vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2005048 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 novembre 2020, 8 juin 2022 et 17 mars 2023, Mme D B, M. A B et Mme C B représentés par Me L'Hostis demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) de Vitré à leur verser les sommes qu'ils détaillent dans leurs écritures en réparation de leurs préjudices, avec intérêts à compter du 7 septembre 2020 et capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du CH de Vitré les frais de l'expertise judiciaire ;
3°) de mettre à la charge du CH de Vitré la somme de 6 000 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du CH de Vitré est engagée sur le fondement du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique compte tenu des infections contractées par Mme B dans cet établissement.
- la responsabilité du CH de Vitré est engagée sur le fondement de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique pour défaut d'information ;
- leurs préjudices de Mme B doivent être évalués comme suit :
*préjudices patrimoniaux :
- dépenses de santé actuelles : 61,26 € ;
- frais divers : frais d'assistance par médecin conseil : 2 960 € ; frais de déplacement : 476,05 € ; frais de communication du dossier médical : 33,07 € ;
- assistance par tierce personne : 6 015 € ;
- frais de logement adapté : 6 592,85 € outre une rente annuelle viagère à capitaliser ;
*préjudices extra patrimoniaux :
- déficit fonctionnel temporaire : 8010 € ;
- souffrances endurées : 20 000 € ;
- préjudice esthétique temporaire : 4 000 € ;
- déficit fonctionnel permanent : 12 000 € ;
- préjudice esthétique permanent : 2 000 € ;
- préjudice d'agrément : 5000 € ;
- préjudice d'impréparation : 10000 € ;
- les préjudices de M. B et de Mme B, conjoint et fille de la victime doivent être indemnisés comme suit : préjudice moral et d'accompagnement : 20000 € chacun ; préjudice d'affection : 30000 € chacun ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 janvier, 10 novembre 2022 et 16 mai 2023, le CH de Vitré, représenté par la selas Tamburini-Bonnefoy conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il ne conteste pas l'engagement de sa responsabilité ;
- Mme B a été intégralement indemnisée au titre du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du préjudice esthétique temporaire et permanent, du déficit fonctionnel permanent, des frais d'assistance par un médecin conseil, des frais de déplacement, des frais de communication du dossier médical et de l'assistance par tierce personne, les sommes qui lui ont été versées à ce titre à la suite de l'ordonnance du 15 octobre 2021 du juge des référés lui allouant une provision de 26 800 € couvrant l'intégralité de ces préjudices ;
- les demandes des requérants au titre du préjudice d'agrément, du préjudice d'impréparation, des dépenses de santé actuelles, des frais de logement adapté, du préjudice moral d'accompagnement et du préjudice d'affection ne sont pas fondées ;
Par un mémoire enregistré le 31 janvier 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) représenté par la SCP UGGC avocats, conclut à sa mise hors de cause.
Il soutient que les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas réunies.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2005527 du 15 octobre 2021 par lequel le juge des référés a alloué à Mme B une provision de 26 800 € ;
- l'ordonnance du 2 décembre 2019 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxés les frais d'expertise à la somme totale de 2 000 € ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Allex,
- les conclusions de M. Met rapporteur public,
- et les observations de Me L'Hostis représentant les consorts B et de Me Prioux représentant le centre hospitalier de Vitré.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B née en 1941 qui souffrait de coxarthrose, a subi le 23 septembre 2015 au CH de Vitré une intervention chirurgicale pour arthroplastie totale de la hanche droite. L'intéressée a regagné son domicile le 26 septembre suivant. Toutefois, suite au constat d'un écoulement au niveau de la hanche, Mme B a à nouveau été hospitalisée au CH de Vitré le 3 octobre 2015, où une infection de la prothèse a été diagnostiquée. Le 4 octobre 2015, Mme B a subi dans cet établissement une intervention pour évacuation d'une collection coxofémorale sur prothèse, les prélèvements révélant une infection par staphylococus aureus. Transférée à compter du 21 octobre dans le service de réanimation puis des maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire de Rennes, Mme B a subi le 16 octobre une intervention chirurgicale pour dépose de sa prothèse suite à un sepsis, les prélèvements mettant en évidence la présence outre d'un staphylococus aureus, d'un enterococcus faecalis. Une nouvelle opération a été pratiquée le 20 janvier 2016 au CH de Vitré pour la mise en place de nouveaux implants. Mme B a quitté cet établissement le 11 mars 2016. S'interrogeant sur les conditions de sa prise en charge, l'intéressée a saisi le juge des référés d'une demande d'expertise qui a été confiée à un médecin biologiste et à un chirurgien orthopédiste. Par une réclamation préalable du 7 septembre 2020, Mme B ainsi que son conjoint et sa fille ont sollicité l'indemnisation par le CH de Vitré de leurs préjudices. Cette demande a été rejetée. Par une ordonnance du 15 octobre 2021, le juge des référés a condamné le CH de Vitré à verser à Mme B une provision d'un montant de 26 800 €.
Sur la responsabilité :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ".
4. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'au décours des interventions chirurgicales des 23 septembre et 4 octobre 2015 au CH de Vitré, Mme B a été victime de deux infections nosocomiales par staphylococcus aureus et par anterococcus faecalis. Si Mme B présentait avant l'intervention chirurgicale du 23 septembre 2015 une plaie traumatique au tiers inférieur de la jambe droite ayant nécessité des pansements pendant plus de deux semaines et une antibiothérapie, cette plaie qui a fait l'objet d'un examen bactériologique qui s'est révélé négatif ne présentait pas selon les experts un caractère infectieux à la date de cette intervention. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les infections étaient présentes ou en incubation au début de la prise en charge de Mme B par le CH de Vitré, qui ne rapporte pas non plus la preuve de l'existence d'une cause étrangère à ces infections. Selon les experts, ces infections qui présentent un caractère nosocomial sont à l'origine d'une aggravation de 7 % de l'incapacité permanente partielle dont Mme B reste atteinte. Eu égard au taux de ce déficit, inférieur à 25 %, les conséquences de ces infections doivent en application des dispositions citées aux points 2 et 3 être prises en charge par le CH de Vitré, ce que cet établissement ne conteste pas, l'ONIAM devant donc être mis hors de cause.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ".
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise qui fait référence aux consultations pré-opératoires, que Mme B a bénéficié d'une information claire et appropriée sur les risques infectieux. Dans ces conditions, la responsabilité du CH de Vitré sur le fondement des dispositions précitées ne peut être retenue.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de Mme B :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant aux dépenses de santé :
8. Mme B sollicite le remboursement d'une somme de 61,26 € au titre de dépenses de santé actuelles restées à sa charge et correspondant à un surélévateur, un chausse pied et à une pince de préhension. Toutefois il ne résulte pas de l'instruction que ces frais, exposés le 24 septembre 2015, soit avant la survenance des complications infectieuses dont Mme B a été victime et qui n'ont pas été retenus par les experts, sont en lien avec celles-ci. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejeté.
Quant aux frais divers :
9. En premier lieu, Mme B est fondée à obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'elle a exposés d'une part, pour se rendre le 4 avril 2018 à Lorient au cabinet d'un médecin conseil, dont la consultation présente un caractère utile dans le cadre du présent litige, d'autre part le 29 juillet 2019 à Saint-Grégoire pour consulter un psychiatre à la demande du médecin conseil, et enfin le 16 septembre 2019 à Vannes pour assister aux opérations d'expertise. Compte tenu de la distance séparant ces villes du domicile de Mme B situé à Vitré et du barème fiscal applicable en 2018 et en 2019 pour un véhicule 7 CV selon justificatifs, il sera alloué à Mme B la somme de 466 € à ce titre.
10. En deuxième lieu, Mme B justifie avoir déboursé la somme de 33, 07 € pour la copie de son dossier médical. Il y a lieu de faire droit à la demande de remboursement qu'elle formule à ce titre, cette somme ne présentant pas un caractère injustifié ou excessif.
11. En dernier lieu, si Mme B sollicite le remboursement de la somme de 2 960 € au titre des frais de médecin conseil, elle ne justifie pas du paiement effectif de cette somme, par la seule production d'un devis et d'une note d'honoraires.
Quant à l'assistance par tierce personne (ATP) :
12. Il résulte de l'expertise médicale que les besoins en assistance par tierce personne de Mme B en lien avec les infections nosocomiales dont elle a été victime ont été d'une heure par jour pendant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe 3 soit du 12 mars au 31 mai 2016 et de trois heures par semaine pendant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe 2, soit du 1er juin 2016 au 8 janvier 2018. Ces besoins peuvent être évalués, par application d'un taux horaire de 13 € tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés, à la somme totale de 1 473 €.
Quant aux frais de logement adapté :
13. Mme B reste atteinte d'une incapacité permanente partielle de 14 % dont 7 % sont en lien avec les complications infectieuses, l'état antérieur de l'intéressée étant caractérisé par un syndrome vertigineux, une gêne au niveau du genou gauche ainsi que par les suites normales d'une prothèse totale de hanche sans complication. Compte tenu des séquelles dont Mme B reste atteinte en l'espèce des troubles de la marche et de l'équilibre, les frais correspondant à la fourniture et la pose d'une barre de douche, d'un siège de douche et d'une barre d'appui dans la salle de bains d'un montant total de 408,55 € selon justificatif, doivent être regardés comme en lien avec l'aggravation de l'incapacité permanente occasionnée par les complications infectieuses. En revanche, aucune des pièces de l'instruction ne permet de justifier de la nécessité d'installer un monte escalier électrique.
14. Il y a lieu de retenir un renouvellement décennal de ces équipements et de capitaliser le coût annuel en résultant sur la base d'un coefficient de 9,935 eu égard à l'âge de Mme B à la date du présent jugement en application du barème de capitalisation publié à la gazette du Palais 2022, ce qui représente la somme de 405,89 €, Mme B ne justifiant pas par ailleurs avoir exposé avant le présent jugement des frais pour le renouvellement de ces équipements. La somme totale de 814,44 € sera donc allouée à Mme B au titre des frais de logement adapté.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
15. Il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire de Mme B a été total du 3 octobre 2015 au 11 mars 2016, de classe 3 du 12 mars au 31 mai 2016 et de classe 2 du 1er juin 2016 au 8 janvier 2018. Après déduction du déficit fonctionnel temporaire partiel qu'aurait nécessairement engendré une arthroplastie totale de la hanche droite qu'il y a lieu d'évaluer à six mois il sera alloué à Mme B la somme de 5 765 € à ce titre.
Quant aux souffrances endurées :
16. Les souffrances endurées en lien avec les infections nosocomiales ont été évaluées à 4 sur 7 par les experts compte tenu notamment de la pluralité des interventions chirurgicales et de la longueur de la période d'hospitalisation. Il en sera fait une juste appréciation en les évaluant à la somme de 8 000 €.
Quant aux préjudices esthétiques :
17. Le préjudice esthétique temporaire a été évalué à 2,5 sur 7 par les experts compte tenu des difficultés à la marche et le préjudice esthétique permanent à 0,5 sur 7 compte tenu de la majoration de la cicatrice de la hanche droite. Il en sera fait une juste appréciation en les évaluant à la somme totale de 3 000 €.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
18. Il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel permanent dont Mme B reste atteinte qui est de 14 % a été majoré de 7% en raison des infections nosocomiales sans lesquelles il aurait été de 7%. Il en sera fait une juste appréciation en l'indemnisant à hauteur de la somme de 8 000 €.
Quant au préjudice d'agrément :
19. Ce préjudice n'est caractérisé que si la victime pratiquait régulièrement avant l'accident une activité sportive ou de loisirs dont elle est désormais privée. En se bornant à indiquer qu'elle pratiquait la danse, Mme B ne justifie pas d'un préjudice particulier lié à l'impossibilité d'accomplir cette activité qu'elle aurait exercé autrefois avec une intensité particulière et qui ne serait pas inclus dans les déficits fonctionnels temporaire et permanent déjà indemnisés par ailleurs. Sa demande à ce titre doit donc être rejetée.
Quant au préjudice d'impréparation :
20. Ainsi qu'il a été dit au point 7, la faute du CH de Vitré liée à un défaut d'information n'est pas caractérisée. Par suite, la demande d'indemnisation formulée à ce titre ne peut être accueillie.
En ce qui concerne les préjudices des proches de Mme B :
21. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection et d'accompagnement du conjoint et de la fille de Mme B résultant de la dégradation de l'état de santé de leur épouse et mère et de ses conditions d'hospitalisation en l'évaluant à 3 000 € au profit de chacun d'entre eux.
Sur les intérêts et la capitalisation :
22. Les requérants ont droit aux intérêts sur les sommes qui leur sont dues à compter du 10 septembre 2020, date de réception par le CH de Vitré de leur réclamation préalable sous réserve de la provision déjà accordée.
23. La capitalisation des intérêts a été demandée le 16 novembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 septembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais d'expertise :
24. Il y a lieu de mettre définitivement à la charge du CH de Vitré les frais d'expertise engagés dans le cadre de la présente instance, taxés et liquidés par l'ordonnance du 2 décembre 2019 à la somme de 2000 €.
Sur les frais liés au litige :
25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CH de Vitré la somme de 1 500 € au titre des frais exposés par les consorts B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'ONIAM est mis hors de cause.
Article 2 : Le centre hospitalier de Vitré versera, d'une part à Mme D B la somme de 27 551,51 €, dont à déduire la provision déjà versée, et d'autre part, à M. B et à Mme C B la somme de 3 000 € chacun. Ces sommes seront assorties des intérêts à compter du 10 septembre 2020. Ces intérêts seront capitalisés à la date du 10 septembre 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le centre hospitalier de Vitré versera aux consorts B la somme de 1 500 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les frais de l'expertise médicale liquidés et taxés à la somme de 2 000 €, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Vitré.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B première dénommée pour l'ensemble des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, au centre hospitalier de Vitré, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine.
Copie en sera adressée aux docteurs Bourgin et Ygout experts.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
A. Allex
Le président,
signé
N.Tronel
La greffière,
signé
C.Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2005048
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026