mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2503003 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2025, M. A demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de :
1°) suspendre l'exécution de la délibération n°27 du 3 avril 2025 par laquelle le conseil municipal d'Argelès-sur-Mer a approuvé les termes du protocole d'accord transactionnel conclu entre la commune d'Argelès-sur-Mer et la société Transport Pages et habilitant le maire à conclure ;
2°) mettre à la charge de la commune d'Argelès-sur-Mer la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir en qualité de membre du conseil municipal ayant approuvé l'acte attaqué ;
- l'urgence est caractérisée car l'exécution du protocole d'accord transactionnel est de nature à porter une atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts publics locaux dès lors que :
. la commune a manqué à ses obligations d'informations vis-à-vis des élus composant l'organe délibérant appelés à se prononcer sur l'approbation du protocole d'accord transactionnel empêchant les élus d'approuver en toute connaissance de cause le dispositif qui leur était proposé ;
. la commune s'est engagée à verser des contributions financières importantes suivant l'entrée en vigueur dudit protocole ; qu'il s'avère indispensable à faire obstacle à l'engagement des moyens financiers de la commune pour réaliser des prestations étrangères à l'exercice de ses compétences ;
- et il existe un doute sérieux quant à la légalité du contrat dès lors que :
. la commune est incompétente en matière de transport touristique tant pour déléguer cette activité de services que pour l'ériger en service public de transport communal ;
. la délibération n°27 du 3 avril 2025 est irrégulière en l'absence de fondement contractuel dès lors que l'article 59 du contrat de délégation de service public n'implique pas une obligation de reprise de biens de retour, qui n'en sont pas en l'absence de service public et de contrat support, ce dernier étant réputé n'avoir jamais existé du fait de l'annulation contentieuse à la date du 1er septembre 2024 ;
. le processus délibératif ayant précédé à l'approbation de la délibération s'avère irrégulier du fait du défaut d'informations des conseillers municipaux ;
. le protocole transactionnel doit être requalifié en contrat de la commande publique dès lors qu'en l'absence de concession, le protocole procède d'un choix propre d'externaliser le financement du matériel dans le cadre d'un dispositif contractuel.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la requête au fond.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce que suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, lorsque la requête est présentée par des membres d'un organe délibérant d'une collectivité territoriale ou d'un groupement de collectivités territoriales le juge des référés peut prendre en compte tous éléments, dont se prévalent ces requérants, de nature à caractériser une atteinte suffisamment grave et immédiate à leurs prérogatives ou aux conditions d'exercice de leur mandat, aux intérêts de la collectivité ou du groupement de collectivités publiques dont ils sont les élus ou, le cas échéant, à tout autre intérêt public.
3. En l'état, compte tenu des éléments du dossier, M. A n'établit pas que l'exécution de la délibération approuvant le protocole d'accord transactionnel conclu entre la commune d'Argelès-sur-Mer et la société Transports Pages, et habilitant le maire à le conclure, porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, ou aux intérêts qu'il entend défendre en sa qualité de conseiller municipal. Par suite, en l'absence de l'existence d'une situation d'urgence, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A.
Fait à Montpellier, le 20 mai 2025.
Le juge des référés,
E. Souteyrand La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 mai 2025.
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026