jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2002628 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 2 juillet 2020, 27 octobre et 31 octobre 2022 sous le n° 2002628, M. B A, représenté par la société d'avocats Teissonnière, Topaloff, Lafforgue, Andreu associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts de droit à compter de sa première demande d'indemnisation avec capitalisation de ces intérêts, au titre de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence, résultant de la carence fautive de l'Etat (ministère des armées) qui l'a exposé, pendant de nombreuses années, à l'inhalation de poussières d'amiante sans moyen de protection efficace ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ; le ministère des armées n'ayant pas accusé réception de sa réclamation préalable indemnitaire en lui indiquant le caractère obligatoire du recours administratif préalable devant la commission de recours des militaires, le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable ;
- en tout état de cause, il a saisi la Commission de recours des militaires (CRM) d'un recours administratif préalable (RAPO), le 17 janvier 2020, laquelle a rejeté son recours le 9 juillet 2020 ;
- s'il souligne la carence de l'Etat régulateur, il recherche la responsabilité de l'Etat en tant qu'employeur ;
- l'amiante était utilisée en grande quantité sur les navires de la marine nationale, notamment comme isolant afin d'éviter la propagation des flammes ;
- l'Etat employeur a failli à ses obligations en ne mettant pas effectivement en œuvre les règles applicables en matière d'hygiène et de sécurité propres à soustraire les travailleurs placés sous sa responsabilité au risque d'exposition aux poussières d'amiante ;
- l'exposition, notamment sur une longue durée, aux poussières d'amiante réduit l'espérance de vie des personnes concernées et peut provoquer chez elles de graves pathologies ;
- il verse aux débats " des éléments personnels et circonstanciés " au sens de l'arrêt du Conseil d'Etat du 28 mars 2022, notamment ses états de service qui récapitulent ses différentes affectations au cours de sa carrière dans la Marine nationale ;
- si la Marine nationale n'a jamais délivré d'attestation au requérant, cependant il a été tout aussi exposé à l'amiante que ses anciens collègues marins ; il produit un recensement non exhaustif des navires, bases et directions portuaires, figurant sur des attestation d'expositions d'autres marins que l'Etat a bien voulu délivrer ;
- il est dans une situation d'inquiétude permanente (anxiété), craignant d'apprendre qu'il est atteint d'une grave maladie ; il demande une indemnisation à hauteur de 15 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il sollicite la réparation du trouble dans les conditions d'existence causé par la faute de l'administration à hauteur de 15 000 euros ;
- aucune attestation d'exposition personnelle à l'amiante ne lui a été délivrée, on ne saurait donc lui reprocher d'avoir connu de façon suffisante, l'origine et l'ampleur de sa créance contre l'Etat ; le ministre n'est pas fondé à opposer l'exception de prescription quadriennale à sa requête ;
- en tout état de cause, le recours contre l'Etat qu'il a introduit le 27 juin 2018 a eu pour effet d'interrompre le cours de la prescription.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête de M. A est irrecevable ;
-à titre subsidiaire, la prescription quadriennale doit être opposée à la demande indemnitaire de M. A ; ce dernier a acquis une connaissance suffisante de la gravité du risque à l'origine de ses préjudices en 2009, date à laquelle il a effectué un examen médical spécifique au diagnostic d'une éventuelle pathologie qu'aurait pu engendrer son exposition à l'amiante ;
- à titre informatif ; si la requête de l'intéressé avait été recevable et que sa créance n'avait pas été prescrite, il aurait reconnu le droit à l'indemnisation du requérant et lui aurait proposé la conclusion d'un protocole transactionnel ;
II- Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 9 septembre 2020, 27 octobre et 31 octobre 2022, M. B A, représenté par la société d'avocats Teissonnière, Topaloff, Lafforgue, Andreu associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts de droit à compter de sa première demande d'indemnisation avec capitalisation de ces intérêts, au titre de son préjudice moral et du trouble dans ses conditions d'existence, résultant de la carence fautive de l'Etat (ministère des armées) qui l'a exposé, pendant de nombreuses années, à l'inhalation de poussières d'amiante sans moyen de protection efficace ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ; le ministère des armées n'ayant pas accusé réception de sa réclamation préalable indemnitaire en lui indiquant le caractère obligatoire du recours administratif préalable devant la commission de recours des militaires, le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable ;
- s'il souligne la carence de l'Etat régulateur, il recherche la responsabilité de l'Etat en tant qu'employeur ;
- l'amiante était utilisée en grande quantité sur les navires de la marine nationale, notamment comme isolant afin d'éviter la propagation des flammes ;
- l'Etat employeur a failli à ses obligations en ne mettant pas effectivement en œuvre les règles applicables en matière d'hygiène et de sécurité propres à soustraire les travailleurs placés sous sa responsabilité au risque d'exposition aux poussières d'amiante ;
- l'exposition, notamment sur une longue durée, aux poussières d'amiante réduit l'espérance de vie des personnes concernées et peut provoquer chez elles de graves pathologies ;
- il verse aux débats " des éléments personnels et circonstanciés " au sens de l'arrêt du Conseil d'Etat du 28 mars 2022, notamment ses états de service qui récapitulent ses différentes affectations au cours de sa carrière dans la Marine nationale ;
- si la Marine nationale n'a jamais délivré d'attestation au requérant, cependant il a été tout aussi exposé à l'amiante que ses anciens collègues marins ; il produit un recensement non exhaustif des navires, bases et directions portuaires, figurant sur des attestation d'expositions d'autres marins que l'Etat a bien voulu délivrer ;
- il est dans une situation d'inquiétude permanente (anxiété), craignant d'apprendre qu'il est atteint d'une grave maladie ; il demande une indemnisation à hauteur de 15 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- il sollicite la réparation du trouble dans les conditions d'existence causé par la faute de l'administration à hauteur de 15 000 euros ;
- aucune attestation d'exposition personnelle à l'amiante ne lui a été délivrée, ce qui constitue une seconde carence de l'Etat ; on ne saurait donc lui reprocher d'avoir connu de façon suffisante, l'origine et l'ampleur de sa créance contre l'Etat ; le ministre n'est pas fondé à opposer l'exception de prescription quadriennale à sa requête ;
- en tout état de cause, le recours contre l'Etat qu'il a introduit le 27 juin 2018 a eu pour effet d'interrompre le cours de la prescription.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la prescription quadriennale doit être opposée à la demande indemnitaire de M. A ; ce dernier a acquis une connaissance suffisante de la gravité du risque à l'origine de ses préjudices en 2009, date à laquelle il a effectué un examen médical spécifique au diagnostic d'une éventuelle pathologie qu'aurait pu engendrer son exposition à l'amiante ;
- à titre informatif ; si la requête de l'intéressé avait été recevable et que sa créance n'avait pas été prescrite, il aurait reconnu le droit à l'indemnisation du requérant et lui aurait proposé la conclusion d'un protocole transactionnel ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de sécurité sociale ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Met, rapporteur public ;
- et les observations de Me Macouillard, représentant M. A.
Le ministre des armées n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ancien militaire de la Marine nationale, estime l'Etat, en sa qualité d'employeur, responsable d'une carence fautive, faute d'avoir mis en œuvre une protection efficace contre son exposition à l'inhalation de poussières d'amiante durant sa carrière. Il a sollicité, par un courrier du 27 juin 2018 adressé au ministre des armées, la réparation de son préjudice moral (anxiété) et du trouble dans les conditions d'existence en résultant. Le silence gardé par le ministre a fait naître une décision implicite de rejet. M. A a alors saisi la commission de recours des militaires (CRM) le 17 janvier 2020, d'une même demande. Le 9 juillet 2020, après consultation de la CRM, le ministre des armées a décidé de nouveau de rejeter celle-ci. En conséquence, M. A a saisi le tribunal afin que soit prononcée la condamnation de l'Etat à l'indemniser de ces préjudices.
Sur la jonction :
2. Les requêtes, enregistrés sous les n° 2002826 et 2003854, concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur la fin de non-recevoir :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a produit, dans les pièces de la requête enregistrée sous le n° 2003854, la décision de la commission de recours des militaires (CRM) en date du 9 juillet 2020 à la suite du rejet implicite par le ministre des armées de sa réclamation indemnitaire préalable. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête doit être écartée.
Sur la responsabilité de l'Etat :
4. La responsabilité de l'administration, notamment en sa qualité d'employeur, peut être engagée à raison de la faute qu'elle a commise, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. A le caractère d'une faute, le manquement à l'obligation de sécurité de résultat à laquelle l'employeur est tenu envers son agent, lorsqu'il a ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier, et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Il n'est pas contesté que la nocivité de l'amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977 et que le décret susvisé du 17 août 1977 relatif aux mesures d'hygiène particulières applicables dans les établissements où le personnel est exposé à l'action des poussières d'amiante, a imposé des mesures de protection de nature à réduire l'exposition des agents aux poussières d'amiante ainsi que des contrôles de la concentration en fibres d'amiante dans l'atmosphère des lieux de travail.
5. Il résulte de l'instruction que, sur les navires de la Marine nationale construits jusqu'à la fin des années quatre-vingt, l'amiante était utilisée de façon courante comme isolant pour calorifuger tant les tuyauteries que certaines parois et certains équipements de bord, de même que les réacteurs et moteurs des avions de l'aéronavale. Il résulte de l'instruction que les matériaux à base d'amiante présents sur les bâtiments de la Marine nationale avaient tendance à se déliter en raison des contraintes physiques imposées à ces matériels, de la chaleur, du vieillissement du calorifugeage, ou de travaux divers d'entretien en mer ou au bassin. Ces éléments n'étant d'ailleurs pas contesté par le ministre en défense.
6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat employeur doit être regardé comme ayant fait preuve, dans ces conditions, d'une carence fautive dans la mise en œuvre effective, obligation qui lui incombait, des mesures de protection contre les poussières d'amiante auxquelles M. A a pu être exposé. Cette carence est de nature à engager sa responsabilité.
Sur l'exception de prescription quadriennale :
7. Aux termes de l'article 1er de la loi susvisée du 31 décembre 1968 modifiée relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : / () Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance / () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. ".
8. Il résulte de ces dispositions que le point de départ de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la victime a acquis une connaissance suffisante de l'origine et de la gravité du dommage qu'elle a subi ou est susceptible de subir, fondant sa créance.
9. Eu égard aux pièces du dossier, M. A ne peut être regardé comme ayant eu connaissance de l'étendue du risque à l'origine du préjudice moral (anxiété) et des troubles dans les conditions de l'existence dont il demande la réparation, à compter du 1er janvier 2009, date à laquelle il a effectué un examen médical spécifique au diagnostic d'une éventuelle pathologie qu'aurait pu engendrer son exposition à l'amiante. La simple circonstance que M. A ait effectué un scanner thoracique et qu'il était informé de risques potentiellement encourus du fait de l'exposition à l'amiante durant sa carrière professionnelle n'est pas de nature à lui faire prendre conscience de l'existence d'un risque suffisamment important pour être générateur d'anxiété.
10. Ainsi, l'absence de délivrance d'une attestation d'exposition par le ministre des armées à M. A conformément aux prescriptions du décret n°2006-761 du 30 juin 2006 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante et du décret 2012-639 du 4 mai 2012 relatif aux risques d'exposition à l'amiante n'a pas permis à M. A d'acquérir une connaissance suffisante de l'origine et de la gravité du dommage qu'il a subi. Par suite, le délai de prescription quadriennale n'a pas pu commencer à courir.
11. Il résulte de ce qu'il précède que le ministre des armées n'est pas fondé à opposer l'exception de prescription quadriennale à la créance dont se prévaut le requérant.
Sur l'indemnisation des préjudices :
12. M. A a droit à l'indemnisation des préjudices qu'il subit, qui sont certains et résultent directement de la carence fautive de l'Etat.
En ce qui concerne le préjudice moral :
13. M. A, estimant que son espérance de vie a été diminuée notablement du fait de l'absorption par ses poumons de poussières d'amiante pendant ses années d'activité professionnelle, soutient vivre dans un état d'anxiété.
14. Si M. A n'a pas développé de pathologie asbestosique, il résulte de l'instruction qu'il est désormais admis, sur le plan scientifique, que l'inhalation de poussières d'amiante, sur une durée longue, peut, à plus ou moins long terme, et parfois vingt à trente ans après l'exposition, être la cause de cancers bronchiques mortels, les poussières d'amiante inhalées étant définitivement absorbées par les poumons sans que l'organisme puisse les éliminer. Cependant, ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le préjudice moral invoqué par l'intéressé. Il lui appartient donc d'apporter devant le juge des éléments complémentaires probants relatifs à sa situation personnelle.
15. A cet égard, il ne résulte pas de l'instruction que M. A ait été le destinataire d'une attestation d'exposition aux poussières d'amiante élaborée par son employeur. L'état général des services de M. A établissent que ce dernier a pu être amené à inhaler des poussières d'amiante lorsqu'il était affecté aux directions du port de Brest et Mururoa, et à l'utilisation massive d'amiante dans les bâtiments de la Marine nationale, et indique un total de 27 ans et 3 mois de services effectués. En outre, les trois attestations émanant d'anciens collègues et de proches de M. A, démontrent son exposition directe dans le cadre de ses fonctions de mécanicien naval. En outre, M. A produit une attestation d'un médecin en date du 18 décembre 2017 confirmant son anxiété. Dès lors, il subit, à ce titre, un préjudice moral. Par suite, il sera fait une juste appréciation des circonstances particulières de l'espèce en évaluant la réparation de ce préjudice à la somme de 13 500 euros.
En ce qui concerne les troubles dans les conditions de l'existence :
16. M. A se borne à verser au dossier trois examens de scanner thoraciques effectués en 2014, lequel ne permet pas de démontrer que l'intéressé est astreint à un suivi médical d'une fréquence et d'un inconfort tels qu'il caractériserait à lui seul des troubles dans les conditions d'existence. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander la réparation de ce préjudice.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
17. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 13 500 euros à compter du 3 juillet 2018, date de réception de sa première demande par le ministre des armées, ainsi qu'il le sollicite. Les intérêts seront capitalisés à compter du 3 juillet 2019, date à laquelle une année d'intérêt était due, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais du litige :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 13 500 euros en réparation de son préjudice, avec intérêts au taux légal à compter du 3 juillet 2018 et de leur capitalisation à compter du 3 juillet 2019 puis à chaque échéance annuelle.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
G. CL'assesseur le plus ancien,
signé
Y. Moulinier
Le président,
P. Nom
Le greffier,
signé
J-M. RiaudLe greffier,
P. Nom
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. ; 2003844
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026