jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2000280 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 janvier 2020 et 23 septembre 2022, M. A B, représenté par la société d'avocats Teissonnière, Topaloff, Lafforgue, Andreu associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts de droit à compter de sa première demande d'indemnisation avec capitalisation de ces intérêts, au titre de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence, résultant de la carence fautive de l'Etat (ministère des armées) qui l'a exposé, pendant de nombreuses années, à l'inhalation de poussières d'amiante sans moyen de protection efficace ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ; le ministère des armées n'ayant pas accusé réception de sa réclamation préalable indemnitaire en lui indiquant le caractère obligatoire du recours administratif préalable devant la commission de recours des militaires, le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable ;
- s'il souligne la carence de l'Etat régulateur, il recherche la responsabilité de l'Etat en tant qu'employeur ;
- l'amiante était utilisée en grande quantité sur les navires de la marine nationale, notamment comme isolant afin d'éviter la propagation des flammes ;
- l'Etat employeur a failli à ses obligations en ne mettant pas effectivement en œuvre les règles applicables en matière d'hygiène et de sécurité propres à soustraire les travailleurs placés sous sa responsabilité au risque d'exposition aux poussières d'amiante ;
- l'exposition, notamment sur une longue durée, aux poussières d'amiante réduit l'espérance de vie des personnes concernées et peut provoquer chez elles de graves pathologies ;
- il est dans une situation d'inquiétude permanente (anxiété), craignant d'apprendre qu'il est atteint d'une grave maladie ; il demande une indemnisation à hauteur de 15 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il sollicite la réparation du trouble dans les conditions d'existence causé par la faute de l'administration à hauteur de 15 000 euros ; le protocole de surveillance médical qu'il suit l'astreint à des consultations médicales régulières ;
- le point de départ de la prescription quadriennale est la date à laquelle le créancier est en mesure de connaître, de façon suffisante à la fois l'origine mais aussi l'ampleur de la créance qu'il détient sur la personne publique débitrice ; ainsi son attestation concernant son exposition aux poussières d'amiante datée du 24 mai 2013 est la seule pièce permettant de mesurer l'origine et l'ampleur du dommage.
Par un mémoire enregistré le 11 décembre 2020, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la prescription quadriennale doit être opposée à la demande indemnitaire de M. B ; ce dernier a acquis une connaissance suffisante de la gravité du risque à l'origine de ses préjudices en 1997, date à laquelle les marins militaires ont pu bénéficier de mesures de protection et d'une surveillance médicale ; ou au plus tard, si l'exposition du marin est postérieure au 31 décembre 2001, le point de départ de la prescription quadriennale devra être fixé à la date à laquelle son exposition a pris fin ; M. B ayant quitté ses fonctions le 5 juin 2011, son action est prescrite depuis, au plus tard, le 31 décembre 2015 ;
- dès 1997, l'Etat a engagé des actions pour la protection des marins militaires exposés à l'inhalation de poussières d'amiante sur les navires de la marine nationale ;
- la seule attestation de la direction du personnel militaire de la Marine nationale (DPMN), qui s'inscrit dans le cadre d'un suivi médical post-professionnel, ne saurait valoir reconnaissance de l'exposition à l'inhalation de poussières d'amiante ou de contact avec des matériaux renfermant cette substance ; elle ne suffit pas à établir que l'Etat devait prendre des mesures de protection et de prévention de ses agents (Cass., 13 octobre 2021, n° 20-13.584), d'autant qu'elle diffère de l'attestation prévue à l'article R. 4412-41 du code du travail et qu'elle se borne à indiquer que l'intéressé a embarqué sur des navires renfermant de l'amiante, ce qui ne signifie pas qu'il a été exposé à l'émission de fibres d'amiante ;
- les diagnostics " amiante " réalisés à partir de 2006 par la Marine nationale montrent qu'à cette date le niveau d'empoussièrement des navires était généralement inférieur à cinq fibres d'amiante par litre d'air, seuil d'exposition fixé par l'article R. 1334-28 du code de la santé publique pour la population générale ; dès lors, il s'en déduit qu'avant 2006 le niveau d'empoussièrement des navires était nécessairement plus faible ; ainsi, il n'est pas établi que M. B ait été exposé de façon passive à l'inhalation de poussières d'amiante au cours de sa carrière professionnelle dans la Marine nationale ;
- M. B n'a produit aucun élément de nature à établir que ses fonctions l'ont amené à travailler des matériaux amiantés et à être exposé à un risque sanitaire ; la faute de l'Etat n'est pas démontrée ;
- les militaires ne sont pas éligibles au dispositif de cessation anticipée d'activité prévu par le décret n° 2001-1269 du 21 décembre 2001 ; dès lors le préjudice d'anxiété de M. B ne peut être présumé et sa requête ne présente par ailleurs aucun élément personnel et circonstancié permettant d'établir la réalité de l'exposition dont il se prévaut ainsi que les conditions et la durée de celle-ci ;
- le trouble dans les conditions d'existence de M. B n'est pas établi, il ne justifie pas être astreint à un contrôle médical contraignant.
- les sommes demandées au titre de la réparation de ses préjudices sont excessives.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de sécurité sociale ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Macouillard, représentant M. B.
Le ministre des armées n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ancien militaire dans la Marine nationale, estime l'Etat, en sa qualité d'employeur, responsable d'une carence fautive, faute d'avoir mis en œuvre une protection efficace contre son exposition à l'inhalation de poussières d'amiante durant sa carrière. Il a sollicité, par un courrier du 30 novembre 2016, adressé au ministre des armées, la réparation de son préjudice moral (anxiété) et du trouble dans les conditions d'existence en résultant. Le silence gardé par la ministre a fait naître une décision implicite de rejet. M. B a alors saisi la commission de recours des militaires (CRM) le 10 juillet 2019 d'une même demande. Le 18 novembre 2019, après consultation de la CRM, le ministre des armées a décidé de nouveau de rejeter celle-ci. En conséquence, M. B a saisi le tribunal afin que soit prononcée la condamnation de l'Etat à l'indemniser de ces préjudices.
Sur la responsabilité de l'Etat :
2. La responsabilité de l'administration, notamment en sa qualité d'employeur, peut être engagée à raison de la faute qu'elle a commise, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. A le caractère d'une faute, le manquement à l'obligation de sécurité de résultat à laquelle l'employeur est tenu envers son agent, lorsqu'il a ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier, et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Il n'est pas contesté que la nocivité de l'amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977 et que le décret susvisé du 17 août 1977 relatif aux mesures d'hygiène particulières applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l'action des poussières d'amiante, a imposé des mesures de protection de nature à réduire l'exposition des agents aux poussières d'amiante ainsi que des contrôles de la concentration en fibres d'amiante dans l'atmosphère des lieux de travail.
3. Il résulte de l'instruction que, sur les navires de la Marine nationale construits jusqu'à la fin des années quatre-vingt, l'amiante était utilisée de façon courante comme isolant pour calorifuger tant les tuyauteries que certaines parois et certains équipements de bord, de même que les réacteurs et moteurs des avions de l'aéronavale. Si la ministre des armées soutient que les diagnostics " amiante ", réalisés de façon systématique à partir de 2006, ont montré que le niveau d'empoussièrement des navires était inférieur à 5 fibres d'amiante par litre d'air, seuil d'exposition fixé par l'article R. 1334-28 du code de la santé publique pour la population générale, et produit à l'appui de ses dires les mesures réalisées pour huit navires (Jeanne d'Arc, Orage, Primauguet, Blaison, Loire, Inflexible, Casabianca et Colbert), il résulte cependant de l'instruction que les matériaux à base d'amiante présents sur les bâtiments de la Marine nationale avaient tendance à se déliter en raison des contraintes physiques imposées à ces matériels, de la chaleur, du vieillissement du calorifugeage, ou de travaux divers d'entretien en mer ou au bassin. Aussi, contrairement à ce qu'avance la ministre, les diagnostics " amiante " de ces huit navires ne permettent ni de présumer qu'avant 2006 leur niveau d'empoussièrement était nécessairement plus faible, ni que tel était le cas sur l'ensemble des bâtiments où M. B a été affecté au cours de sa carrière professionnelle.
4. Si le ministre des armées soutient que la responsabilité pour faute de l'Etat ne saurait être engagée, il y a lieu tout d'abord de constater que l'Etat n'apporte pas la preuve que des mesures de protection et de prévention aient été effectivement mises en œuvre et reçu concrètement exécution au sein de la Marine nationale durant l'affectation de M. B à bord de ses bâtiments, ni que ce dernier en ait bénéficié à titre personnel, la ministre se bornant à se référer à la publication de dispositions générales visant à assurer notamment la protection individuelle et collective des marins contre les poussières d'amiante, telles que l'instruction n° 141 du 27 août 1997, l'instruction n° 515 du 22 mai 1998, la note n° 17869 du 10 mai 2000 et l'instruction n° 102 du 25 janvier 2001 et ce, seulement pour la période postérieure à l'entrée en vigueur du décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l'interdiction de l'amiante.
5. Enfin, l'attestation délivrée le 24 mai 2013 par la direction du personnel militaire de la Marine nationale (DPMN) à M. B indique que ce dernier a été affecté en sa qualité de maître, entre le 2 janvier 1991 au 5 juin 2011, sur des navires " renfermant des matériaux à base d'amiante ", matériaux dont il a été rappelé plus haut qu'ils avaient tendance à se déliter. Cet élément objectif indiqué dans cette attestation qui récapitule précisément les différentes affectations de M. B permet de caractériser suffisamment l'existence du risque pour ce marin embarqué en contact quasi-permanent avec l'amiante sur son lieu de travail et dans tous les moments de sa vie quotidienne, notamment lors des repos et repas, d'avoir été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante, dont la dispersion était d'ailleurs facilitée par les systèmes de ventilation en fonction, et contre lequel, ainsi que dit au point précédent, aucune mesure de protection particulière n'a effectivement été mise en œuvre. La circonstance que cette attestation constituerait une mesure à vocation sociale s'inscrivant uniquement dans le cadre d'un suivi médical post-professionnel et différant de l'attestation prévue à l'article R. 4412-41 du code du travail est sans incidence, contrairement à ce que soutient la ministre, sur le constat rapporté par l'administration dans celle-ci et, partant, sur la nécessité qu'il y avait alors de mettre en œuvre des mesures de protection et de prévention.
6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat employeur doit être regardé comme ayant fait preuve, dans ces conditions, d'une carence fautive dans la mise en œuvre effective, obligation qui lui incombait, des mesures de protection contre les poussières d'amiante auxquelles M. B a pu être exposé. Cette carence est de nature à engager sa responsabilité.
Sur l'exception de prescription quadriennale :
7. Aux termes de l'article 1er de la loi susvisée du 31 décembre 1968 modifiée relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de l'article 3 de cette loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement. ".
8. Il résulte de ces dispositions que le point de départ de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la victime a acquis une connaissance suffisante de l'origine et de la gravité du dommage qu'elle a subi ou est susceptible de subir, fondant sa créance.
9. D'une part, si la ministre des armées soutient que le point de départ de la prescription quadriennale doit être fixé au 1er janvier 1998, les marins militaires ayant bénéficié à partir de 1997, en raison de l'entrée en vigueur du décret n° 96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l'interdiction de l'amiante, de mesures de protection et d'une surveillance médicale spéciale, elle n'apporte pas la preuve, par ses écritures, que le requérant bénéficiait d'une telle mesure de surveillance spéciale, ni, comme il est énoncé au point 4, de mesures de prévention et de protection. Au demeurant, à supposer même que l'intéressé ait eu accès à de telles mesures, celles-ci, si elles ont pu lui faire prendre conscience de l'existence d'un risque sanitaire lié à son exposition aux poussières d'amiante, ne lui ont en revanche pas permis d'acquérir une connaissance suffisante de ses conditions personnelles d'exposition aux poussières d'amiante, et donc partant, de la gravité de son dommage.
10. D'autre part, eu égard aux pièces du dossier, M. B doit être regardé comme ayant eu connaissance de l'étendue du risque à l'origine du préjudice moral (anxiété) et des troubles dans les conditions de l'existence dont il demande la réparation, à compter du 24 mai 2013, date à laquelle l'attestation d'exposition aux poussières d'amiante le concernant a été établie par la DPMN, dès lors que ce document énumère précisément ses périodes d'affectation sur des bâtiments renfermant des matériaux contenant de l'amiante au cours de sa carrière dans la Marine nationale. Par suite, le délai de prescription quadriennale a commencé à courir le 1er janvier 2014. En conséquence, la réclamation préalable adressée par l'intéressé au ministère des armées le 30 novembre 2016 a engagé une action indemnitaire qui n'est pas prescrite.
11. Il résulte de ce qui précède que la ministre des armées n'est pas fondée à opposer l'exception de prescription quadriennale à la créance dont se prévaut le requérant.
Sur l'indemnisation des préjudices :
12. M. B a droit à l'indemnisation des préjudices qu'il subit, qui sont certains et résultent directement de la carence fautive de l'Etat.
En ce qui concerne le préjudice d'anxiété :
13. M. B, estimant que son espérance de vie a été diminuée notablement du fait de l'absorption par ses poumons de poussières d'amiante pendant ses années d'activité professionnelle, soutient vivre dans un état d'anxiété.
14. Si M.B n'a pas développé de pathologie asbestosique, il résulte de l'instruction qu'il est désormais admis, sur le plan scientifique, que l'inhalation de poussières d'amiante, sur une durée longue, peut, à plus ou moins long terme, et parfois vingt à trente ans après l'exposition, être la cause de cancers bronchiques mortels, les poussières d'amiante inhalées étant définitivement absorbées par les poumons sans que l'organisme puisse les éliminer. Cependant, ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le préjudice moral invoqué par l'intéressé. Il lui appartient donc d'apporter devant le juge des éléments complémentaires probants relatifs à sa situation personnelle.
15. A cet égard, il résulte de l'instruction, et plus particulièrement, de l'attestation d'exposition évoquée au point 5, que M. B, ancien marin militaire, a été exposé au cours de sa carrière aux poussières d'amiante sur une période d'environ 14 ans et 4 mois et dans les conditions exposées plus haut, de nature à lui faire craindre d'être exposé à une maladie grave. Au demeurant, un certificat de son médecin atteste de son état anxieux. Dès lors, il subit, à ce titre, un préjudice moral. Par suite, il sera fait une juste appréciation des circonstances particulières de l'espèce en évaluant la réparation de ce préjudice à la somme de 8 500 euros.
En ce qui concerne les troubles dans les conditions de l'existence :
16. M. B se borne à verser au dossier le compte rendu d'une tomodensitométrie des sinus de la face et thoracique réalisée en 2010, lequel ne permet pas de démontrer que l'intéressé est astreint à un suivi médical d'une fréquence et d'un inconfort tel qu'il caractériserait à lui seul des troubles dans les conditions d'existence. En outre, si M. B produit également une attestation de son médecin relatant l'angoisse qu'il ressent dans ce contexte, cet élément, qui fait seulement état de l'anxiété de l'intéressé pour laquelle il est déjà indemnisé au titre du préjudice moral, ne permet pas non plus d'établir la réalité des troubles allégués. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la réparation de ce préjudice.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
17. M. B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 8 500 euros à compter du 2 décembre 2016, date de réception de sa première demande par la ministre des armées, ainsi qu'il le sollicite. Les intérêts seront capitalisés à compter du 2 décembre 2017, date à laquelle une année d'intérêt était due, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais du litige :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B la somme de 8 500 euros en réparation de son préjudice, avec intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2016 et de leur capitalisation à compter du 2 décembre 2017 puis à chaque échéance annuelle.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
G. CL'assesseur le plus ancien,
signé
Y. Moulinier
La greffière,
signé
L. Garval
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026