lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-1905899 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CRESSARD & LE GOFF AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par l'effet de la loi du 13 juillet 2018, le contentieux des pensions militaires d'invalidité a été transféré au tribunal administratif. La requête de M. B a été enregistrée au tribunal administratif de Rennes le 1er novembre 2019 sous le numéro 1905899.
Par une saisine et un mémoire, enregistrés les 11 octobre 2019 et 15 juin 2022, M. A B, représenté par Me Ongis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 avril 2019 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande de révision pour aggravation de sa pension militaire d'invalidité au titre de l'infirmité " séquelles de méniscectomie externe du genou gauche " ;
2°) d'ordonner une expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'expertise n'a pas été correctement faite et n'a duré que quelques minutes ; les éléments médicaux qu'il a fournis n'ont pas été pris en compte ;
- les radiologies montrent l'aggravation de son infirmité et l'arthrose est une maladie dégénérative qui ne peut qu'évoluer dans le temps et depuis 20 ans.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 décembre 2019 et 8 septembre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ongis, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjudant de gendarmerie rayé des contrôles le 7 avril 2005, bénéficie d'une pension militaire d'invalidité depuis 2001 portée au taux global de 70 pour cent à titre définitif depuis le 20 avril 2015 pour les infirmités " séquelles de méniscectomie externe du genou gauche " au taux de 35 pour cent, " séquelles de méniscectomie interne du genou droit " au taux de 35 pour cent et " séquelles de fracture de la tête radiale droite " au taux de 10 pour cent. Il a présenté, le 9 octobre 2017, une demande de révision de sa pension pour aggravation de l'infirmité " séquelles de méniscectomie externe du genou gauche ". Par décision du 24 avril 2019, le ministre des armées a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 125-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Le taux d'invalidité reconnu à chaque infirmité examinée couvre l'ensemble des troubles fonctionnels et l'atteinte à l'état général. ". Aux termes de l'article L. 154-1 du même code : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. / La pension définitive révisée est concédée à titre définitif. ".
3. Il résulte de l'instruction que l'expert qui a examiné l'intéressé le 2 janvier 2019 a procédé à l'examen des documents médicaux relatifs au genou gauche de M. B et à l'examen clinique de l'intéressé dont il a noté l'âge, le poids, et de son genou, en procédant aux mesures qui figurent en annexe de l'expertise et correspondent aux énonciations du guide-barème caractérisant le déficit fonctionnel, avant de faire le point des constatations en résultant. Si l'expert a reçu brièvement M. B et n'a pas écouté les doléances de l'intéressé autant que ce dernier l'aurait souhaité, il résulte de l'instruction que l'expert a cependant noté ces doléances et pris connaissance des traitements médicaux et des précédents examens radiologiques de l'intéressé dont il a rapporté les conclusions. Il a procédé, au regard du guide-barème qui retient la flexion comme critère de la mesure de la gêne fonctionnelle résultant de la raideur articulaire du genou, à un examen complet du genou même s'il n'indique pas la mesure exacte de la flexion en raison d'un examen douloureux. Dans ces conditions, la seule circonstance que l'expertise se soit déroulée rapidement n'est pas de nature à établir que l'expert aurait été insuffisant ou partial et que les dispositions de l'article R. 151-10 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre auraient été méconnues. Par ailleurs, la circonstance que le médecin militaire de la commission de réforme lui ait indiqué que le taux retenu par l'expert tenait compte de l'évolution de sa maladie, en reprenant les conclusions de l'expertise, n'est pas de nature à caractériser une insuffisance de l'examen de la situation de M. B, même si l'intéressé est en désaccord avec cette interprétation.
4. Aux termes du guide barème s'agissant du genou : " raideurs articulaires : 5 à 30 pour cent ".
5. Il résulte de l'instruction que l'expert ayant examiné le genou gauche de M. B le 25 novembre 2013 notait que l'appui monopodal est stable en statique, impossible en dynamique ; la marche se fait sans canne et sans boiter, la marche sur la pointe des pieds et sur
les talons se faisant avec une légère boiterie du côté gauche ; la position à genoux et la position
accroupie sont incomplètes. Il indiquait que les deux genoux étaient secs, de température normale, légèrement globuleux. Les mensurations des quadriceps étaient de 48 cm à droite, contre 46 cm à gauche. Les mensurations des deux genoux étaient de 42 cm à droite, contre 41,5 cm à gauche. Les mensurations des mollets étaient de 40 cm à droite, contre 38 cm à gauche. Les mobilités des genoux étaient limitées avec un flexum bilatéral d'environ 10°, la
flexion est mesurée à 110° à droite, contre 105° à gauche, pour une distance talons-fesses, en
flexion, à 30 cm à droite, contre 34 cm à gauche. L'expert concluait alors à un taux de 35 pour cent.
6. L'expert ayant examiné le genou gauche de l'intéressé le 2 janvier 2019 note que l'appui monopodal est stable en statique, impossible en dynamique ; la marche se fait sans canne avec une légère boiterie gauche, la marche sur la pointe des pieds et sur les talons étant déclarée impossible ; la position à genoux et la position accroupie sont incomplètes ; les deux genoux sont secs, de température normale, légèrement globuleux. Il indique que les mensurations des quadriceps sont de 48 cm à droite contre 46 cm à gauche, celles des deux genoux sont de 42 cm à droite contre 41.5 cm à gauche, celles des mollets sont de 40 cm à droite, contre 38 cm à gauche. Les mobilités des genoux sont limitées avec un flexum bilatéral d'environ10° et une flexion qui est désormais à 95°à gauche, 105° à droite. La distance talon-fesses est mesurée aux alentours de 34 cm à droite et 38 cm à gauche. L'expert conclut à un taux de 35 pour cent.
7. Il résulte de la comparaison de ces deux examens qui permettent d'apprécier la gêne fonctionnelle résultant de l'infirmité que la mobilité du genou se réduit légèrement de 105° à 95° et que la distance talon-fesses passe de 34 centimètres à 38, le reste des constatations restant identique même si la marche se fait maintenant avec une légère boiterie. Le ministre a retenu que cette légère aggravation des séquelles ne justifiait pas la révision du taux de l'infirmité qui est maintenu à 35 pour cent, les énonciations du guide-barème fixant d'ailleurs un taux maximal de 30 pour cent en cas de raideur articulaire du genou. Si M. B, pour contester cette appréciation soutient que son arthrose ne peut que s'aggraver avec le temps, il résulte de l'instruction que l'expert a bien pris en compte l'arthrose persistante dont il souffre et constate une légère aggravation au plan radiologique tout en indiquant qu'elle est peu significative au plan clinique, et l'intéressé n'apporte pas d'élément médical susceptible d'établir que le ministre aurait insuffisamment évalué le taux de cette infirmité en retenant que le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité n'était pas supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante évaluation de son infirmité et de la méconnaissance de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2019 rejetant sa demande de révision de sa pension pour aggravation de l'infirmité " séquelles de méniscectomie externe du genou gauche ".
Sur les frais liés au litige :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent, dès lors, être rejetées.
10. En l'absence de dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré à l'issue de l'audience le 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
O. C
L'assesseur le plus ancien,
signé
V. Gourmelon
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026