mardi 24 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501743 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP TRIAS VERINE VIDAL GARDIER-LEONIL ROYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2025, la commune de Cournonterral (Hérault), représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Territoires avocats, demande au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise aux fins, d'une part, de déterminer la dangerosité sanitaire et environnementale des granulés de remplissage utilisés sur le terrain de football synthétique du complexe sportif Georges Frêche à l'égard des utilisateurs et riverains de l'ouvrage et des pollutions du sous-sol et des eaux pluviales de drainage du terrain, d'autre part, de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Elle soutient que l'expertise est utile dès lors que l'origine des granulés utilisés étant incertaine, la commune ne peut garantir l'absence de dangerosité des matériaux aux utilisateurs et riverains du terrain.
Par un mémoire, enregistré le 26 mars 2025, la société par actions simplifiée (SAS) Laquet, représentée par Me Mermillod-Blondin, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire, enregistré le 26 mars 2025, la société de droit italien Celanese Production Italy SRL, représentée par Me Dumilly et Me Léonard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Cournonterral la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est incompétente compte tenu de la transaction conclue entre la commune et la société Laquet et de l'absence de perspective de litige relevant de la compétence du juge administratif en ce qui la concerne ;
- la mesure sollicitée est dépourvue d'utilité dès lors qu'elle n'est pas susceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et que la requérante n'apporte aucun élément permettant de redouter le risque dont elle se prévaut.
Par un mémoire, enregistré le 1er avril 2025, la société à responsabilité limitée (SARL) Seiri, représentée par la société civile professionnelle (SCP) d'avocats Verine, Vidal, Gardier, conclut au rejet de la requête en tant que la commune ne justifie pas d'un intérêt à agir.
Par un mémoire, enregistré le 1er avril 2025, la société Edel Grass BV, représentée par la SELARL d'avocats Axone Droit public, demande à être mise hors de cause dès lors qu'elle ne commercialise pas les granulés litigieux et, à titre subsidiaire, qu'il soit donné acte de ses protestations et réserves quant à la mesure sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 2 avril 2025, la SARL Gau, représentée par la SCP Adonne avocats, conclut au rejet de la requête en tant qu'elle est dirigée à son encontre dès lors qu'elle n'est pas titulaire de l'acte d'engagement de maîtrise d'œuvre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur l'utilité de l'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur ce fondement doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
2. Pour justifier de l'utilité de la mesure qu'elle sollicite, la commune de Cournonterral fait valoir que l'absence de dangerosité des granulés utilisés n'est pas établie, eu égard au réétiquetage des lots, et qu'elle n'est donc pas en mesure de garantir leur innocuité sanitaire et environnementale. Elle ne produit toutefois aucun élément de nature à établir ses craintes alors qu'il résulte des pièces versées à l'instance que les analyses complémentaires réalisées par le laboratoire Polymex sur les matériaux utilisés par les constructeurs ont démontré que leur composition était conforme à celle attendue et n'ont révélé aucune dangerosité potentielle. Ainsi, la seule circonstance que les sacs de granulés ont été réétiquetés, sur laquelle la société Celanese Production Italy SRL s'est au demeurant expliquée, ne suffit pas à conférer à la mesure d'expertise sollicitée un caractère utile au sens des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. La demande d'expertise de la commune de Cournonterral doit donc être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Celanese Production Italy SRL sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de Cournonterral est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Celanese Production Italy SRL tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Cournonterral, à la SAS Laquet, à la société Celanese Production Italy SRL, à la SARL Gau, venants aux droits du cabinet d'architecture Garcia-Diaz, à la SARL Seiri, à la société Edel Grass BV et à la SMABTP.
Fait à Montpellier, le 24 juin 2025.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 juin 2025,
L'attaché,
Médéric Arias
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026