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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2405437

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2405437

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2405437
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme C A, qui contestait le refus de la CAF de l’Aude de lui accorder une remise gracieuse d’une dette de revenu de solidarité active (RSA) de 856,38 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité, mais n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, les justificatifs détaillés de ses ressources et charges. Le juge a estimé que la requête ne comportait pas de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé du moyen tiré de la précarité, en application de l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative. La décision s’appuie sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui subordonne la remise de dette à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 septembre 2024 et le 8 octobre 2024, Mme B C A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 juillet 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aude a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de revenu de solidarité active d'un montant de 856,38 euros ;

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient que :

- durant la période du 6 juin 2022 au 31 août 2023, elle était hébergée à titre gratuit par M. A qui n'était alors qu'une simple connaissance ; elle n'a pas fait de fausse déclaration ;

- elle a été en arrêt de travail pendant plus de deux mois pour dépression ;

- la retenue de 94 euros par mois opérée par la caisse d'allocations familiales sur ses droits à la prime d'activité en remboursement de sa dette de revenu de solidarité active compromet son équilibre financier.

Par un courrier du 20 septembre 2024, envoyé en lettre simple et en lettre recommandée, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme C A a été invitée à régulariser sa requête et à produire devant le tribunal, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité, les justificatifs détaillés des ressources et des charges courantes de son foyer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Pour les contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

4. Il résulte de ces dispositions que la procédure de remise gracieuse définie par le code de l'action sociale et des familles ne crée aucun droit à remise de dette au profit des attributaires du revenu de solidarité active qui sont débiteurs de sommes qui leur ont été indûment versées. Il appartient toutefois au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision rejetant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'un indu de revenu de solidarité active de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande de remise gracieuse de dette présentée par Mme C A, la caisse d'allocations familiales a retenu, d'une part, que l'indu provenait d'une déclaration tardive de l'allocataire inférieure à six mois et, d'autre part, un montant de quotient familial de 1 197,43 euros. Toutefois, à supposer même que la condition tenant à la bonne foi soit remplie en l'espèce, Mme C A, en s'abstenant de produire les justificatifs détaillés des ressources et des charges courantes de son foyer malgré la demande expresse qui lui a été faite le 20 septembre 2024, ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier la précarité de sa situation. Par suite, sa requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A.

Fait à Montpellier, le 19 novembre 2024.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 19 novembre 2024.

La greffière,

F. Roman

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