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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2003543

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2003543

vendredi 7 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2003543
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBELLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 août 2020 et le 7 octobre 2022, Mmes E et Ingrid A D, représentées par Me Bellier, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Rennes à leur verser la somme de 40 021,76 €, assortie des intérêts de droit ;

2°) de mettre à la charge du CHRU de Rennes la somme de 4 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Elles soutiennent que :

- sur la responsabilité :

- F a été victime d'une infection nosocomiale lors de la pose de la sonde de gastrotomie ;

- le CHRU de Rennes a commis une faute de diagnostic de nature à engager sa responsabilité ;

- le CHRU de Rennes a méconnu son obligation d'information ;

- sur les préjudices :

- en ce qui concerne les préjudices de H A D, victime directe :

- assistance par tierce personne : 4 290 € ;

- souffrances endurées : 16 000 € ;

- préjudice d'impréparation : 5 000 € ;

- déficit fonctionnel temporaire : 1 755,82 € ;

- en ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

- frais de déplacement : 7 975,94 € ;

- préjudice moral de Mme E A D : 5 000 € ;

- ces sommes porteront intérêts à compter du 1er avril 2015.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, le CHRU de Rennes, représenté par Me Chainay demande au tribunal de réduire à de plus justes proportions les préjudices invoqués par Mmes A D et les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Ille-et-Vilaine.

Il fait valoir que :

- sur la responsabilité :

- il s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant de l'infection nosocomiale et de la faute dans le diagnostic de H A D ;

- il n'a pas méconnu son obligation d'information ;

- sur les préjudices :

- il y a lieu de réduire les préjudices à de plus justes proportions : souffrances endurées : 3 500 € ; déficit fonctionnel temporaire : 163,93 € ; frais de déplacement : 3303,54 €

- il y a lieu de rejeter les préjudices suivants : frais de déplacement ; frais d'assistance par tierce personne ; préjudice moral de Mme A D ;

- sur les demandes de la CPAM : la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée.

Par deux mémoires, enregistrés le 16 octobre 2020 et le 21 janvier 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Ille-et-Vilaine demande au tribunal de condamner le CHRU de Rennes à lui verser, outre l'indemnité forfaitaire de gestion, la somme de 45 002,78 € au titre de ses débours.

Elle soutient qu'en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle est fondée à intervenir, par subrogation dans les droits de la victime, pour obtenir le remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de H A D, qui sont en rapport avec sa prise en charge au CHRU de Rennes.

Vu :

- l'ordonnance du 18 octobre 2019 par laquelle le président du tribunal a taxé les honoraires des experts à la somme de 3 000 € ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- les observations de Me Bellier, représentant Mmes A D, et celles de Me Chainay, représentant le centre hospitalier universitaire de Rennes.

Considérant ce qui suit :

1. H A D s'est fait diagnostiquer un cancer du sinus piriforme gauche au cours de l'année 2013 et a commencé un traitement par radiothérapie au CHRU de Rennes. Le 27 mars 2015, H A D a subi une intervention de pharynlaryngectomie totale circulaire et pose d'une sonde nasogastrique, puis de reprises chirurgicales les 3, 9, 16, 22, 29 avril puis le 6 mai 2015. H A D a regagné son domicile le 19 mai 2015 puis a été de nouveau hospitalisé à compter du 22 juin 2015 avant d'être transféré à la clinique Saint-Yves le 2 juillet 2015. A la suite de sa prise en charge à la clinique Saint-Yves puis au CHRU de Rennes, H A D est décédé le 17 juillet 2016.

2. S'interrogeant sur les conditions de sa prise en charge par le CHRU de Rennes, Mmes E et Ingrid A D, respectivement épouse et fille de la victime, ont saisi le juge des référés du tribunal, qui a ordonné la réalisation d'une expertise confiée aux docteurs Hartl et Gachot, spécialistes en oto-rhino-laryngologie, chirurgie cervico-faciale et pathologie infectieuse. Le rapport a été déposé le 14 octobre 2019. Par un courrier daté du 5 mars 2020, Mmes A D ont adressé au CHRU de Rennes une demande tendant à l'indemnisation de ses préjudices. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mmes A D demandent au tribunal de condamner le CHRU de Rennes à l'indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge de H A D par cet établissement.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

S'agissant du retard fautif dans le diagnostic de H A D

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

4. Il résulte de l'instruction que lors de la reprise chirurgicale subie par H A D le 16 avril 2015, la sonde nasogastrique posée lors de l'intervention du 27 mars 2015 a été retirée et remplacée par une gastrostomie. Il résulte également de l'instruction qu'à la suite de cette intervention, H A D a été victime de diarrhées dès le 18 avril 2015, de vomissements et d'une perte de poids importante en raison d'un mauvais positionnement de la sonde dans le côlon, qui constitue une complication rare mais connue de la gastrostomie. Il résulte du rapport d'expertise que si ce mauvais positionnement de la sonde ne caractérise pas un manquement aux règles de l'art lors du geste chirurgical, son diagnostic nécessite une période de 7 à 10 jours afin de procéder à la vérification des différentes causes de diarrhées. Or, il résulte de l'instruction que H A D a regagné son domicile le 19 mai 2015 malgré la persistance des diarrhées, a été de nouveau hospitalisé le 22 juin 2015 après un malaise et s'est finalement vu diagnostiqué le mauvais positionnement de la sonde le 3 juillet 2015, soit 2 mois et demie après la survenue des premières diarrhées. Dans ces conditions, le CHRU de Rennes a entaché sa prise en charge de H A D d'un retard fautif dans le diagnostic des complications de la gastrostomie.

S'agissant de la méconnaissance de l'obligation d'information :

5. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. - Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. Elle est également informée de la possibilité de recevoir, lorsque son état de santé le permet, notamment lorsqu'elle relève de soins palliatifs au sens de l'article L. 1110-10, les soins sous forme ambulatoire ou à domicile. Il est tenu compte de la volonté de la personne de bénéficier de l'une de ces formes de prise en charge. Lorsque, postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver. / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.

6. Il résulte du rapport d'expertise que le risque de malposition d'une sonde lors d'une gastrostomie, dont la probabilité peut être évaluée à 1 %, doit être regardé comme présentant une fréquence statistique significative et devait être porté à la connaissance de H A D avant l'intervention. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'aucune information écrite n'a été délivrée à H A D tout au long de sa prise en charge au CHRU de Rennes et que la gastrostomie n'a fait l'objet d'aucune information relative aux risques d'une telle intervention, notamment les risques de malposition de la sonde. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que H A D ait disposé d'une information orale suffisante, la circonstance qu'il entretienne avec le personnel médical une " relation de confiance " étant sans incidence sur la satisfaction de cette obligation. Par ailleurs, le CHRU de Rennes ne saurait utilement invoquer la circonstance que les risques liés à la gastrostomie auraient été portés à la connaissance de H A D via l'information sur les risques de sténose et en lien avec l'alimentation par sonde nasogastrique à la suite de l'intervention du 27 mars 2015, notamment lors de la consultation du 23 février 2015 menée par le Docteur C. Il résulte de ce qui précède que le CHRU de Rennes ne démontre pas avoir satisfait à son obligation d'information quant aux risques de l'intervention de gastrostomie réalisée le 16 avril 2015. Par suite, la responsabilité du CHRU de Rennes doit être engagée sur ce point.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute :

S'agissant de l'infection nosocomiale

7. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ". Seule une infection survenant au cours ou au décours d'une prise en charge et qui n'était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge peut être qualifiée de nosocomiale. En présence d'une telle infection, qu'elle soit exogène ou endogène, les dispositions précitées instituent un dispositif de réparation de plein droit par l'établissement de santé des dommages en résultant, à moins que la preuve d'une cause étrangère ne soit apportée.

8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise des docteurs Hartl et Gachot, que H A D a subi une intervention chirurgicale le 27 mars 2015 de pharynlaryngectomie totale circulaire, reconstitution par lambeau de grand pectoral en fer à cheval, lobectomie thyroïdienne gauche, tube salivaire et sonde nasogastrique. Il résulte de l'instruction qu'au décours de l'intervention, un abcès a été constaté le 1er avril, a fait l'objet d'un drainage et d'une antibiothérapie, puis a justifié la réalisation d'une reprise chirurgicale le 3 avril 2015 au cours de laquelle des prélèvements ont été réalisés et se sont révélés positif au staphylocoque doré. Il ne résulte pas de l'instruction que H A D présentait cette infection lors de son admission au CHRU de Rennes ou qu'une cause étrangère doit être constatée. Par ailleurs, si Mmes A D soutiennent que H A D a été victime d'infections nosocomiales le 8 avril et le 5 mai 2015, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les infections de celui-ci sur la zone cervicale et du grand pectoral présentaient un lien avec son état antérieur, dont elle constituait une complication fréquente et habituelle. Dès lors, l'état antérieur constitue une cause étrangère de ces infections au sein des dispositions citées au point 7. Par suite, il y a lieu de considérer que H A D a été victime d'une infection nosocomiale en lien avec l'intervention du 27 mars 2015 uniquement.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de H A D, victime directe :

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

9. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Le droit à réparation du préjudice résultant pour elle des souffrances endurées avant son décès et du déficit fonctionnel temporaire, constitue un droit entré dans son patrimoine avant son décès qui peut être transmis à ses héritiers.

10. Il résulte de l'instruction que le retard dans le diagnostic de la malposition de la sonde à la suite de l'intervention par gastrostomie du 16 avril 2015 a eu pour conséquence de provoquer chez H A D des diarrhées, vomissements et une dénutrition pour la période du 20 mai au 22 juin 2015, date de sa nouvelle admission au CHRU de Rennes. Cette dégradation de l'état de santé de H A D a nécessité une présence importante de son épouse, notamment pour la pose de protections cinq fois par jour. Par suite, le retard fautif dans le diagnostic commis par le CHRU de Rennes a justifié une assistance par tierce personne réalisée par Mme A D qu'il y a lieu d'évaluer à 5 heures par jour tous les jours du 20 mai 2015 au 22 juin 2015, date de l'admission de H A D au CHRU de Rennes peut être évalué, par application d'un taux horaire de 14 € tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés, à la somme totale de 2 686 €.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

11. En premier lieu, il résulte du rapport d'expertise que les souffrances en lien avec l'infection nosocomiale ont été évaluées à 1 sur une échelle de 0 à 7 et les souffrances imputables au retard fautif dans le diagnostic à 1,5 sur la même échelle. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par H A D, compte-tenu de la persistance de diarrhées et de la dégradation de son état de santé durant son hospitalisation à domicile, en les évaluant à la somme totale de 5 000 €.

12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que H A D a subi un déficit fonctionnel temporaire strictement imputable à l'infection nosocomiale et au retard fautif du CHRU de Rennes dont il a été victime qu'il y a lieu d'évaluer de la manière suivante : en premier lieu, un déficit fonctionnel temporaire total du 22 juin au 24 août 2015, en deuxième lieu un déficit fonctionnel temporaire de classe 2 (25 %) du 20 mai au 21 juin 2015 et, enfin, un déficit fonctionnel temporaire de classe 1 du 25 août au 4 octobre 2015. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 1 527 €.

13. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'impréparation subi par H A D, compte tenu des douleurs et désagréments subis par H A D en raison de la malposition de la sonde posée lors de la gastrostomie, en l'évaluant à la somme de 2 000 €.

En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

14. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que l'hospitalisation de H A D pour la période du 26 mars au 19 mai 2015 est en lien avec l'état de santé antérieur de celui-ci ainsi que les conséquences normalement prévisibles du traitement de sa maladie. Par suite, Mmes A D ne peuvent demander le remboursement des frais de déplacement qu'elles ont exposés du 1er au 4 avril, du 8 au 10 avril et du 5 au 12 mai 2015.

15. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mmes A D ont dû effectuer des déplacements afin de rendre visite à H A D lors de son hospitalisation du 22 juin au 24 août 2015 dont il résulte du rapport d'expertise qu'elle est imputable au retard fautif dans le diagnostic de la malposition de la sonde. Il y a lieu de faire droit à la demande de remboursement des frais de déplacement qu'elles ont exposés entre le 22 juin et le 24 août 2015 pour se rendre au CHRU de Rennes à soixante-quatre reprises ainsi qu'aux frais de déplacement pour se rendre aux opérations d'expertise le 27 juin 2019 à Villejuif. Compte tenu de la distance qui sépare le lieu de domicile de Mme A D, épouse de la victime, du CHRU de Rennes, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 7 cv, il y a lieu d'évaluer à 7 692 €, le montant de leurs frais de déplacement, et à 528 € le montant des déplacements justifiés par la réunion d'expertise, soit la somme totale de 8 221 €, soit 4 110,50 € chacune.

16. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme E A D en raison de la dégradation de l'état de santé de son époux et des troubles dans ses conditions d'existence en l'évaluant à la somme de 5 000 €.

17. Il résulte de ce qui précède que le CHRU de Rennes doit être condamné à verser à Mme E A D la somme de 9 110,50 € et à Mme G A D la somme de 4 110,50 €.

Sur les demandes de la CPAM :

18. Il résulte de l'instruction que la CPAM d'Ille-et-Vilaine, justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, du montant des débours qu'elle a acquittés en lien avec la faute imputable au CHRU de Rennes comme suit : 45 002,78 € de frais d'hospitalisation.

19. Par ailleurs, eu égard au montant de la somme qui lui est allouée par le présent jugement, la CPAM d'Ille-et-Vilaine a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, à la somme de 1 162 €.

Sur les intérêts :

20. En premier lieu, Mmes A D ont droit aux intérêts sur les sommes qui leurs sont dues à compter du 6 mars 2020, date de réception de leur demande indemnitaire préalable par le CHRU de Rennes. Il sera fait droit à cette demande.

Sur les frais liés au litige :

21. Les frais de l'expertise des docteurs Harlt et Gachot, liquidés et taxés à la somme de 3 000 € par l'ordonnance n° 1804563 du 18 octobre 2019, sont mis à la charge définitive de CHRU de Rennes.

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Rennes la somme de 2 000 € à verser à Mmes A D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le CHRU de Rennes est condamné à verser les sommes suivantes :

1°) à la succession de H A D : 12 213 € ;

2°) à Mme E A D : 9 110,50 € ;

3°) à Mme G A D : 4 110,50 €.

Article 2 : Les sommes citées à l'article précédent seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 6 mars 2020.

Article 3 : Le CHRU de Rennes est condamné à verser à la CPAM d'Ille-et-Vilaine la somme de 45 002,78 €, outre l'indemnité forfaitaire de gestion de 1 162 €.

Article 4 : Le CHRU de Rennes versera à Mmes A D la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les frais de l'expertise des docteurs Harlt et Gachot, liquidés et taxés à la somme de 3 000 € par l'ordonnance n° 1804563 du 18 octobre 2019, sont mis à la charge définitive de CHRU de Rennes.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mmes E et Ingrid A D, au centre hospitalier régional universitaire de Rennes et aux caisses primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine et du Finistère.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

C. B

Le président,

signé

N. Tronel

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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