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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1900249

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1900249

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1900249
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LINKLATERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2019, Mme D et M. C Hervault, représentés par Me L'Hostis, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Rennes, en réparation des préjudices que leur a causés l'intervention chirurgicale subie par Mme Hervault au sein de cet établissement le 2 février 2006, à leur verser respectivement les sommes suivantes, assorties des intérêts au taux légal à compter du 8 novembre 2018 et de leur capitalisation à compter du 8 novembre 2019 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date :

- 124 546,55 euros, ainsi que deux rentes annuelles de 575,16 euros et 1 282,50 euros, à capitaliser ;

- 10 000 euros ;

2°) de mettre à la charge du CHU de Rennes la somme de 3 700 euros au titre des frais d'expertise judiciaire ;

3°) de mettre à la charge du CHU de Rennes la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires, enregistrés les 14 septembre 2021, 21 octobre 2021 et 30 novembre 2023, Mme D Hervault, représentée par Me L'Hostis, déclare reprendre l'action engagée par son époux, E, décédé le 5 avril 2021, et conclut aux mêmes fins que précédemment.

Elle soutient que :

- la responsabilité du CHU de Rennes est engagée à raison des conséquences dommageables de la défaillance du produit de santé qu'il a utilisé, à savoir la prothèse de genou défectueuse qu'il lui a implantée lors de l'intervention du 2 février 2006 ; la défectuosité de cette prothèse est en lien direct et certain avec l'usure prématurée de celle-ci, les épanchements de synovie récidivants et les douleurs persistantes qu'elle a subies ;

- les préjudices doivent être évalués comme suit :

o pour Mme Hervault :

* dépenses de santé actuelles : 3 504 euros ;

* frais divers : 9 158,23 euros ;

* assistance tierce personne temporaire : 16 031,75 euros ;

* perte de gains professionnels actuels : 2 526 euros ;

* dépenses de santé futures : 1 500 euros ;

* incidence professionnelle : 10 000 euros ;

* frais de logement adapté : 5 751,57 euros, outre une rente annuelle de 575,16 euros à capitaliser ;

* assistance tierce personne : une rente annuelle de 1 282,50 euros, à capitaliser ;

* déficit fonctionnel temporaire : 25 075 euros ;

* souffrances endurées : 20 000 euros ;

* préjudice esthétique temporaire : 4 000 euros ;

* déficit fonctionnel permanent : 25 000 euros ;

* préjudice esthétique permanent : 2 000 euros ;

o pour M. Hervault :

* préjudice d'affection : 10 000 euros.

Par un mémoire, enregistré le 24 septembre 2019, la caisse de mutualité sociale agricole (MSA) des portes de Bretagne demande au tribunal de condamner le CHU de Rennes à lui verser la somme de 40 129,62 euros au titre de ses débours, outre l'indemnité forfaitaire de gestion, ainsi que la somme de 400 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité pour faute du CHU de Rennes est engagée à raison des conséquences dommageables de l'implantation d'une prothèse de genou défectueuse lors de l'intervention du 2 février 2006 ;

- les dépenses qu'elle a exposées, telles qu'attestées par son médecin-conseil, sont imputables à l'implantation de cette prothèse défectueuse.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 mars et 17 décembre 2020, le CHU de Rennes, représenté par Me Maillard, s'en remet au tribunal quant à l'engagement de sa responsabilité et demande au tribunal de condamner la société Zimmer GMBH à le garantir de toute condamnation prononcée à son encontre et de mettre à la charge de cette société la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucune faute ne lui est imputable ; il s'en remet à justice quant à l'engagement de sa responsabilité sans faute du fait de l'utilisation d'un produit de santé défectueux ;

- la prothèse implantée à Mme Hervault lui a été fournie par la société Zimmer GMBH dans le cadre d'un contrat soumis au code des marchés publics ; le tribunal administratif est compétent pour connaître de son action en garantie à l'encontre de cette société ;

- la responsabilité de la société Zimmer GMBH, venant au droit du producteur et fournisseur de la prothèse, est engagée :

o à raison du caractère défectueux de la prothèse en application des articles 1245 et suivants du code civil ;

o à raison des fautes qui lui sont imputables : d'une part, la prothèse a été stérilisée dans un emballage inapproprié ne comprenant pas de barrière antioxygène ; d'autre part, la société ne l'a pas informé de la défectuosité de la prothèse, stérilisée dans un emballage inadapté ;

- les demandes indemnitaires doivent être limitées et réduites à plus justes proportions.

Par des mémoires, enregistrés les 9 septembre 2021 et 9 octobre 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Fitoussi, conclut à sa mise hors de cause et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de tout succombant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que sa mise en cause au titre de la solidarité nationale est exclue dès lors que sont engagées la responsabilité sans faute du CHU de Rennes et la responsabilité pour faute de la société Zimmer GMBH.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 septembre 2021, 27 septembre 2024 et 31 octobre 2024, la société Zimmer GMBH, représentée par le cabinet Linklaters LLP, conclut au sursis à statuer dans l'attente de l'arrêt que doit rendre la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans une affaire C-338/24, au rejet des conclusions présentées à son encontre par le CHU de Rennes, ou subsidiairement à une réduction à de plus justes proportions des demandes indemnitaires de Mme Hervault, et enfin à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du CHU de Rennes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action du CHU de Rennes est exclusivement fondée sur la mise en cause de sa responsabilité de plein droit, sans qu'aucune faute ne soit invoquée à son encontre ;

- l'action fondée sur sa responsabilité de plein droit à raison de la défectuosité de la prothèse est prescrite ;

- à supposer que sa responsabilité pour faute soit invoquée, elle ne saurait être engagée :

o il est nécessaire de surseoir à statuer dans l'attente de l'arrêt de la CJUE qui doit répondre à une question préjudicielle relative aux conditions dans lesquelles l'établissement condamné à indemniser la victime d'un produit défectueux est susceptible d'exercer une action en garantie fondée sur la responsabilité pour faute ;

o le tribunal n'est pas lié par la décision rendue le 10 juillet 2024 par le Conseil d'Etat dans le cadre de l'instance en référé-provision ;

o les prétendues fautes invoquées par le CHU de Rennes ne sont pas distinctes du défaut de sécurité de la prothèse ;

o les prétendues fautes ne sont pas fondées :

* elle n'a commis aucune négligence ou imprudence ni aucun manquement dans le choix de l'emballage de la prothèse qui a été fabriquée par une société tierce ; il n'existe aucun lien entre l'oxydation précoce de la prothèse et les douleurs rencontrées par Mme Hervault ;

* elle n'était pas tenue par une obligation contractuelle d'information à l'égard du CHU de Rennes ; elle a pleinement respecté ses obligations légales d'information à l'égard des autorités sanitaires ; en tout état de cause, un éventuel défaut d'information n'est pas en lien avec le préjudice dont le CHU de Rennes demande à être garanti ;

- subsidiairement, les demandes indemnitaires doivent être limitées et réduites à de plus justes proportions.

Par une ordonnance du 18 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative

Un mémoire produit par le CHU de Rennes, enregistré postérieurement à la clôture de l'instruction, le 5 décembre 2024, n'a pas été communiqué.

Vu

- les pièces du dossier de l'instance en référé-instruction n° 1505331 ;

- les pièces du dossier de l'instance en référé-provision n° 1902158 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 85/374/CEE du Conseil du 25 juillet 1985 ;

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouju,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- et les observations de Me L'Hostis, représentant Mme Hervault, celles de Me Gasmi, représentant le CHU de Rennes, et celles de Me Jégo, représentant la société Zimmer GMBH.

Une note en délibéré, présentée par le CHU de Rennes et enregistrée le 13 décembre 2024, n'a pas été communiquée.

Une note en délibéré, présentée par la société Zimmer GMBH et enregistrée le 13 décembre 2024, n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Née le 10 mai 1953, Mme D Hervault a subi, le 2 février 2006, au centre hospitalier universitaire (CHU) de Rennes une intervention chirurgicale consistant en la pose d'une prothèse totale du genou droit, de type " Wallaby I ", fabriquée par la société Sulzer, aux droits de laquelle est venue la société Zimmer GMBH. Par la suite, elle a souffert de douleurs résiduelles importantes et de troubles fonctionnels. Devant la persistance et l'intensification des symptômes et troubles fonctionnels et l'évocation d'une usure prématurée de la prothèse, il a finalement été procédé au remplacement de celle-ci au cours d'une intervention réalisée le 7 juin 2013. A la demande de Mme Hervault, le président du tribunal administratif de Rennes a, par l'ordonnance n° 1505331 du 1er mars 2016 (), ordonné une expertise médicale qu'il a confiée au Dr A, chirurgien orthopédiste, qui a établi son rapport le 30 décembre 2017. Par leur requête, Mme Hervault et son époux, décédé en cours d'instance, ont demandé au tribunal de condamner le CHU de Rennes, en sa qualité d'utilisateur de la prothèse défectueuse, à les indemniser de leurs préjudices. La MSA des Portes de Bretagne est intervenue pour solliciter l'indemnisation par le CHU de Rennes des dépenses qu'elle a exposées. Le CHU de Rennes a demandé au tribunal de condamner la société Zimmer GMBH à le garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre.

2. Parallèlement, Mme et M. Hervault ont déposé une requête en référé-provision. Par l'ordonnance n° 1902158 du 26 novembre 2019 (), le président du tribunal administratif de Rennes a condamné le CHU de Rennes à verser les sommes de 50 372,25 euros à Mme Hervault et 1 000 euros à M. Hervault, à titre de provisions, et a condamné la société Zimmer GMBH à garantir le CHU de cette condamnation. Cette ordonnance est devenue définitive suite à la décision n° 479613 du 24 mai 2024 par laquelle le Conseil d'Etat a, d'une part annulé l'arrêt n° 22NT01608 du 21 juillet 2023 de la cour administrative d'appel de Nantes qui avait annulé l'ordonnance du 26 novembre 2019 en tant qu'elle condamnait la société Zimmer GMBH à garantir le CHU de Rennes des condamnations prononcées à son encontre, d'autre part rejeté la requête de cette société contre cette ordonnance.

Sur l'action que Mme Hervault dirige à l'encontre du CHU de Rennes :

En ce qui concerne la responsabilité du CHU de Rennes :

3. Le service public hospitalier est responsable, même en l'absence de faute de sa part, des conséquences dommageables pour les usagers de la défaillance des produits et appareils de santé qu'il utilise, y compris lorsqu'il implante, au cours de la prestation de soins, un produit défectueux dans le corps d'un patient.

4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire du Dr A, lequel, au demeurant, a estimé qu'aucun manquement fautif n'était susceptible d'être reproché au CHU de Rennes, que les douleurs, épanchements et troubles fonctionnels persistants dont a été victime Mme Hervault à la suite de l'intervention du 2 février 2006, ainsi que l'intervention du 7 juin 2013 destinée au remplacement précoce de sa prothèse de genou résultent de manière directe et certaine d'une usure majeure et prématurée du composant en polyéthylène du matériel prothétique implanté lors de cette intervention du 2 février 2006 au CHU de Rennes. Par suite, la responsabilité de cet établissement public de santé est engagée à raison de la défaillance du matériel prothétique qu'il a utilisé et implanté à Mme Hervault et des préjudices qui en ont résulté.

En ce qui concerne les préjudices subis par Mme Hervault :

5. Eu égard aux conclusions du rapport d'expertise, la date de consolidation de l'état de Mme Hervault résultant de la défaillance de la prothèse implantée le 2 février 2006 doit être regardée comme acquise au 23 juin 2017.

Quant aux préjudices patrimoniaux :

S'agissant des dépenses de santé actuelles :

6. Il résulte de l'instruction que Mme Hervault est fondée à solliciter l'indemnisation des frais qu'elle a exposés pour un suivi psychologique et des soins de pédicurie en lien avec les conséquences dommageables de la défaillance du matériel prothétique implanté. Au regard des justificatifs produits, ces frais peuvent être évalués à 3 504 euros.

S'agissant des frais divers :

7. Mme Hervault peut prétendre à l'indemnisation des frais de déplacement exposés pour l'expertise et les différentes consultations médicales rendus nécessaires par la défaillance de sa prothèse. Au regard des justificatifs produits, les déplacements justifiés s'élèvent à 714 kilomètres et seront indemnisés, par référence aux barèmes kilométriques fiscaux applicables aux années concernées pour un véhicule d'une puissance de 7 CV, à la somme de 424 euros. Elle est également fondée à obtenir l'indemnisation des frais de médecin-conseil exposés en lien avec le dommage et justifiés à hauteur de 3 360 euros qui sont en relation avec le dommage, ainsi que des frais d'obtention de son dossier médical justifiés à hauteur de 55,69 euros. En revanche, il n'est pas justifié de la stricte nécessité médicale, en lien avec le dommage, des soins de chiropractie dont a bénéficié Mme Hervault. Ainsi, les frais divers dont elle sollicite l'indemnisation sont évalués à la somme globale de 3 839,69 euros.

S'agissant de l'assistance à tierce personne avant consolidation :

8. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, en prenant en compte, sous la forme d'une année portée à 412 jours, les majorations de rémunération dues les dimanches et jours fériés ainsi que des congés payés, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

9. Il résulte de l'instruction que les besoins d'assistance par une tierce personne résultant de la défaillance de la prothèse de genou de Mme Hervault ont été évalués par l'expert à 1 heure par jour entre le 27 juillet 2013 et le 24 mars 2015 et à 3 heures par semaine entre le 25 mars 2015 et la date de consolidation. Eu égard à la nature de cette assistance, il y a lieu de la calculer sur une année de 412 jours et de retenir un taux horaire de 13 euros jusqu'au 31 décembre 2017. Il ne résulte pas de l'instruction que la requérante ait bénéficié de prestations destinées à la prise en charge d'une telle assistance. Compte tenu de ces éléments, l'indemnité destinée à réparer les besoins d'assistance de Mme Hervault jusqu'à la consolidation peut être évaluée à 14 035 euros.

S'agissant des pertes de gains professionnels actuels et de l'incidence professionnelle :

10. Il résulte de l'instruction que Mme Hervault, employée au service informatique d'une banque, a bénéficié d'un temps partiel thérapeutique avant l'intervention chirurgicale du 2 février 2006. Elle s'est vue accorder le bénéfice d'une pension d'invalidité de catégorie 1 à compter du 1er septembre 2004, puis d'une pension d'invalidité de catégorie 2 à compter du 1er juin 2006. Elle a été admise à la retraite à compter du mois d'août 2014. L'expert a indiqué qu'" eu égard à ses antécédents médicaux et chirurgicaux, si le résultat chirurgical en 2006 avait été parfait, elle aurait pu probablement reprendre une petite activité, au maximum un travail à temps partiel à partir de mai 2006 (entre 30 % et 50 %) ", puis qu' " avec le recul et les données a posteriori (synovites répétées, puis descellement), une éventuelle reprise du travail entre mai 2006 et la date de consolidation reste hypothétique ", tout en ajoutant que " la reprise du travail dépend de multiples facteurs et pas seulement de l'excellence du résultat chirurgical après prothèse ". Dans ces conditions, compte-tenu du caractère incertain de l'aptitude de Mme Hervault à reprendre le travail même en l'absence de défaillance de la prothèse initialement implantée, elle n'est pas fondée à solliciter une indemnisation au titre d'une perte de gains professionnels et d'une incidence professionnelle.

S'agissant des dépenses de santé futures :

11. Mme Hervault sollicite, à ce titre, l'indemnisation de frais liés à des soins de pédicurie et à un suivi psychologique. Toutefois, l'expert n'a pas identifié la nécessité de soins de pédicurie postérieurement à la consolidation et la requérante n'apporte aucun élément pour en justifier. En outre, si l'expert a retenu un besoin de suivi psychologique pendant une durée d'un an à 18 mois après consolidation, Mme Hervault ne justifie pas des frais qu'elle aurait exposés dans le cadre d'un tel suivi. Dans ces conditions, il ne peut être fait droit aux demandes présentées au titre des dépenses de santé futures.

S'agissant des frais d'adaptation du logement :

12. L'expert n'a retenu, à ce titre, que l'adaptation des toilettes, sans faire état de la nécessité d'adapter la douche. Mme Hervault n'apporte aucun élément de nature à justifier de la nécessité résultant des conséquences du dommage des travaux réalisés concernant la douche de son logement. Par conséquent, seuls les frais correspondant aux travaux d'adaptation des toilettes réalisés peuvent être indemnisés à hauteur, conformément à la facture produite, de 453,44 euros.

13. Il y a lieu de retenir un renouvellement décennal de ces équipements et de capitaliser le coût annuel en résultant sur la base d'un coefficient de 19,844 eu égard à l'âge de Mme Hervault à la date du présent jugement en application du barème de capitalisation publié à la gazette du Palais 2022, ce qui représente la somme de 899,73 euros, Mme Hervault ne justifiant pas par ailleurs avoir exposé avant le présent jugement des frais pour le renouvellement de ces équipements. La somme totale de 1 353,17 euros sera donc allouée à Mme Hervault au titre des frais d'adaptation de son logement.

S'agissant de l'assistance à tierce personne après consolidation :

14. Il résulte du rapport d'expertise que postérieurement à la consolidation, les besoins de Mme Hervault ont été évalués à l'assistance d'une aide-ménagère pendant une heure trente par semaine. Il y a lieu de retenir un besoin en assistance par une tierce personne non spécialisée et sur la base d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et jours fériés. De la date de la consolidation jusqu'au jour de mise à disposition du présent jugement, le besoin en assistance par une tierce personne de Mme Hervault, sur cette base et par application d'un taux horaire de 13 euros en 2017, de 14 euros en 2018 et 2019, de 15 euros en 2020 et 2021, de 16 euros en 2022 et 2023 et de 17 euros en 2024, doit être évalué à la somme de 10 012,81 euros. Pour la période postérieure au présent jugement, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant, en application d'un coefficient de 19,844 issu du barème de la Gazette du Palais de 2022 et en retenant un taux horaire de 17 euros, à la somme de 29 783,01 euros.

Quant aux préjudices extra-patrimoniaux :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

15. Il résulte de l'instruction que Mme Hervault a subi, du fait de la défaillance de sa prothèse et compte-tenu de son état antérieur, un déficit fonctionnel temporaire total durant les périodes d'hospitalisation nécessaires au remplacement de sa prothèse. Après son hospitalisation, entre le 27 juillet 2013 et le 24 mars 2015, l'expert a estimé qu'elle avait subi un déficit fonctionnel temporaire de classe III, compte-tenu de son incapacité à marcher sans l'aide de deux cannes. Pour les périodes comprises entre le 13 mars 2007 et le 5 juin 2013 et entre le 25 mars 2015 et le 23 juin 2017, l'expert a retenu un déficit fonctionnel temporaire de classe II en raison de son périmètre de marche limité ou de ses difficultés à marcher sans canne. Compte-tenu de ses indications, il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudices à hauteur de 22 500 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

16. L'expert a estimé que les souffrances de Mme Hervault résultant de la reprise chirurgicale nécessaire au remplacement de sa prothèse défaillante et des douleurs chroniques qu'elle a ressenties, du fait notamment d'épanchements récidivants, pouvaient être évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7. Compte-tenu de ces indications et de la période durant laquelle ces souffrances ont été endurées, il en sera fait une juste appréciation à hauteur de 10 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique :

17. L'expert a retenu l'existence d'un préjudice esthétique temporaire résultant de l'obligation de marcher avec des cannes anglaises qu'il a évalué à 2 sur une échelle de 1 à 7. Il a, par ailleurs, estimé que du fait de la cicatrice supplémentaire induite par la reprise chirurgicale nécessaire au remplacement de la prothèse défaillante et des séquelles impliquant la marche à l'aide d'une canne anglaise, Mme Hervault subissait un préjudice esthétique permanent qu'il a évalué à 1 sur une échelle de 1 à 7. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation de l'ensemble du préjudice esthétique de Mme Hervault en l'indemnisant à hauteur de 1 500 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

18. Il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel permanent dont Mme Hervault reste atteinte du fait des séquelles résultant de la défaillance de sa prothèse qui sont à l'origine d'une amyotrophie résiduelle, d'un défaut de verrouillage de son genou, d'un épanchement chronique, de douleurs et d'une limitation de son périmètre de marche a été évalué à 15 % par l'expert. Il en sera fait une juste appréciation en l'indemnisant à hauteur de 20 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices subis par M. Hervault :

19. Il résulte de l'instruction que M. Hervault a subi jusqu'à son décès, du fait des conséquences de la défaillance de la prothèse sur l'état de santé de son épouse qu'il a accompagnée, un préjudice d'affection dont il sera fait une juste appréciation en l'indemnisant à hauteur de 2 000 euros.

20. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU de Rennes est condamné à verser à Mme Hervault, en réparation des préjudices subis par elle et par son défunt mari, la somme totale de 118 527,68 euros, sous déduction des provisions déjà versées.

En ce qui concerne les demandes de la MSA des Portes de Bretagne :

21. Il résulte de l'instruction, notamment de l'état définitif des débours et de l'attestation d'imputabilité du médecin-conseil produits par la MSA des Portes de Bretagne, que celle-ci justifie avoir exposé, au titre de la prise en charge de Mme Hervault résultant de la défaillance de sa prothèse, les dépenses suivantes : 12 518,44 euros de frais de soins et de pharmacie entre le 4 septembre 2006 et le 22 juin 2017, 2 306,17 euros de frais de transport entre le 24 juin 2013 et le 3 janvier 2014, 22 735,81 euros de frais d'hospitalisation entre le 6 juin et le 26 juillet 2013 et 2 569,20 euros de dépenses de santé postérieures à la date de consolidation.

22. Eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement par le présent jugement, la MSA des Portes de Bretagne est en droit d'obtenir, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023, le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros.

23. Il résulte de ce qui précède qu'il est mis à la charge du CHRU de Rennes le versement à la MSA des Portes de Bretagne de la somme globale de 40 129.62 euros au titre des dépenses exposés pour la prise en charge de Mme Hervault ainsi que de la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

24. Mme Hervault a droit, en application des dispositions de l'article 1231-6 du code civil, aux intérêts sur la somme qui lui est due à compter du 12 novembre 2018, date de réception de sa demande préalable par le CHU de Rennes. En application de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus à compter du 12 novembre 2019 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

En ce qui concerne les dépens :

25. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre définitivement à la charge du CHU de Rennes les frais de l'expertise judiciaire confiée au docteur A, engagés dans le cadre de l'instance en référé n° 1505331, liquidés et taxés par l'ordonnance du président du tribunal du 2 février 2018 à la somme de 3 700 euros.

En ce qui concerne la demande de Mme Hervault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Rennes une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés non compris dans les dépens par Mme Hervault.

Sur l'action en garantie du CHU de Rennes à l'encontre de la société Zimmer GMBH :

En ce qui concerne le droit applicable :

27. Aux termes de l'article 1245-3 du code civil, issu de la transposition de la directive 85/374/CEE du Conseil du 25 juillet 1985 relative au rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres en matière de responsabilité du fait des produits défectueux : " Un produit est défectueux au sens du présent chapitre lorsqu'il n'offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre. / Dans l'appréciation de la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre, il doit être tenu compte de toutes les circonstances et notamment de la présentation du produit, de l'usage qui peut en être raisonnablement attendu et du moment de sa mise en circulation. () ". Aux termes de l'article 1245-15 du même code : " Sauf faute du producteur, la responsabilité de celui-ci, fondée sur les dispositions du présent chapitre, est éteinte dix ans après la mise en circulation du produit même qui a causé le dommage à moins que, durant cette période, la victime n'ait engagé une action en justice ". Aux termes de l'article 1245-17 du même code, également issu de cette transposition : " Les dispositions du présent chapitre ne portent pas atteinte aux droits dont la victime d'un dommage peut se prévaloir au titre du droit de la responsabilité contractuelle ou extracontractuelle ou au titre d'un régime spécial de responsabilité. / Le producteur reste responsable des conséquences de sa faute et de celle des personnes dont il répond ".

28. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un établissement de santé a, en raison de ce que sa responsabilité était engagée, en vertu de la règle rappelée au point 3 du présent jugement, indemnisé un patient des dommages ayant résulté de l'utilisation, lors de soins pratiqués dans l'établissement, d'un produit de santé défectueux, il a la possibilité de rechercher, à titre récursoire, la responsabilité du producteur de ce produit sur le fondement particulier des dispositions des articles 1245 à 1245-17 du code civil. Il est par ailleurs loisible à l'établissement de santé, s'il s'y croit fondé, d'engager une action récursoire contre le producteur de ce produit en invoquant la responsabilité pour faute de ce dernier.

29. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du producteur peut être mise en cause sur un fondement distinct de celui prévu aux articles 1245 à 1245-17 du code civil si, indépendamment de la circonstance que le produit n'offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre, ses agissements présentent un caractère fautif. Il peut en aller ainsi, notamment, du fait du maintien en circulation d'un produit dont le producteur connaît le défaut ou encore d'un manquement de celui-ci à son devoir de vigilance quant aux risques présentés par le produit. Une telle faute peut également être caractérisée en cas de manquement du producteur à son devoir d'information ou de négligence dans l'élaboration du produit faute de respecter les règles de l'art ou une norme technique applicable.

30. Lorsqu'elle se fonde sur les articles 1245 à 1245-17 du code civil instaurant le régime spécifique de responsabilité du fait des défauts du produit, il résulte des dispositions citées ci-dessus de l'article 1245-15 du même code que l'action récursoire du centre hospitalier ne peut être exercée contre le producteur du produit que dans un délai de dix ans à compter de la mise en circulation de celui-ci, sauf si la victime a elle-même engagé, dans ce délai, une action visant à la réparation des dommages ayant résulté de l'utilisation de ce même produit.

31. En revanche, lorsque l'établissement de santé engage une action récursoire contre le producteur, non sur le fondement des dispositions des articles 1245 à 1245-17 du code civil, mais sur celui, distinct, de la responsabilité pour faute du producteur, le délai de prescription prévu par l'article 1245-15 du même code ne trouve pas à s'appliquer, ainsi que le rappellent d'ailleurs les termes mêmes de cet article.

En ce qui concerne le litige :

S'agissant de la responsabilité sans faute du producteur prévue aux articles 1245 et suivants du code civil :

32. Il résulte de l'instruction que la prothèse " Wallaby I " implantée à Mme Hervault lors de l'intervention du 2 février 2006 a été acquise par le CHU de Rennes le 5 septembre 2003 et qu'aucune action en justice n'est intervenue dans les dix années suivantes. Par suite, le délai de prescription de dix ans, fixé par l'article L. 1245-15 du code civil, était expiré lorsque le CHU de Rennes a, dans le cadre de la présente instance, comme il l'avait fait dans celui de l'instance en référé provision n° 1902158, exercé son action récursoire en garantie tendant à l'engagement de la responsabilité de la société Zimmer GMBH sur le fondement des articles 1245 et suivants du code civil.

S'agissant de la responsabilité pour faute :

33. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert missionné par le président du tribunal administratif de Rennes, que la prothèse de type " Wallaby I " qui a été implantée dans le genou de Mme Hervault le 2 février 2006 avait été préalablement conservée dans des sachets stérilisés inadéquats ne comprenant pas de barrière anti-oxygène, et que ce défaut de stérilisation a conduit à son usure précoce en raison de la dégradation accélérée du polyéthylène composant ce matériel.

34. En premier lieu, il résulte encore de l'instruction que la société Zimmer GMBH a alerté dès le mois d'août 2010 l'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (AFSSAPS), devenue l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, du défaut affectant les prothèses de type " Wallaby " commercialisées avant 2005 et qu'à la suite de cette alerte, l'AFSSAPS a obtenu de la société requérante les précisions sollicitées. Si l'expert a estimé que la société Zimmer GMBH n'avait pas informé les établissements de santé concernés, et en particulier le CHU de Rennes, du risque d'usure prématurée lié à l'emballage du produit, il résulte des dispositions alors en vigueur de l'article L. 5311-1 du code de la santé publique qu'il entrait dans les missions de l'AFSSAPS d'assurer la mise en œuvre des systèmes de vigilance et donc d'informer les professionnels de santé du problème de sécurité dont elle avait été alertée par la société requérante. Au demeurant, l'AFSSAPS n'a alors pas estimé nécessaire d'informer les professionnels de santé du problème affectant les conditionnements des inserts " Wallaby I " et du risque d'usure prématurée de ces inserts. Dans ces conditions, le CHU de Rennes, qui, au demeurant, n'établit pas la méconnaissance d'une stipulation contractuelle particulière, n'est pas fondé à reprocher à la société Zimmer GMBH un défaut d'information.

35. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point 33, la défaillance de la prothèse implantée à Mme Hervault résulte du choix, par son fabricant, d'un conditionnement inapproprié, perméable à l'oxygène qui est à l'origine de la dégradation et de l'usure prématurée du composant en polyéthylène de la prothèse. Il résulte encore de l'instruction que ce défaut ne présente pas un caractère isolé mais a affecté, pendant plusieurs années, les prothèses de genou " Wallaby I " fabriqués jusqu'au 31 décembre 2004 inclus. Ni la circonstance que le défaut du produit n'ait été identifié et révélé qu'en 2010, ni celle selon laquelle l'AFFSAPS n'a alors pas estimé devoir diffuser l'information, ne saurait permettre de considérer que le choix d'un conditionnement qui n'a pas permis d'assurer l'intégrité du matériel et la sécurité des usagers, ne serait pas constitutif d'une négligence fautive dans l'élaboration du produit imputable au fabricant.

36. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue de la question préjudicielle n° C-338/24 posée à la Cour de justice de l'Union européenne par la cour d'appel de Rouen dans un arrêt du 25 avril 2024, que le CHU de Rennes est fondé à demander au tribunal de condamner la société Zimmer GMBH à le garantir des condamnations prononcées à son encontre au titre des conséquences préjudiciables du dommage subi par Mme Hervault du fait de la défaillance de la prothèse qui lui a été implantée.

Sur les conclusions présentées par le CHU de Rennes, la société Zimmer GMBH et l'ONIAM au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

37. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Zimmer GMBH une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés non compris dans les dépens par le CHU de Rennes.

38. Il n'y a pas lieu, en revanche, de faire droit aux conclusions présentées à ce titre par l'ONIAM et par la société Zimmer GMBH.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est mis hors de cause.

Article 2 : Le CHU de Rennes est condamné à verser à Mme Hervault la somme de 118 527,68 euros, sous déduction des provisions déjà versées.

Article 3 : Le CHU de Rennes est condamné à verser à la MSA des Portes Bretagnes la somme de 40 129,62 euros au titre des dépenses exposées pour la prise en charge de Mme Hervault ainsi que la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 4 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 3 700 euros dans le cadre de l'instance n° 1505331 sont mis à la charge définitive du CHU de Rennes.

Article 5 : La CHU de Rennes versera à Mme Hervault la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : La société Zimmer GMBH est condamnée à garantir le CHU de Rennes des sommes mises à sa charge par le présent jugement.

Article 7 : La société Zimmer GMBH versera au CHU de Rennes la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Les conclusions de l'ONIAM et de la société Zimmer GMBH présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme B Hervault, à la caisse de mutualité sociale agricole des Portes de Bretagne, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au centre hospitalier universitaire de Rennes et à la société Zimmer GMBH.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Labouysse, président,

M. Bouju, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

D. Bouju

Le président,

signé

D. Labouysse

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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