui sont débiteurs de sommes qui leur ont été indûment versées. Il appartient toutefois au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision rejetant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction de créance de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Mme A demande au tribunal de lui accorder la remise totale de sa dette d'aide au logement. Toutefois, en dépit de la demande expresse du 30 août 2024 qui lui a été faite, Mme A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause par la caisse d'allocations familiales qui lui a déjà accordé une remise 297 euros, ne produit aucun justificatif relatif à ses ressources et à ses charges actuelles permettant au tribunal de déterminer si, à la date de la présente ordonnance, la précarité de sa situation fait obstacle à ce qu'elle puisse rembourser l'indu d'aide au logement de 99 euros dont elle reste redevable Dans ces conditions, la requête de Mme A ne comporte que l'énoncé de moyens inopérants ou manifestement non assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il y a lieu, par suite, d'en prononcer le rejet en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 octobre 2024.

La greffière,

F. Roman

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