jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002024 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BERTHELOT - LEMAITRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mai et 19 octobre 2020, M. A B, représenté par Me Lemaitre (SCP Berthelot-Lemaitre), demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 17 mars 2020 par laquelle le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté sa demande d'indemnisation présentée sur le fondement de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 60 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis, cette somme devant être assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 avril 2019 et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit, une expertise médicale sur l'évaluation des dommages patrimoniaux et extra-patrimoniaux consécutifs à la pathologie imputable à l'exposition aux rayonnements ionisants ;
4°) dans l'hypothèse où le tribunal ordonnerait une expertise médicale sur l'évaluation de son préjudice, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros à titre d'indemnité provisionnelle ;
5°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il satisfait aux conditions de lieu et de temps prévues par la loi du 5 janvier 2010 et est atteint de l'une des maladies ouvrant droit à une indemnisation, ce qui lui permet de bénéficier de la présomption légale de causalité ;
- il n'est pas établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français qu'il a reçue lorsqu'il était affecté en Polynésie française entre le
12 août 1969 et le 16 février 1971, puis entre le 6 août 1979 et le 27 août 1980, a été inférieure à la limite de 1 millisievert (mSv), les mesures de surveillance de la contamination interne ou externe ayant été insuffisantes au regard de ses conditions concrètes d'exposition aux rayonnements ionisants ;
- le CIVEN ne saurait se prévaloir de sa méthodologie qui est dépourvue de toute valeur impérative ;
- la présomption légale n'est pas renversée ;
- les préjudices résultant de la maladie induite par son exposition aux rayonnements ionisants s'élèvent à 60 000 euros ;
- à titre subsidiaire, il y a lieu d'ordonner une expertise avant-dire droit pour évaluer les préjudices qu'il a subis ;
- en cas d'expertise, une allocation provisionnelle d'un montant de 20 000 euros lui sera versée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2020, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise médicale avant-dire droit soit ordonnée pour évaluer les préjudices subis par M. B.
Il fait valoir que :
- compte-tenu de ses conditions d'emploi, M. B n'a pas pu être soumis à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires pendant ses périodes d'affectation en Polynésie française ;
- si le lien de causalité était considéré comme établi, il conviendrait d'ordonner une expertise avant-dire droit permettant l'évaluation des dommages subis par l'intéressé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;
- le décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grenier,
- et les conclusions de M. Blanchard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 27 septembre 1948, a été affecté en qualité d'officier de marine de la spécialité " commis aux vivres " à la station météo de l'île de Rapa dans les îles Australes, du 12 août 1969 au 16 février 1971 et sur l'atoll de Puka-Puka dans l'archipel des Tuamotu d'août 1970 au 15 février 1971. Il a ensuite été affecté au service des approvisionnements et des ordinaires des marins (SAOM) à Mururoa, du 6 août 1979 au
27 août 1980. Un cancer du rein lui a été diagnostiqué en 2007. M. B a présenté une demande d'indemnisation, le 10 avril 2019, sur le fondement de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Par une décision du 17 mars 2020, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté cette demande. M. B demande l'annulation de cette décision, la condamnation du CIVEN à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation des préjudices subis en lien avec son exposition aux rayonnements ionisants lors de son séjour en Polynésie française ou, à titre subsidiaire, qu'une expertise médicale soit ordonnée avant-dire droit pour évaluer les préjudices qu'il a subis et le versement d'une allocation provisionnelle de 20 000 euros.
Sur la présomption de causalité :
2. Aux termes du I de l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Toute personne souffrant d'une maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi. ". L'article 2 de la même loi dispose que : " La personne souffrant d'une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné : () / 2° Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 en Polynésie française. () ". L'article 4 de la même loi, dans sa rédaction applicable au présent litige, prévoit que : " I.- Les demandes d'indemnisation sont soumises au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui se prononce par une décision motivée dans un délai de huit mois suivant le dépôt du dossier complet (). / V.- Ce comité examine si les conditions sont réunies. Lorsqu'elles le sont, l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité, à moins qu'il ne soit établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants fixée dans les conditions prévues au 3° de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique. () ". Le I de l'article R. 1333-11 du code de la santé publique énonce que : " Pour l'application du principe de limitation défini au 3° de l'article L. 1333-2, la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants résultant de l'ensemble des activités nucléaires est fixée à 1 mSv par an, à l'exception des cas particuliers mentionnés à l'article R. 1333-12. ".
3. Il résulte du V de l'article 4 de la loi du 5 janvier 2010 relatif au régime de présomption de causalité pour l'indemnisation des victimes des essais nucléaires, que le législateur a entendu que, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010, il bénéficie de la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 millisievert (mSv). Si, pour le calcul de cette dose, l'administration peut utiliser les résultats des mesures de surveillance de la contamination tant interne qu'externe des personnes exposées, qu'il s'agisse de mesures individuelles ou collectives en ce qui concerne la contamination externe, il lui appartient de vérifier, avant d'utiliser ces résultats, que les mesures de surveillance de la contamination interne et externe ont, chacune, été suffisantes au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé. En l'absence de mesures de surveillance de la contamination interne ou externe et en l'absence de données relatives au cas des personnes se trouvant dans une situation comparable à celle du demandeur du point de vue du lieu et de la date de séjour, il appartient à l'administration de vérifier si, au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé précisées ci-dessus, de telles mesures auraient été nécessaires. Si tel est le cas, l'administration ne peut être regardée comme rapportant la preuve de ce que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 mSv.
4. Il résulte de l'instruction que M. B a séjourné dans des lieux et pendant une période définis à l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010. La pathologie dont il souffre figure sur la liste annexée au décret du 15 septembre 2014 relatif à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Il bénéficie ainsi d'une présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenue de sa maladie.
5. En premier lieu, pour renverser cette présomption de causalité, le CIVEN fait valoir qu'au cours de sa période d'affectation à Rapa et Puka-Puka de 1969 à 1971,
M. B n'a pas été conduit à travailler ou à se rendre dans des zones où il pouvait être exposé aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires et qu'ainsi le port de dosimètres individuels n'était pas nécessaire en l'absence de toute exposition externe. Le CIVEN relève également qu'il résulte de l'étude du Commissariat de l'énergie atomique de 2006, validée par le groupe de travail international de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AEIA), que les doses efficaces engagées ont été au maximum de 0,22 mSv entre 1969 et 1971 et qu'ainsi, M. B n'a été soumis à aucune contamination interne.
6. M. B fait cependant valoir que huit tirs atmosphériques ont été tirés lors de la campagne de 1970. Il relève qu'il était chargé des approvisionnements en vivres et de leur distribution en différents points de consommation et qu'en outre, dans le cadre de ses fonctions, il participait à la réalisation des prélèvements permettant ensuite d'établir les mesures dosimétriques de zones. Ces prélèvements avaient lieu dans des zones dans lesquelles une exposition aux rayonnements ionisants était suspectée. Par ailleurs, les mesures de dosimétrie collective résultant du rapport du CIVEN de 2006 portent sur un vaste espace géographique, à savoir les îles Australes, sans porter spécifiquement sur les périodes des tirs atmosphériques et leurs éventuelles retombées sur l'île de Rapa. M. B soutient, à cet égard, qu'après l'essai Dragon du 30 mai 1970, des retombées immédiates sur l'île de Rapa ont été constatées avec une mesure de radioactivité atmosphérique de 0,26 Bq/m3, sans que sa participation aux prélèvements intervenus à la suite de cet essai ne soit contestée. Il relève également qu'aucune mesure sur filtre à air n'a été réalisée s'agissant de la contamination interne. Au regard des conditions concrètes d'exposition de M. B, des mesures de surveillance de la contamination interne ou externe individuelles ou collectives auraient ainsi été nécessaires.
7. Par suite, eu égard aux conditions concrètes d'exposition de l'intéressé et en l'absence de mesures de surveillance individuelle permettant d'évaluer les risques de contamination externe et interne, alors que de telles mesures s'imposaient, ainsi que de données suffisamment précises relatives au cas des personnes se trouvant dans une situation comparable à celle du demandeur du point de vue du lieu et de la date de séjour, le CIVEN n'établit pas que M. B aurait reçu une dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français inférieure à la limite de 1 mSv par an.
8. En second lieu, le CIVEN fait valoir qu'au cours de l'affectation de
M. B à Mururoa en 1979-1980, les expérimentations étaient souterraines et qu'en qualité de commis aux vivres, M. B n'a pas pu être soumis à une exposition externe et n'a pas été conduit à se rendre dans des zones où il pouvait être exposé aux rayonnements ionisants. Il relève que les dosimétries d'ambiance en zone Kathie et Anémone sont toutes à dose nulle et qu'ainsi, M. B n'a pu être exposé à une contamination externe. Il résulte également de l'instruction, s'agissant de la contamination interne, que l'intéressé a bénéficié d'un examen anthroporadiamétrique avant son départ de Mururoa, le 23 juin 1980, qui a donné un résultat d'indice de tri de 0,82 regardé comme normal, dès lors qu'il est inférieur à 2.
9. M. B relève, pour sa part, sans que cela ne soit sérieusement contesté, que durant la période de tirs souterrains, les personnels restaient sur site et pouvaient assister aux tirs depuis des passerelles extérieures installées au bord du lagon. La baignade et l'usage d'eau douce pour la consommation humaine ne faisaient l'objet d'aucune restriction. En outre, ainsi qu'il a été dit, M. B n'a fait l'objet que d'un seul examen anthroporadiamétrique au moment de son départ. Ni ce seul examen, ni les dosimétries d'ambiance n'ont ainsi été suffisants au regard des conditions concrètes d'exposition de
M. B, alors que de telles mesures auraient été nécessaires.
10. Par suite, eu égard aux conditions concrètes d'exposition de l'intéressé, compte-tenu des circonstances qui viennent d'être rappelées, le CIVEN n'établit pas, par le seul examen anthroporadiamétrique dont a bénéficié M. B et les dosimétries d'ambiance, que M. B aurait reçu une dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français inférieure à la limite de 1 mSv par an.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B, qui bénéficie de la présomption légale de causalité, est fondé à demander l'annulation de la décision du
17 mars 2020 du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires et l'indemnisation des préjudices qu'il a subis en raison de son exposition aux rayonnements ionisants au cours de ses deux affectations en Polynésie française.
Sur l'évaluation du préjudice :
12. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. ".
13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B est fondé à obtenir la réparation intégrale des préjudices résultant de la maladie qu'il a contractée en raison de son exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français. Toutefois, l'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier la réalité et l'étendue des préjudices directement liés à la pathologie dont il souffre. Dès lors, il y a lieu, avant d'évaluer le montant de la réparation, d'ordonner une expertise sur ce point dans les conditions précisées par le dispositif du présent jugement et, dans les circonstances de l'espèce, de mettre provisoirement à la charge de l'Etat (CIVEN), les frais et honoraires de cette expertise.
Sur la demande de provision :
14. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
15. Il résulte de ce qui précède que l'Etat est tenu de réparer les conséquences dommageables de la maladie de M. B. En l'état de l'instruction, il y a lieu de condamner l'Etat à verser au requérant une allocation provisionnelle de 10 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 17 mars 2020 du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires est annulée.
Article 2 : L'Etat (CIVEN) est condamné à réparer intégralement les conséquences dommageables de la maladie dont souffre M. B résultant de son exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français.
Article 3 : Il sera, avant d'évaluer le montant de la réparation, procédé par un expert désigné par le président du tribunal administratif à une expertise avec mission pour l'expert de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. B et procéder à l'examen sur pièces de son dossier médical ainsi qu'à son examen clinique, recueillir les doléances de M. B et, au besoin, de ses proches ;
2°) décrire l'état de santé de M. B à la date de l'expertise, l'évolution de sa pathologie, les soins, examens, traitements, actes médicaux et chirurgicaux qu'elle a nécessités ;
3°) dire si l'état de santé de M. B est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dire si l'état de santé de celui-ci est susceptible de modification, en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution et son degré de probabilité ;
4°) préciser la nature et l'étendue des préjudices subis par M. B en lien direct avec sa maladie ;
5°) dire si cette pathologie a entraîné une incapacité temporaire ou permanente, totale ou partielle, et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
6°) dire si l'état de M. B en lien avec cette pathologie a nécessité l'assistance d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette assistance ;
7°) évaluer, le cas échéant, les préjudices patrimoniaux permanents de M. B ;
8°) décrire les frais et les dépenses de santé exposés par M. B en lien avec sa maladie, avant et après la consolidation de son état de santé ;
9°) donner son avis sur l'existence de préjudices extrapatrimoniaux en lien avec la pathologie dont souffre M. B et, le cas échéant, en évaluer l'importance, s'agissant des souffrances endurées et du préjudice esthétique, en distinguant entre préjudices temporaires et permanents, ainsi que les préjudices d'agrément, sexuel et d'anxiété ;
10°) fournir au tribunal tous les éléments utiles sur l'existence éventuelle d'autres préjudices et la réparation des préjudices subis par M. B.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. B et de l'Etat (CIVEN). Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement. L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles
R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en cheffe du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 6 : A tout moment au cours de sa mission, l'expert peut prendre l'initiative de procéder, avec l'accord des parties, à une médiation conformément aux dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative. Il devra, dans cette hypothèse, en informer le tribunal et préserver dans son rapport d'expertise la confidentialité de la médiation menée.
Article 7 : Le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires fera l'avance des frais d'expertise, dont la charge définitive sera déterminée en fin d'instance.
Article 8 : Le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires est condamné à verser à M. B la somme provisionnelle de 10 000 euros.
Article 9 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Thalabard, première conseillère,
- Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 16 novembre 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. Grenier L'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
M. Thalabard
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026