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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404606

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404606

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404606
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Montpellier rejette la requête de Mme A, qui contestait le refus implicite de la commission de recours amiable de la CAF de l'Hérault de lui accorder une remise gracieuse d'une dette de prime d'activité de 1 421,19 euros. La solution retenue est un rejet pour irrecevabilité, fondé sur l'article R. 222-1 (7°) du code de justice administrative. Le tribunal a constaté que la requérante n'a pas donné suite à une demande de régularisation, l'invitant à motiver sa requête et à produire des justificatifs de ses ressources et charges, comme le prévoit l'article R. 772-6 du même code. En l'absence de ces précisions, le tribunal a estimé que la requête n'était pas assortie des éléments permettant d'apprécier le bien-fondé de la demande de remise, laquelle nécessite, selon l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, de démontrer à la fois la bonne foi et la précarité de la situation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête introduite le 3 août 2024 par voie électronique au moyen de l'application informatique dite " Télérecours citoyens ", Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de prime d'activité d'un montant de 1 421,19 euros ;

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ; elle a toujours télédéclaré sa pension d'invalidité ;

- avec un salaire de 1 450 euros, elle est dans l'impossibilité de rembourser sa dette.

Par un courrier du 20 août 2024, le tribunal a rappelé Mme A qu'elle devait motiver sa requête et produire les justificatifs détaillés des ressources et des charges courantes de son foyer, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 de ce code : " Lorsqu'une partie a accepté, pour une instance donnée, l'utilisation du téléservice mentionné à l'article R. 414-6, la juridiction peut lui adresser par cette application, et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre. / Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles () ".

3. Mme A a introduit sa requête le 3 août 2024 en utilisant le formulaire mis à sa disposition par la juridiction administrative dans l'application informatique " Télérecours citoyens ". Ce formulaire contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de l'article R. 772-6 du code de justice administrative sur le rôle du juge administratif et la nécessité de lui présenter des arguments destinés à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits et de lui transmettre toutes les pièces justificatives utiles, à peine de rejet de sa requête sans audience pour défaut ou insuffisance de motivation. Par un courrier mis à disposition le 20 août 2024 dans l'application informatique précitée, le tribunal a rappelé à la requérante qu'elle devait motiver sa requête et produire les justificatifs détaillés des ressources et des charges courantes de son foyer, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité. Mme A n'a pas donné suite à ce courrier de rappel.

4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

6. Mme A demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité de 1 421,19 euros et fait valoir ses difficultés pour rembourser sa dette. Toutefois, et à supposer même que la condition tenant à la bonne foi soit remplie en l'espèce, Mme A, en se bornant à produire sa déclaration annuelle de ressources au titre de l'aide au logement pour la période d'avril 2023 à mars 2024 indiquant 19 214 euros sur la ligne " Salaires, Indemnités journalières, Revenus exceptionnels " et 5 969 euros sur la ligne " Pensions d'invalidité ", n'établit pas se trouver, à la date de la présente ordonnance, dans une situation de précarité faisant obstacle au remboursement de la somme qui lui est réclamée par la caisse d'allocations familiales. Par suite, sa requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 octobre 2024.

La greffière,

F. Roman

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