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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1900350

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1900350

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1900350
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2019 et un mémoire complémentaire, enregistré le 6 avril 2021, M. A B, représenté par Me Labrunie (cabinet Teissonnière Topaloff Lafforgue Andreu et Associés), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision de rejet opposée à sa demande de reconnaissance et d'indemnisation ;

2°) de condamner le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) à lui verser une somme totale de 327 546 euros, assortie des intérêts à compter du

20 février 2015, date de sa demande d'indemnisation, avec capitalisation de ces intérêts ;

3°) dans l'hypothèse où le tribunal ordonnerait une expertise médicale, de mettre les frais d'expertise à la charge du CIVEN et de condamner celui-ci à lui verser une indemnité provisionnelle d'un montant de 40 000 euros ;

4°) de mettre à la charge du CIVEN une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conditions posées par la loi du 5 janvier 2010 modifiée pour bénéficier de la présomption de causalité sont remplies ;

- le CIVEN n'apporte aucun élément permettant de renverser cette présomption ;

- il a droit à l'indemnisation de l'intégralité des préjudices qu'il a subis, résultant de sa maladie radio-induite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2019, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) conclut, à titre principal, au rejet de la requête, et, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée sur l'évaluation des dommages subis, si le lien de causalité devait être reconnu entre la pathologie de M. B et l'exposition de celui-ci aux rayonnements dus aux essais nucléaires en Polynésie française.

Il fait valoir que :

- la présomption de causalité ne s'applique pas, dès lors que M. B, eu égard à ses conditions d'emploi, n'a pas été exposé à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires pendant sa période d'affectation en Polynésie française ;

- si le lien de causalité était considéré comme établi, il conviendrait d'ordonner une expertise permettant l'évaluation des dommages subis par l'intéressé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la décision du Conseil constitutionnel n°2021-955 QPC du 10 décembre 2021 ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n°2010-2 du 5 janvier 2010 ;

- la loi n°2013-1168 du 18 décembre 2013 ;

- la loi n°2017-256 du 28 février 2017 ;

- la loi n°2018-1317 du 28 décembre 2018 ;

- la loi n°2020-734 du 17 juin 2020 ;

- le décret n°2014-1049 du 15 septembre 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Vergne,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, appelé du contingent, qui a été affecté sur le site des essais nucléaires à Mururoa (Polynésie française) du 26 juin 1969 au 11 juin 1970, a développé par la suite un cancer de l'œsophage diagnostiqué en 2012. Il a présenté, le 20 février 2015, une demande préalable d'indemnisation au titre du dispositif prévu par la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français et ses textes modificatifs et d'application. Cette demande a été expressément rejetée le

22 novembre 2018 par le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). Par la présente requête, M. B demande la condamnation du CIVEN à l'indemniser des préjudices de toute nature imputable à sa maladie.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Si le requérant demande la condamnation du CIVEN, qui a le statut d'autorité administrative indépendante depuis la loi du 18 décembre 2013, ses conclusions indemnitaires doivent être regardées comme étant en réalité dirigées contre l'Etat, supportant seul la charge d'une indemnisation due au titre de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

3. Compte tenu de son office, il appartient au juge du plein contentieux, saisi d'un litige relatif à une décision intervenue après réexamen d'une ancienne demande d'indemnisation ou en réponse à une demande postérieure à l'entrée en vigueur de la loi du 28 février 2017, s'il juge illégale la décision contestée, de fixer le montant de l'indemnité due au demandeur, sous réserve que ce dernier ait présenté des conclusions indemnitaires chiffrées, le cas échéant, après que le juge l'a invité à régulariser sa demande sur ce point.

4. Aux termes de l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français : " Toute personne souffrant d'une maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi.

II. - Si la personne est décédée, la demande de réparation peut être présentée par ses ayants droit. () ". Aux termes de l'article 2 de cette même loi : " La personne souffrant d'une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné : 1° Soit entre le 13 février 1960

et le 31 décembre 1967 au Centre saharien des expérimentations militaires, ou entre le

7 novembre 1961 et le 31 décembre 1967 au Centre d'expérimentations militaires des oasis ou dans les zones périphériques à ces centres. 2° Soit entre le 2 juillet 1966 et le

31 décembre 1998 en Polynésie française. () ". Aux termes du I de l'article 4 de la même loi : " I. - Les demandes individuelles d'indemnisation sont soumises au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires. () ".

5. En vertu du V du même article 4 de la loi du 5 janvier 2010, dans sa rédaction résultant des dispositions du I de l'article 113 de la loi du 28 février 2017 de programmation relative à l'égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique, dont les dispositions sont applicables aux instances en cours à la date de son entrée en vigueur, soit le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel de la République française : " V. - Ce comité examine si les conditions de l'indemnisation sont réunies. Lorsqu'elles le sont, l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité. () ".

6. Aux termes du premier alinéa du V du même article, dans sa rédaction issue du 2° du I de l'article 232 de la loi du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 : " Ce comité examine si les conditions sont réunies. Lorsqu'elles le sont, l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité, à moins qu'il ne soit établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants fixée dans les conditions prévues au 3° de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique. ". Aux termes du I de l'article R. 1333-11 du code de la santé publique : " Pour l'application du principe de limitation défini au 3° de l'article L. 1333-2, la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants résultant de l'ensemble des activités nucléaires est fixée à 1 mSv par an, à l'exception des cas particuliers mentionnés à l'article R. 1333-12. ". En modifiant les dispositions du V de l'article 4 de la loi du 5 janvier 2010 issues de l'article 113 de la loi du 28 février 2017, l'article 232 de la loi du 28 décembre 2018 élargit la possibilité, pour l'administration, de combattre la présomption de causalité dont bénéficient les personnes qui demandent une indemnisation lorsque les conditions de celle-ci sont réunies. Il doit être regardé, en l'absence de dispositions transitoires, comme ne s'appliquant qu'aux demandes qui ont été déposées après son entrée en vigueur, intervenue le lendemain de la publication de la loi du 28 décembre 2018 au Journal officiel de la République française.

7. Enfin, aux termes de l'article 57 de la loi du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d'autres mesures urgentes ainsi qu'au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne : " Sous réserve des décisions de justice passées en force de chose jugée, le b du 2° du I de l'article 232 de la loi n°2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 est applicable aux demandes déposées devant le comité d'indemnisation des victimes d'essais nucléaires avant l'entrée en vigueur de la loi n°2018-1317 du 28 décembre 2018 précitée. ".

8. Par une décision n°2021-955 QPC du 10 décembre 2021, le Conseil constitutionnel a toutefois déclaré les dispositions de l'article 57 de la loi du 17 juin 2020, mentionnées au point 7, non-conformes à la Constitution.

9. Il résulte des dispositions du I de l'article 113 de la loi du 28 février 2017 citées au point 5 qu'en supprimant les dispositions du premier alinéa du V de l'article 4 de la loi du

5 janvier 2010 permettant au CIVEN de justifier que le risque attribuable aux essais nucléaires peut être considéré comme négligeable au regard de la nature de la maladie du demandeur et des conditions de son exposition, le législateur a entendu que, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010 modifiée, il bénéficie de la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants due aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que la pathologie de l'intéressé résulte exclusivement d'une cause étrangère à l'exposition aux rayonnements ionisants due aux essais nucléaires, en particulier parce qu'il n'a subi aucune exposition à de tels rayonnements.

10. Il résulte de l'instruction que M. B bénéficie d'une présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenue de sa maladie dès lors, d'une part, qu'il satisfait aux conditions de lieu et de temps résultant des dispositions de l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010, ayant été affecté en Polynésie française du 26 juin 1969 au 11 juin 1970, et, d'autre part, que le cancer de l'œsophage dont il a souffert figure au nombre des maladies radio-induites limitativement énumérées par l'annexe du décret du 15 septembre 2014 susvisé.

11. Pour refuser à M. B, dans sa décision du 22 novembre 2018, le bénéfice de la présomption de causalité, le CIVEN a considéré qu'en raison du poste de travail qu'occupait l'intéressé, à savoir mécanicien sur le navire " EDIC 9072 ", dont la mission consistait à mettre en place sur le site de l'essai les ballons, le container expérimental, et les barges avant que soit déclenché le tir, et dès lors que le navire quittait la zone avant le tir dans des conditions évitant tout risque radio-biologique pour les personnels embarqués et n'y revenait après expérimentation que lorsque l'activité volumique de l'eau et les mesures de débit de dose pour l'air étaient revenues à des niveaux considérés comme normaux, aucune causalité ne pouvait être retenue entre la pathologie du requérant et les essais nucléaires. Dans ses écritures en défense, le CIVEN, sans même établir ou alléguer que M. B, au cours de son séjour dans le Pacifique, aurait bénéficié d'une surveillance individuelle interne ou externe, se borne à reprendre les motifs résumés ci-dessus pour en déduire qu'est établie l'absence de contamination externe ou interne à laquelle l'intéressé aurait pu être soumis. Il ajoute que s'agissant de la contamination interne, " en l'absence de notifications de retombées sur l'EDIC 9072, durant le séjour de M. B, dans les documents déclassifiés ainsi que dans l'ouvrage du CEA de Gérard Martin il ne peut y avoir de contamination par inhalation ". Pour ce qui concerne la contamination interne, il expose que le personnel présent sur l'atoll était évacué pendant l'expérimentation à bord d'un bâtiment à une distance suffisante pour ne pas subir de retombées et que " le retour de ces navires sur l'atoll après expérimentation n'était autorisé, par le service mixte de sécurité radiologique (SMSR), que lorsque la sécurité radiologique était assurée. ".

12. Toutefois, par ses explications, le CIVEN ne démontre pas, compte tenu des conditions d'emploi de M. B, appelé du contingent embarqué sur un bâtiment participant activement aux opérations de préparation et de surveillance des essais nucléaires Andromède et Cassiopée, effectués sous-ballon le 15 mai 1970 à Mururoa, et de l'essai Dragon, effectué sous ballon à Fangataufa, que la pathologie dont l'intéressé a été atteint résulterait exclusivement d'une cause étrangère à l'exposition aux rayonnements ionisants due aux essais nucléaires.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B doit bénéficier de la présomption de causalité instituée par les dispositions précitées du V de l'article 4 de la loi du

5 janvier 2010 et qu'il peut prétendre à l'indemnisation des préjudices qu'il a subis à la suite de son exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

14. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ".

15. M. B demande l'indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, temporaires ou permanents, notamment de son préjudice fonctionnel temporaire, des souffrances physiques endurées et du préjudice moral qu'il a subis, ainsi que du déficit fonctionnel permanent dont il reste atteint et de son préjudice esthétique. Toutefois, l'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier la nature et l'étendue des préjudices qui sont directement dus à la maladie radio-induite dont le requérant a été atteint. Par suite, il y a lieu d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale sur ce point.

Sur la demande de provision :

16.Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.

17.Il résulte de ce qui précède que l'État est tenu de réparer les conséquences dommageables de la maladie de M. B. En l'état de l'instruction, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à l'intéressé d'une indemnité provisionnelle de 15 000 euros.

18.Les moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. B, procédé par un expert, désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise médicale avec mission pour l'expert de:

1) se faire communiquer par tout tiers détenteur l'entier dossier médical relatif au cancer de l'œsophage dont a souffert M. B ;

2) décrire la pathologie dont a souffert M. B depuis les premiers signes de son apparition, son évolution et les traitements mis en œuvre jusqu'à présent ;

3) décrire les soins médicaux et paramédicaux mis en œuvre qui ont été rendus nécessaires par la pathologie dont il a souffert (nature, durée, dates et lieux d'hospitalisation notamment) ;

4) préciser la date de début, ainsi que le ou les taux des périodes de déficit fonctionnel temporaire en lien direct avec les pathologies, des premiers signes de leur apparition jusqu'à consolidation, s'il y a lieu, ou jusqu'au décès, en distinguant, le cas échéant, la part imputable à la pathologie dont il a été atteint de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment, le cas échéant, aux antécédents médicaux de l'intéressé ;

5) évaluer sur une échelle de 1 à 7 les souffrances physiques endurées par M. B en distinguant la part imputable à la pathologie radio-induite dont il a été atteint de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment, le cas échéant, aux antécédents médicaux de l'intéressé ;

6) indiquer si la pathologie a été à l'origine d'un préjudice moral lié à une maladie évolutive et, le cas échéant, en évaluer l'importance sur une échelle de 1 à 7 ;

7) préciser l'existence et l'étendue de tout autre préjudice personnel en lien avec la pathologie radio-induite dont il a souffert et fournir toutes précisions complémentaires que l'expert jugera utile à la solution du litige.

Article 2 : L'Etat (comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires) versera à

M. B une somme de 15 000 euros à titre de provision sur le montant définitif de son indemnisation.

Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. B et de l'Etat (comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires). Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement. L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expert sera désigné par le président du tribunal administratif. Après avoir prêté serment, il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 5 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal dans le délai fixé par le président du tribunal dans la décision le désignant. Il en notifiera des copies aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert n'établira un pré-rapport que s'il l'estime indispensable.

Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre des armées et au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN).

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le président-rapporteur,

signé

G.-V. Vergne

L'assesseur le plus ancien,

signé

M. Thalabard

La greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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