lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2001907 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LEMASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 avril et 30 juillet 2020, M. A E B, représenté par Me Lemasson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2019 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande tendant à la révision pour aggravation de sa pension militaire d'invalidité ;
2°) d'ordonner le reversement de son dossier médical au tribunal, de valider l'expertise du docteur D, de blâmer l'administration pour sa conduite dans l'examen de son dossier ;
3°) de réparer son préjudice moral résultant de son handicap et des propos discriminatoires de l'administration.
Il soutient que :
- il a des prothèses des deux genoux, des deux épaules et de la hanche gauche ;
- son épouse l'aide pour les gestes de la vie quotidienne ;
- la date retenue comme origine de ses infirmités dans le procès-verbal de la commission de réforme du 29 août 2019 ne correspond pas à la date du jugement de 2007 du tribunal des pensions militaires du Morbihan.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 juillet et 4 septembre 2020, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juin 2020 rectifiée le 8 octobre 2020.
Par communication téléphonique, en date du 9 septembre 2020, M. B a informé le tribunal de sa demande de changement d'avocat.
Par courrier en date du 30 septembre 2020, Me Lemasson s'est constituée dans le dossier suite à sa désignation par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Rennes.
Par courrier du 5 avril 2022, Me Lemasson a été mise en demeure de produire, dans un délai d'un mois, un mémoire en réponse au mémoire de la ministre.
Par courrier du 2 décembre 2022, Me Lemasson a été informée de l'audiencement du dossier fixé au 3 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ancien adjudant-chef dans l'armée de terre, bénéficie d'une pension militaire d'invalidité à titre définitif au taux global de 40 pour cent à partir du 11 octobre 2005 pour les infirmités " séquelle de traumatisme du genou gauche " au taux de 25 pour cent et " séquelle de luxation de l'épaule gauche " au taux de 10 pour cent + 5. Par une demande du 22 février 2018, il en a demandé la révision pour aggravation et majoration pour aide d'une tierce personne. Par décision du 2 septembre 2019, la ministre des armées a rejeté cette demande.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 2 septembre 2019 :
2. Aux termes de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs des infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le pourcentage d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 points par rapport au pourcentage antérieur. / Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. / La pension définitive révisée est concédée à titre définitif. ".
3. Pour l'application de ces dispositions, l'appréciation de l'aggravation des infirmités s'effectue par comparaison de la gêne fonctionnelle constatée par les experts lors de l'expertise réalisée pour l'instruction de la demande de l'intéressé et celle constatée par la précédente expertise.
S'agissant de l'infirmité : " séquelle de traumatisme du genou gauche " :
4. Aux termes du guide-barème en ce qui concerne les raideurs articulaires du genou : " 5 à 30 pour cent. Avec angle favorable de la verticale à 25° ou 45° : 10 à 20 pour cent ".
5. Il résulte de l'instruction que l'expert ayant examiné M. B le 8 octobre 2015 constate une flexion limitée à 90° et conclut à un déficit fonctionnel correspondant à un taux de 20 pour cent. L'administration a maintenu le taux définitif de 25 pour cent dont bénéficie l'intéressé. L'expert ayant examiné l'intéressé le 15 avril 2019 constate une flexion limitée à 90° et une distance talon-fesse de 50 centimètres avec des douleurs, une surcharge pondérale et conclut au maintien du taux antérieur de 30 pour cent compte tenu de l'aggravation de l'impotence fonctionnelle dont il convient de déduire une part non imputable de 5 pour cent au titre de la surcharge pondérale. Une telle aggravation de la gêne fonctionnelle n'est pas suffisante pour justifier la révision de la pension au titre de cette infirmité. En se bornant à indiquer qu'il a dû être opéré des deux genoux avec pose de prothèse, M. B n'apporte aucun élément médical susceptible d'établir que le taux de son invalidité aurait été insuffisamment évalué au regard des dispositions de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre.
S'agissant de l'infirmité : " séquelle de luxation de l'épaule gauche " :
6. Aux termes du guide-barème en ce qui concerne les raideurs articulaires de l'épaule pour l'épaule gauche : " Portant principalement sur la propulsion et l'abduction 8 à 25 pour cent ".
7. Il résulte de l'instruction que l'expert ayant examiné M. B le 8 octobre 2015 constate la limitation de la mobilité en abduction à 40° et en antépulsion de 75° et conclut à un enraidissement de l'épaule non dominante justifiant un taux d'invalidité de 20 pour cent. L'administration avait maintenu le taux de 10 pour cent compte tenu de ce que l'aggravation observée en 2012 n'était pas imputable au service et le recours de M. B sur ce point a été rejeté par jugement du tribunal des pensions militaires du 5 janvier 2017 devenu définitif. L'expert ayant examiné l'intéressé le 15 avril 2019 constate une mobilisation de l'épaule très douloureuse, une limitation des amplitudes de l'abduction à 75° et de l'antépulsion à moins de 90° et conclut à une aggravation de 5 pour cent imputable au service. Une telle aggravation est également insuffisante pour justifier la révision de la pension au titre de cette infirmité. En se bornant à indiquer qu'il a dû être opéré des deux épaules avec pose de prothèse, M. B n'apporte aucun élément médical susceptible d'établir que le taux de son invalidité aurait été insuffisamment évalué au regard des dispositions de l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre.
S'agissant du rejet de la demande de majoration pour tierce personne :
8. Aux termes de l'article L. 133-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les invalides que leurs infirmités rendent incapables de se mouvoir, de se conduire ou d'accomplir les actes essentiels de la vie et qui, vivant chez eux, sont obligés de recourir d'une manière constante aux soins d'une tierce personne, ont droit, à titre d'allocation spéciale, à une majoration égale au quart de la pension. () ".
9. L'expert ayant procédé à l'enquête médicale indique que M. B peut accomplir seul l'ensemble des gestes de la vie courante et conclut que l'intéressé n'a pas besoin de l'aide constante d'une tierce personne mais seulement d'une aide pour faire face à des complications passagères en précisant qu'il s'agit d'une aide ponctuelle pour faire sa toilette. En se bornant à faire état de l'âge de son épouse qui l'assiste pour faire sa toilette et à produire un certificat médical fait à la demande de l'intéressé et concluant à la nécessité d'une telle aide sans toutefois la justifier par un examen détaillé de la situation du patient, M. B n'apporte aucun élément médical suffisant pour contredire utilement l'enquête réalisée par l'expert. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 133-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre doit donc être écarté.
10. Par ailleurs, si M. B conteste la date retenue comme origine de ses infirmités dans le procès-verbal de la commission de réforme du 29 août 2019 et indique que cela ne correspond pas à la date retenue dans le jugement rendu en 2007 par le tribunal des pensions militaires du Morbihan, une telle circonstance, alors au demeurant que cette situation est favorable au requérant, n'est pas de nature à établir l'insuffisante appréciation du taux de ses invalidités et est sans influence sur la décision attaquée.
11. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 2 septembre 2019 rejetant sa demande de révision de sa pension pour aggravation de ses infirmités.
Sur les autres conclusions :
12. M. B n'établissant pas l'illégalité de la décision attaquée, il n'est pas fondé à demander réparation du préjudice qui résulterait du comportement de l'administration lorsqu'elle prend ses décisions sur ses demandes. Par ailleurs, en instituant la pension militaire d'invalidité, le législateur a entendu déterminer forfaitairement la réparation à laquelle les militaires victimes d'un accident de service peuvent prétendre, au titre de l'atteinte qu'ils ont subie dans leur intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'Etat de les garantir contre les risques qu'ils courent dans l'exercice de leur mission. M. B n'apporte aucun élément susceptible d'établir que le déficit fonctionnel qu'il subit, entendu comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de la vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales, ne serait pas pris en compte par sa pension et ne réparerait pas son handicap fonctionnel. Ses conclusions indemnitaires doivent donc être rejetées.
13. Enfin, il n'appartient pas au juge d'enjoindre à l'administration de prononcer des sanctions à l'égard de ses agents, ni d'ordonner le rapatriement de son dossier médical, ni enfin de valider une expertise ancienne. Ces conclusions doivent ainsi être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B et au ministre des armées.
Délibéré à l'issue de l'audience le 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Gourmelon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
signé
O. C
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026