vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002068 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LE BIGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2020, M. C A, représenté par Me Le Bigot, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les titres de perception nos 091000 009 001 075 250509 2019 0012159 et 091000 009 001 075 250510 2019 0013160 émis par le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne le 24 décembre 2019 d'un montant total de 15 000 euros relatifs au recouvrement des contributions spéciale et forfaitaire mises à sa charge sur le fondement des articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 14 octobre 2019, ensemble la décision par laquelle son recours gracieux a été rejeté ;
2°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les titres de perceptions sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure ;
- ils sont entachés d'une erreur d'appréciation des faits ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit.
Par un mémoire, enregistré le 15 juin 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
L'office fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 18 novembre 2019, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a confirmé sa décision de mettre à la charge de M. A une somme de 15 000 euros au titre des contributions spéciale et forfaitaire prévues par les dispositions des articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les titres de perception correspondants ont été émis le 24 décembre 2019. Par deux recours gracieux en date du 21 février 2020, M. A a sollicité la communication de la procédure, l'annulation de la décision du 18 novembre 2019 et le sursis au paiement de la somme de 15 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Il résulte de l'instruction que le titre de perception n° 091000 009 001 075 250509 2019 0013159 comporte une rubrique " Votre situation ", précisant le montant total de la créance à hauteur de 12 602,00 euros et son motif tenant au recouvrement de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail pour l'emploi irrégulier d'un salarié étranger en faisant référence à la décision du 18 novembre 2019 qui informait l'intéressé de l'existence de la créance, de son origine, de sa nature et de son montant. Le titre de perception n° 091000 009 001 075 250510 2019 0013160 comporte une rubrique " Votre situation ", précisant le montant total de la créance à hauteur de 2 398,00 euros et renvoyant à la décision du 18 novembre 2019 concernant un travailleur étranger en situation irrégulière informant l'intéressé de l'existence de la créance, de son origine, de sa nature et de son montant. Le titre vise les articles L. 626-1 et R. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, les titres de perception litigieux indiquent bien les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle ils sont émis et les éléments de calcul sur lesquels ils se fondent. Par suite, le moyen tiré de ce que les titres de perception ne seraient pas suffisamment motivés doit être écarté comme manquant en fait.
4. Aux termes de l'article R. 8253-3 du code du travail : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ". Aux termes de l'article R. 8253-4 du même code : " A l'expiration du délai fixé, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1. / Le ministre chargé de l'immigration est l'autorité compétente pour la liquider et émettre le titre de perception correspondant. / La créance est recouvrée par le comptable public compétent comme en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine ". Aux termes de l'article R. 626-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17 du code du travail, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 626-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours. / II. - A l'expiration du délai fixé, le directeur général décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1, la liquide et émet le titre de perception correspondant. / La créance est recouvrée par le comptable public compétent comme en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine ".
5. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit que le procès-verbal constatant l'infraction relative à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale ou de la contribution forfaitaire, soit communiqué au contrevenant. Par ailleurs, M. A avait été régulièrement avisé de ce qu'un procès-verbal établissait qu'il avait employé un travailleur démuni d'un titre de séjour et d'un titre l'autorisant à exercer une activité salariée et qu'il était donc susceptible de se voir appliquer la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et qu'il disposait d'un délai de quinze jours à compter de la réception de cette lettre pour faire valoir ses observations. Il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait sollicité, préalablement à la liquidation de la contribution spéciale en litige, la communication du procès-verbal fondant le versement de cette contribution spéciale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison du défaut de communication du procès-verbal doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. () ". Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. () ".
7. Il résulte de l'instruction que, selon les constatations consignées dans les procès-verbaux établis à la suite du contrôle du 26 juin 2019, un mineur de nationalité macédonienne en situation irrégulière sur le territoire français et ne disposant pas d'une autorisation de travail, était présent derrière le stand de prêt-à-porter de M. A et a procédé à une vente. M. A n'apporte, par les pièces qu'il produit, aucun élément susceptible d'établir l'inexactitude matérielle des constatations opérées le jour du contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des faits doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude. Les premier et deuxième alinéas ne sont pas applicables : / 1° Aux sanctions requises pour la mise en œuvre du droit de l'Union européenne ; () ".
9. Les dispositions des articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assurent la transposition des articles 3, 4 et 5 de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. Par suite, M. A ne saurait utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration précitées.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des titres de perception émis le 24 décembre 2019 à son encontre et de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées sur ce fondement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Gourmelon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
O. BL'assesseur le plus ancien,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026