jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2005260 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 novembre 2020, 22 juillet 2021 et
12 avril 2022, M. A C, M. E C et M. D C, représentés par la société d'avocats ARES, demandent au tribunal :
1°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la commune de l'Ile-de-Bréhat le versement à la succession de Mme F C de la somme de 7 199,11 euros en réparation du préjudice que lui avait causé sa chute du 25 mai 2017 à proximité du phare du Paon, situé sur le territoire de la commune de Bréhat ;
2°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la commune de l'Ile-de-Bréhat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le phare du Paon qui relève du domaine public artificiel, doit être considéré comme un ouvrage public et le chemin où Mme C a chuté en est un accessoire ;
- l'accident de Mme C résulte d'un défaut d'entretien normal de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- la chaîne interdisant l'accès au site étant vandalisée depuis 2014 aucune restriction d'accès au chemin particulièrement endommagé n'existait ;
- le danger constitué par le chemin d'accès au phare ne faisait l'objet d'aucun signalement, ce défaut engageant également la responsabilité de l'Etat ;
- Mme C n'a commis aucune faute car elle ne pouvait s'attendre à ce qu'une dalle se soulève sous son passage ;
- la responsabilité de la commune de l'Île-de-Bréhat est également engagée sur le même fondement dans la mesure où les collectivités territoriales peuvent être propriétaires du domaine public artificiel ;
- la commune est responsable en raison de la qualification de site remarquable du lieu de l'accident et de la présence d'un monument historique à proximité ;
- sa responsabilité est également engagée en raison du manquement du maire à ses pouvoirs de police en ce qu'il n'a pas mis en place une signalisation visant à interdire l'accès ou à signaler le danger que constituait ce chemin ;
- les préjudices de Mme C doivent être évalués ainsi qu'il suit :
- 58 euros au titre des frais divers ;
- 960 euros au titre de l'assistance par tierce personne ;
- 467 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;
- 3 000 euros au titre de ses souffrances endurées ;
- 2 000 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire ;
- 172 euros au titre de son préjudice esthétique permanent ;
- 542,10 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2021, la commune de l'Ile-de-Bréhat, représentée par la SELARL Cabinet Coudray demande au tribunal :
- à titre principal de prononcer sa mise hors de cause et de mettre à la charge des
consorts C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire de condamner l'Etat à la garantir de toutes condamnations.
Elle soutient que :
- elle n'est pas responsable du passe-pied du Paon, lequel appartient à l'Etat et relève du domaine public maritime de l'Etat ;
- le chemin en litige ne peut relever du cas exceptionnel où il peut exister un cumul de responsabilité concernant le domaine public maritime ;
- il n'appartenait pas à la commune de signaler l'état du chemin, mais à l'Etat ;
- l'état du chemin était parfaitement visible et impliquait une particulière vigilance de la part de Mme C sans qu'il soit nécessaire de signaler le danger ;
- si malgré ce qui précède, sa responsabilité venait à être engagée, l'Etat devra être appelé en garantie.
Par un mémoire enregistré le 16 mars 2022, le préfet de la Région des Pays de Loire, préfet de la Loire-Atlantique, conclut :
- à titre principal, au rejet de la requête, en l'absence de responsabilité de l'Etat, car la chute de Mme C est survenue sur le domaine public naturel et le passe-pied ne constitue pas un ouvrage public de l'Etat ;
- à titre subsidiaire au rejet de la requête en raison de l'imprudence fautive de
Mme C ;
- à titre subsidiaire à ce que la commune de Bréhat soit condamnée à garantir l'Etat de toutes condamnations ;
- à titre infiniment subsidiaire à la réduction des prétentions indemnitaires des requérants.
Il soutient :
- le passe-pied relève du domaine public naturel ;
- Mme C n'était pas usager d'un ouvrage public de l'État lors de sa chute ;
- la dangerosité était parfaitement visible ;
- Mme C a commis une faute d'inattention, exonératoire de responsabilité ;
- les prétentions indemnitaires des ayants-droit de Mme C sont excessives.
Par un mémoires enregistré le 17 mars 2022, le préfet des Côtes-d'Armor, conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que ceux développés par le préfet de la Loire-Atlantique.
Par un mémoire enregistré le 22 mars 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, informe le tribunal du fait qu'elle n'entend pas intervenir à l'instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 1905837 du 10 juillet 2020, par laquelle le président du tribunal a taxé à 1 000 euros les frais de l'expertise réalisée par le docteur B.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,
- et les observations de Me Cosnard, représentant les consorts C, et de
Me Guillon-Coudray, de la SELARL Cabinet Coudray, représentant la commune de
l'Ile-de-Bréhat.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 mai 2017, vers 11h00 du matin, Mme C, âgée de 70 ans, a entrepris, au cours d'une promenade avec son époux, d'accéder au phare du Paon sur l'île de Bréhat. Alors qu'elle cheminait sur le passe-pied d'accès à la plateforme située au pied du phare, une dalle a été soulevée par le poids d'une personne marchant devant elle, et Mme C a trébuché sur cette saillie et est tombée dans les pierres et éboulis situés en contrebas du côté gauche de la digue. Elle a été hospitalisée aux urgences du centre hospitalier de Paimpol, et a par la suite subi deux interventions chirurgicales. Son assureur, la GMF assurances ayant vainement demandé à la préfecture de la région des Pays de Loire (Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique
Manche Ouest : DIRM-NAMO) la prise en charge des préjudices de son assurée, Mme C
a obtenu, par ordonnance de référé du président du tribunal administratif de Rennes, du
22 janvier 2020, l'organisation d'une expertise qui a été confiée au docteur B. Mme C étant décédée le 31 août 2020, son conseil a, au nom de son époux et de ses deux enfants majeurs, présenté, le 3 septembre 2020, deux demandes préalables indemnitaires à la commune de
Bréhat et à la préfecture de la région Pays de Loire, qui sont demeurées sans réponse. Les
consorts C demandent au tribunal de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la commune de L'Ile-de-Bréhat une somme de 7 199,11 euros en réparation des préjudices subis par
Mme C.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public :
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'il a subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, l'usager de cet ouvrage doit démontrer devant le juge, d'une part, la réalité de son préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Aux termes de l'article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public maritime naturel de L'Etat comprend : 1° Le sol et le sous-sol de la mer entre la limite extérieure de la mer territoriale et, côté terre, le rivage de la mer. Le rivage de la mer est constitué par tout ce qu'elle couvre et découvre jusqu'où les plus hautes mers peuvent s'étendre en l'absence de perturbations météorologiques exceptionnelles () ". Selon l'article L. 2111-6 du même code : " Le domaine public maritime artificiel est constitué : 1° Des ouvrages ou installations appartenant à une personne publique mentionnée à l'article L. 1, qui sont destinés à assurer la sécurité et la facilité de la navigation maritime ; 2° A l'intérieur des limites administratives des ports maritimes, des biens immobiliers, situés en aval de la limite transversale de la mer, appartenant à l'une des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 et concourant au fonctionnement d'ensemble des ports maritimes, y compris le sol et le sous-sol des plans d'eau lorsqu'ils sont individualisables. ". Enfin aux termes de l'article L. 2124-2 du même code : " En dehors des zones portuaires et industrialo-portuaires, et sous réserve de l'exécution des opérations de défense contre la mer et de la réalisation des ouvrages et installations nécessaires à la sécurité maritime, à la défense nationale, à la pêche maritime, à la saliculture et aux cultures marines, il ne peut être porté atteinte à l'état naturel du rivage de la mer, notamment par endiguement, assèchement, enrochement ou remblaiement, sauf pour des ouvrages ou installations liés à l'exercice d'un service public ou l'exécution d'un travail public dont la localisation au bord de mer s'impose pour des raisons topographiques ou techniques impératives et qui ont donné lieu à une déclaration d'utilité publique. Toutefois, les exondements antérieurs au 3 janvier 1986 demeurent régis par la législation antérieure. ".
4. L'absence de délimitation du domaine public maritime ne fait pas obstacle à ce que le tribunal juge, à l'occasion d'un recours que le terrain d'assiette de la construction en cause est pour partie situé sur le domaine public maritime.
5. Si le préfet de la région Pays de la Loire indique que depuis la solarisation du phare du Paon en 2014, il n'était plus nécessaire d'affecter au service public de la sécurité maritime, le passe-pied jusqu'alors régulièrement utilisé, pour accéder au phare, par les équipes de vérification de l'alimentation électrique, et par voie de conséquence de procéder à son entretien, il résulte de l'instruction que ce passe-pied constitué de dalles de béton, demeure implanté sur le domaine public maritime et qu'il continue de permettre l'accès au phare pour son entretien, même de manière moins fréquente, par les services de l'Etat, ce qui lui donne, contrairement à ce qui est soutenu en défense, le caractère d'un ouvrage public. En outre, le préfet reconnaît que " l'accès au phare du Paon, ouvrage public affecté au service de la navigation maritime, est toléré par l'État pour participer à la valorisation du patrimoine culturel maritime () de l'île de Bréhat, compte tenu de la vue depuis la plateforme où il est implanté. ", s'abstenant au demeurant de remplacer le panneau et la chaîne interdisant l'accès à la plateforme depuis le passe-pied, vandalisés une semaine après leur pose en 2014. Il doit être regardé comme ayant admis également l'affectation de cet ouvrage à la circulation du public.
6. Il résulte également de l'instruction qu'après avoir dégagé les débris et morceaux de pierre qui obstruaient le passe-pied après les tempêtes de 2014, l'Etat n'en a plus assuré l'entretien et que cet ouvrage présentait un état de délabrement avancé. Dans ces circonstances, seule la responsabilité de l'Etat peut être recherchée à raison des dommages subis par les usagers de cet ouvrage qui constituait une dépendance du domaine public maritime, à l'exclusion, à cet égard, de la responsabilité de la commune de l'Ile-de-Bréhat.
7. Il résulte de l'instruction, et notamment des photographies produites par les requérants que l'état de délabrement avancé du passe-pied était, le jour de l'accident, survenu en plein jour et alors que la mer était retirée, parfaitement visible, caractérisé par des plaques de béton disjointes, manquantes ou désagrégées. Ce cheminement spécialement périlleux impliquait par suite une vigilance et une prudence particulières, malgré l'absence de signalisation spécifique. En s'engageant néanmoins sur cet accès sans prendre les précautions de distanciation par rapport aux autres randonneurs, Mme C a commis une faute qui doit être regardée comme ayant été à l'origine exclusive de ses préjudices et comme de nature, par suite, à exonérer l'Etat de sa responsabilité.
8. Il résulte de ce qui précède que les consorts C, ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne la carence du maire dans la mise en œuvre des pouvoirs de police :
9. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Selon l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées () ". A cet égard, il appartient notamment au maire de signaler spécialement les dangers excédant ceux contre lesquels les intéressés doivent normalement, par leur prudence, se prémunir.
10. Alors que l'accès à l'ouvrage litigieux était, ainsi qu'il a été précédemment dit, toléré par l'autorité en charge de son entretien, il ne résulte pas de l'instruction qu'une mesure de signalisation décidée dans un secteur relevant de la compétence de l'autorité de police municipale aurait été de nature à prévenir utilement l'accident survenu à Mme C qui, comme indiqué plus haut, procède de la seule imprudence de l'intéressée qui s'est exposée à un risque parfaitement visible et identifiable. Le maire de la commune de l'Ile-de-Bréhat n'a donc commis aucune faute en s'abstenant de prendre des mesures particulières afin de signaler les dangers potentiels du site de l'accès à la plateforme du phare du Paon et la responsabilité de la commune ne peut donc davantage être recherchée à cet égard.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les consorts C ne sont pas fondés à demander la condamnation solidaire de l'Etat et de la commune de l'Ile-de-Bréhat à verser à la succession de Mme C une indemnité en réparation des préjudices subis par cette dernière à raison de l'accident du 11 septembre 2020.
Sur les dépens :
12. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du Tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. () / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance. () ". Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / () ".
13. Il y a lieu, au titre des dépens, de laisser à la charge définitive de la succession de Mme C, partie perdante, les frais de l'expertise confiée en référé au docteur B, taxés et liquidés par l'ordonnance du 10 juillet 2020 à la somme de 1 000 euros.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge la commune de l'Ile de Bréhat et de l'Etat, qui ne sont pas les parties tenues aux dépens, la somme que les consorts C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de l'Ile-de-Bréhat au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts C est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, d'un montant de 1 000 euros, sont laissés à la charge définitive de la succession de Mme F C.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de l'Ile-de-Bréhat présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à M. E C, à
M. D C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Morbihan, à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, à la Mutuelle ASAF et AFPS, à la commune de l'Ile-de-Bréhat, au préfet de la région Pays de Loire et au préfet des Côtes-d'Armor.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
Y. G
Le président,
signé
E. Kolbert
Le greffier,
signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026