mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406423 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABOUCHE & MARQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Cabouche et Marquet, demande au juge des référés de prescrire une expertise aux fins de constater l'état initial des immeubles et ouvrages situés à proximité des cavités minières sur le territoire de la commune du Pradal (34600) susceptibles d'être affectés par les travaux d'investigations archéologiques et de comblement intégral de la Grande Salle de l'ancienne mine, de poursuivre la mission durant la durée des travaux et après leur achèvement afin de pouvoir constater, à la demande de l'une ou l'autre des parties, les causes et l'étendue des dommages qui pourraient survenir.
Il soutient que, compte tenu de la nature et de l'ampleur des travaux à réaliser, l'expertise sollicitée est utile aux fins de constater, avant le commencement des travaux, l'état des immeubles, situés à proximité immédiate du chantier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Aux termes de l'article R. 532-1-1 du même code, il peut " charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. () ".
2. La demande du BRGM tendant à faire dresser un constat, avant et pendant travaux, de l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par les travaux d'investigations archéologiques et de comblement intégral de la Grande Salle de l'ancienne mine du Pradal apparaît utile pour permettre éventuellement aux parties de faire valoir leurs droits, sans préjuger de l'existence et de l'étendue de ceux-ci. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé au dispositif de la présente ordonnance.
3. En revanche, la mission qui peut être confiée à l'expert en application du deuxième alinéa des dispositions précitées de l'article R. 532-1-1 se limite à l'établissement d'un état des lieux préalable à la réalisation de travaux publics ainsi qu'à la détermination des causes et de l'étendue des dommages susceptibles de survenir aux immeubles au cours des travaux. Par suite, les conclusions de la requête qui tendent à demander à l'expert d'intervenir en cas de désordres apparaissant passé le terme de l'opération de travaux, ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : M. B A est désigné comme expert avec pour mission de :
* prendre connaissance du projet de travaux d'investigations archéologiques et de comblement intégral de la Grande Salle de l'ancienne mine de plomb située sur le territoire de la commune du Pradal ;
* se rendre sur les lieux, visiter les immeubles et ouvrages riverains ;
* constater et décrire avec précision l'état de ces immeubles ;
* déterminer, le cas échéant, les causes et l'étendue des dommages qui seraient susceptibles de survenir aux immeubles au cours de l'opération de travaux ;
* au cas où l'état de ces immeubles nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par l'immeuble ou un élément de l'immeuble est susceptible de créer un danger.
L'expert pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal par voie électronique, dans les meilleurs délais. Un exemplaire de ce rapport global sera notifié par l'expert au BRGM, et la seule partie du rapport le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 4 : Les frais de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera les frais et honoraires.
Article 5 : Le surplus des conclusions du BRGM est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au bureau de recherches géologiques et minières qui, en application de l'article R. 611-4 du code de justice administrative en fera effectuer notification dans la forme administrative à toutes les parties, récépissé de cette notification étant dressé par procès-verbal du responsable de la notification et transmis immédiatement au greffe de la juridiction et à l'expert.
Fait à Montpellier, le 10 décembre 2024
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 décembre 2024
L'attachée,
C. Lemaire
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