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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2504651

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2504651

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2504651
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme A... qui demandait la remise gracieuse d’un indu de prime d'activité de 1 857,28 euros. La requérante invoquait son impossibilité de rembourser, étant au chômage, et une erreur de la caisse d’allocations familiales. Le tribunal a considéré que, malgré l’invitation à régulariser sa requête, Mme A... n’a pas produit d’éléments suffisants pour établir sa situation de précarité, condition nécessaire pour obtenir une remise de dette en application de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale. La requête a donc été jugée manifestement irrecevable sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête introduite le 27 juin 2025 par voie électronique au moyen de l’application informatique dite « Télérecours citoyens », Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 20 juin 2025 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d’allocations familiales de l'Hérault a rejeté son recours administratif préalable tendant à la remise gracieuse d’un indu de prime d'activité d’un montant de 1857,28 euros ;

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient que :
- l’indu a pour origine une erreur de la caisse d’allocations familiales ; elle ne perçoit pas de pension alimentaire ;
- elle est dans l’impossibilité de rembourser sa dette ; elle est au chômage.

Par un courrier du 1ᵉʳ juillet 2025 auquel était joint le formulaire prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative Mme A... a été invitée à motiver sa requête et à produire des éléments relatifs à ses ressources et à ses charges, dans un délai de quinze jours, à peine d’irrecevabilité.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (…) ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d’une part, à la bonne foi du demandeur et, d’autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

Mme A... demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité de 1 857,28 et invoque ses difficultés pour rembourser sa dette. Toutefois, et à supposer même que la condition tenant à la bonne foi soit remplie en l’espèce, Mme A..., en se bornant à produire une quittance de loyer pour le mois de mai 2025 d’un montant de 706,91 euros et une attestation de paiement délivrée par France travail d’un montant de 1 131,60 euros, n’établit pas se trouver, à la date de la présente ordonnance, dans une situation de précarité faisant obstacle au remboursement de la somme qui lui est réclamée par la caisse d’allocations familiales qui a retenu un quotient familiale de 803 euros. Par un courrier du 1ᵉʳ juillet 2025 mis à disposition au moyen de l’application « Télérecours citoyens », consulté le 3 juillet 2025, Mme A... a été invitée à régulariser sa requête en la complétant par des éléments relatifs à ses ressources et ses charges. Il s’ensuit que sa requête qui n’a pas été régularisée est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Montpellier, le 16 février 2026.


La présidente du tribunal,




V. Quéméner




La République mande et ordonne au préfet de l’Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 février 2026.

La greffière,
N. Jernival



N° 2504651
2




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