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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2406085

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2406085

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2406085
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Montpellier rejette la requête de Mme A, qui demandait l’annulation des décisions de refus de remise gracieuse de dettes de revenu de solidarité active (RSA) et d’allocation de logement sociale, pour un montant total d’environ 2 779 euros. Le tribunal a appliqué les articles L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles et L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation, qui permettent une remise en cas de bonne foi ou de précarité. Il a estimé que Mme A, bien que de bonne foi, n’avait pas démontré une situation de précarité suffisante pour justifier une remise, notamment en raison de l’absence de preuve d’impossibilité de remboursement selon un échéancier adapté. La requête a été rejetée comme manifestement infondée sur le fondement de l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 octobre et 13 novembre 2024, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Aude a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de revenu de solidarité active, référencé INK/005, d'un montant de 2 504,34 euros ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aude a rejeté sa demande du 7 mai 2024 tendant à la remise gracieuse d'une dette d'allocation de logement sociale, référencé IN4/005, d'un montant de 275 euros ;

3°) de lui accorder la remise de ses dettes.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle n'est pas en mesure de rembourser ces sommes.

Par un courrier du 29 octobre 2024, envoyé en lettre simple et en lettre recommandée, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, Mme A a été invitée à motiver sa requête, dans un délai de quinze jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Pour les contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

4. D'autre part, et en tout état de cause, aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".

5. Il résulte de ces dispositions que la procédure de remise gracieuse définie par le code de de l'action sociale et des familles et le code de la construction et de l'habitation ne crée aucun droit à remise de dette au profit des attributaires du revenu de solidarité active et de l'aide personnelle au logement qui sont débiteurs de sommes qui leur ont été indûment versées. Il appartient toutefois au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision rejetant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas déclaré la totalité de ses ressources entre le mois de mai 2022 et le mois d'avril 2023. Si la requérante soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire, les pièces produites ne permettent pas d'établir qu'elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser le solde des indus de revenu de solidarité active et d'aide au logement restant à sa charge, y compris selon un échéancier adapté à sa situation personnelle qu'il lui appartient de solliciter. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à demander la remise gracieuse de ses dettes.

7. Dans ces conditions, la requête présentée par Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Montpellier, le 4 février 2025.

La présidente du tribunal,

V. Quéméner

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 4 février 2025.

La greffière,

F. Roman

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