vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-1906559 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DUPONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, deux mémoires et un mémoire non communiqué, enregistrés le 30 décembre 2019, le 13 octobre 2021, le 4 et le 20 janvier 2022, Mme A E, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de Mme D G F, et Mme C F, représentées par Me Dupont, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 220 705,97 €, assortie des intérêts de droit et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la prise en charge de Mme D G F a été entachée d'une carence fautive de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- la faute est à l'origine des préjudices suivants :
- en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux : préjudice économique de Mme E : 20 592 € ; frais de déplacement : 6 363,01 € ; frais de prise en charge à domicile : 2 755,59 € ; frais de formation : 8 814,77 € ; frais médicaux : 7 180,60 € ;
- en ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
- s'agissant de Mme D G F : préjudice moral, troubles dans les conditions d'existence et perte de chance de voir son état de santé s'améliorer : 100 000 € ;
- s'agissant des victimes indirectes : préjudice moral de Mme A E : 60 000 € ; préjudice moral de Mme C F : 15 000 € ;
- les sommes porteront intérêts à compter du 15 octobre 2019 et les intérêts seront capitalisés ;
- les préjudices ne sont pas prescrits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, l'Agence régionale de santé (ARS) de la région Bretagne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la prise en charge de Mme D G F n'est entachée d'aucune carence fautive ;
- les préjudices invoqués sont prescrits ;
- elle s'en remet à l'appréciation du tribunal s'agissant des préjudices moraux ;
- la réalité des préjudices allégués restants n'est pas démontrée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Dupont, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D G F est née le 9 novembre 1997 en Roumanie, est arrivée en France à l'âge de 3 ans et a été adoptée par Mme E et M. F. En 2007, Mme D G F s'est vu diagnostiquer un syndrome autistique. Par une ordonnance n° 1603276 du 28 juillet 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a enjoint au directeur général de l'agence régionale de santé de Bretagne de prendre toutes dispositions pour que la situation de Mme D G F soit examinée en vue de sa prise en charge effective par un établissement médico-social adapté à son état de santé, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Par un courrier du 15 octobre 2019, Mme E a présenté à la ministre des solidarités et de la santé une demande indemnitaire préalable tendant à l'indemnisation du préjudice causé par la carence fautive de l'Etat dans la prise en charge de Mme F. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 220 705,97 € en réparation des conséquences de cette carence fautive.
Sur la responsabilité :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 114-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. ". Aux termes de l'article L. 246-1 dudit code : " Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. /Adaptée à l'état et à l'âge de la personne, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le droit à une prise en charge pluridisciplinaire est garanti à toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique, quelles que soient les différences de situation. Si, eu égard à la variété des formes du syndrome autistique, le législateur a voulu que cette prise en charge, afin d'être adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de la personne handicapée, puisse être mise en œuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile, c'est sous réserve que la prise en charge soit effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée à l'état et à l'âge de la personne atteinte de ce syndrome.
4. D'autre part, en vertu de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, il incombe à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), à la demande des parents, de se prononcer sur l'orientation des enfants et de désigner les établissements ou les services correspondant aux besoins de ceux-ci et étant en mesure de les accueillir, ces structures étant tenues de se conformer à la décision de la commission. Ainsi, lorsqu'un enfant handicapé ne peut être pris en charge par l'une des structures désignées par la CDAPH en raison du manque de places disponibles, l'absence de prise en charge pluridisciplinaire qui en résulte est, en principe, de nature à révéler une carence de l'État dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour que cet enfant bénéficie effectivement d'une telle prise en charge dans une structure adaptée.
5. Il résulte de l'instruction que la CDAPH a, par des décisions du 1er juillet 2010, du 1er avril 2014, du 12 mai 2015 et du 16 décembre 2015, prescrit une prise en charge médico-sociale pour Mme D G F en institut médico-éducatif service du 29 juin 2010 au 31 décembre 2011, du 1er avril 2014 au 1er avril 2015, du 12 mai 2015 au 8 novembre 2017. En outre, la CDAPH a, par des décisions du 28 juin 2016 et du 19 octobre 2017, prescrit une prise en charge en maison d'accueil spécialisée pour Mme F du 16 juin 2016 au 30 novembre 2022. La prise en charge de Mme F dans un tel établissement n'a toutefois pas pu avoir lieu en raison de l'absence de place disponible. A ce titre, il résulte de l'instruction que Mme F a été placée et maintenue à plusieurs reprises sur liste d'attente. En outre, s'il résulte de l'instruction que l'ARS Bretagne fait valoir en défense que Mme F a bénéficié de l'intervention d'associations lors de sa prise en charge aux domiciles de ses parents, puis qu'elle a fait l'objet d'une prise en charge pour une durée indéterminée à compter du 7 février 2018 à la maison d'accueil temporaire Arc en ciel de Quistinic, ces circonstances ne sauraient toutefois être regardées comme une prise en charge pluridisciplinaire spécifiquement adaptée aux troubles de l'adulte atteint d'un syndrome autistique et répondant aux orientations préconisées par la CDAPH dans ses décisions successives concernant la situation de Mme F. Dans ces conditions, l'absence de prise en charge adaptée de M. F lors des périodes préconisées par la CDAPH, pour une durée de cinq ans et huit mois, au cours de la période du 29 juin 2010 au 16 juillet 2018, date d'admission de Mme F au foyer d'accueil médicalisé de Plouay révèle une carence de l'Etat dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour qu'il bénéficie effectivement d'une prise en charge pluridisciplinaire, au sens des dispositions de l'article L. 246-1 précité du code de l'action sociale et des familles. Cette carence est constitutive d'une faute de l'Etat de nature à engager sa responsabilité.
Sur l'exception de prescription quadriennale :
6. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'État, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de son article 2 : " La prescription est interrompue par : () Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ". Aux termes de son article 3 : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ". Aux termes de son article 7 : " L'Administration doit, pour pouvoir se prévaloir, à propos d'une créance litigieuse, de la prescription prévue par la présente loi, l'invoquer avant que la juridiction saisie du litige au premier degré se soit prononcée sur le fond ".
7. Lorsque la responsabilité d'une personne publique est recherchée, les droits de créance invoqués en vue d'obtenir l'indemnisation des préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens de ces dispositions, à la date à laquelle la réalité et l'étendue de ces préjudices ont été entièrement révélées, ces préjudices étant connus et pouvant être exactement mesurés. La créance indemnitaire relative à la réparation d'un préjudice présentant un caractère continu et évolutif doit être rattachée à chacune des années au cours desquelles ce préjudice a été subi. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à une année court, sous réserve des cas visés à l'article 3 précité, à compter du 1er janvier de l'année suivante, à la condition qu'à cette date le préjudice subi au cours de cette année puisse être mesuré.
8. Les requérants sollicitent l'indemnisation des préjudices qu'ils ont subis depuis 2010 à raison de la carence de l'Etat. Il résulte de l'instruction que Mme E et autre ont introduit le 26 juillet 2016 au greffe du tribunal administratif une requête sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative aux fins d'enjoindre au directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) de Bretagne de prendre toutes dispositions pour permettre la prise en charge effective de Mme D G F. Cette requête ayant trait au fait générateur des préjudices invoqués, son introduction a eu pour effet d'interrompre le délai de prescription des créances qui n'était pas encore expiré à cette date, soit celles constituées après le 1er janvier 2012, délai qui a recommencé jusqu'au 31 décembre 2020. La présente requête ayant été enregistrée le 30 décembre 2020, la créance de Mme E et autre n'est prescrite que pour les faits antérieurs au 1er janvier 2012.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de Mme F, victime directe :
9. L'absence de prise en charge de Mme F conforme aux orientations prononcées par la CDAPH depuis le 1er janvier 2012 au 16 juillet 2018, soit pendant 4 ans et 2 mois, lui a causé un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, résultant de la perte de chance de voir son état évoluer favorablement. Compte tenu de ce que Mme D G F a tout de même bénéficié de séjours dans des foyers d'accueil temporaire ainsi que d'une prise en charge par des associations, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme globale de 16 000 €.
En ce qui concerne les préjudices de Mme E et de Mme C F :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
10. En premier lieu, Mme E demande l'indemnisation de la perte de gains professionnels pour la période du 1er juillet 2010 au 1er juin 2011. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 8 que la créance de Mme E est prescrite pour les faits antérieurs à 2012. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.
11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme E a supporté des frais de taxi afin que sa fille puisse se rendre dans les locaux de l'association " Les enfants de l'espoir " à Guidel. Il résulte également de l'instruction que par une décision du 22 mars 2012, la CDAPH a accordé à Mme E une prestation de compensation du handicap (PCH) prenant en charge le surcoût de transport à hauteur de 75 % des frais de taxi dans la limite de 5 000 € sur 5 ans. Il résulte de l'instruction que pour les périodes de carence fautive de l'état, les frais de taxi s'élèvent à la somme de 4 760,24 €, soit 1 190,06 € après déduction de la PCH. Par suite, il y a lieu de mettre cette somme à la charge de l'Etat.
12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme E a dû effectuer des déplacements afin de permettre la prise en charge de sa fille au sein d'établissements d'accueil temporaire situés à Quistinic, Lamballe et Plœuc-sur-Lié. Ainsi, Mme E peut obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'elle a exposés entre le 8 janvier 2016 et le 25 décembre 2017 pour se rendre à Quistinic à quarante-huit reprises, à Plœuc-sur-Lié à huit reprises et à Lamballe à dix reprises. Compte tenu de la distance qui sépare son lieu de domicile de ces lieux, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 4 cv, il y a lieu d'évaluer à 3 601 €, le montant des frais de déplacement qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat.
13. En quatrième lieu, Mme E demande l'indemnisation des frais d'assistance par tierce personne pour les années 2014 et 2015 pour un montant de 2 755,59 €. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment des factures émanant de l'association Oasis et produite par la requérante que les frais d'assistance par tierce personne peuvent être évalués à la somme totale de 11 578,20 € pour les années 2014 et 2015 (6 232,71 + 5 345,49). D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme E a perçu au cours de cette période une prestation de compensation du handicap (PCH) qu'il y a lieu d'évaluer, compte tenu d'un volume de 30 heures indemnisables par mois et d'un taux horaire de 17,59 € pour l'année 2014 puis de 17,77 € pour l'année 2015, à la somme totale de 7 872,89 €. Par suite, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à Mme E au titre du préjudice tiré des frais d'assistance par tierce personne la somme de 3 705,30 €.
14. En cinquième lieu, Mme E demande l'indemnisation du préjudice financier causé par les frais de formation, d'acquisition de matériel spécialisé, de soutien scolaire et des frais d'éducatrice spécialisée pour un montant total de 8 814,77 €. D'une part, il résulte de l'instruction que les frais de formation, d'acquisition du matériel et de soutien scolaire présentent un lien avec la carence fautive de l'Etat, qui a justifié la prise en charge de Mme D G F par Mme E à son domicile. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces frais ont été engagés pour la période de 2006 à 2010, de sorte que ces préjudices sont prescrits. D'autre part, il résulte de l'instruction que les frais d'éducatrice spécialisée présentent un lien avec la carence fautive de l'Etat. Par suite, ces frais d'un montant de 125 € réglé au mois d'août 2012 doivent être mis à la charge de l'Etat, ces frais n'étant pas couverts par la prestation de compensation du handicap.
15. En sixième lieu, Mme E demande l'indemnisation des frais médicaux qui se composent des frais consultation d'un psychologue et d'une psychomotricienne pour un montant total de 7 180,60 €. D'une part, il résulte de l'instruction que les frais de psychologue, qui présentent un lien avec la carence fautive de l'Etat, s'élève pour la période de carence fautive déterminée au point 5 à la somme totale de 2 613 €. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, ces frais n'étant pas couverts par la prestation de compensation du handicap. D'autre part, il résulte de l'instruction que les frais de psychomotricienne qui s'élèvent à la somme de 1 491 € concerne une période antérieure à la période de carence fautive de l'Etat, et sont en tout état de cause prescrits. Par suite, cette demande doit être rejetée.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
16. Eu égard à la carence de l'Etat dans la prise en charge de sa fille, Mme D G F, à la période d'indemnisation, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subis par Mme E en lui allouant une somme de 12 000 €.
17. Eu égard à la carence de l'Etat dans la prise en charge de sa sœur aînée, Mme D G F, à la période d'indemnisation, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme C F en allouant à une somme de 6 000 €.
Sur les intérêts et la capitalisation :
18. Mme E et autre ont droit aux intérêts au taux légal à compter du 16 octobre 2019, date de réception par l'Etat de sa demande indemnitaire datée du 15 octobre 2019. Elles ont en outre demandé la capitalisation des intérêts dans sa requête introductive du 30 décembre. A cette date, il n'était pas dû une année d'intérêts. Dès lors, si la demande de capitalisation reste recevable, elle ne peut avoir effet qu'à la date à laquelle il est dû au moins une année d'intérêts. Par suite, les intérêts échus à compter du 16 octobre 2019, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 € à verser à Mme E et autres au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser les sommes suivantes :
1°) 16 000 € à Mme D G F ;
2°) 23 234,36 € à Mme A E ;
3°) 6 000 € à Mme C F.
Article 2 : Les sommes énoncées à l'article 1 sont assorties des intérêts à compter du 15 octobre 2019. Ces intérêts seront capitalisés à la date du 15 octobre 2020, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : L'Etat versera à Mme E et autre la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, Mme C F et à l'agence régionale de santé de la région Bretagne.
Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
Le rapporteur,
signé
C. B
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026