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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2004497

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2004497

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2004497
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS ADDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes, statuant en référé, a constaté que la demande de provision de M. B et Mme C, fondée sur l'article R. 541-1 du code de justice administrative pour des préjudices liés à la construction et à l'exploitation de la LGV Bretagne-Pays-de-la-Loire, était devenue sans objet. Cette conclusion résulte du jugement au fond du 26 septembre 2024, qui a déjà condamné la SAS Eiffage Rail Express à verser aux requérants une indemnité de 145 761 euros, assortie d'intérêts et de capitalisation, sur le fondement de l'article 36.1 du contrat de partenariat. En conséquence, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions provisionnelles et a rejeté les demandes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 19 octobre 2020, 17 février 2021 et 14 mai 2021, M. A B et Mme D C, représentés par Me Santos Pires de la société à responsabilité limitée (SARL) Martin Avocats, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, solidairement ou l'une à la place de l'autre, la société par actions simplifiées (SAS) Eiffage Rail Express et la société anonyme (SA) SNCF Réseau à leur verser une provision de 234 961,48 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 août 2020 annuellement capitalisés, à valoir sur l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la construction et de l'exploitation de la ligne grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays-de-la-Loire ;

2°) de mettre à la charge de la SAS Eiffage Rail Express et de la SA SNCF Réseau, solidairement ou de l'une à la place de l'autre, les dépens ainsi que le versement de la somme de 2 000 euros pour chacun des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2021, la SA SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias de la société Adden Avocats, conclut au rejet des conclusions présentées à son encontre par les requérants et à ce que soit mis à la charge de ceux-ci le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2021, la SAS Eiffage Rail Express, représentée par Me Di Francesco de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Urbino Associés, conclut au rejet des conclusions présentées à son encontre par les requérants et à ce que soit mis à la charge de ceux-ci le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 22 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 février 2024.

Un mémoire a été présenté pour les requérants le 16 février 2024.

Vu :

- le jugement n° 2004493 du 26 septembre 2024 du tribunal administratif de Rennes ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Par la requête visée ci-dessus, M. B et Mme C demandent au juge des référés de condamner, solidairement ou l'une à la place de l'autre, la SAS Eiffage Rail Express et la SA SNCF Réseau à leur verser une provision à valoir sur l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la construction et de l'exploitation de la LGV Bretagne-Pays-de-la-Loire.

3. Il résulte cependant de l'instruction que, parallèlement à la présente instance de référé, les requérants ont également demandé au tribunal administratif de Rennes, par une requête au fond enregistrée sous le n° 2004493, de condamner les mêmes parties sur le même fondement à leur verser une indemnité d'un montant identique. Par le jugement du 26 septembre 2024 visé ci-dessus, le tribunal a condamné la SAS Eiffage Rail Express à verser à M. B et Mme C une somme de 145 761 euros, outre intérêts et capitalisation, au titre de la responsabilité sans faute du fait de l'existence et de l'exploitation de la LGV litigieuse en application de l'article 36.1 du contrat de partenariat approuvé par décret du 1er août 2011, et a mis à la charge de cette société la somme de 13 921,40 euros TTC au titre des frais d'expertise judiciaire. Dès lors, les conclusions des requérants tendant à obtenir du juge des référés le versement d'une provision assortie d'intérêts et la mise à la charge de la SAS Eiffage Rail Express et de la SA SNCF Réseau des dépens sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, pas lieu de statuer sur ces conclusions.

4. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2004497 de M. B et de Mme C tendant au versement d'une provision et des intérêts et à la mise à la charge de la SAS Eiffage Rail Express et de la SA SNCF Réseau des dépens.

Article 2 : Les conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme D C, à la société par actions simplifiées Eiffage Rail Express et à la société anonyme SNCF Réseau.

Fait à Rennes, le 8 octobre 2024.

Le président,

signé

A. Poujade

La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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