LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2003698

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2003698

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2003698
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS BERTRAND MAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, trois mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 28 août 2020, le 29 avril, le 23 août et le 21 décembre 2021 ainsi que le 13 janvier 2022, M. E D, représenté par Me Cartron, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Brest et la société hospitalière d'assurance mutuelles (SHAM), devenue société Relyens mutual insurance (RMI), à lui verser la somme totale de 303 228,72 €, assortie des intérêts de droit et de la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du CHRU de Brest et de la SOCIÉTÉ RMI la somme de 5 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sur la responsabilité : un manquement a été commis dans la prise en charge de M. D qui constitue une faute de nature à engager la responsabilité du CHRU et de la SOCIÉTÉ RMI ;

- sur le préjudice :

- en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

- s'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires : dépenses de santé actuelles : 343 € ; frais d'assistance par un médecin conseil : 3 240 € ; frais de déplacement : 653,20 € ; assistance par tierce-personne : 16 770 € ; perte de gains professionnels actuels : 2 136,96 € ;

- s'agissant des préjudices patrimoniaux permanents : dépenses de santé futures, 6 325,96 €, à parfaire à la date du jugement ; perte de gains professionnels futurs : 161 438,40 €, à parfaire à la date du jugement ; incidence professionnelle : 20 000 € ; frais de véhicule adapté : 21 239,20 €, à parfaire à la date du jugement ;

- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires : souffrances endurées : 4 000 € ; préjudice esthétique temporaire : 4 000 € ; déficit fonctionnel temporaire : 6 282 € ;

- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents : déficit fonctionnel permanent : 34 800 € ; préjudice d'agrément : 10 000 € ; préjudice sexuel : 8 000 € ; préjudice esthétique permanent : 4 000 € ;

- ces sommes porteront intérêt à compter du 4 mai 2020 et seront capitalisées.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 mars 2021 et le 6 janvier 2022, le CHRU de Brest et la société RMI, représentés par Me Maillard, demande au tribunal de réduire à de plus justes proportions les demandes de M. D.

Ils font valoir que :

- sur la responsabilité :

- aucune faute n'a été commise par le service de réanimation ;

- ils s'en remettent à la sagesse du tribunal quant à l'existence d'une faute dans les soins de nursing ;

- sur les préjudices :

- les préjudices suivants doivent être réduits à de plus justes proportions, compte tenu notamment de l'état antérieur de M. D : déficit fonctionnel temporaire : 1 608,50 € ; souffrances endurées : 2 000 € ; préjudice esthétique temporaire : 1 500 € ; assistance par tierce personne : 10 900,50 € ; frais de déplacement : 646,38 € ; déficit fonctionnel permanent : 22 630 € ; préjudice esthétique permanent : 3 000 € ; incidence professionnelle : 5 000 € ;

- les préjudices suivants ne doivent pas être indemnisés : dépenses de santé actuelles ; perte de gains professionnels actuels ; préjudice d'agrément ; préjudice sexuel ; dépenses de santé futures ; perte de gains professionnels futurs ;

- ils s'en remettent à la sagesse du tribunal pour les préjudices suivants : frais de médecin conseil ; frais de véhicule adapté.

Par un mémoire, enregistré le 10 mars 2021, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, représenté par Me Ribeiro, conclut à sa mise hors de cause. Il fait valoir que les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas remplies.

Par un courrier, enregistré le 28 septembre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère a indiqué ne pas intervenir à l'instance.

M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 décembre 2019.

Vu :

- l'ordonnance du 17 juin 2019 par laquelle le président du tribunal a taxé les honoraires des experts et de l'expert sapiteur à la somme de 13 408 € ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- les observations de Me Cahut, représentant M. D, et celles de Me Gasmi, représentant le centre hospitalier universitaire de Brest et la Relyens mutal insurance.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a été hospitalisé d'office au CHRU de Brest le 1er juin 2015. A cette occasion, M. D est victime d'une fracture à la main droite qui justifie la pose d'une manchette plâtrée le 3 juin 2015 puis d'une broche à l'occasion d'une intervention chirurgicale le 12 juin 2015. Au décours de l'intervention, une dégradation de l'état de santé de M. D est constatée et justifie son transfert au service de réanimation chirurgicale. A la suite d'examens, une intervention par colectomie gauche avec iléostomie sur baguette, colostomie et sigmoïdostomie est réalisée le 21 juillet 2015. M. D subit une trachéotomie le 27 juillet 2015 puis quitte le CHRU le 21 août 2015. M. D est pris en charge à compter du 8 septembre 2015 par le centre de rééducation de Perharidy jusqu'à son hospitalisation au CHRU le 27 septembre 2015. Le 30 septembre 2015, une nouvelle intervention chirurgicale par colectomie gauche, anastomose colorectale, résection de segment de grêle et iléostomie est pratiquée. M. D quitte le CHRU le 2 novembre 2015 et est de nouveau pris en charge par le centre de rééducation de Perharidy. Par la suite, M. D est de nouveau hospitalisé au service de réanimation puis au service de chirurgie viscérale du CHRU de Brest jusqu'au 1er février 2016. Après être retourné au centre de rééducation de Perharidy, M. D est rentré à son domicile le 23 février 2016.

2. S'interrogeant sur les conditions de sa prise en charge par le CHRU de Brest, M. D a saisi le juge des référés du tribunal, qui a ordonné la réalisation d'une expertise confiée aux docteurs Daumer et Bourdonnec, spécialistes en psychiatrie et chirurgie digestive. Le rapport a été déposé le 30 mars 2019. Par un courrier daté du 23 avril 2020, M. D a adressé au CHRU de Brest et à la société RMI une demande tendant à l'indemnisation de ses préjudices. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de condamner solidairement le CHRU de Brest et la société RMI à l'indemniser des conséquences dommageables de sa prise en charge par cet établissement.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. D présente des troubles de la personnalité de type schizoïde et a été hospitalisé d'office au CHRU de Brest en raison de troubles psychotiques et d'un état d'agitation aigu. Il résulte du rapport d'expertise du Pr C que M. D a fait l'objet de soins de nursing au cours de son hospitalisation et qu'il présentait, à l'occasion de la consultation du 16 mars 2017, un déficit au niveau du membre inférieur droit, qui a été diagnostiqué par le docteur L'Hedever le 4 mai 2017 comme une atteinte tronculaire bilatérale des nerfs sciatiques poplitée externe, compressif. En outre, il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que cette affection présente un lien direct avec les soins de nursing qui n'ont dès lors pas été réalisés conformément aux règles de l'art, et constituent dès lors une faute dans un acte de soins de nature à engager la responsabilité du CHRU de Brest.

En ce qui concerne l'engagement de la solidarité nationale :

5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ".

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que M. D a été victime d'un syndrome malin des neuroleptiques au décours de son intervention dont l'origine ne peut être établi compte tenu de l'état antérieur psychiatriques de M. D et de sa consommation régulière de psychotropes et de cannabis. Dans ces conditions, le syndrome malin des neuroleptiques dont a été victime M. D ne peut être considéré comme directement imputable à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins. Par suite, les conditions de l'engagement de la solidarité nationale ne sont pas réunies et l'ONIAM doit être mis hors de cause.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux frais de santé

7. M. D demande la prise en charge des frais de santé et produit des justificatifs d'acquisition de semelles orthopédiques, de compléments alimentaires ainsi que des honoraires de nutritionniste pour un total de 343 €. Il sera fait droit à cette demande uniquement en ce qui concerne les frais d'acquisition de semelles orthopédiques, qui présentent un lien avec la faute commise par le CHRU de Brest. Par suite, il sera mis à la charge de cet établissement et de la société RMI la somme de 106,14 €.

Quant aux frais de déplacement

8. Il résulte de l'instruction que M. D a dû effectuer des déplacements en lien avec son dommage et la procédure d'expertise. Ainsi, M. D est fondé à obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'il a exposés entre le 24 septembre 2018 et le 28 février 2019 pour se rendre à une reprise chez son médecin conseil à Brest, le docteur B, ainsi qu'au centre hospitalier privé de Saint-Grégoire à Rennes à deux reprises. Compte tenu de la distance qui sépare son lieu de domicile de ces lieux, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 6 cv, il y a lieu d'évaluer à 687 € le montant des déplacements justifiés par les réunions d'expertise. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge solidaire du CHRU de Brest et de son assureur cette somme.

Quant aux frais de médecin conseil

9. M. D justifie de frais d'assistance par un médecin conseil lors de l'expertise, et dont les frais s'élèvent à la somme de 3 240 € et produit la facture des honoraires. Par suite, il sera fait droit à cette demande.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne

10. En quatrième lieu, l'expert a retenu un besoin en assistance par tierce personne à raison des complications dont elle a été victime lors de son hospitalisation au CHRU de Brest pour une durée d'une heure et demie par jour jusqu'à la date de consolidation. Dans ces conditions, le besoin en assistance par tierce personne non spécialisée, qu'il y a lieu d'évaluer à 1h30 par jour tous les jours du 24 février 2016 au 3 juillet 2017, date de consolidation, déduction faite des périodes d'hospitalisation au cours de cette période peut être évalué, par application d'un taux horaire de 14 € tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés, à la somme totale de 11 757,24 €.

Quant aux pertes de gains professionnels actuels

11. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que M. D exerçait la profession de pâtissier-chocolatier et n'a pas repris son activité professionnelle depuis le 1er juin 2015, date de son hospitalisation. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que si l'atteinte des nerfs sciatiques poplitée externe présente un lien avec l'arrêt de l'activité professionnelle de M. D, celui-ci a connu en 2015 un abandon de son activité professionnelle dans un contexte conflictuel avec son employeur. Dans ces conditions, il n'est pas établi que la perte de gains professionnels invoquée par M. D présente un lien direct et certain avec la faute commise par le CHRU de Brest. Par suite, la demande sera rejetée.

S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux dépenses de santé

12. Ainsi qu'il a été dit au point 7, il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Brest les frais d'acquisition de semelles orthopédiques pour la période postérieure à la date de consolidation, qui présentent un lien direct avec le dommage imputable à la faute commise par le CHRU de Brest. D'une part, pour la période de la date de consolidation à la date du présent jugement, il résulte de l'instruction que M. D justifie avoir versé 208,84 € au titre de l'acquisition des semelles orthopédiques. Il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Brest cette somme. D'autre part, pour la période postérieure au jugement, les dépenses futures peuvent être évaluées, en prenant en compte une fréquence de remplacement des semelles chaque année, le montant moyen d'acquisition de semelles orthopédiques pour la période de la date de consolidation à la date du jugement, qui s'élève à 104,42 € par an, et en faisant application du coefficient de capitalisation viagère de 41,639 issu du barème publié par la Gazette du Palais pour l'année 2020, à la somme de 4 347,94 €. Par suite, il sera mis à la charge du CHRU de Brest et de la société RMI la somme totale de 4 452,36 €.

Quant aux frais de véhicule adapté

13. Il résulte de l'instruction que le rapport d'expertise a retenu la nécessité d'un véhicule adapté avec boite de vitesses automatique. M. D sollicite le versement d'une somme de 21 239,20 € correspondant aux frais d'adaptation et à l'application d'une rente viagère sur le remplacement du véhicule. Toutefois, il résulte de l'instruction que le surcoût lié à l'aménagement du véhicule peut être évalué à la somme de 1 500 €. Dans ces conditions, M. D peut seulement prétendre, dans le cadre d'un renouvellement tous les sept ans de son véhicule, à l'indemnisation du surcoût lié à l'installation d'une boîte automatique, sur présentation d'un justificatif du montant de ce surcoût pour le modèle de voiture qu'il aura acquis.

Quant aux pertes des gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle

14. Ainsi qu'il a été précédemment exposé, il n'y a pas lieu d'indemniser la perte de gains professionnels actuels dès lors qu'il n'est pas démontré qu'ils présentent un lien direct et certain avec le dommage causé par la faute commise par le CHRU de Brest. Par suite, il y a lieu d'écarter pour les mêmes motifs la demande de M. D au titre de la perte des gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire

15. D'une part, il résulte de l'instruction que M. D a subi un déficit fonctionnel temporaire de 50 % imputable à la faute commise par le CHRU de Brest à hauteur de 50 % du 2 au 25 novembre 2015, du 19 janvier au 1er février 2016 et du 24 février 2016 au 3 juillet 2017. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 2 670 €. D'autre part, il n'est pas établi que les périodes de déficit fonctionnel total sont imputables à la faute commise par le CHRU de Brest. La demande présentée par M. D à ce titre sera dès lors rejetée.

Quant aux souffrances endurées

16. Les souffrances strictement imputables à la faute commise par le CHRU de Brest ont été évaluées par l'expert à 2 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 3 000 €.

Quant au préjudice esthétique temporaire

17. Le préjudice esthétique temporaire strictement imputables à la faute commise par le CHRU de Brest a été évalué par l'expert à 1,5 sur une échelle de 1 à 7 compte tenu de la modification de l'image corporelle liée à la démarche. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 €.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent

18. Il résulte du rapport d'expertise que M. D reste affecté d'un déficit fonctionnel permanent strictement imputable à la faute commise par le CHRU de Brest évalué à 15 % compte tenu de l'appareillage et des troubles de la mobilité. En conséquence, eu égard à l'âge du requérant à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre en l'évaluant à la somme de 34 500 €.

Quant au préjudice esthétique permanent

19. Le préjudice esthétique permanent strictement imputables à la faute commise par le CHRU de Brest a été évalué par l'expert à 3 sur une échelle de 1 à 7 compte tenu de la modification de l'image corporelle liée aux difficultés de mobilité. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 000 €.

Quant au préjudice d'agrément

20. M. D fait valoir qu'il pratiquait des activités sportives et voyageait. En outre, il indique avoir exercé une activité professionnelle en Corse. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à démontrer ces allégations. Dès lors, malgré la circonstance que le rapport d'expertise retienne un préjudice d'agrément du fait de la réduction de la mobilité de M. D, il y a lieu de rejeter sa demande sur ce point.

Quant au préjudice sexuel

21. Il résulte de l'instruction que le préjudice sexuel n'est pas reconnu par le rapport d'expertise judiciaire. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.

22. Il résulte de ce qui précède que le CHRU de Brest et devenue la société Relyens mutual insurance doivent solidairement être condamnés à verser à M. D la somme de 67 412,74 €.

Sur les intérêts et la capitalisation :

23. M. D a droit aux intérêts sur les sommes qui lui sont dues à compter du 4 mai 2020, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par le CHRU. Par ailleurs, M. D a demandé la capitalisation des intérêts. A la date d'enregistrement de sa requête, il n'était pas dû une année d'intérêts. Dès lors, si la demande de capitalisation reste recevable, elle ne peut avoir effet qu'à la date à laquelle il sera dû au moins une année d'intérêts. Par suite, les intérêts échus à compter du 4 mai 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Sur les dépens :

24. Les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 13 408 € par l'ordonnance n° 1801715 du 17 juin 2019, sont mis à la charge définitive du CHRU de Brest.

Sur les frais liés au litige :

25. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du CHRU de Brest et de la société Relyens mutual insurance le versement à Me Cartron, avocat de M. D, d'une somme de 2 000 €, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est mis hors de cause.

Article 2 : Le CHRU de Brest et la société Relyens mutual insurance sont solidairement condamnés à verser à M. D la somme de 67 412,74 €, assortie des intérêts au taux légal à compter du 4 mai 2020. Ces intérêts seront capitalisés à la date du 4 mai 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Le CHRU de Brest et la société Relyens mutual insurance verserons solidairement à M. D, sur présentation de justificatifs, dans les conditions définies au point 13 du présent jugement, les dépenses engagées au titre des frais relatifs à l'adaptation du véhicule.

Article 4 : Le CHRU de Brest et la société Relyens mutual insurance verseront solidairement à Me Cartron, avocat de M. D, une somme de 2 000 € au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Les frais de l'expertise des docteurs Bourdonnec, Daumer et Platel, liquidés et taxés à la somme de 13 408 € par l'ordonnance n° 1801715 du 17 juin 2019, sont mis à la charge définitive du CHRU de Brest.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, au centre hospitalier régional universitaire de Brest, à la société Relyens mutual insurance, à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

C. A

Le président,

signé

N. Tronel

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions