jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-1906151 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GUEGAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 décembre 2019 et 4 mars 2022, la Société Coopérative Établissements Groleau, représentée par Me Guegan, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réception des travaux du lot " Menuiseries extérieures ", qui lui a été attribué par un marché conclu le 13 juillet 2016 avec la préfecture des Côtes-d'Armor, avec effet à compter du 16 octobre 2017 en l'assortissant des réserves proposées par le maître d'œuvre ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la date de réception doit être fixée à la date d'achèvement des travaux objet du lot concerné, soit en l'espèce le 16 octobre 2017, de sorte que le refus de prononcer la réception des travaux est illégal ;
- les désordres dont l'État fait état pour refuser de prononcer la réception sont apparus postérieurement à la date d'achèvement des travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2020, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions du rapport d'expertise font état d'infiltrations d'eau et d'air sur l'ouvrage objet des travaux litigieux, lesquelles ont le caractère d'un désordre décennal ;
- le cahier des clauses administratives générales applicable au marché laissait un délai de trente jours à compter des opérations préalables à la réception pour se prononcer sur la réception et la décision de non-réception est intervenue avant le terme de ce délai ;
- les nuisances dues aux infiltrations sont persistantes.
Par ordonnance du 2 octobre 2018, M. A B a été désigné comme expert.
Par ordonnance du 3 décembre 2018, sa mission a été étendue, notamment, à la question de la date à laquelle la réception des travaux du lot " Menuiseries extérieures " pouvait être prononcée.
M. A B a déposé son rapport d'expertise le 18 juin 2019.
Par ordonnance du 14 août 2019, les frais et honoraires de l'expert ont été taxés et liquidés à la somme de 6 418,30 euros toutes taxes comprises.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Rémy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 13 juillet 2016, l'État a confié à la Société Coopérative Établissements Groleau le lot " Menuiseries extérieures " de la rénovation des façades des locaux de la direction départementale de la protection des populations situés 9, rue du Sabot à Ploufragan. L'ordre de service de démarrage des travaux a été émis le 19 juin 2017. Le maître d'œuvre a proposé que la date d'achèvement des travaux soit fixée au 16 octobre 2017. Au terme des opérations préalables à la réception réalisée ce même jour, le maître d'œuvre a proposé la réception du lot " Menuiseries extérieures " avec réserves. Le 14 novembre 2017, le directeur départemental de la protection des populations a pris une décision de non-réception concernant ce lot. Par ordonnance du 2 octobre 2018, M. A B a été désigné comme expert en vue, notamment, d'identifier les causes d'infiltrations d'air et d'eau au niveau des fenêtres de l'ouvrage objet des travaux. Par ordonnance du 3 décembre 2018, sa mission a été étendue, notamment, à la question de la date à laquelle la réception des travaux du lot " Menuiseries extérieures " pouvait être prononcée.
Sur les conclusions tendant à ce que la réception des travaux litigieux soit prononcée :
Sur le principe de la réception :
2. Aux termes de l'article 41.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux, applicable au marché litigieux : " 41.3. Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d'œuvre, le maître de l'ouvrage décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. S'il prononce la réception, il fixe la date qu'il retient pour l'achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée au titulaire dans les trente jours suivant la date du
procès-verbal. / La réception prend effet à la date fixée pour l'achèvement des travaux. () ".
3. Il résulte du courrier du 30 novembre 2017 de la direction départementale de la protection des populations que la décision de non-réception du lot " Menuiseries extérieures " a été motivée par les " importantes infiltrations d'air et d'eau au niveau des fenêtres ". Il n'est toutefois pas contesté par l'État qu'au 16 octobre 2017, date des opérations préalables à la réception, les menuiseries extérieures dont la mise en place incombait à la société Groleau avaient été posées alors même que, selon l'administration, des malfaçons et imperfections affectaient ces menuiseries. La circonstance invoquée en défense que les infiltrations en cause auraient un caractère décennal et auraient été observées avant la date des opérations préalables à la réception, ou en tout cas avant le terme d'un délai de trente jours suivant ces opérations, est sans incidence dès lors qu'il était loisible au maître d'ouvrage de prononcer la réception en l'assortissant de réserves concernant les malfaçons à l'origine des infiltrations litigieuses. En conséquence, la date d'achèvement des travaux confiés à la société requérante par l'acte d'engagement du 13 juillet 2016 doit être fixée au 16 octobre 2017. C'est ainsi à bon droit que la société Groleau soutient que la réception du lot " Menuiseries extérieures " du marché litigieux doit être fixée à cette date.
Sur les réserves assortissant la réception :
4. D'une part, le maître d'œuvre a assorti la proposition de réception adressée au maître d'ouvrage de propositions de réserves figurant en annexe du procès-verbal des opérations préalables à la réception en date du 16 octobre 2017. La société Groleau ne conteste pas le
bien-fondé de ces réserves, dont il ne résulte pas de l'instruction, par ailleurs, qu'elles étaient dénuées de pertinence. Il y a donc lieu d'assortir la réception des réserves ainsi proposées par le maître d'œuvre.
5. D'autre part, le courriel du 8 novembre 2017, adressé par les services de l'État au maître d'œuvre et à la société requérante, fait état d'entrées d'air et d'infiltrations d'eau de pluie au niveau des tablettes de certaines fenêtres et demande au maître d'œuvre d'en déterminer les causes puis de " solliciter les entreprises concernées ". Le rapport d'expertise révèle toutefois qu'aucune entrée d'air n'a été constatée à l'occasion des opérations d'expertise. En revanche, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les locaux concernés par les infiltrations sont les bureaux nos 104, 114, 120, 126, 138, 140 et 148. Dès lors qu'un désordre, apparu avant le terme d'un délai de trente jours suivant les opérations préalables à la réception, avait été relevé par le maître d'ouvrage, la réception doit également être assortie de réserves tenant aux infiltrations d'eau par les fenêtres affectant les bureaux nos 104, 114, 120, 126, 140 et 148.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la réception du lot " Menuiseries extérieures " confié par acte d'engagement du 13 juillet 2016 à la Société Coopérative Établissements Groleau doit être prononcée avec effet au 16 octobre 2017 et qu'elle doit être assortie, d'une part, des réserves figurant en annexe du procès-verbal des opérations préalables à la réception en date du 16 octobre 2017 et, d'autre part, de réserves tenant aux infiltrations d'eau par les fenêtres affectant les bureaux nos 104, 114, 120, 126, 140 et 148.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif à la charge de l'État.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La réception du lot " Menuiseries extérieures " confié par acte d'engagement du
13 juillet 2016 à la Société Coopérative Établissements Groleau est prononcée avec effet au
16 octobre 2017 et assortie, d'une part, des réserves figurant en annexe du procès-verbal des opérations préalables à la réception en date du 16 octobre 2017 et, d'autre part, de réserves tenant aux infiltrations d'eau par les fenêtres affectant les bureaux nos 104, 114, 120, 126, 140 et 148.
Article 2 : Les frais d'expertise sont mis à la charge de l'État.
Article 3 : L'État versera à la Société Coopérative Établissements Groleau la somme de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Société Coopérative Établissements Groleau et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Côtes-d'Armor.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022 .
Le rapporteur,
Signé
A. C
Le président,
Signé
G.-V. Vergne
La greffière,
Signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026