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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-1903168

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-1903168

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-1903168
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire en intervention forcée et des mémoires, enregistrés le

21 juin 2019, le 11 octobre 2019, le 5 mai 2021 et le 29 juillet 2021, la société Ineo Atlantique, représentée par Me Christine Liaud, avocate de la SELARL Moureu Associés Atlantique, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Cesson-Sévigné et le centre communal d'action sociale de Cesson-Sévigné, ou l'un à défaut de l'autre, à lui verser une somme de 94 501,91 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 2 mars 2016, en règlement de la facture émise au titre des travaux de premières urgences exécutés sur le site de la maison de retraite Beausoleil, à la suite du sinistre survenu le 1er octobre 2014 ;

2°) de déclarer irrecevables l'intervention volontaire et la demande reconventionnelle de la société Groupama Loire Bretagne ;

3°) de rejeter les demandes d'indemnisation, présentées à titre reconventionnel, par la commune de Cesson-Sévigné et le centre communal d'action sociale de Cesson-Sévigné ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Cesson-Sévigné et du Centre communal d'action sociale de Cesson-Sévigné, ou de l'un à défaut de l'autre, le paiement d'une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est intervenue le 1er octobre 2014 sur le site de la maison de retraite Beausoleil, au titre du contrat de maintenance préventive des postes de transformation électrique qui lui a été confié le 16 juin 2014 par la commune de Cesson-Sévigné ;

- à la fin des travaux, un début d'incendie s'est produit dans le tableau général basse tension (TGBT) lors de la remise sous tension ;

- après ce sinistre, la commune de Cesson-Sévigné lui a confié les mesures de premières urgences suivant un devis n° OM 2014 010 V, prévoyant la mise en service d'appareillages provisoires permettant la remise sous tension en mode dégradé des installations vitales alimentant la maison de retraite, la location d'un groupe électrogène et l'extension du châssis provisoire dans l'attente d'une armoire de remplacement et d'une offre de remplacement définitif du TGBT ;

- la collectivité a refusé de s'acquitter de la facture de 79 449,20 euros TTC émise le 30 décembre 2014, au titre des travaux qui ont donc été exécutés et qui avaient été approuvés par le directeur général des services techniques de la commune ;

- elle a établi deux nouvelles factures le 1er décembre 2015, d'un montant de

86 323,15 euros TTC pour la première et de 8 175,76 euros TTC, pour la seconde, qui ont été adressées au centre communal d'action sociale de Cesson-Sévigné, lesquelles sont demeurées impayées ;

- l'expertise technique diligentée, par ailleurs, par la société Groupama Loire Bretagne, assureur de la commune de Cesson-Sévigné, n'a pas permis de trouver un accord entre les parties sur les conséquences du sinistre du 1er octobre 2014 ;

- l'expert judiciaire, désigné à la demande de la commune de Cesson-Sévigné, par le tribunal administratif de Rennes, ne lui a imputé aucune responsabilité technique dans la survenance du désordre et a reconnu le quantum de sa créance ;

- elle est bien fondée à solliciter le règlement de sa créance, pour laquelle elle a adressé une mise en demeure de payer à la collectivité, le 26 mars 2019, mais également au centre communal d'action sociale, le 26 juin 2019 ;

- les travaux entrepris en urgence afin d'éviter le déménagement de l'ensemble des pensionnaires de la maison de retraite, au titre des phases 1 et 2, ont fait l'objet d'une offre commerciale et ont été planifiés et exécutés à la demande des services techniques de la commune ;

- le défaut de règlement des factures relatives aux travaux réalisés en urgence pour assurer la continuité du service public de l'accueil des personnes âgées correspond à un enrichissement sans cause de la collectivité publique ;

- l'intervention volontaire de la société Groupama Loire Bretagne et sa demande reconventionnelle sont irrecevables, dès lors que celle-ci ne justifie pas des conditions de la subrogation dont elle se prévaut, du versement d'une indemnisation auprès d'une personne habilitée et du quantum de l'action subrogatoire ;

- le quantum de la réclamation de la commune de Cesson-Sévigné, qui a beaucoup évolué en cours d'instance, comporte notamment des frais de 103 093 euros prétendument engagés au titre de la gestion des phases 1 et 2 de l'après-sinistre et qui correspondent aux prestations réalisées par la société Inéo Atlantique, dont la collectivité refuse de s'acquitter ;

- les demandes reconventionnelles de Groupama Loire Bretagne, de la commune de Cesson-Sévigné et du centre communal d'action sociale ne sont pas fondées au regard des conclusions du rapport d'expertise judiciaire, qui a notamment souligné que le contrat de maintenance régularisé entre la société Inéo Atlantique et la commune de Cesson-Sévigné excluait la maintenance du TGBT, que la commune n'avait pas suffisamment anticipé l'intervention du 1er octobre 2014 et qu'il n'y avait pas de lien causal entre l'une des causes supposées du sinistre et la sphère contractuelle d'intervention de la société Inéo Atlantique.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 novembre 2020 et le 27 juillet 2021, la commune de Cesson-Sévigné, le centre communal d'action sociale (CCAS) de Cesson-Sévigné et la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Bretagne Pays de la Loire, dite Groupama Loire Bretagne, représentés par Me Vincent Lahalle, avocat de la SELARL Lexcap, concluent dans le dernier état de leurs écritures :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à titre reconventionnel, à la condamnation de la société Inéo Atlantique à verser d'une part, une somme de 105 219 euros, avec intérêts au taux légal capitalisés, à la commune de Cesson-Sévigné et au CCAS de Cesson-Sévigné et, d'autre part, une somme de 78 787 euros, avec intérêts au taux légal capitalisés, à Groupama Loire Bretagne ;

3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Inéo Atlantique le paiement d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) à la condamnation de la société Inéo Atlantique aux entiers dépens, comprenant les frais et honoraires de l'expertise judiciaire taxés à la somme de 10 203,52 euros TTC.

Les parties défenderesses font valoir que :

- l'expertise amiable, menée par le cabinet Mahé-Villa à la demande de Groupama Loire Bretagne, a permis d'identifier l'origine du sinistre et a conclu que la responsabilité de la société Inéo Atlantique, qui avait la garde des matériels lors des travaux de maintenance préventive et à laquelle il appartenait de vérifier l'armoire électrique du TGBT avant la remise sous-tension, est engagée ;

- les constatations de l'expert judiciaire, à l'issue d'investigations interminables, témoignent de son absence de compréhension du dossier et de la mission qui lui a été confiée ;

- les travaux de maintenance programmés le 1er octobre 2014 ont été réalisés sous la responsabilité juridique de la société Inéo Atlantique, qui doit, par conséquent, assumer seule la responsabilité de la survenance du sinistre ;

- le sinistre étant imputable à la faute de la société Inéo Atlantique, elle ne peut qu'être déboutée de l'ensemble de ses prétentions indemnitaires ;

- la société Inéo Atlantique devra, en revanche, les indemniser du coût des dommages subis, soit 78 787 euros au titre du préjudice indemnisé par Groupama Loire Bretagne et

105 219 euros correspondant aux résistances non garanties, au montant de la franchise ainsi qu'aux travaux non pris en charge au titre du contrat souscrit, assumés par la collectivité ;

- la société Inéo Atlantique ne produit, en tout état de cause, aucun bon de commande ou ordre de service, justifiant que sa prestation de travaux a été acceptée par la commune ;

- les prestations facturées présentent un coût disproportionné ;

- la créance alléguée par la société Inéo Atlantique a fait l'objet de plusieurs devis, puis de factures qui ont été adressées à la commune, puis à la maison de retraite, sans correspondre au montant des devis et sans comporter le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable.

Par une ordonnance du 2 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2021.

Le 14 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire Bretagne, qui soulèvent un litige distinct du recours formé par la société Inéo Atlantique.

Il a été répondu à cette information par la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire Bretagne, par un mémoire enregistré le 27 juin 2022, non communiqué à la société requérante, par lequel ces parties soutiennent que leurs conclusions reconventionnelles sont recevables et ne constituent pas un litige distinct.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière ;

- le code des assurances ;

- le code de la commande publique ;

- le décret n°2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique ;

- le cahier des clauses administratives générales des marchés publics de fournitures courantes et de services, approuvé par l'arrêté du 19 janvier 2009 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Liaud, représentant la société Inéo Atlantique et de Me Lahalle, représentant la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire Bretagne.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 16 juin 2014, la commune de Cesson-Sévigné (35) a

confié à la société Inéo Atlantique, pour une durée de 4 ans, la maintenance préventive des postes de transformation électriques de la ville et de ses établissements médico-sociaux. Le

1er octobre 2014, la commune de Cesson-Sévigné a programmé une intervention concomitante sur le site de la maison de retraite Beausoleil, d'une part, de la société Inéo Atlantique, sur le transformateur et les cellules moyennes tensions alimentant le site et, d'autre part, de la société Plihon, pour la pose d'un plafond coupe-feu dans le local abritant le tableau général basse tension (TGBT). A l'achèvement des travaux, lors de la remise sous tension électrique du site, un début d'incendie s'est produit dans le local TGBT, à la suite d'un court-circuit sur le jeu des barres en cuivre. La commune de Cesson-Sévigné a adressé une déclaration de sinistre auprès de son assureur, la société Groupama Loire Bretagne, qui a mandaté le cabinet Mahé-Villa pour la réalisation d'une expertise amiable. Le rapport qui a été finalisé le 26 mai 2015 n'a toutefois pas permis de trouver une issue amiable au litige. La commune de Cesson-Sévigné a, par ailleurs, demandé à la société Inéo Atlantique de réaliser les mesures de premières urgences et a été destinataire d'une proposition technique et commerciale prévoyant, d'abord, la mise en service d'appareillages provisoires permettant la remise sous tension en mode dégradé des installations vitales alimentant la maison de retraite, soit une phase 1 de travaux d'un coût de 8 330,34 euros HT, ensuite, la location d'un groupe électrogène et l'extension du châssis provisoire dans l'attente de l'approvisionnement d'une armoire de remplacement, afin de permettre à la maison de retraite une alimentation électrique normale, soit une phase 2 d'un coût de 84 794,51 euros HT, et, enfin, une offre de remplacement définitif du TGBT, soit une phase 3 d'un coût de 72 394,32 euros HT. Les travaux ont été exécutés par la société Inéo Atlantique qui a adressé, le 30 décembre 2014, une facture de 79 449,20 euros à la commune de Cesson-Sévigné. La commune a toutefois refusé d'acquitter la somme demandée en faisant notamment valoir que la facture devait être directement adressée à la maison de retraite. Après avoir réévalué sa proposition commerciale, la société Inéo Atlantique a transmis le 20 mai 2015 une facture de 119 173,81 euros TTC à la maison de retraite. Le règlement de cette facture a toutefois été refusé au motif que la somme réclamée ne correspondait pas au montant du devis émis. La société Inéo Atlantique a donc émis deux nouvelles factures, le 1er décembre 2015, la première d'un montant de 86 323,15 euros et la seconde, d'un montant de 8 175,76 euros. Ces factures sont restées impayées malgré une mise en demeure adressée au débiteur. Le conflit entre les assureurs des parties persistant sur la prise en charge du sinistre, la commune de Cesson-Sévigné a saisi le 26 mars 2016 le président du tribunal administratif de Rennes d'une demande de désignation d'un expert judiciaire. M. B, ainsi désigné, a déposé son rapport le 20 novembre 2018. Par le présent recours, la société Inéo Atlantique demande de condamner la commune de Cesson-Sévigné et le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Cesson-Sévigné à lui verser une somme de 94 501,91 euros en règlement de la facture émise à la suite des travaux exécutés sur le site de la maison de retraite Beausoleil, en conséquence du sinistre survenu le 1er octobre 2014. La commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire-Bretagne, tenant la société Inéo Atlantique pour responsable du sinistre qui s'est déclaré, présentent des demandes indemnitaires reconventionnelles.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. La société Inéo Atlantique entend obtenir le règlement des prestations qu'elle a exécutées en réponse à la demande de la commune de Cesson-Sévigné de procéder aux travaux de premières urgences, après le sinistre survenu le 1er octobre 2014 dans le local du TGBT de la maison de retraite Beausoleil, afin d'éviter le déménagement des résidents de l'établissement.

3. S'il est constant qu'aucun contrat écrit n'a été conclu entre les parties s'agissant des prestations réalisées à la suite du sinistre du 1er octobre 2014, la société requérante justifie avoir adressé le 10 octobre 2014, à la commune de Cesson-Sévigné, en réponse à une demande formulée par M. A, directeur général des services techniques, une proposition technique et commerciale, ayant pour référence " devis OM20141010 V1 " et pour objet " Sinistre TGBT - MAPAD Beausoleil - Mesures conservatoires / Remplacement TGBT ". Ce devis prévoyait trois phases de travaux, une phase 1 d'un coût de 8 330,34 euros HT, pour la mise en service d'appareillages provisoires permettant la remise sous tension en mode dégradé des installations vitales alimentant la maison de retraite, une phase 2 d'un coût de 84 794,51 euros HT pour la location d'un groupe électrogène et l'extension du châssis provisoire, dans l'attente de l'approvisionnement d'une armoire de remplacement, afin de permettre à la maison de retraite d'être approvisionnée normalement en électricité, et une phase 3 d'un coût de 72 394,32 euros HT pour le remplacement définitif du TGBT. Par courriel du 16 octobre 2014, M. A a indiqué à la société Inéo Atlantique qu'il confirmait l'accord de la collectivité pour la commande du TGBT, compte tenu de l'urgence de la réparation, tout en demandant de respecter le souhait de la directrice de la maison de retraite s'agissant du calendrier de bascule des tableaux provisoires vers le nouveau TGBT. Il résulte de l'instruction que ce devis présenté par la société Inéo Atlantique a également été soumis au cabinet Mahé-Villa dans le cadre des opérations d'expertise diligentées par Groupama Loire Bretagne, assureur de la commune. Il n'est, par ailleurs, pas contesté que ces travaux de remise en état ont été effectués. L'expert judiciaire a constaté, pour sa part, que la société Inéo Atlantique demeurait créancière de la commune de Cesson-Sévigné d'une somme de 94 501,91 euros TTC, malgré la mise en demeure qui lui avait été adressée le 2 mars 2016. Cette somme correspond à deux factures émises le 1er décembre 2015, pour les travaux de la phase 1 s'élevant à 8 175,76 euros TTC et pour les travaux de la phase 2 s'élevant à 86 323,15 euros TTC.

4. Pour contester cette créance, la commune de Cesson-Sévigné, dont il résulte de l'instruction qu'elle est à l'origine de la commande de prestations en urgence auprès de la société Inéo Atlantique, avec laquelle elle était liée, par ailleurs, par un contrat de maintenance, ne saurait utilement se borner à faire valoir que la société requérante ne produit ni bon de commande, ni ordre de service ou encore qu'un simple mail d'un agent public sans qualité pour engager la collectivité ne peut suffire à établir que les travaux réalisés ont été acceptés. Elle n'est pas davantage fondée, compte tenu du devis qui a été émis et qui a été accepté par le directeur général des services techniques de la collectivité, dont il n'est pas établi qu'il n'était pas habilité à agir à cet effet, à soutenir désormais que le montant des prestations facturées lui semble disproportionné. Enfin, la seule circonstance que le taux de taxe sur la valeur ajoutée de 10 % appliqué aux travaux exécutés, alors qu'il avait été convenu lors des opérations d'expertise que ce taux minoré serait réservé aux travaux de la phase 3 du devis et que les travaux des phases 1 et 2 feraient l'objet d'un taux de TVA de 20 %, ne permet pas de remettre en cause l'existence et le montant de la créance revendiquée par la société Inéo Atlantique. Au regard de ces éléments, la société requérante est fondée à soutenir que la commune de Cesson-Sévigné lui est redevable du paiement des travaux effectués sur le site de la maison de retraite Beausoleil. Il y a dès lors lieu de condamner la commune de Cesson-Sévigné à verser à la société Inéo Atlantique la somme de 94 501,91 euros TTC, correspondant aux prestations facturées le 1er décembre 2015 pour les phases 1 et 2 des travaux de remise en état du TGBT.

Sur les intérêts :

5. Aux termes de l'article 39 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée, dans sa version applicable au litige : " Le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires à compter du jour suivant l'expiration du délai de paiement ou l'échéance prévue au contrat. / Ces intérêts moratoires sont versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. / () Le taux des intérêts moratoires est fixé par décret. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 29 mars 2013 susvisé, dans sa version applicable au règlement financier du contrat en litige : " Le délai de paiement prévu au premier alinéa de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée est fixé à : / 1° Trente jours pour : () / b) Les collectivités territoriales et les établissements publics locaux ;(). ". L'article 2 de ce décret précise que : " Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le contrat le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. / Toutefois : / 1° Le délai de paiement court à compter de la date d'exécution des prestations, lorsque la date de réception de la demande de paiement est incertaine ou antérieure à cette date ; (). ". Enfin, selon l'article 8 du même décret : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. / () ".

6. Si la société Inéo Atlantique ne précise pas la date à laquelle les travaux litigieux ont été achevés, elle expose avoir émis, le 30 décembre 2014, une facture n°8430114886 d'un montant de 79 449,20 euros, portant sur 40 % du coût des travaux des phases 1, 2 et 3 commandés à réception du devis adressé à la commune de Cesson-Sévigné. Il est constant que cet acompte n'a pas été réglé. Le 1er décembre 2015, la société requérante a émis deux factures portant sur les phases 1 et 2 des travaux de remise en état du TGBT de la maison de retraite Beausoleil. Alors que la société requérante ne justifie pas de la date à laquelle ces factures ont été transmises et réceptionnées par la commune de Cesson-Sévigné, ni de la notification du courrier du 2 mars 2016 adressé au maire de la commune et président du CCAS le mettant en demeure de payer ces deux factures sous quinze jours, il résulte de l'instruction que ces factures ont fait l'objet d'une nouvelle transmission par lettre recommandée avec accusé de réception le 25 mars 2019, laquelle a été distribuée le 26 mars 2019 aux services de la mairie de Cesson-Sévigné. En application des dispositions précitées de l'article 8 de ce décret, les intérêts moratoires ont commencé à courir à cette date. Leur taux doit être fixé au regard du taux de la BCE en vigueur au 1er janvier 2019, augmenté de huit points, soit au taux de 8 %. Il y a donc lieu d'appliquer à la somme due en principal à la société Inéo Atlantique ce taux d'intérêt de 8 %, à compter du 26 mars 2019 jusqu'à son règlement définitif.

Sur les conclusions reconventionnelles :

7. La commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et la société Groupama Loire Bretagne demandent, à titre reconventionnel, la condamnation de la société Inéo Atlantique au paiement d'une somme de 105 219 euros, d'une part, au titre du découvert de garantie non pris en charge par le contrat d'assurance pour les travaux de réparation du sinistre survenu le 1er octobre 2014 dans le local TGBT de la maison de retraite Beausoleil, et d'une somme de 78 787 euros, d'autre part, au titre des sommes dont la collectivité aurait été indemnisée par son assureur, subrogé dans ses droits et actions pour ce montant, pour ces mêmes travaux. Toutefois, de telles conclusions qui portent sur l'indemnisation du préjudice résultant de l'exécution du contrat de maintenance conclu entre la commune de Cesson-Sévigné et la société Inéo Atlantique portent sur un marché distinct de celui dont le règlement financier est demandé par la société Inéo Atlantique dans sa requête introductive d'instance. Au demeurant, il résulte de l'instruction qu'au titre du contrat de maintenance conclu le 16 juin 2014, la société Inéo Atlantique n'était pas chargée de prestations préventives sur le TGBT de la maison de retraite Beausoleil. Dans ces conditions, la commune de Cesson-Sévigné n'est pas fondée à demander la compensation de ses dettes à l'égard de la société requérante, résultant de l'exécution des travaux de première urgence dans l'armoire du TGBT litigieux, avec la créance qu'elle soutient détenir envers cette même société, résultant, selon elle, du préjudice qui serait né en exécution du contrat de maintenance préventive. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la société requérante à l'action subrogatoire de Groupama Loire Bretagne, les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire Bretagne sont irrecevables.

Sur les dépens :

8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

9. La commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et Groupama Loire Bretagne demandent la condamnation de la société Inéo Atlantique à leur verser une somme de 10 203,52 euros TTC au titre des dépens de l'instance, qui correspondent au montant de l'expertise judiciaire confiée à M. B. Toutefois, ces frais d'expertise n'ont pas été exposés dans le cadre de la présente instance mais résultent de l'expertise, ordonnée à la demande de la commune de Cesson-Sévigné, de son CCAS et de son assureur, pour identifier l'origine du sinistre survenu le 1er octobre 2014, à la suite d'une intervention des sociétés Plihon et Inéo Atlantique, dans le cadre, pour cette dernière, du contrat de maintenance la liant à la collectivité. Dans ces conditions, la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS et son assureur ne sauraient utilement réclamer le règlement de la somme de 10 203,52 euros TTC par la société Inéo Atlantique, laquelle n'est, au demeurant, pas la partie perdante dans la présente instance.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Cesson-Sévigné une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Inéo Atlantique et non compris dans les dépens. En revanche, les conclusions présentées par les parties défenderesses au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La commune de Cesson-Sévigné est condamnée à verser à la société Inéo Atlantique une somme de 94 501,91 euros TTC en règlement des prestations réalisées pour la remise en état de l'armoire TGBT de la maison de retraite Beausoleil.

Article 2 : La somme mentionnée à l'article 1er du présent jugement portera intérêts à compter du 26 mars 2019.

Article 3 : La commune de Cesson-Sévigné versera à la société Inéo Atlantique une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Cesson-Sévigné, le CCAS de Cesson-Sévigné et la société Groupama Loire Bretagne, ainsi que les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens de l'instance sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Inéo Atlantique, à la commune de Cesson-Sévigné, au centre communal d'action sociale de Cesson-Sévigné et à la société Groupama Loire Bretagne.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Barbaste, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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