lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2000903 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUQUET-ELKAÏM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 février 2020 et 2 juin 2022, M. et Mme B C, représentés par Me Bouquet-Elkaïm, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de La Fresnais a refusé de mettre en œuvre ses pouvoirs de police de la circulation sur la voie communale dite " chemin de la Guimondais " et d'engager les dépenses obligatoires d'entretien et d'aménagement de cette voie ;
2°) d'enjoindre à la commune de La Fresnais de réexaminer leur demande tendant à la prise de ces mesures ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Fresnais une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il résulte du rapport de l'expertise ordonnée en référé que le chemin des Guimondais est affecté d'un défaut d'entretien, et présente des caractéristiques techniques qui ne sont pas adaptées au trafic actuel affecté à cette voie et méconnaissent de ce fait les exigences posées par l'article R. 141-2 du code la voirie routière ;
- faute d'avoir entrepris des travaux d'aménagement de voirie de nature à adapter la
configuration de la voie à l'évolution du trafic, le maire aurait dû réglementer de manière adaptée le trafic sur ladite voie ; le refus de prendre cette réglementation est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; si, par un arrêté du 24 février 2020, le maire a interdit la circulation des poids lourds sur le chemin de la Guimondais, cette interdiction n'a pas été mise en œuvre avant mai 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2020, la commune de La Fresnais représentée par Me Lahalle, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'adoption d'un arrêté réglementant la circulation des véhicules de plus de 6 tonnes sur le chemin des Guimondais, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande des requérants tendant à la réglementation de la circulation sur le chemin des Guimondais a été satisfaite, la circulation des véhicules de plus de 6 tonnes ayant été interdite par un arrêté du 24 février 2020 ;
- le lien entre le dommage invoqué par les requérants, notamment les fissures dans leur habitation, et le mauvais état de la route n'est pas établi ; ce mauvais état allégué n'est pas davantage établi :
- une solution est susceptible d'être apportée par la commune dans les meilleurs délais.
Vu :
- le rapport d'expertise enregistré le 25 mai 2019 ;
- l'ordonnance du 14 août 2019 par laquelle le président du Tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise à la somme de 5 068,25 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;
- les observations de Me Bouquet-Elkaïm, représentant M. et Mme C, et F, représentant la commune de La Fresnais.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, propriétaires d'une maison d'habitation située 7 chemin des Guimondais sur une parcelle cadastrée n° 448 de la commune de La Fresnais, ont demandé au maire de cette commune, par courrier du 21 novembre 2019, d'interdire sur cette voie la circulation de véhicule de plus de 6 tonnes et d'entreprendre les dépenses obligatoires lui incombant et les travaux de mise en conformité nécessaires, concernant notamment l'écoulement des eaux pluviales et l'assainissement de la plate-forme. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de La Fresnais a rejeté leur demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Par un arrêté du 24 février 2020, le maire de La Fresnais a prononcé une interdiction permanente de circulation des véhicules de plus de 6 tonnes dans les deux sens du " Chemin des Guimondais ". Cette interdiction a été matérialisée par l'installation d'un panneau de signalisation au mois de mai 2022. Le maire de La Fresnais ayant ainsi fait droit, en cours d'instance, à la demande formulée le 21 novembre 2019 par M. et Mme C, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite ayant rejeté cette demande.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Une autorité saisie d'une demande tendant à ce que l'administration procède à des travaux ayant vocation à prévenir ou faire cesser des dommages de travaux publics doit prendre en considération, d'une part, les inconvénients que la situation existante entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, d'autre part, les conséquences de la réalisation des travaux pour l'intérêt général dont elle a la charge, compte tenu, notamment, de leur coût et apprécier, en rapprochant ces éléments, si la réalisation des travaux n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général. Il appartient au juge saisi de la contestation du refus opposé à une telle demande d'apprécier si ce refus n'est pas, à l'aune de ces critères, entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 141-2 du code de la voirie routière : " Les profils en long et en travers des voies communales doivent être établis de manière à permettre l'écoulement des eaux pluviales et l'assainissement de la plate-forme. ". Ces dispositions ont pour finalité d'éviter la stagnation des eaux de pluie sur la plate-forme des voies communales. Il ne saurait en résulter pour la commune une obligation de mettre en place un dispositif spécifique de drainage des eaux pluviales au droit des propriétés riveraines.
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expert, que la chaussée du Chemin des Guimondais présente des irrégularités de surface et quelques débuts d'arrachement de type nids de poule, dont l'expert estime qu'ils favorisent la transmission des vibrations causées par la circulation de véhicules lourds. Toutefois, l'interdiction de circulation de ces véhicules posée par le maire de La Fresnais par l'arrêté du 24 février 2020 est de nature à remédier à ce type de désagréments. Par ailleurs, l'existence de retenues d'eau en surface des accotements de la route n'est pas de nature, eu égard à ce qui a été dit au point 4, à imposer à la commune une obligation d'intervention, d'autant que l'expert désigné en référé a relevé que les requérants ont déclaré ne pas subir d'inondations sur leur propriété, à l'entrée de laquelle ils ont installé un caniveau à grille permettant l'écoulement des eaux. Dans ces circonstances, en rejetant implicitement leur demande tendant à la réalisation d'entretien de la route, le maire de La Fresnais n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Les conclusions à fin d'annulation de ce refus doivent, dès lors, être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction qui leur sont associées.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de La Fresnais a refusé d'engager des dépenses d'aménagement du Chemin des Guimondais. Leurs conclusions à fin d'injonction ne peuvent, dès lors, qu'être également rejetées.
Sur les dépens :
7. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 5 068,25 euros TTC par l'ordonnance du 14 août 2019, à la charge définitive de la commune de La Fresnais.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Fresnais, qui n'est pas dans la présente instance la partie principalement perdante, la somme demandée par M. et Mme C, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de La Fresnais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de La Fresnais a rejeté la demande de M. et de Mme C tendant à l'interdiction de la circulation de véhicules de plus de 6 tonnes sur le Chemin des Guimondais.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme C est rejeté.
Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 5 068,25 euros TTC par l'ordonnance du 14 août 2019, sont mis à la charge définitive de la commune de La Fresnais.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de La Fresnais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B C et à la commune de La Fresnais.
Copie en sera adressée à M. A E, expert.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
Mme Pottier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
V. DLe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026