mercredi 14 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-1900127 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 10 et 12 janvier 2019, M. B A, représenté par Me Guillou, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge par les avis à tiers détenteurs émis à son encontre par le comptable public de Corlay et le service des impôts des particuliers de Loudéac ;
2°) de condamner l'État à lui rembourser " toutes les sommes perçues au titre des saisies évoquées et celles qui suivront pour les mêmes causes " ;
3°) de condamner l'État au remboursement intégral des frais de saisies facturés par les établissements et personnes destinataires des saisies ;
4°) de condamner l'État à lui verser " 50 euros par mois au titre du préjudice matériel de privation de moyens de vie à compter du 1er septembre 2017 jusqu'au versement " ;
5°) de condamner l'État à lui verser " 200 euros par mois au titre du préjudice moral consécutif à la perte de moyen de vie à compter du 1er septembre 2017 jusqu'au versement " ;
6°) de condamner l'État à lui verser 2 000 euros au titre du préjudice moral généré par l'attitude méprisante des agents du Trésor ;
7°) de condamner l'État à lui verser 4 000 euros " en dédommagement de la destruction des liens d'affaires et d'amitié l'entourant " ;
8°) de mettre à la charge de l'État la somme de 770 euros en dédommagement des frais de dossier ;
9°) de condamner l'État aux entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable eu égard à la primauté des dispositions sur l'accès au juge de la convention européenne ; par ailleurs, l'administration, qui n'a répondu pour la première fois à ses innombrables réclamations que le 20 décembre 2018, n'apporte aucune précision quant aux dates auxquelles lui auraient été notifiées les procédures de saisie ;
- les avis à tiers détenteur effectués par le comptable public de Corlay et le service des impôts des particuliers de Loudéac ne lui ont pas été notifiés depuis le 15 mars 2017 ;
- le comptable public de Corlay n'a plus la charge du recouvrement de ces taxes ;
- il n'est pas redevable des taxes foncières en cause dès lors qu'il a été dépossédé de l'universalité de ses biens par la procédure de liquidation personnelle prononcée le 7 juillet 1992 conformément à l'article 152 de la loi du 25 janvier 1985 et que la charge de l'impôt foncier suit la détention des biens et revenus produits ; son patrimoine est entièrement géré par le mandataire-liquidateur qui est, en conséquence, le seul débiteur des taxes foncières en application de l'article L. 641-9 du code de commerce ;
- les taxes anciennes sont prescrites en raison du défaut de recouvrement auprès du débiteur légal, le liquidateur ;
- les fonds se trouvant sur son compte appartenaient à l'association Aben et n'étaient donc pas saisissables à son encontre ;
- les agents de l'administration fiscale à différents niveaux lui ont opposé un profond mépris en ne répondant jamais à ses réclamations ;
- les agissements du comptable public de Corlay et du service des impôts des particuliers de Loudéac constituent des fautes lourdes, une escroquerie et un excès de pouvoir ;
- la multiplication des saisies non fondées auprès de ses banques, de ses caisses de retraite et de son entourage a provoqué un mécontentement des destinataires générant une suspicion à son encontre ;
- il doit être indemnisé des préjudices subis résultant du prélèvement sur le montant de sa pension de retraite de taxes foncières dont il n'est pas redevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2019, le directeur départemental des finances publiques des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal :
* les conclusions tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision par laquelle le directeur départemental a rejeté la réclamation de M. A ne sont pas recevables, cette décision ne pouvant être utilement critiquée qu'à l'occasion d'un recours formé dans le cadre de la procédure prévue aux articles R. 190-1 et suivants du livre des procédures fiscales ;
* la requête est irrecevable car tardive dès lors que les délais de saisine du tribunal administratif expiraient en juillet 2017 pour la réclamation du 20 mars 2017 et en novembre 2017 pour la réclamation du 3 septembre 2017 ;
* le requérant assigne devant le tribunal administratif un comptable incompétent pour en connaître ;
- à titre subsidiaire :
* la juridiction administrative est incompétente pour connaître des moyens tirés du défaut de notification des avis à tiers détenteur et de l'incompétence du trésorier de Corlay ;
* M. A invoque un moyen d'assiette, non recevable dans le cadre de la présente instance qui relève du contentieux du recouvrement, en soutenant il n'est pas redevable des taxes foncières en cause dès lors qu'il a été dépossédé de l'universalité de ses biens par la procédure de liquidation personnelle prononcée le 7 juillet 1992 ;
* les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2019, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires sont irrecevables à défaut d'être présentées par un avocat, ainsi que l'exigent pourtant les dispositions de l'article R. 431-2 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées dès lors que M. A n'établit ni l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État ni l'existence d'un préjudice direct et certain.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les avis à tiers détenteur émis par le service des impôts des particuliers de Loudéac et adressés à la Banque Populaire Grand Ouest les 5 et 7 juin, 6 et 11 septembre 2018 se sont révélés infructueux et n'ont pas eu d'effets sur le recouvrement des sommes en cause. M. A est par suite sans intérêt à agir et, dès lors, irrecevable à les contester devant le juge administratif.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2021.
Vu :
- l'ordonnance n° 1900128 rendue le 15 janvier 2019 par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tourre,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a, par une réclamation du 20 mars 2017, réitérée le 14 septembre 2018, contesté auprès du comptable public de Corlay la validité de l'avis à tiers détenteurs effectué le 15 mars 2017 en vue de recouvrir la somme de 4 155 euros au titre de la taxe foncière pour les années 2007 à 2010. M. A a également, par une réclamation du 3 septembre 2017, réitérée le 5 janvier 2018, contesté auprès du comptable public de Corlay la validité des avis à tiers détenteurs effectués le 25 août 2017 en vue de recouvrir des taxes foncières impayées. Son dossier a été transféré le 1er janvier 2018 au service des impôts des particuliers de Loudéac et relevait à compter du 15 octobre 2018 du pôle de recouvrement spécialisé des Côtes-d'Armor. Par une réclamation du 24 avril 2018 adressée au directeur départemental des finances publiques des Côtes-d'Armor, M. A a contesté la régularité des avis à tiers détenteurs effectués par le comptable public de Corlay les 15 mars et 25 août 2017 et demandé leur annulation. Par cette lettre, il demandait également l'octroi de dommages et intérêts en réparation des préjudices qu'il estimait avoir subis du fait de fautes commises par l'administration fiscale pendant la procédure de recouvrement. Par un courrier du 14 septembre 2018, M. A réitérait sa demande tant en ce qui concerne l'annulation des avis à tiers détenteur des 15 mars et 25 août 2017 qu'en ce qui concerne l'octroi d'une indemnisation. Il ajoutait qu'il avait été avisé par la caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaire (CRPCEN) de nouvelles saisies et les contestait également. Par courrier du 20 décembre 2018, le directeur départemental des finances publiques des Côtes-d'Armor indiquait à M. A que l'opposition à poursuites du 14 septembre 2018 était tardive et donc irrecevable concernant l'avis à tiers détenteur du 15 mars 2017. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal la décharge de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge par les avis à tiers détenteur émis à son encontre par le comptable public de Corlay et le service des impôts des particuliers de Loudéac et de condamner l'État à lui verser les différentes sommes visées ci-dessus, au titre des divers préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer :
En ce qui concerne les avis à tiers détenteur des 5, 7 juin, 6 et 11 septembre 2018 :
2. Aux termes de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales : " Les dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables d'impôts, de pénalités et de frais accessoires () sont tenus, sur la demande qui leur en est faite sous forme d'avis à tiers détenteur notifié par le comptable chargé du recouvrement, de verser, aux lieu et place des redevables, les fonds qu'ils détiennent ou qu'ils doivent, à concurrence des impositions dues par ces redevables () ". Aux termes de l'article L. 263 du même livre : " L'avis à tiers détenteur a pour effet d'affecter, dès réception, les sommes dont le versement est ainsi demandé au paiement des impositions privilégiées () Il comporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution () ".
3. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, qu'antérieurement à l'introduction de la requête, les avis à tiers détenteur émis les 5 et 7 juin, 6 et 11 septembre 2018 se sont révélés infructueux aux dates auxquelles ils ont été notifiés par le service des impôts des particuliers de Loudéac à la Banque Populaire Grand Ouest, du fait du solde des comptes de M. A. Ces avis n'ont ainsi pas eu d'effet sur le recouvrement des impositions litigieuses. La poursuite éventuelle du recouvrement auprès du même tiers saisi aurait nécessité la notification d'un nouvel avis. M. A est donc dépourvu d'intérêt à agir et ses conclusions tendant à être déchargé de l'obligation de payer les sommes dont le recouvrement a été poursuivi par les avis à tiers détenteur émis les 5 et 7 juin, 6 et 11 septembre 2018 doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les avis à tiers détenteur des 15 mars et 25 août 2017 :
4. En premier lieu aux termes du I de l'article L. 273 A du livre des procédures fiscales : " Les créances de l'État ou celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers sur la base d'un titre de perception délivré par lui en application de l'article L. 252 A peuvent être recouvrées par voie de saisie à tiers détenteur. / () / Les contestations relatives à la saisie doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui a exercé cette poursuite avant tout recours juridictionnel ". L'article L. 281 du même livre dispose que : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations ne peuvent porter que : / 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199 ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître des contestations portant sur la régularité en la forme des actes de recouvrement, lesquelles relèvent de la compétence du juge judiciaire. Ainsi, les moyens tirés de l'incompétence du comptable public de Corlay et du défaut de notification des avis à tiers détenteur des 15 mars et 25 août 2017 doivent être écartés comme portés devant une juridiction incompétente pour en connaître.
6. En deuxième lieu, un contribuable n'est pas recevable, à l'occasion d'un litige relatif au recouvrement de l'impôt, à contester le bien-fondé de cet impôt. Par suite, est dès lors irrecevable le moyen tiré par le requérant de ce qu'il n'est pas redevable des taxes foncières en cause dès lors qu'il a été dépossédé de l'universalité de ses biens par la procédure de liquidation personnelle prononcée le 7 juillet 1992 conformément à l'article 152 de la loi du 25 janvier 1985 et que la charge de l'impôt foncier suit la détention des biens et revenus produits.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 274 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ".
8. M. A fait valoir que les " taxes anciennes " sont prescrites en raison du défaut de recouvrement auprès du débiteur légal, sans identifier ni les impositions dont le remboursement est poursuivi ni les années concernées. Il résulte de l'instruction que les avis à tiers détenteur des 15 mars et 25 août 2017 concernaient les cotisations de taxes foncières des années 2007 à 2016, qui ont été respectivement mises en recouvrement les 31 août des années 2007 à 2016. Ces mises en recouvrement, qui constituent les points de départ de l'action en recouvrement, ont été suivies d'une saisie vente le 1er décembre 2019, d'un commandement de payer le 6 septembre 2010, d'un avis à tiers détenteur le 28 mars 2012, de mises en demeure de payer les 20 janvier 2014, 4 août 2016 et 5 janvier 2017. Ces poursuites ont interrompu la prescription de l'action en recouvrement des sommes litigieuses. Par suite, le moyen tiré de la prescription de l'action en recouvrement doit être écarté.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Une faute commise par l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt est de nature à engager la responsabilité de l'État à l'égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice.
10. En premier lieu, M. A n'établit pas que l'administration fiscale a commis une faute se rattachant aux procédures d'établissement de l'impôt en se bornant à produire le jugement du 7 juillet 1992 du tribunal de grande instance de Lorient qui a prononcé la liquidation judiciaire de son exploitation agricole, sans autres précisions sur les impositions dont le remboursement est poursuivi par les avis à tiers détenteur en litige. Ainsi, M. A, qui n'identifie ni les impositions dont le remboursement est poursuivi par les avis à tiers détenteur émis à son encontre les 15 mars et 25 août 2017, ni les années concernées, ni les immeubles qui ont donné lieu à ces impositions, n'établit pas que les impositions contestées ont été établies à raison d'immeubles dont il n'était plus propriétaire à la date du fait générateur. En conséquence, M. A pas fondé à soutenir que l'administration fiscale a commis une faute en ce qui concerne les procédures d'établissement de l'impôt.
11. En deuxième lieu, pour les motifs exposés au point 8 du présent jugement, M. A n'établit pas la prescription des procédures de recouvrement poursuivies à son encontre. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que l'administration fiscale a commis une faute dans les opérations de recouvrement.
12. En troisième lieu, si M. A fait valoir que les agents de l'administration fiscale ont fait preuve à son encontre de mépris, d'escroquerie et d'excès de pouvoir, il ne résulte pas de l'instruction que ces agents ont commis une faute à l'occasion des opérations de recouvrement de l'impôt.
13. Par suite, en l'absence de faute commise par l'administration, la responsabilité de l'État ne peut être engagée.
14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées par le directeur départemental des finances publiques des Côtes-d'Armor et par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, que les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer et les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
17. En second lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'État peut être condamné aux dépens ".
18. En l'absence de dépens au sens de ces dispositions dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, en tout état de cause, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au directeur départemental des finances publiques des Côtes-d'Armor et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 31 août 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. TourreLe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026