jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002291 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2020, Mme A C, représentée par le cabinet d'avocats Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la ministre de la défense a rejeté sa demande indemnitaire préalable, notifiée le 14 février 2020, tendant à la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 25 000 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts de droit, à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le retard par l'administration dans l'instruction de son dossier de demande d'admission anticipée à la retraite est fautif et engage la responsabilité de l'Etat ;
- ce retard l'a conduit à reporter sa date d'admission à la retraite du 1er mai au
1er octobre 2019 ;
- ce retard lui a causé différents préjudices : un préjudice de douleur à hauteur de
5 000 euros, un préjudice moral à hauteur de 10 000 euros ainsi qu'un préjudice dans ses conditions d'existence à hauteur de 10 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 1er septembre 2021, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'administration n'a commis aucune faute dans le traitement du dossier de mise à la retraite de Mme C ;
- il appartenait à la requérante de fournir à l'administration l'ensemble des pièces permettant au ministère des armées de se prononcer sur ses droits à pension de retraite, notamment en lien avec une activité professionnelle en dehors du ministère ;
- les éléments fournis par la requérante ne permettaient pas de justifier un départ à la retraite au titre de l'article R. 24 3° du code de pensions civiles de retraite et d'invalidité de sorte que des éclaircissements étaient nécessaires ;
- une demande d'état authentique de ses services et des renseignements sur son activité suite à la naissance de ses enfants ont alors été sollicités par les services du ministère auprès de la mairie Gennevilliers le 28 février 2019 et une réponse de leur part n'a été obtenue qu'en
mai 2019 de sorte que l'administration ne saurait être tenue pour responsable du retard pris dans le traitement et la communication des pièces constituant le dossier de pension de retraite auprès d'une autre collectivité ;
- les préjudices allégués par la requérante ne sont pas justifiés tant dans leur existence que dans leurs montant.
Par ordonnance du 19 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 19 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En 2000, Mme C a rejoint le ministère de la défense en tant qu'adjoint administratif. Le 18 octobre 2018, la requérante a déposé un dossier de demande de pension de retraite auprès de son administration pour une retraite anticipée à compter du
1er mai 2019 au titre de la majoration pour enfants. Le 27 février 2019, l'administration a informé la requérante que son dossier était incomplet et qu'il manquait notamment des
éléments sur les années réalisées avant son entrée au ministère permettant de justifier de l'interruption ou réduction d'activité consécutive à la naissance de ses trois enfants. Par un arrêté du 17 juillet 2019, la ministre des armées a admis Mme C à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er octobre 2019. Par courrier du 10 février 2020, l'intéressée a formé auprès de la ministre des armées une réclamation indemnitaire préalable en raison des préjudices qu'elle estime avoir subi du fait du retard dans le traitement de son dossier. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande et de condamner l'Etat à l'indemniser des préjudices subis en conséquence du retard dans le traitement de son dossier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision par laquelle la ministre de la défense a implicitement rejeté la demande indemnitaire préalable a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de la demande présentée par Mme C qui, en formulant des conclusions indemnitaires, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de ladite décision.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite dans sa rédaction applicable au litige en vertu des dispositions transitoires prévues à l'article 44 de la loi du 9 novembre 2010 : " I. - La liquidation de la pension intervient : / () 3° Lorsque le fonctionnaire civil est parent de trois enfants vivants, ou décédés par faits de guerre, ou d'un enfant vivant, âgé de plus d'un an et atteint d'une invalidité égale ou supérieure à 80 %, à condition qu'il ait, pour chaque enfant, interrompu son activité dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / Sont assimilées à l'interruption d'activité mentionnée à l'alinéa précédent les périodes n'ayant pas donné lieu à cotisation obligatoire dans un régime de retraite de base, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / Sont assimilés aux enfants mentionnés au premier alinéa les enfants énumérés au II de l'article L. 18 que l'intéressé a élevés dans les conditions prévues au III dudit article ; () " En vertu des I et II de l'article R. 37 du même code, dans leur rédaction issue du décret n° 2005-449 du 10 mai 2005, le bénéfice des dispositions précitées du 3° du I de l'article L. 24 est subordonné à une interruption d'activité d'une durée continue au moins égale à deux mois dans le cadre d'un congé pour maternité, d'un congé pour paternité, d'un congé pour adoption, d'un congé parental, d'un congé de présence parentale ou d'une disponibilité pour élever un enfant de moins de huit ans.
4. Il résulte de l'instruction que, Mme C a obtenu le
14 novembre 2018 un avis favorable de sa hiérarchie à sa demande de retraite anticipée à compter du 1er mai 2019 sur le fondement des dispositions précitées. Le 18 octobre 2018, la requérante a réalisé un dossier de demande de pension de retraite en ce sens. Le 27 février 2019, l'administration a alerté Mme C qu'il manquait plusieurs éléments pour traiter régulièrement sa demande.
5. En se bornant à soutenir qu'un retard dans le traitement du son dossier de retraite anticipée lui a été préjudiciable, la requérante n'établit pas la faute de l'administration dont elle se prévaut. S'il n'est pas contesté qu'un avis favorable a été donné par sa hiérarchie pour un départ au 1er mai 2019 et que ce départ a finalement été fixé au 1er octobre 2019 par un arrêté du 17 juillet 2019, ce délai n'est toutefois pas imputable à l'administration mais résulte du caractère incomplet du dossier de Mme C qui ne contenait pas l'ensemble des pièces permettant au ministère des armées d'instruire régulièrement sa demande. Si la requérante sollicitait une retraite anticipée compte tenu des trois enfants qu'elle a élevés, elle ne justifiait toutefois pas de l'interruption ou de la réduction d'activité consécutive à la naissance de son deuxième enfant lorsqu'elle travaillait à la commune de Gennevilliers mais d'une disponibilité pour convenances personnelles, de sorte que cette situation ne lui permettait pas de bénéficier d'une retraite anticipée sur le fondement des dispositions précitées au point 2. Aussi, durant cette période, il ressortait du relevé de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) qu'elle avait eu une activité dans le privé durant quatre trimestres de 1992 à 1997 mais ne mentionnait pas de congé de maternité. Le 28 février 2019, les services du ministère
ont dès lors effectué une demande d'état authentique des services et des renseignements de Mme C sur son activité suite à la naissance de ses enfants auprès de la mairie de Gennevilliers. Le relevé rectifié de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) mentionnant sa disponibilité pour élever un enfant de moins de huit ans
en 1991 n'a été reçu par l'administration qu'en mai 2019. Dès lors, la ministre des armées ne saurait être tenue responsable du retard pris dans le traitement et la communication des pièces constituant le dossier de pension de retraite auprès d'une autre administration. Dans ses conditions, il ne résulte pas de l'instruction qu'une quelconque faute de nature à engager la responsabilité de l'administration puisse être retenue.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité pour faute de l'Etat.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
G. B
L'assesseur le plus ancien,
signé
Y. Moulinier Le greffier,
signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026