LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2002078

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2002078

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2002078
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS BIBAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 28 avril 2022, le tribunal a ordonné, avant de se prononcer sur les conclusions de la requête présentée par M. A D et Mme E D, tendant à la condamnation du centre communal d'action sociale de Lanester à réparer l'intégralité des préjudices consécutifs à la contamination de leur fils, B par la bactérie Escherichia Coli au sein de la crèche municipale de Lanester, et après avoir retenu la responsabilité du centre communal d'action sociale de Lanester quant à cette contamination, qu'il soit procédé à une expertise médicale afin d'évaluer l'étendue des préjudices invoqués.

L'expert désigné a déposé son rapport le 21 juillet 2023.

Par des mémoires, enregistrés les 26 octobre et 23 novembre 2023, M. et Mme D représentés par Me Frédéric Bibal et Me Jean-Baptiste Mahieu (cabinet Bibal), demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre communal d'action sociale de Lanester à verser à leur fils B, une somme de 29 918,50 euros au titre de ses préjudices extrapatrimoniaux et une somme de 11 832 euros au titre de ses préjudices patrimoniaux, ainsi qu'à eux-mêmes, une somme de 25 000 euros chacun au titre de leurs préjudices propres ;

2°) de condamner le centre communal d'action sociale de Lanester au paiement des intérêts légaux et intérêts composés sur l'ensemble des sommes versées en réparation des préjudices subis à compter de leur demande initiale, ainsi qu'à la capitalisation annuelle des intérêts ;

3°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Lanester les entiers dépens, incluant les frais d'expertise ;

4°) de mettre une somme de 5 000 euros à la charge du centre communal d'action sociale de Lanester au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le déficit fonctionnel temporaire de leur fils, qui doit être évalué sur la base d'un taux de 30 euros par jour, s'élève à 1 918,50 euros, compte tenu notamment de sa période d'hospitalisation et des examens médicaux qui ont suivi ;

- l'évaluation à 2/7 des souffrances endurées leur paraît faible, au regard notamment de la durée de la période avant consolidation et du contexte d'hospitalisation ;

- les souffrances endurées par leur fils doivent être indemnisées à hauteur de 8 000 euros ;

- le préjudice d'anxiété de leur fils, au regard du contrôle médical annuel de sa fonction rénale, doit être reconnu par le versement d'une somme de 20 000 euros ;

- les frais divers exposés dans le cadre de la présente procédure, incluant l'assistance à l'expertise, dont ils devront être indemnisés, s'élèvent à 3 000 euros ;

- l'évaluation du coût pour l'assistance par tierce personne pendant l'hospitalisation de l'enfant puis pendant la période qui a suivie, au cours desquelles la grand-mère de l'enfant

ainsi qu'eux-mêmes se sont relayés à son chevet, doit conduire à une indemnisation de

8 832 euros ;

- ils ont eux-mêmes été, en tant que parents, très impactés par les conséquences de la faute du centre communal d'action sociale de Lanester ;

- leur préjudice d'attente et d'inquiétude s'élève, pour chacun d'eux, à 10 000 euros ;

- leur préjudice d'affection, réactivé à chaque examen médical subi par leur fils, s'élève, pour chacun d'eux, à 15 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 novembre et 20 décembre 2023, le centre communal d'action sociale (CCAS) de Lanester, représenté par Me Phelip (SELURL Phelip), conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de

M. et Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'indemnité allouée au titre du déficit fonctionnel temporaire a vocation à réparer les troubles dans les conditions d'existence de la victime avant consolidation et ne saurait donc, concernant le jeune B, excéder 700 euros ;

- la somme réclamée au titre des souffrances endurées est excessive et devra être ramenée à 1 850 euros, dès lors que B a présenté une forme sans critère de gravité du Syndrome hémolytique et urémique (SHU) ;

- la surveillance annuelle à laquelle est astreint B D relève de pures recommandations, de sorte que la demande de réparation du préjudice d'anxiété doit être écartée ;

- la somme de 3 000 euros réclamée pour l'assistance à l'expertise par le Dr C n'est pas justifiée ;

- une indemnité forfaitaire de 500 euros sera allouée au titre de l'assistance par tierce personne, la présence permanente des parents durant l'hospitalisation de B n'étant notamment en rien démontrée ;

- les parents de B ne sauraient sérieusement solliciter une indemnisation au titre de leur préjudice d'attente et d'inquiétude, d'une part et de leur préjudice d'affection, d'autre part, alors que leur fils a présenté une forme sans gravité de la maladie et ne souffre d'aucune

séquelle.

Le mémoire présenté par la CPAM du Finistère, enregistré le 5 avril 2022, a été communiqué aux parties le 8 janvier 2024.

Le rapport d'expertise et les écritures postérieures au jugement avant dire-droit ont été communiqués à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Morbihan et à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Finistère qui n'ont pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 20 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 10 janvier 2024.

Un mémoire, présenté pour M. et Mme D, enregistré le 12 janvier 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.

Un mémoire, présenté pour le CCAS de Lanester, enregistré le 15 janvier 2024, n'a pas été communiqué.

Vu :

- l'ordonnance n° 2002078 du 9 janvier 2023 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expert et de son sapiteur à la somme totale de 1 000 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,

- et les observations de Me Mahieu, représentant M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Alors qu'il était âgé de 13 mois et fréquentait la crèche municipale de Lanester, le jeune B D a été victime d'une infection à la bactérie Escherichia Coli, à l'origine du syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui a conduit à son hospitalisation. Par un jugement du 28 avril 2022, le tribunal a constaté que le centre communal d'action sociale (CCAS) de Lanester avait méconnu ses obligations de prévoir et d'organiser des conditions d'accueil des enfants inscrits à la crèche municipale, garantissant leur santé et leur sécurité, conformément aux exigences de l'article R. 2324-17 du code de la santé publique et que cette faute était de nature à engager sa responsabilité. Toutefois, le tribunal a décidé, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires présentées par les parents du jeune B, de procéder à une expertise afin de compléter et d'actualiser les opérations d'expertise déjà réalisées, sur ordonnance du 18 novembre 2019 du tribunal judiciaire de Lorient. Le Dr de F, expert désigné par le président du tribunal, a remis son rapport le 21 juillet 2023. Les époux D, parents de B, demandent, dans le dernier état de leurs écritures, la condamnation du CCAS de Lanester à les indemniser d'une somme de 29 918,50 euros au titre des préjudices extrapatrimoniaux subis par leur fils, d'une somme de

11 832 euros au titre de ses préjudices patrimoniaux, ainsi que d'une somme de 25 000 euros chacun au titre de leurs préjudices propres. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Finistère demande, pour sa part, la condamnation du CCAS à lui rembourser la somme de

5 641,82 euros versée au titre des prestations de santé reçues par le jeune B D, ainsi que la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Il résulte de l'expertise que B D, né le 15 septembre 2011, a été victime d'une contamination digestive par la bactérie E. Coli, sécrétrice d'une toxine à l'origine d'un syndrome hémolytique et urémique (SHU) lorsqu'il était âgé de 13 mois. Après l'apparition, le 9 novembre 2012, des premiers signes de cette contamination, B a été reçu en consultations médicales à trois reprises avant d'être hospitalisé du 20 au 23 novembre 2012 dans le service de pédiatrie du centre hospitalier (CH) de Lorient, où il a bénéficié d'une transfusion de globules rouges. Après son retour à domicile, B a fait l'objet de consultations néphrologiques d'abord hebdomadaires, qui se sont progressivement espacées jusqu'au 11 février 2014, même s'il demeure soumis à une surveillance clinique et biologique annuelle. L'expert qui précise que l'état de santé de B, désormais âgé de 12 ans, est consolidé au 11 février 2014, n'a constaté aucune séquelle du SHU, relevant que les mesures de soutien neuropsychologique dont il bénéficie résultent d'un état antérieur lié à la naissance prématurée de l'enfant.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires de B :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

3. Il résulte du rapport d'expertise que B a d'abord souffert de douleurs et diarrhées pendant la période du 9 au 19 novembre 2012, entrainant un déficit fonctionnel temporaire de 25 % pendant 10 jours, puis que ses symptômes s'étant aggravés, il a été hospitalisé du 20 au

23 novembre 2012, son déficit étant alors total pendant 3 jours. Après son retour à domicile, il a fait l'objet d'une surveillance jusqu'au résultat des coprocultures, de sorte qu'il peut être regardé comme ayant souffert d'un déficit fonctionnel temporaire de 25 % entre le 24 novembre 2012 et le 7 décembre 2012, soit pendant 13 jours. Enfin, l'expert a retenu un déficit fonctionnel temporaire de 10 % du 8 décembre 2012 jusqu'à la consolidation de son état, le 11 février 2014, soit pendant 430 jours. Sur la base d'un taux de 20 euros par jour, ce préjudice peut donc être évalué à une somme globale de 1 035 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

4. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par B ont été évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 7 degrés, en tenant compte des symptômes dont il a souffert, de son état de fatigue, de son hospitalisation avec des soins reçus par transfusion, puis de la surveillance médicale dont il a fait l'objet. Si les requérants font valoir que cette évaluation est insuffisante, compte tenu notamment des soins dont leur fils a fait l'objet et du caractère difficile d'une hospitalisation pour un enfant de treize mois, l'expert a relevé que le jeune B n'avait pas conservé de souvenir de cet épisode. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

S'agissant du préjudice d'anxiété :

5. Les requérants font valoir que leur fils est astreint à un contrôle médical annuel de sa fonction rénale, qui a été suivi avec assiduité. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette obligation de contrôle serait à l'origine d'une inquiétude spécifique du jeune B, l'expert ayant, en outre, rappelé que le risque de survenue d'une insuffisance rénale après un SHU est minime. Il précise également que le jeune B n'a conservé aucun souvenir du syndrome hémolytique et urémique dont il a été atteint. L'expert a également relevé que les mesures de soutien que l'enfant reçoit par un neuropsychologue, au titre d'un suivi spécialisé, résultent de sa naissance très prématurée et de ses complications et non du SHU. Il y a donc lieu de rejeter la demande présentée par M. et Mme D au titre du préjudice d'anxiété.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux de B :

S'agissant des frais divers :

6. M. et Mme D sont fondés à solliciter le remboursement des frais qui leur ont été facturés par le Dr C, au titre de son assistance dans le cadre de la procédure d'expertise judiciaire, dont le montant s'élève à 3 000 euros.

S'agissant de l'assistance par tierce personne :

7. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de B n'a pas nécessité d'aide technique mais uniquement la présence de ses parents et de sa grand-mère jusqu'à son rétablissement ainsi que pour se rendre aux consultations de suivi jusqu'à la consolidation de son état de santé. Toutefois, compte tenu de l'âge de B lorsqu'il a été infecté par la bactérie

E. Coli, la demande d'indemnisation présentée par ses parents au titre de ce poste de préjudice ne relève pas tant d'une assistance rendue nécessaire par l'état de santé de B, alors âgé de

13 mois, que de troubles dans leurs conditions d'existence en raison de l'accompagnement de leur fils pendant la période d'hospitalisation et pour son suivi médical. Il n'y a donc pas lieu d'accorder une indemnisation au jeune B à ce titre.

En ce qui concerne les préjudices des parents de B :

S'agissant du préjudice d'attente et d'inquiétude :

8. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'attente et d'inquiétude subis par M. et Mme D, s'agissant de l'incertitude quant à l'évolution de l'état de santé de leur enfant et de son hospitalisation en urgence, en leur accordant à chacun une somme de 1 500 euros.

S'agissant du préjudice d'affection :

9. Ainsi que le fait valoir le CCAS de Lanester, le fils des requérants ne souffre

d'aucune séquelle en dehors de la nécessité de consulter un médecin ponctuellement. Il sera

fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. et Mme D en raison de l'incertitude liée à l'évolution future de l'état de santé du jeune D, s'agissant

notamment d'une éventuelle insuffisance rénale, en leur accordant à chacun une somme de

1000 euros.

10. Il résulte de tout ce qui précède que le CCAS de Lanester doit être condamné à verser à M. et Mme D la somme de 6 035 euros en réparation des préjudices subis par leur fils, B ainsi que la somme de 2 500 euros à chacun d'eux en réparation de leurs préjudices propres. Le surplus de leurs conclusions doit être rejeté.

Sur les débours de la CPAM du Finistère :

En ce qui concerne les frais médicaux et d'hospitalisation :

11. D'une part, la CPAM du Finistère, qui vient aux droits de la CPAM du Morbihan, justifie, par une attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 5 avril 2022, des frais d'hospitalisation liés à la prise en charge de B D dans le service pédiatrique du centre hospitalier de Lorient du 20 au 23 novembre 2012, ainsi que des dépenses de santé avant la consolidation de son état, lesquels peuvent être regardés comme directement et strictement imputables à la bactérie contractée par l'enfant à la crèche municipale de Lanester. Il y a lieu de lui accorder le remboursement de ces frais s'élevant à la somme de 3 369,05 euros.

12. D'autre part, les frais médicaux futurs, dont il résulte de l'instruction qu'ils sont nécessaires pour le suivi médical auquel le jeune B D est astreint en raison de l'infection dont il a été victime, alors même qu'ils ne seront dus qu'au fur et à mesure des débours, devront être remboursés par le CCAS de Lanester à concurrence des sommes effectivement versées par la caisse, dans la limite de la somme demandée de 2 272,77 euros.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

13. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 € et d'un montant minimum de 91 €. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion est de 1 191 euros et son montant minimum de 118 euros pour l'année 2024.

14. Eu égard à la somme qui lui est allouée par le présent jugement et au quantum de sa demande, la CPAM du Finistère a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, à la somme de 1 114 euros.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

15. En premier lieu, les requérants ont droit aux intérêts portant sur les sommes qui leur sont dues à compter du 24 janvier 2020, date à laquelle le CCAS de Lanester a réceptionné leur réclamation préalable. La capitalisation des intérêts a été demandée par un mémoire enregistré le

23 novembre 2023. A cette date, il était dû plus d'une année d'intérêts. Par suite, les intérêts échus à la date du 23 novembre 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés.

16. En second lieu, d'une part, la CPAM du Finistère a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 3 369,05 euros, mentionnée au point 11 du présent jugement, à compter du

5 avril 2022. D'autre part, les frais futurs mentionnés au point 12 porteront intérêts à compter des dates auxquelles la CPAM du Finistère en aura demandé le remboursement au CCAS de Lanester.

Sur les dépens :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par l'ordonnance du 9 janvier 2024 du président du tribunal administratif, à la charge définitive du CCAS de Lanester.

Sur les frais liés au litige :

18. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge du CCAS de Lanester, partie perdante, le versement à

M. et Mme D d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées au même titre par le CCAS de Lanester ne peuvent, en revanche, qu'être rejetées.

19. Si les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne font pas obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante une somme demandée par une personne morale au titre des frais exposés dans l'instance et non compris dans les dépens, alors même que cette personne morale n'a pas été représentée par un avocat, la CPAM du Finistère se contente de demander qu'il soit mis à la charge du CCAS de Lanester une somme de 1 000 euros au titre des frais liés au litige, sans faire état d'un surcroît de travail de ses services chargés du suivi de la présente instance et sans se prévaloir de frais spécifiques qui auraient été exposés pour les besoins de l'instance. Ses conclusions ne pourront donc qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Le CCAS de Lanester versera à M. et Mme D, en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fils B, la somme totale de 11 035 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 24 janvier 2020. Les intérêts seront capitalisés à compter du 23 novembre 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, pour produire

eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le CCAS de Lanester est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère la somme de 3 369,05 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du

5 avril 2022, outre la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Le CCAS de Lanester est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, au fur et à mesure des débours, les frais qu'elle exposera à l'avenir en raison du suivi médical au titre du SHU du jeune B D dans la limite de la somme de 2 272,77 euros. Ces sommes porteront intérêts à compter des dates auxquelles la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère en aura demandé le remboursement au CCAS de Lanester.

Article 4 : Les frais de l'expertise médicale liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros sont mis à la charge définitive du CCAS de Lanester.

Article 5 : Le CCAS de Lanester versera à M. et Mme D la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions présentées par M. et Mme D est rejeté.

Article 7 : Les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère et le CCAS de Lanester au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et E D, à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, à la caisse primaire d'assurance maladie du Morbihan et au Centre communal d'action sociale de Lanester.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Pellerin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

La présidente,

Signé

C. GrenierLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions