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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2600602

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2600602

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2600602
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision 48 SI du ministre de l'intérieur notifiant à Mme A... la perte de validité de son permis de conduire. La requérante invoquait l'urgence en raison de ses déplacements quotidiens et des rendez-vous médicaux pour son fils autiste. Le juge estime que les éléments fournis, notamment la possibilité d'utiliser les transports en commun ou la location de véhicules sans permis, ne caractérisent pas une situation d'urgence suffisamment grave et immédiate. Par conséquent, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la requête est rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, Mme B... A... demande au tribunal de suspendre, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision 48 SI par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié la perte de validité de son permis de conduire.

Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que l’exécution de la décision d’invalidation du permis de conduire contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle dans la mesure où elle compromet ses déplacements quotidiens indispensables, ses obligations familiales et ses rendez-vous médicaux pour son fils, autiste ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée la réalité de l’infraction du 5 août 2025 n’est pas établie dès lors qu’elle n’a jamais reçu l’avis d’amende forfaitaire majoriée ni de titre exécutoire et n’a procédé à aucun paiement.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


La présidente du Tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.






Considérant ce qui suit :

1. Mme A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision 48 SI par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié la perte de validité de son permis de conduire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes enfin de l’article L 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L.522-1 ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

4. Mme A..., pour démontrer l’urgence qu’il y aurait à suspendre l’exécution de la décision du ministre de l’intérieur constatant la perte de validité de son titre, fait valoir que cette décision préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle dans la mesure où elle compromet ses déplacements quotidiens indispensables, ses obligations familiales et ses rendez-vous médicaux pour son fils, autiste. Cependant, et quelle que soit la gêne qui en résulte pour l’intéressée et les conséquences personnelles résultant de la perte de validité de son permis, les seuls éléments ainsi avancés, alors en particulier que la requérante, domiciliée à Montpellier, n’établit pas qu’elle serait dans l’impossibilité de procéder à la location de véhicules utilisables sans permis de conduire ou d’utiliser les transports en commun pour ses déplacements personnels, ne sont pas de nature à révéler l’existence d’une situation d’urgence au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.. Par suite, sans qu’il soit besoin de vérifier s'il est fait état d'un moyen propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme A....

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de Mme A....






ORDONNE :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montpellier, le 29 janvier 2026.


Le juge des référés,






J. Charvin


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Montpellier, le 29 janvier 2026.
La greffière,





L. Salsmann


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