LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2005516

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2005516

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2005516
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantORIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 décembre 2020, le 25 avril 2022,

le 21 juin 2022, le 14 septembre 2022 et le 21 novembre 2022, M. B A, représenté en dernier lieu par Me Justine Orier, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Penvénan à lui verser la somme de 108 328,36 euros en réparation du préjudice résultant de l'implantation, à proximité de sa maison d'habitation, du club de plage ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Penvénan le paiement d'une somme de 2 650,85 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son recours est recevable, puisqu'il a adressé le 12 août 2020 un courriel à la maire de la commune de Penvénan qui doit être considéré comme étant sa demande préalable d'indemnisation ;

- une demande préalable complémentaire a été adressée à la commune en cours d'instance ;

- le club de plage communal est désormais implanté sur le terrain jouxtant sa propriété, de sorte qu'il dispose d'une vue sur le club en permanence, y compris depuis l'intérieur et que les nuisances sonores et visuelles rendent sa terrasse principale inutilisable ;

- la maire de la commune de Penvénan n'a rien mis en œuvre pour faire cesser les troubles de voisinage, résultant de la nouvelle implantation du club de plage, particulièrement pour assurer la tranquillité publique en dépit de l'obligation qui lui incombait, en vertu des articles L. 2212-2 et L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, ainsi que de l'article R. 1334-31 du code de la santé publique, et des alertes qui lui avaient été transmises ;

- la durée quotidienne d'exposition aux nuisances sonores générées par le centre de loisirs est bien supérieure à quatre heures par jour, contrairement à ce que prétend la

commune ;

- la faute de la commune résultant du manquement à son obligation de maîtrise des nuisances sonores et troubles de voisinage est constituée ;

- il ne pouvait avoir connaissance du changement de zonage du Plan local d'urbanisme, ce document n'ayant pas été publié par la commune sur le site Géoportail ;

- l'installation d'un centre de loisirs pour mineurs n'est, en tout état de cause, pas compatible avec l'affectation de la parcelle communale en zone UEL ;

- la règle de l'antériorité ne saurait lui être opposée puisque l'activité du centre de loisirs n'est pas antérieure à l'achat de sa maison, que la création du centre de loisirs ne respecte pas les dispositions législatives et réglementaires en vigueur et que l'activité sur le site de Roch Gwen ne s'est pas poursuivie dans les mêmes conditions ;

- le tribunal devra requalifier le club de plage en structure d'accueil de loisirs sans hébergement et constater que la commune n'a pas respecté les prescriptions de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) de 2020 ainsi que celles du Service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (SDJES) de 2021 et 2022 ;

- les nuisances générées par la structure de loisirs ont augmenté à l'été 2022, la commune ayant ajouté des équipements de loisirs, tels qu'une piscine hors sol, un château gonflable et un filet de badminton ainsi que des éléments publicitaires de grand format ;

- il sera fait une juste appréciation du préjudice qu'il subit, compte tenu des nuisances sonores émanant du club de plage, en le fixant à un montant de 6 000 euros ;

- il subit également un préjudice anormal et spécial en raison du fonctionnement du club de loisirs, qui doit être qualifié d'ouvrage public, dont il ne pouvait raisonnablement imaginer qu'il serait implanté sur le terrain jouxtant sa résidence ;

- les nuisances sonores dont il est victime excèdent les troubles normaux de voisinage, dès lors qu'il ne peut plus utiliser sa terrasse ou ouvrir ses fenêtres et qu'il est privé de l'intimité inhérente à tout domicile privé en raison du vis-à-vis de sa propriété avec le club ;

- il n'a pas été informé de l'installation prochaine de ce club lors de l'achat de sa résidence ;

- il est bien fondé à solliciter l'indemnisation du préjudice résultant de la perte de jouissance de son bien, évalué initialement à 4 000 euros par année d'ouverture du club et du préjudice résultant de la perte de valeur de son bien, évalué d'abord à 28 000 euros ;

- il a réévalué en cours d'instance l'ensemble de son préjudice lié à la perte de la valeur vénale de son bien à la somme de 85 000 euros ;

- l'évaluation de son préjudice ne concerne que la seule année 2020, alors même que l'installation du club de plage à proximité de sa propriété continue à produire des effets ;

- il a été empêché par la commune de Penvénan de procéder aux travaux lui permettant de se prémunir des nuisances décrites, ce qui a occasionné un préjudice financier supplémentaire de 13 625,50 euros, auquel s'ajoutent les frais de 4 702,86 euros engagés pour faire constater les nuisances sonores et visuelles subies ;

- les méthodes de la commune, comme les menaces subies sur les réseaux sociaux en raison des démarches effectuées, sont à l'origine d'un préjudice moral évalué à 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 novembre 2021, le 27 mai 2022 et le

24 octobre 2022, la commune de Penvénan, représentée par Me Jean-Franck Chatel, du cabinet d'avocats Coudray, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de M. A le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires présentées par M. A sont irrecevables, en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, l'intéressé n'ayant formé aucune demande préalable indemnitaire ;

- M. A ne démontre pas que les seuils fixés par l'article R. 1336-6 du code de la santé publique sont dépassés et qu'un bruit de voisinage excessif serait constitué ;

- le bruit qui a été mesuré par la société Socotec, mandatée à cet effet, est tout à fait habituel et se situe en deçà des mesures pouvant être relevées aux abords d'une cour de récréation ;

- la gêne ressentie par M. A est particulièrement limitée, puisqu'elle ne concerne que les jours d'activité du centre de loisirs, du lundi au vendredi, pendant la seule période estivale et aux seules heures d'arrivée des enfants, aux temps de pause, aux temps après les repas et en fin de journée ;

- la maire de la commune n'a commis aucune faute dans la mise en œuvre de ses pouvoirs de police ;

- M. A a acquis en conscience sa maison située à proximité immédiate du terrain communal affecté depuis les années 1960 à l'accueil d'enfants et à l'hébergement de loisirs ;

- la commune ne saurait être tenue responsable d'un quelconque trouble de voisinage ;

- l'indemnisation sollicitée par M. A en raison des nuisances sonores émanant du club ne se justifie pas ;

- les équipements installés respectent la vocation du lieu et ne sauraient être constitutifs de nuisances visuelles ;

- M. A ne saurait davantage rechercher sa responsabilité sans faute, dès lors qu'il ne démontre ni le fait générateur de responsabilité, ni l'existence d'un préjudice anormal et spécial ;

- l'impossibilité alléguée par M. A d'accéder à sa terrasse semble relever d'une intolérance au bruit de sa part ;

- l'activité des enfants du centre de loisirs s'effectue sur la plage, située à seulement

400 mètres, dès que les conditions météorologiques le permettent ;

- le préjudice portant sur la valeur vénale du bien immobilier de M. A n'est assorti d'aucun avis d'expert immobilier et apparaît comme purement hypothétique ;

- le préjudice financier invoqué, correspondant aux dépenses engagées pour remplacer la griseline par des bambous est sans lien avec le fonctionnement de l'ouvrage public ;

- le préjudice moral allégué n'est nullement établi.

Vu :

- l'ordonnance n°2103079 rendue le 1er juillet 2021 par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code des sports ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Orier, représentant M. A, et de Me Corillon, représentant la commune de Penvénan.

Une note en délibéré, présentée par Me Orier, pour M. A, a été enregistrée le

24 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er juillet 2020, M. A a acquis un maison d'habitation, située 11 rue de Roch Gwen à Penvénan (Côte-d'Armor) et implantée sur une parcelle jouxtant un bâtiment édifié dans les années 1960 pour y accueillir une colonie de vacances et dans lequel la commune a installé, depuis l'été 2020, le club de plage des Dunes. Au regard des nuisances sonores et visuelles qu'il estime subir du fait de l'accueil d'enfants de 4 à 12 ans sur ce site de Roch Gwen, M. A demande au tribunal de condamner la commune de Penvénan à lui verser la somme de

108 328,36 euros en réparation de ses préjudices.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

3. Lorsqu'un requérant a introduit devant le juge administratif un contentieux indemnitaire à une date où il n'avait présenté aucune demande en ce sens devant l'administration et qu'il forme, postérieurement à l'introduction de son recours juridictionnel, une demande auprès de l'administration sur laquelle le silence gardé par celle-ci fait naître une décision implicite de rejet avant que le juge de première instance ne statue, cette décision lie le contentieux. La demande indemnitaire est recevable, que le requérant ait ou non présenté des conclusions additionnelles explicites contre cette décision, et alors même que le mémoire en défense de l'administration aurait opposé à titre principal l'irrecevabilité faute de décision préalable, cette dernière circonstance faisant seulement obstacle à ce que la décision liant le contentieux naisse de ce mémoire lui-même.

4. La commune de Penvénan soutient que les conclusions indemnitaires présentées par M. A sont irrecevables, à défaut pour le requérant d'avoir formé auprès d'elle une demande préalable indemnitaire. A cet égard, et contrairement à ce que soutient l'intéressé, le courriel du 12 août 2020 adressé à la maire de la commune, suite à l'entretien qui lui a été accordé le

10 août 2020, par lequel il lui propose notamment une résolution amiable du litige en faisant état des préjudices qu'il estime subir du fait du fonctionnement du club de plage et informe la commune que si elle s'engage à renoncer à l'avenir à toute activité de type animation sur le site de Roch Gwen, il est prêt à renoncer à toute poursuite et demande d'indemnisation, ne saurait tenir lieu de demande préalable indemnitaire de nature à lier le contentieux. Toutefois, la commune de Penvénan ne conteste pas avoir été destinataire, postérieurement à l'introduction de la présente instance, par un courrier daté du 15 juin 2022, d'une réclamation préalable indemnitaire adressée par M. A, fondée sur la responsabilité pour faute de la commune pour carence du maire dans la mise en œuvre de ses pouvoirs de police ainsi que sur la responsabilité sans faute pour rupture d'égalité devant les charges publiques, à raison du préjudice anormal et spécial résultant des nuisances visuelles et sonores que génèrent le fonctionnement du club de plage et tendant au versement d'une indemnisation à hauteur de 58 625,50 euros. Le silence conservé par la commune de Penvénan à réception de ce courrier du 15 juin 2022 a fait naître une décision implicite de rejet de cette réclamation, avant que n'intervienne le présent jugement. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Penvénan aux conclusions indemnitaires de M. A, tirée de l'absence de décision préalable liant le contentieux, doit être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

5. M. A recherche la responsabilité de la commune de Penvénan quant aux nuisances sonores et visuelles résultant du fonctionnement du club de plage sur le site de Roch Gwen, à proximité immédiate de son habitation, sur le double fondement de sa responsabilité sans faute pour rupture d'égalité devant les charges publiques et de sa responsabilité pour faute pour carence du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute de la commune :

6. Les personnes publiques sont responsables, même en l'absence de faute, des dommages anormaux et spéciaux causés aux tiers par un ouvrage public ou par des travaux publics.

7. M. A soutient que le fonctionnement du club de plage des Dunes sur le site de Roch Gwen, qui jouxte sa propriété, le contraint à subir un vis-à-vis direct et permanent avec les installations sportives du club, et notamment avec un terrain de football, ce qui occasionne des nuisances sonores et visuelles, le bruit causé par les jeux des enfants l'empêchant d'utiliser sa terrasse et d'ouvrir ses fenêtres et le privant de l'intimité inhérente à un domicile privé. S'il résulte tant du compte-rendu des mesures de bruit réalisées dans l'environnement du centre de loisirs par la Socotec en août 2020 que des études de bruit effectuées par le cabinet JLBI Acoustique en août 2021 puis en juillet 2022 que la présence des enfants sur les parties extérieures du site de Roch Gwen génère des nuisances sonores, qui, ponctuellement, excèdent les limites fixées par les articles R. 1336-5, R. 1336-6 et R. 1336-7 du code de la santé publique, ce seul constat ne saurait suffire à caractériser un trouble anormal et spécial. Il est constant que le club de plage des Dunes n'accueille des enfants qu'au cours de la période estivale, pour une période de sept semaines, du lundi au vendredi. Alors que la commune fait valoir que la gêne ressentie par M. A est principalement limitée aux heures d'arrivée des enfants, entre 8h30 et 9h30, aux temps de pause, entre 11h30 et 12h30, au temps après le déjeuner, entre 13h30 et 14h30, puis en fin de journée pour le retour des enfants des activités extérieures avant leur départ entre 17h30 et 18h30, ce qui représente environ 4 heures par jour, M. A n'établit pas, par les pièces qu'il produit, que la durée d'exposition aux nuisances sonores dont il se plaint serait supérieure. Il résulte de ses écritures, comme du programme d'activité reproduit à titre d'exemple par le cabinet JLBI Acoustique dans son étude datée du 2 août 2022, que de nombreuses activités sont organisées en dehors du site de Roch Gwen, limitant d'autant la présence des enfants sur place. De même, la capacité d'accueil des enfants du centre de loisirs est limitée à 40 enfants, ce qui implique, ainsi que le souligne la Socotec dans son rapport, un niveau de bruit ambiant, lorsque les enfants sont sur le terrain mitoyen de la propriété de M. A, nettement inférieur au niveau de bruit qui peut être mesuré aux abords d'une cour de récréation. M. A ne soutient pas même, d'ailleurs, que la capacité maximale d'enfants pouvant être accueillis serait régulièrement atteinte, l'huissier de justice qu'il a mandaté n'ayant dénombré que 13 à 15 enfants lorsqu'il s'est rendu sur place le 11 août 2020. Il résulte de ces éléments que les nuisances tant visuelles que sonores ainsi identifiées sont inhérentes au fonctionnement d'une telle structure et n'excèdent pas, tant par leur durée dans l'année que par leur répétition dans la journée, les sujétions que doivent normalement supporter, sans indemnité, dans l'intérêt général, les riverains ou les voisins d'un tel ouvrage public. Le préjudice allégué par M. A ne présente donc pas un caractère anormal et spécial de nature à ouvrir droit à réparation.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute de la commune :

8. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Selon l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; (). ".

9. Il appartient au maire, en vertu des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, de prendre les mesures appropriées pour empêcher ou faire cesser, sur le territoire de sa commune, les bruits excessifs de nature à troubler le repos et la tranquillité des habitants.

10. Ainsi qu'il a été précédemment exposé, M. A a acquis, le 1er juillet 2020, une maison d'habitation située à proximité immédiate de parcelles sur lesquelles une colonie de vacances a été implantée dans les années 1960 et amiablement cédée à la commune de Penvénan en 2009. Après avoir procédé à des travaux de rénovation du bâtiment, la commune de Penvénan a décidé en 2020 d'y déplacer le club de plage des Dunes, qui accueille au cours de la saison estivale les enfants âgés de 4 ans à 12 ans, le site de Roch Gwen étant proche du centre nautique, des plages et du centre équestre où plusieurs activités sont proposées. Il résulte de l'instruction que de nombreuses activités extérieures au site étant organisées, à la journée ou à la demi-journée, les nuisances sonores dont le requérant se plaint sont principalement concentrées sur les heures d'arrivée et de départ des enfants, ainsi que sur la période méridienne. S'il n'est pas contesté que certaines activités sont également organisées ponctuellement sur le site, et notamment sur le terrain extérieur, leur fréquence n'est établie par aucune des pièces du dossier. Dans ces conditions, les troubles qui sont à l'origine de la gêne de M. A doivent être considérés comme inhérents au fonctionnement d'une telle structure et ne peuvent être considérés comme résultant d'une faute dans l'exercice du pouvoir de police municipale de nature à engager la responsabilité de la commune.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de M. A, partie perdante, le versement à la commune de Penvénan d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des mêmes dispositions doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la commune de Penvénan la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Penvénan.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

Le président,

signé

G.-V. VergneLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2005516

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions