vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2004547 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | VALLANTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés le 20 octobre 2020, les 28 juillet et 28 novembre 2023 et le 8 février 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme C A, représentée par Me Vallantin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner la commune de Loperhet à lui verser la somme de 300 404,74 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de la délivrance de renseignements erronés concernant la constructibilité des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59 situées sur le territoire de cette commune ;
2°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente du jugement des déférés du préfet du Finistère portant sur les permis de construire délivrés sur la parcelle cadastrée section A n° 59 ;
3°) de condamner la commune à lui payer la somme de 50 277, 88 euros ;
4°) de majorer cette somme des intérêts au taux légal et de capitaliser les intérêts depuis le 3 août 2020 ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Loperhet le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune a commis des fautes, d'une part, en lui délivrant un certificat d'urbanisme opérationnel positif le 31 août 2018 pour le détachement de deux lots à bâtir de la parcelle cadastrée section A n° 59 dont elle est propriétaire pour la création de deux lots à bâtir, sans mentionner les restrictions de la loi littoral, d'autre part, en classant ces parcelles en zone UHd constructible au plan local d'urbanisme approuvé le 15 mai 2008 et en délivrant sur cette parcelle deux permis de construire illégaux le 28 mars 2019 et retirés le 20 mai 2019, à Mmes B et D A ;
- il existe un lien de causalité entre les fautes commises et les préjudices qu'elle a subis ;
- son préjudice matériel correspondant à la perte de valeur vénale des parcelles s'élève à 295 290,34 euros, et celui correspondant aux frais d'étude de sol à hauteur de 114,40 euros ;
- si le tribunal se place dans le cadre d'un partage successoral, l'actif net de la masse à partager représenterait 59 286,61 euros et avec la soulte qu'elle a été contrainte de verser à sœur elle justifie d'un préjudice de 45 163,48 euros ;
- elle a subi un préjudice moral à hauteur de 5 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 9 mars 2021 et le 17 novembre 2023, la commune de Loperhet, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la parcelle cadastrée section A n° 59 est toujours constructible à la suite de l'annulation des décisions de retrait des deux permis de construire délivrés sur ce terrain et ne peut, au regard des transactions effectuées dans ce secteur, se prévaloir d'une perte de valeur vénale de son bien estimé, en 2014, à 296 000 euros ;
- il n'existe pas de lien entre les fautes commises et les préjudices invoqués, qui ne sont d'ailleurs pas établis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement n° 2003192 du 2 mai 2023 du tribunal ;
- le jugement nos 2206092, 2206093, 2206094 du 19 janvier 2024 du tribunal.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Radureau,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Vallantin, représentant Mme A, et de Me Idlas, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Loperhet.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A est devenue propriétaire, à la suite d'un partage successoral établi le 9 mai 2014, des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59 situées lieudit " Creisquer Traon Elorn " à Loperhet. Par un certificat d'urbanisme du 17 mars 2014, annexé à cet acte de partage, le maire de la commune de Loperhet avait certifié que les parcelles cadastrées section A nos 57 et 59 d'une contenance respective de 1 900 m² et de 3 280 m², étaient classées en zone Uhd (zone urbaine à vocation d'habitat) par le plan local d'urbanisme de la commune approuvé le 15 mai 2008. Par un certificat d'urbanisme opérationnel positif délivré le 31 août 2018, le maire de la commune de Loperhet a attesté que la parcelle cadastrée section A n° 59 pouvait être utilisée pour la création de deux lots à bâtir. Deux permis de construire ont été délivrés par le maire de Loperhet à Mmes B et D A, filles de la requérante, le 28 mars 2019. À la suite de recours gracieux du sous-préfet de Brest exercés dans le cadre du contrôle de légalité, le maire de Loperhet a, par des arrêtés du 20 mai 2019, retiré les deux permis précédemment délivrés. Par un nouveau certificat d'urbanisme délivré le 9 décembre 2019 le maire de Loperhet a certifié que le terrain cadastré section A n° 59 ne pouvait pas être utilisé pour la réalisation d'une maison d'habitation en précisant que cette parcelle se situait dans un espace proche du rivage, dans un ensemble de constructions épars sans continuité avec une agglomération ou un village et se trouvait ainsi soumis aux dispositions de la loi littoral. Par un courrier du 29 juillet 2020, reçu le 3 août à la mairie de Loperhet, Mme A a demandé à la commune de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des renseignements erronés concernant la constructibilité de cette parcelle. Le maire de la commune de Loperhet ayant implicitement rejeté sa demande, Mme A demande, à titre principal, au tribunal de condamner la commune de Loperhet à lui verser la somme de 300 404,74 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de la responsabilité de la commune de Loperhet :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ".
3. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable en l'espèce : " L'extension de l'urbanisation doit se réaliser soit en continuité avec les agglomérations et villages existants () ". Il résulte de ces dispositions, applicables à tout terrain situé sur le territoire d'une commune littorale, que ce terrain soit ou non situé à proximité du rivage, que les constructions peuvent être autorisées en continuité avec les zones déjà urbanisées, caractérisées par une densité significative des constructions, mais qu'aucune construction ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres constructions, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées des agglomérations.
4. Le schéma de cohérence territoriale du pays de Brest approuvé le 22 octobre 2019 et mettant en œuvre les dispositions de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique relatives à la loi littoral, n'a pas identifié le lieudit " Creisquer Traon Elorn " à Loperhet comme une agglomération, un village ou un secteur déjà urbanisé permettant la densification ou l'extension de l'urbanisation. Par ailleurs, le plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Landerneau-Daoulas approuvé le 28 février 2020 a classé les parcelles de Mme A en zone naturelle N et le recours de cette dernière présenté contre ce document d'urbanisme a été rejeté par jugement du tribunal du 2 mai 2023.
5. Il résulte de l'instruction que le lieudit " Creisquer Traon Elorn " est composé de moins d'une vingtaine de constructions, implantées de manière éparse sur des parcelles de superficies importantes et comprend en son sein de très grands terrains non bâtis. Ce secteur ne présente ainsi pas un nombre et une densité significatifs de constructions permettant de le regarder comme étant une agglomération ou un village existant au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. En outre, ce lieudit est éloigné de l'agglomération de Loperhet, dont il est distant de plus de trois kilomètres, et se trouve par ailleurs séparé de toute autre forme d'urbanisation par de vastes parcelles présentant un caractère agricole et naturel. Par suite, une éventuelle construction au sein de ce lieudit est de nature à constituer une extension de l'urbanisation, laquelle ne pouvait pas être autorisée sans méconnaître les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
6. Mme A est fondée à soutenir que le maire de Loperhet a commis des fautes en lui délivrant le 17 mars 2014 un certificat d'urbanisme ne mentionnant pas les dispositions relatives à la loi littoral et le 31 août 2018 un certificat d'urbanisme opérationnel positif en visant la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral, dont les dispositions étaient reprises à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme depuis le 1er janvier 2016, sans en tirer de conséquences sur les restrictions du droit de construire en résultant ainsi qu'en délivrant le 28 mars 2019, sur ce terrain, deux permis de construire illégaux. Pour les mêmes motifs, la requérante est également fondée à soutenir que les auteurs du plan local d'urbanisme ont commis une faute en classant les parcelles cadastrées section A nos 57 et 59 en zone UHd constructible.
7. La commune de Loperhet soutient que les décisions du 16 mai 2019 retirant les deux permis de construire délivrés le 20 mai 2019 sur la parcelle cadastrée section A n° 59 ont été annulées par jugement du 23 septembre 2022 du tribunal administratif de Rennes en raison de l'absence de motivation des arrêtés de retrait. Cependant, ces permis de construire, rétablis à la suite de ces jugements, ont fait l'objet de déférés de la part du préfet du Finistère et par un jugement du 19 janvier 2024 le tribunal a retenu l'illégalité des permis de construire délivrés sur les parcelles appartenant à Mme A en raison de la méconnaissance des dispositions de la loi littoral.
En ce qui concerne le lien de causalité et les préjudices :
8. La responsabilité d'une personne publique n'est susceptible d'être engagée que s'il existe un lien de causalité suffisamment direct et certain entre les fautes commises par cette personne et le préjudice subi par la victime.
9. En premier lieu, Mme A soutient, à titre principal, que pour estimer la perte de valeur vénale de son terrain, il y a lieu calculer la différence entre le prix du terrain constructible lors de son acquisition et la valeur résiduelle du terrain non constructible. Cependant, une telle évaluation du préjudice n'est applicable que dans le cas d'achat d'un terrain réputé constructible mais se révèle ne pas l'être en raison d'une faute de la commune. En l'espèce, Mme A n'a pas acheté de terrain mais en est devenue propriétaire, par
héritage de ses deux parents, dont les successions respectives ont été partagées entre elle et sa sœur, par acte notarié du 9 mai 2014. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation présentées à titre principal par Mme A doivent être rejetées.
10. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit, il résulte de l'instruction que Mme C A est devenue propriétaires des parcelles situées lieudit " Creisquer Traon Elorn " à Loperhet, cadastrées section A nos 57 et 59 d'une surface totale de 5 180 m², à la suite d'un acte de partage successoral établi le 9 mai 2014 entre elle et sa sœur valorisant ces parcelles comme des terrains à bâtir à la somme de 296 000 euros. Il y a ainsi lieu pour le tribunal de déterminer si et dans quelle mesure Mme A a été lésée, lors du partage successoral établi par le notaire, du fait de l'évaluation erronée de la valeur de ces terrains, sans pour autant enrichir indûment la succession.
11. Pour évaluer la valeur des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59, la requérante se prévaut du barème indicatif de la valeur des terres agricoles en 2013 fixé par l'arrêté du 17 juillet 2014 sur le pourtour de la rade de Brest fixant le prix minimum d'un hectare à 1 370 euros soit 0,137 euros le m². Cependant, il est constant que la valeur dominante d'un terrain agricole non constructible en mai 2014, telle que déterminée par le barème indicatif de la valeur vénale des terres agricoles en 2014 fixé par l'arrêté du 13 juillet 2015, sur le pourtour rade de Brest, Pénéplaine bretonne Nord, était de 4 990 euros à l'hectare soit 0,499 le m². Il y a toutefois lieu pour le tribunal de tenir compte de l'évaluation de la valeur des terres non constructibles retenues dans l'acte de succession. Ainsi, le notaire en charge du partage a évalué la parcelle cadastrée section A n° 607, non constructible et située immédiatement au sud des parcelles litigieuses, à environ 1 euro le m² se rapprochant de la valeur haute du barème de l'arrêté du 13 juillet 2015 soit 9 750 euros par hectare. Par suite, et en cohérence avec les autres données du partage successoral, il y a lieu d'évaluer à 5 180 euros au lieu de 296 000 euros la valeur des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59 qui aurait dû être prise en compte par le notaire. Dans ces conditions, l'actif de la masse à partager ainsi corrigé, tenant compte des créances sur salaires différées de la requérante et de sa sœur, était composé de la succession du père des requérantes pour une somme de 63 756,95 euros et de celle de leur mère, pour une somme négative de 57 475,43 euros, soit un solde 6 281,52 euros. Sur cet actif successoral d'un montant de 6 281,52 euros, qui n'était pas suffisant pour remplir les cohéritières de leurs droits, en raison notamment des créances sur salaires différés, la requérante devait recevoir 75,96 % de l'ensemble, selon le partage des droits des deux sœurs établi par le notaire, soit une somme de 4 771,44 euros. La requérante n'a cependant, du fait de l'évaluation à 5 180 euros de la valeur des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59, perçu des biens immobiliers ne représentant qu'un montant de 14 680 euros et supporté le paiement d'une soulte de 26 186,57 euros, et ainsi disposé d'une succession d'un montant négatif de 11 506,57 euros. Dans ces conditions, le préjudice de Mme A doit être évalué à la somme de 16 278,01 euros correspondant au paiement de l'actif de 4 771,44 euros qui devait lui revenir et à la compensation des effets de la soulte sur ces droits. Par suite, Mme A est seulement fondée à demander le paiement d'une somme de 16 278,01 euros en raison du préjudice résultant de l'erreur d'évaluation des parcelles cadastrées section A nos 57 et 59.
12. En troisième lieu, si la requérante indique qu'elle a fait réaliser une étude de sol pour un montant de 114,40 euros, elle produit seulement une facture de la Société publique locale " Eau du Ponant " établie au nom de sa fille, Mme D A, qui n'est pas requérante. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à être indemnisée au titre de cette dépense.
13. En quatrième lieu, la répartition du partage successoral établi par le notaire, entre Mme A et sa sœur, a directement été affectée par les fautes de la commune de Loperhet, alors que la requérante a pendant plusieurs années été conduite à penser que ses terrains étaient effectivement constructibles. Dans ces circonstances particulières, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en lui allouant à ce titre une somme de 3 000 euros.
14. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que Mme A est fondée à obtenir la somme totale 19 278,01 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
15. Mme A a droit, comme elle le demande, aux intérêts au taux légal sur la somme de 19 278,01 euros à compter du 3 août 2020, date à laquelle la commune de Loperhet a reçu sa demande préalable indemnitaire.
16. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Mme A a demandé la capitalisation des intérêts dans sa requête enregistrée le 20 octobre 2020. Cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. En l'espèce, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 3 août 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
17. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Loperhet doivent, dès lors, être rejetées.
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la commune de Loperhet à verser à Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Loperhet est condamnée à verser à Mme A la somme de 19 278,01 euros.
Article 2 : La somme de 19 278,01 euros portera intérêts au taux légal à compter du 3 août 2020 et les intérêts échus à la date du 3 août 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La commune de Loperhet versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Loperhet sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Loperhet.
Délibéré après l'audience du 16 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2024.
Le président-rapporteur,
signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Bozzi
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026