mardi 7 octobre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2404941 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat HUCHOT |
| Avocat requérant | BAUTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2024, M. C... A..., représentée par Me Bautès, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite du 2 juin 2024 rejetant son recours à l’encontre de la décision du 18 mars 2024 en tant qu’elle notifie un indu au titre de l’allocation logement familiale ;
2°) à titre principal, de le décharger de l’obligation de payer la somme au titre d’un indu d’allocation logement familiale, ou à titre subsidiaire d’accorder une remise totale de dette ou à défaut une remise partielle de dette ;
3°) de mettre à la charge du département de l’Hérault la somme de 1 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
à titre principal, la décision est entachée d’un vice de forme en ce qu’il n’a jamais reçu de notification de l’indu au titre de l’allocation logement familiale en méconnaissance de l’article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale ;
la décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à sa situation ;
à titre subsidiaire, la décision est entachée d’une erreur d’appréciation au titre de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles ; il ne pensait pas devoir déclarer les aides versées par sa famille ; il ne saurait être considéré de mauvaise foi ; il est dans une situation de précarité compte tenu de ses ressources et de ses charges.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2025, la caisse d'allocations familiales de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l’indu a bien été notifié ;
- l’indu est bien fondé dès lors que des ressources n’ont pas été déclarées ;
- les fausses déclarations de l’intéressé font obstacle à toute remise.
M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 12 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Huchot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Huchot ;
- les observations de Me Masungh-Ma-Ntchandi, représentant M. A....
Considérant ce qui suit :
M. A... a reçu notification le 18 mars 2024 d’un indu au titre de l’allocation logement familiale (ALF) d’un montant de 2 331 euros pour la période de février 2023 à février 2024, lequel a exercé un recours gracieux. Par sa requête, M. A... demande l’annulation de la décision implicite de rejet de ce recours.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, aux termes de l’article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des indus d’allocation de logement sociale par l’article R. 823-24 du code de la construction et de l’habitation : « I. - L'action en recouvrement de prestations indues prévue à l'article L. 133-4-1 s'ouvre par l'envoi à l'assuré par le directeur de l'organisme créancier, par tout moyen donnant date certaine à sa réception, d'une notification constatant, sur la base des informations dont dispose l'organisme, que l'assuré a perçu des prestations indues. (…) ».
Il résulte de l’instruction que M. A... a reçu notification le 18 mars 2024 de l’indu de l’allocation logement familiale, objet même de la présente requête. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A... n’aura pas reçu de notification de l’indu au titre de l’allocation logement familiale doit être écarté.
En deuxième lieu, l’article L 262-3 du code de l'action sociale et des familles dispose en son alinéa 2 que : « L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat (…) ». Aux termes de l’article R. 262-6 de ce code : « Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer (…) ». L’article R. 262-11 de ce code, dans sa version applicable à l’espèce, prévoit que : « Pour l’application de l'article R. 262-6, il n’est pas tenu compte : (…) 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ; (…) ». Il résulte de ces dispositions qu’à l’exception de celles qu’elles énumèrent, toutes les ressources du foyer sont prises en compte pour le calcul des droits au revenu de solidarité active. Les aides apportées par des proches ne sauraient, toutefois, être assimilées à des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ou des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, mentionnés au 14° de l’article R. 262-11 lequel vise, en application du 4° de l’article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalités sociale particulière. Par suite, sur la période litigieuse, les sommes d’argent versées par des proches de l’allocataire, quels que soient leur objectif et leur affectation, devaient être considérés comme des ressources à prendre en compte pour le calcul des droits de l’intéressé et le moyen tiré de l’erreur d’appréciation quant à la situation de M. A... doit être écarté.
En troisième lieu, aux termes de l’article L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré (...) par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. (...) Par dérogation aux dispositions précédentes, lorsqu'un indu a été constitué sur une prestation versée en tiers payant, l'organisme peut, si d'autres prestations sont versées directement à l'allocataire, recouvrer l'indu sur ces prestations selon des modalités et des conditions précisées par décret. (...). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ».
Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Ainsi qu’il a été dit les aides financières régulières en provenance de sa famille, même pour permettre le maintien dans le logement, doivent être prises en compte pour apprécier la situation de M. A.... Par ailleurs, le requérant ne pouvait ignorer être dans l’obligation de déclarer ces ressources familiales complémentaires et a ainsi procédé à des manœuvres frauduleuses faisant obstacle à ce qu’une remise gracieuse lui soit accordée. Par suite, le moyen tiré de ce que la caisse d'allocations familiales de l’Hérault aurait fait une inexacte application des dispositions précitées en n’accordant pas une remise de dette à M. A... doit être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles à fin d’injonction.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la caisse d'allocations familiales de l’Hérault, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A... la somme qu’il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... A... et à la caisse d'allocations familiales de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2025.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
N. Huchot
La greffière,
M. B...
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 7 octobre 2025.
La greffière,
M. B...
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026