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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2404863

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2404863

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2404863
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus partiel de remise gracieuse de trois indus de prime d'activité et d’allocations familiales. La requête a été jugée irrecevable faute pour la requérante d’avoir produit, malgré une demande de régularisation, les décisions attaquées concernant deux des indus, en méconnaissance de l’article R. 412-1 du code de justice administrative. Pour le troisième indu, le tribunal a estimé que Mme B n’établissait pas une situation de précarité justifiant une remise supplémentaire, au sens de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale. L’ordonnance a été rendue sur le fondement des 4° et 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 et 27 août 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu IM3/1 d'un montant de 555,45 euros ;

2°) d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'un indu IN6/4 d'un montant de 106,83 euros ;

3°) d'annuler la décision du 1er juillet 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Hérault ne lui a accordé qu'une remise de 355,57 euros d'un indu de prime d'activité IM3/3 d'un montant de 474,09 euros, laissant à charge 118,52 euros ;

4°) de lui accorder la remise totale des trois indus.

Elle soutient qu'elle est titulaire de l'allocation adulte handicapé et se trouve depuis six mois en situation précaire en raison de charges pour un logement indépendant.

Par un courrier du 20 août 2024, envoyé en lettre simple et en lettre recommandée, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme B a été invitée à régulariser sa requête et à produire les décisions en litige, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que () des moyens qui () ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ".

3. Aux termes de l'article R. 772-6 du même code, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

6. Par un courrier du 20 août 2024, Mme B a été invitée à régulariser l'absence de production des décisions administratives relatives aux indus IM3/1 et IN6/4 dont elle demande l'annulation et à présenter une argumentation destinée à montrer que les décisions querellées ont méconnu ses droits. En dépit de ce courrier, la requérante n'a, à l'expiration du délai qui lui était imparti, ni produit ni justifié de l'impossibilité de produire les deux décisions attaquées manquantes. En outre, Mme B, bien que justifiant de l'importance de ses charges pour un logement indépendant, n'établit pas se trouver, à la date de la présente ordonnance, dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une réduction supplémentaire de sa créance de prime d'activité IM3/3 d'un montant de 118,52 euros, aujourd'hui soldée.

7. Il résulte de ce qui précède que la présente requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Montpellier, le 31 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 octobre 2024.

La greffière,

F. Roman

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