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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1900674

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1900674

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1900674
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 février 2019 et le 1er juillet 2020, la communauté d'agglomération Dinan Agglomération et la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de Bretagne-Pays de Loire, dite Groupama Loire Bretagne, représentées par Me Lahalle, de la SELARL LEXCAP, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la Société des eaux du district urbain de Dinan (SEDUD) à verser à Groupama Loire Bretagne la somme de 325 060,19 euros toutes taxes comprises (TTC), majorée des intérêts à taux légal à compter du 21 août 2018, ces intérêts devant être capitalisés à chaque échéance annuelle à compter de cette date ;

2°) de condamner la SEDUD à verser à Dinan Agglomération la somme de

49 561 euros TTC, majorée des intérêts à taux légal à compter de la date d'enregistrement de la requête, ces intérêts devant être capitalisés à chaque échéance annuelle à compter de cette date ;

3°) de rejeter toutes demandes de la SEDUD ;

4°) de mettre à la charge de la SEDUD la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- Groupama Loire Bretagne est subrogée dans les droits de son assurée, Dinan Agglomération ;

- la fuite d'eau de la canalisation ayant provoqué la chute du mur, propriété de la ville de Dinan, dans le jardin de M. A, résulte d'un défaut d'entretien du titulaire du contrat d'affermage du service d'assainissement de Dinan Agglomération, à savoir la SEDUD ;

- les dommages sont imputables à ce titre au fonctionnement de l'ouvrage public et relèvent de la responsabilité du délégataire ;

- la société Consultassur a exercé une activité de conseil en assurances auprès de Dinan Agglomération ;

- le rapport d'expertise amiable du 28 juin 2016 du cabinet Mahé-Villa est opposable à la SEDUD dans le cadre du présent litige, l'assureur de cette dernière ayant participé aux opérations d'expertise ;

- le sinistre est dû à 90 % à une canalisation fuyarde du service public d'assainissement affermé ;

- cette canalisation doit être considérée comme ayant été remise au fermier en bon état de fonctionnement, la SEDUD n'ayant pas proposé de complément ou de correction à l'inventaire du réseau établi par Dinan Agglomération et transmis au début du contrat d'affermage, comme il lui était loisible de le faire en application de l'article 54 II de ce contrat;

- la SEDUD n'a pas davantage informé Dinan Agglomération de l'insuffisance de cette canalisation comme elle aurait dû le faire en application de l'article 59 du contrat d'affermage ;

- la fuite est due à un défaut de surveillance et de conseil de la SEDUD, lequel a provoqué une perte de chance pour Dinan Agglomération pour remettre en état, à temps, la canalisation fuyarde ;

- Dinan Agglomération n'a commis aucune faute de nature à exonérer la SEDUD de sa responsabilité ;

- le préjudice de Groupama Loire Bretagne s'élève à 325 060,19 euros TTC, correspondant aux indemnités versées à la ville de Dinan et à M. A ;

- le préjudice de Dinan Agglomération s'élève à 49 561 euros TTC, correspondant au coût des travaux resté à sa charge pour remettre en état le réseau.

Par trois mémoires en défense enregistrés le 27 mai 2020, le 28 décembre 2021 et le

25 janvier 2022, la Société des eaux du district urbain de Dinan (SEDUD), représentée par

Me Ben Zenou, de la SELARL Cabinet Ben Zenou, conclut :

1°) à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions présentée par Groupama Loire Bretagne et donc au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond ;

3°) à titre très subsidiaire, au rejet des conclusions indemnitaires ;

4°) à titre infiniment subsidiaire, dans l'hypothèse d'une perte de chance, dire que sa part de responsabilité ne saurait excéder 10 % ;

5°) en tout état de cause, de mettre à la charge de Groupama Loire Bretagne et de Dinan Agglomération la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- Groupama Loire Bretagne ne démontre ni sa qualité ni son intérêt à agir puisqu'elle n'apporte pas la preuve du paiement effectif de l'indemnité ni que le versement de cette indemnité a été fait en application de sa police d'assurance ;

- Dinan Agglomération est désormais assurée par un autre assureur, par le biais de son courtier, Consultassur ;

- les pièces produites ne sont pas constitutives d'un contrat d'assurance, puisqu'elles sont parcellaires et non signées par Dinan Agglomération ;

- il n'appartient pas à la SEDUD de supporter les conséquences financières d'un sinistre imputable au moins partiellement à une fuite sur le réseau des eaux pluviales dont elle n'avait pas la charge ;

- le rapport d'expertise amiable du 28 juin 2016 ne lui est pas opposable car il n'est pas contradictoire et partial et à tout le moins, il ne peut fonder, à lui seul, les demandes des requérantes ;

- la SEDUD n'a eu connaissance du sinistre qu'à la fin de l'année 2017, date à laquelle les conséquences du sinistre avaient disparu, et elle n'a pas été convoquée aux opérations d'expertise ;

- seule la vétusté de la canalisation d'assainissement constitue la cause du sinistre ;

- les requérantes ne peuvent utilement invoquer l'article 59 du contrat d'affermage, qui ne s'applique qu'en cas de capacité ou de configuration du réseau insuffisante ;

- la SEDUD a respecté l'obligation de conseil prévue par l'article 60 du contrat d'affermage et n'a rien relevé d'anormal dans le fonctionnement de la canalisation litigieuse ;

- seule la responsabilité de Dinan Agglomération, propriétaire de l'ouvrage et garante de son renouvellement en temps utile, est engagée ;

- le défaut d'étanchéité de la canalisation fuyarde n'a pu être établi par le cabinet

Mahé-Villa qu'à l'aide d'inspections caméra, lesquelles n'étaient possibles qu'au titre des stipulations de l'article 67 du contrat d'affermage relatif aux réparations réalisées par la collectivité sur les canalisations ;

- la SEDUD n'a pas été consultée par Dinan Agglomération pour l'établissement des schémas directeurs et plans de renouvellement du réseau, ni davantage pour les travaux de shuntage de la canalisation défectueuse effectués en 2013 ;

- Dinan Agglomération n'a jamais fait de remarque ou critique à la SEDUD sur la qualité de sa gestion du réseau et sur le contenu de ses rapports annuels ;

- les montants réclamés au titre du préjudice subi par Dinan Agglomération et M. A ne sont pas justifiés ni la preuve des règlements réalisés apportée.

Une ordonnance a fixé la clôture de l'instruction au 27 janvier 2022.

La Société des eaux du district urbain de Dinan a produit un mémoire, enregistré le

1er juin 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barbaste,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- les observations de Me Oueslati, de la SELARL LEXCAP, représentant Dinan Agglomération et Groupama Loire Bretagne et celles de Me Benmouffok, de la SELARL Cabinet Ben Zenou, représentant la SEDUD.

Considérant ce qui suit :

1. Le district urbain de Dinan, auquel a succédé la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, a confié à la Société des eaux du district urbain de Dinan (SEDUD) la gestion de son service d'assainissement par un contrat d'affermage d'une durée de vingt-cinq ans à compter du 1er octobre 1992. Le 7 février 2012, un mur ancien, propriété de la ville de Dinan, qui soutenait le chemin du Tertre Martin, s'est effondré sur la propriété de M. A. La société Groupama Loire Bretagne, assureur de Dinan Agglomération, a mandaté le cabinet Mahé-Villa afin de réaliser une expertise sur les causes et conséquences du sinistre. Ce cabinet a produit deux rapports d'expertise, datés du 28 juin 2016 et du 20 février 2018, lesquels ont conclu à la présence d'eau parasite provenant à 90 % du réseau d'évacuation des eaux usées, propriété de Dinan Agglomération et exploité par la SEDUD, en sous-sol du chemin Tertre Martin, ayant provoqué la rupture du mur de soutènement. Par la présente requête, Groupama Loire Bretagne, subrogée dans les droits de son assurée, Dinan Agglomération, d'une part, demande au tribunal de condamner la SEDUD à lui verser la sommes de 325 060,19 euros TTC en réparation du préjudice subi du fait de l'indemnisation de la ville de Dinan et de M. A, et Dinan Agglomération, d'autre part, demande sa condamnation au versement de la somme de

49 561 euros TTC en réparation du préjudice découlant du coût des travaux de remise en état du réseau.

Sur la responsabilité de la SEDUD :

2. En premier lieu, si la SEDUD fait valoir qu'elle n'a pas participé aux réunions organisées par le cabinet Mahé-Villa dont le rapport d'expertise amiable du 28 juin 2016 ne saurait lui être opposé, cette circonstance n'interdit pas au juge administratif de retenir ce rapport à titre d'élément d'information, dès lors que la SEDUD a été mise à même d'en prendre connaissance au cours de la présente procédure et de présenter ses observations.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du contrat d'affermage liant la SEDUD et Dinan Agglomération : " Dès la prise en charge des installations telles qu'elles ont été définies dans l'inventaire quantitatif et qualitatif établi conformément à l'article 54, le fermier est responsable du bon fonctionnement du service. [] ". Aux termes de l'article 19 du même contrat : " Les travaux seront exécutés dans les conditions suivantes : / les travaux d'entretien et de réparation sont exécutés par le fermier, à ses frais. [] ". Suivant l'article 24 de ce contrat : " Le remplacement à l'identique des ouvrages dont le renouvellement s'avère nécessaire est régi par les principes suivants : [] Canalisations - Les travaux de renouvellement des canalisations et de leurs annexes sont à la charge de la collectivité. ". Suivant l'article 54 de ce contrat : " II - Dans un délai de six mois à compter de l'entrée en vigueur du présent affermage, un inventaire quantitatif et qualitatif des biens remis au fermier sera établi par la collectivité [] Il précisera notamment le principe de fonctionnement des ouvrages [] et indiquera ceux qui nécessitent une mise en conformité ou un complément d'équipement. Dans un délai de six mois à compter de l'entrée en vigueur du présent affermage, le fermier proposera à la collectivité, compte-tenu des constatations qu'il aura pu faire sur l'état réel du fonctionnement et les caractéristiques du réseau, tout complément ou correction d'inventaire. ". Suivant

l'article 59 du même contrat d'affermage : " Si les installations de collecte et d'évacuation [] deviennent insuffisantes, en raison du volume et de la composition des eaux usées ou inadaptées en raison d'instructions officielles nouvelles ou de changement dans les conditions d'évacuation des sous-produits prévues par la collectivité, le fermier devra en avertir dans les meilleurs délais la collectivité par un rapport []. La remise de ce rapport dégage le fermier des conséquences de ces insuffisances qui pourraient intervenir ultérieurement. ". Aux termes de l'article 60 du même contrat : " Le fermier assure la surveillance, le bon fonctionnement et l'entretien de l'ensemble des ouvrages et canalisations d'eaux usées constituant le réseau d'assainissement. / Outre la désobstrution immédiate des canalisations, il en assure un curage régulier. [] ". Enfin, aux termes de l'article 67 de ce contrat : " En fonction de l'inventaire dressé à l'article 54 ci-dessus, les travaux d'entretien et de réparation, d'une part, de renouvellement, d'autre part, exception faite des ouvrages dont le renouvellement est à la charge du fermier (art 24, 1er) seront répartis ainsi qu'il suit : [] Grosses réparations - renouvellement à la charge de la collectivité : [] remplacement d'éléments de canalisation, y compris le contrôle par caméra de ces tronçons après réparation []. ".

4. En cas de délégation limitée à la seule exploitation de l'ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables à son fonctionnement relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et son dimensionnement, appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public c'est-à-dire d'une délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par des tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Dinan Agglomération est propriétaire exploitante du réseau d'évacuation des eaux usées de la ville de Dinan, laquelle exploite le réseau d'évacuation des eaux pluviales et que ces deux réseaux enterrés passent sous le chemin du Tertre Martin, accès exclusivement piéton, lequel longe, à environ huit mètres au-dessus, la cour intérieure fermée par un mur ancien en pierre du logement de M. A. Le 7 février 2012, ce mur en pierre, propriété de la ville de Dinan, s'est effondré dans la cour intérieure de la maison de M. A à cause de la présence d'eau parasite en sous-sol du chemin Tertre Martin, qui a généré une poussée hydraulique contre le mur en provoquant sa rupture. Il ressort des investigations réalisées au cours des deux expertises amiables, qui ne sont pas utilement contestées, que 90 % de l'eau parasite provenait du réseau d'évacuation des eaux usées, propriété de Dinan Agglomération et exploité par la SEDUD en application du contrat d'affermage entré en vigueur le 1er octobre 1992 pour une durée de vingt-cinq ans. Le reste de l'eau parasite provenait du réseau d'évacuation des eaux pluviales.

6. La cause du sinistre a été imputée à une canalisation fuyarde du service public d'assainissement affermé et le rapport d'expertise du 20 février 2018 a précisé que " la canalisation est totalement détériorée au fil d'eau par attaque chimique généralisée de la paroi, qui a certains endroits n'est plus existante au fil d'eau. A d'autres endroits, la canalisation présente des défauts d'étanchéité par casse et/ou obstruction par tissus racinaire. Il est incontestable que le réseau d'évacuation des eaux usées, sur la quasi-totalité de sa longueur, est non étanche provoquant inévitablement un écoulement des eaux usées à travers cette canalisation, pour s'écouler dans les terres, constituant le chemin du Tertre Martin, avec saturation des sols en eau, vraisemblablement au point d'effondrement ". Ainsi, l'absence

quasi-totale d'étanchéité de la canalisation en cause, qui résulte de l'attaque chimique généralisée de sa paroi, ne peut être imputée à un défaut d'entretien de la SEDUD, laquelle n'était en charge que des réparations ponctuelles et localisées, mais s'explique par l'ancienneté et la vétusté de ladite canalisation, dont le renouvellement total incombait à Dinan Agglomération en application des stipulations des articles 24 et 67 du contrat d'affermage. Dans ces conditions, Dinan Agglomération et Groupama Loire Bretagne ne sont pas fondées à rechercher la responsabilité de la SEDUD au titre de l'article 4 du contrat d'affermage.

7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, la responsabilité de la SEDUD ne saurait être engagée au titre des stipulations de l'article 54 du contrat d'affermage. Au demeurant, la circonstance que la SEDUD n'aurait pas proposé, dans les six mois suivant l'entrée en vigueur du contrat d'affermage, de complément ou de correction à l'inventaire des biens remis et produit par Dinan Agglomération, comme elle était en droit de le faire en application des mêmes stipulations, est insusceptible de mettre en cause sa responsabilité en l'espèce dès lors, d'une part, que le sinistre est intervenu vingt ans plus tard, et que d'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que le manque d'étanchéité de la canalisation du réseau d'assainissement à l'origine du litige serait aussi ancien.

8. En quatrième lieu, Dinan Agglomération ne peut utilement se prévaloir d'une méconnaissance de l'article 59 du contrat d'affermage par la SEDUD dans la mesure où il ne résulte pas de l'instruction que le sinistre serait dû à une insuffisance ou une inadaptation des installations des canalisations telles que décrites dans cet article du contrat.

9. En cinquième lieu, s'il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 20 février 2018 que le défaut d'étanchéité et donc la fuite de la canalisation passant chemin Tertre Martin à Dinan existaient depuis de nombreuses années, la SEDUD fait valoir, sans être contredite, d'une part, qu'elle a indiqué dans ses rapports d'activité réaliser annuellement des interventions d'hydro-curage préventif, procéder au contrôle de conformité des branchements et réaliser les désobstructions nécessaires, d'autre part, qu'elle a réalisé en 2007 un hydro-curage de 430 mètres linéaires de canalisations dans le lotissement Les Combournaises, zone du litige, et, enfin, qu'elle a signalé la vétusté du réseau ainsi que l'impossibilité d'intervenir sur certains branchements non munis de boîtes de raccordement visitables, et préconisé des inspections caméras dudit réseau qu'elle n'était pas tenu de réaliser en application du contrat d'affermage. Dans ces conditions, Dinan Agglomération ne démontre pas que la SEDUD aurait, comme elle le soutient, manqué au devoir de surveillance du réseau de canalisations et de conseil qui lui incombait en application des stipulations précitées de l'article 60 du contrat.

10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de

non-recevoir opposée par la SEDUD, que Dinan Agglomération et Groupama Loire Bretagne ne sont pas fondées à soutenir que la fuite de la canalisation située chemin Tertre Martin, ayant provoqué l'écroulement du mur de la ville de Dinan dans la cour intérieure de la propriété de

M. A, résulterait d'une faute de la SEDUD dans l'exécution du contrat d'exploitation par affermage du réseau d'assainissement de Dinan Agglomération. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par les requérantes, tant en principal qu'en intérêts et capitalisation, doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

11. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SEDUD, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Dinan Agglomération et à Groupama Loire Bretagne la somme que celles-ci réclament au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Groupama Loire Bretagne et de Dinan Agglomération la somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par la SEDUD et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de Bretagne-Pays de Loire et de Dinan Agglomération est rejetée.

Article 2 : La caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de Bretagne-Pays de Loire et Dinan Agglomération verseront ensemble à la Société des eaux du district urbain de Dinan la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la communauté d'agglomération Dinan Agglomération, à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de Bretagne-Pays de Loire et à la Société des eaux du district urbain de Dinan.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Kolbert, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Barbaste, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Barbaste

Le président,

Signé

E. Kolbert

La greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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