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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404627

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404627

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404627
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Montpellier rejette la requête de M. A, qui contestait les décisions de la CAF de l'Hérault lui accordant une remise partielle de 75% sur sa dette de revenu de solidarité active (RSA) et refusant la remise de sa dette d'aide personnelle au logement (APL). Le tribunal a constaté que la requête, introduite via le formulaire "Télérecours citoyens", ne contenait pas d'argumentation suffisante pour établir que les décisions attaquées méconnaissaient ses droits, et ce malgré une demande de régularisation restée sans suite. En application des articles R. 222-1, R. 772-6 et R. 772-7 du code de justice administrative, la requête a été rejetée pour défaut de motivation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête introduite le 7 août 2024 par voie électronique au moyen de l'application dite " Télérecours citoyens ", M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault lui a accordé une remise à hauteur de 75 % de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 1 815,87 euros, laissant à sa charge 453,97 euros ;

2°) d'annuler la décision du 18 juillet 2024 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise d'une dette d'aide personnelle au logement d'un montant de 580 euros, dont le solde après remboursement s'élève à 299,22 euros,

3°) de lui accorder remise totale du reliquat.

Il soutient que :

- il se trouve dans l'incapacité financière de rembourser ses dettes ;

- il a fait une erreur involontaire dans la déclaration de situation d'autoentrepreneur et a malencontreusement indiqué le statut " commercial ", sans préciser s'il agissait d'une activité de service ou de bien.

Par un courrier du 20 août 2024, le tribunal a rappelé M. A qu'il devait régulariser sa requête et produire les justificatifs détaillés des ressources et des charges courantes de son foyer, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du même code, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 " et aux termes de l'article R. 772-7 du même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête a été introduite par un avocat ou a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

3. M. A a introduit sa requête le 7 août 2024 en utilisant le formulaire mis à sa disposition par la juridiction administrative dans l'application informatique " Télérecours citoyens ". Ce formulaire contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de l'article R. 772-6 du code de justice administrative sur le rôle du juge administratif et la nécessité de lui présenter des arguments destinés à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits et de lui transmettre toutes les pièces justificatives utiles, à peine de rejet de sa requête sans audience pour défaut ou insuffisance de motivation.

4. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

5. D'autre part, et en tout état de cause, aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

7. Dans la présente instance, M. A demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse des sommes de 453,97 euros et de 299,22 euros correspondant respectivement à l'indu de revenu de solidarité active et à l'indu d'aide personnelle au logement dont il reste redevable auprès de l'organisme payeur après remise partielle de 1 361,90 euros et remboursement de 280,78 euros. M. A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause par la caisse d'allocations familiales qui lui a accordé une remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active à hauteur de 75 % du montant initial, invoque la précarité de sa situation financière. Toutefois, à l'exception de son avis d'impôt sur les revenus de 2022, il ne produit aucun justificatif permettant au tribunal d'apprécier la nature et l'importance de ses ressources et de ses charges qui feraient obstacle à ce qu'il puisse rembourser les sommes de 453,97 euros et de 299,22 euros. Par suite, son argumentation doit être regardée comme n'étant manifestement pas assortie des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. M. A conserve la possibilité, s'il s'y croit fondé, de demander à la caisse d'allocations familiales la mise en place d'un échéancier de remboursement adapté à sa situation personnelle et financière.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 octobre 2024.

La greffière,

F. Roman

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