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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2506998

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2506998

vendredi 5 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2506998
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantBETROM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande de M. C..., agent technique de la commune de Sallèles-d’Aude, afin d’évaluer l’ensemble des préjudices résultant de trois accidents professionnels survenus entre 2014 et 2021. La commune s’opposait à cette mesure en invoquant l’existence d’une expertise antérieure, mais le juge a estimé la demande utile pour permettre aux parties de faire valoir leurs droits, sans préjuger du fond. L’expert désigné devra notamment déterminer les liens de causalité, les taux d’incapacité, la date de consolidation et les divers préjudices subis. La demande de la commune tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative a été rejetée, M. C... n’étant pas la partie perdante en l’état.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2025, M. A... C..., représenté par Me Betrom, avocate, demande au juge des référés de prescrire une mesure d’expertise afin de déterminer et quantifier l’ensemble des préjudices résultant des accidents professionnels dont il a été victime dans l’exercice de ses fonctions au service technique de la commune de Sallèles-d’Aude (11590).

Il soutient que l’expertise est utile pour évaluer l’ensemble de ses préjudices, fixer le taux d’incapacité permanente partielle global pour ses trois pathologies et la date de consolidation.


Par un mémoire, enregistré le 13 octobre 2025, la commune de Sallèles-d’Aude représentée par son maire en exercice par Me Constans, avocat, membre de la SELARL VPNG conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu’il soit pris acte de ses protestations et réserves et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il expose que la mesure est inutile dès lors qu’un un expert a déjà été mandaté pour se prononcer sur ces trois pathologies.


Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :


Sur la demande d’expertise :

1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence d’une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (…) ».

2. L’utilité d’une mesure d’expertise ou d’instruction qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de ces dispositions doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. La mesure sollicitée par M. C... tendant à ce qu’un expert évalue les préjudices résultant des accidents professionnels dont il a été victime dans l’exercice de ses fonctions au service technique de la commune de Sallèles-d’Aude, apparaît utile pour permettre éventuellement aux parties de faire valoir leurs droits, sans préjuger de l’existence et de l’étendue de ceux-ci. Par suite, il y a lieu d’y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ». En l’état actuel du litige, M. C... ne peut être regardée comme ayant qualité de partie perdante pour l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à cette fin par la commune de Sallèles-d’Aude doivent dès lors être rejetées.


ORDONNE :

Article 1er : Le Docteur D... B..., chirurgien orthopédiste, est désigné comme expert avec pour mission de :
se faire communiquer tous documents relatifs à l’état de santé de M. C... et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui depuis ses accidents des 22 octobre 2014, 27 janvier 2020 et 3 juin 2021 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l’examen sur pièces du dossier médical de M. C... ;
décrire l’état pathologique du patient ;
dire si l’état pathologique de M. C... est en lien direct et certain avec ces accidents ;
dire si l’état pathologique de M. C... a entraîné une incapacité permanente partielle (préciser le taux) résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
dire si l’état de M. C... a entraîné des périodes pendant lesquelles il a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle (préciser le taux) de poursuivre son activité professionnelle ;
dire si l’état de M. C... a entraîné des périodes pendant lesquelles il a été du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ;
fixer la date de consolidation et, en l’absence, dire à quelle date il conviendra de le revoir ;
dire si après la consolidation, M. C... subit un déficit fonctionnel permanent ; évaluer l’altération permanente (préciser le taux) ;
donner son avis sur l’existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément spécifique, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l’importance, en distinguant la part imputable aux accidents des 22 octobre 2014, 27 janvier 2020 et 3 juin 2021 de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l’intéressé ;
dire si une assistance par tierce personne est nécessaire et préciser la nature de l’aide à prodiguer ;
décrire les soins futurs et préciser la fréquence de leur renouvellement ;
dire si l’état de M. C... est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l’affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
d’une manière générale, fournir toute précision d’ordre médical de nature à permettre au tribunal, saisi sur le fond, d’apprécier la qualité de la prise en charge médicale de M. C....


Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L’expertise aura lieu en présence de M. C..., de la commune de Sallèles-d’Aude et de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Hérault.

Article 5 : L’expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l’article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport par voie électronique au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 6 : Les frais et honoraires dus à l’expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l’article R. 621-11 du code susvisé.

Article 7 : Les conclusions de la commune de Sallèles-d’Aude présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C..., à la commune de Sallèles-d’Aude et à l’expert.


Fait à Montpellier, le 5 décembre 2025.


Le juge des référés,

F. Thévenet


La République mande et ordonne au préfet de l’Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 décembre 2025,
La greffière,

A-C. Romera

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