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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2002736

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2002736

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2002736
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationMSS 5ème chambre GOURMELON Virginie
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2020 et 9 février 2022, Mme A B et Mme C E demandent au tribunal :

1°) de condamner la communauté de communes Arc Sud Bretagne à leur verser une indemnité de 1 665,49 euros en réparation des préjudices qu'elles ont subis du fait du défaut d'entretien normal des accotements de la voirie communautaire jouxtant leur propriété, assortie des intérêts au taux légal ;

2°) d'enjoindre à la communauté de communes Arc Sud Bretagne de procéder pour l'avenir à l'entretien intégral de cet accotement, sous un délai à déterminer, sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Arc Sud Bretagne une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la communauté de communes Arc Sud Bretagne s'est vu transférer la compétence en matière d'entretien de la voirie communautaire ; cette compétence s'applique également aux dépendances ; les conclusions indemnitaires sont donc bien dirigées ;

- la responsabilité pour faute de la communauté de communes Arc Sud Bretagne est engagée du fait du défaut d'entretien normal des accotements jouxtant leur propriété, couverts d'une végétation proliférante ; cette végétation cause des dégâts importants au mur de clôture, favorise la présence d'insectes nuisibles, occasionne un préjudice esthétique et d'agrément et a nécessité le recours aux services d'un jardinier ; c'est à la communauté de communes qu'appartient le soin de démontrer que l'entretien a été correctement réalisé ; la situation caractérise par ailleurs une rupture d'égalité devant le service public, les accotements voisins bénéficiant d'un entretien normal et régulier ;

- les frais qu'elles ont dû exposer pour assurer l'entretien des accotements doivent donner lieu à indemnisation.

Par des mémoires enregistrés les 14 janvier et 24 février 2022, la communauté de communes Arc Sud Bretagne, représentée par Me Rouhaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérantes.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable : elle est mal dirigée : la rue du Temple sur laquelle se situe l'accotement n'est pas inscrite au titre des voies d'intérêt communautaire ; son entretien n'incombe donc pas à la communauté de communes, qui assure uniquement, en ce qui concerne la voirie communale, des travaux de fauchage et de débroussaillage dans le cadre d'une prestation de services pour le compte de la commune ; le contentieux indemnitaire n'a pas été lié ;

- au fond, la requête est mal fondée : la communauté de communes ne s'étant pas vu transférer la compétence de voirie concernant la rue du Temple, n'a aucune obligation d'entretien ; le défaut d'entretien allégué n'est pas établi ; l'existence d'une végétation abondante et de la présence de nuisibles n'est pas démontrée par l'instruction ; le lien de causalité entre le défaut d'entretien allégué et les dommages invoqués n'est pas établi ; la rupture d'égalité devant le service public n'est pas établie, les photographies produites ne présentant pas un caractère probant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la voirie routière ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

La président a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;

- les observations de Me Colas, représentant la communauté de communes Arc Sud Bretagne.

Des notes en délibéré présentées par Mme E ont été enregistrées les 13 et 14 octobre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et Mme E sont propriétaires d'une maison d'habitation située 22 rue du Temple à Saint-Dolay. Par courrier du 20 décembre 2019, elles ont adressé à la communauté de communes Arc Sud Bretagne une demande tendant à la réalisation de travaux de débroussaillage complet des accotements jouxtant leur mur de clôture. En l'absence de réponse positive de la communauté de communes, elles ont réitéré leur demande par courrier recommandé du 12 janvier 2020. Par la présente requête, elles demandent au tribunal de condamner la communauté de communes Arc Sud Bretagne à leur verser une indemnité correspondant au coût des travaux d'élagage qu'elles ont exposés, et d'enjoindre à cet établissement de procéder pour l'avenir à l'entretien intégral de cet accotement

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Il résulte de l'instruction que la communauté de communes Arc Sud Bretagne assure, pour le compte des communes membres, l'entretien des voiries communales non intégrées dans le périmètre de la voirie communautaire. Cette prestation de services est effectuée conformément à des principes d'intervention arrêtés par le bureau communautaire, prévoyant trois fauchages des accotements par an. Les requérantes entendent rechercher la responsabilité pour faute de la communauté de communes Arc Sud Bretagne pour défaut d'entretien normal des accotements de la rue du Temple jouxtant leur propriété, en faisant valoir que ce défaut d'entretien est à l'origine du développement incontrôlé de buissons à proximité de leur mur de clôture qui les a contraintes à solliciter l'intervention d'un jardinier pour assurer l'élagage nécessaire. Toutefois, le dommage invoqué par les requérantes n'est établi par aucune pièce probante, les photographies figurant au dossier ne permettant pas de conclure à l'existence d'un défaut d'entretien normal de la voirie, ni à un traitement différencié des accotements jouxtant leur propriété par rapport aux propriétés voisines. Ainsi, et alors qu'en tout état de cause, il serait possible pour un riverain de rechercher la responsabilité du maître de l'ouvrage public même sans faute en raison des dommages causés aux tiers par l'exécution de travaux publics ou d'un ouvrage public, les requérantes ne sont pas fondées, en l'absence de démonstration de la réalité et de l'étendue du dommage subi, à demander la condamnation de la communauté de communes Arc Sud Bretagne à les indemniser.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

3. Le défaut d'entretien normal de la voirie et de ses dépendances n'étant pas établi, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requête ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Arc Sud Bretagne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B et Mme E au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par la communauté de communes Arc Sud Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B et de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Arc Sud Bretagne tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, représentante unique des requérantes et à la communauté de communes Arc Sud Bretagne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

La magistrate désignée,

signé

V. DLa greffière,

signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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