mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2005894 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GUYARD NASRI PAPIN |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, un mémoire complémentaire et deux mémoires en réplique, enregistrés respectivement les 29 décembre 2020, 12 mars 2021, 6 juillet 2021 et 10 mars 2022, sous le n° 2005894, la SAS Séché Eco Industries, représentée par la SELARL Nasri Avocats, demande au tribunal :
1°) la décharge, à concurrence de 65 582 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 dans les rôles de la commune de La Dominelais (Ille-et-Vilaine) à raison de l'établissement d'enfouissement de déchets dont elle est propriétaire ;
2°) la mise à la charge de l'État d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu d'appliquer les dispositions de l'article 156 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 qui font obstacle à ce que l'administration rehausse les bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année en litige ;
- les alvéoles d'enfouissement, qui ne sont pas destinées à stocker des produits, sont des éléments du sous-sols exonérés de taxe foncière conformément au point 30 du BOI-IF-TFNB-10-30 ;
- les alvéoles, une fois scellées ne remplissent plus les critères de la définition comptable d'élément d'actif et ne peuvent donc plus figurer au bilan, ce qui fait obstacle à l'application de la méthode comptable de détermination de leur valeur locative ;
- les alvéoles de stockage, qui ont pour objet de favoriser la transformation par décomposition et méthanisation des déchets qui y sont enfouis et qui constituent de véritables installations techniques, doivent bénéficier de l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
Par trois mémoires en défense, enregistrés respectivement les 9 avril 2021, 20 décembre 2021 et 20 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la SAS Séché Eco Industries n'est fondé.
II - Par une requête, un mémoire complémentaire et deux mémoires en réplique, enregistrés respectivement les 29 décembre 2020, 12 mars 2021, 6 juillet 2021 et 10 mars 2022, sous le n° 2005895, la SAS Séché Eco Industries, représentée par la SELARL Nasri Avocats, demande au tribunal :
1°) la décharge, à concurrence de 72 064 euros, de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 dans les rôles de la commune de La Dominelais (Ille-et-Vilaine) à raison de l'établissement d'enfouissement de déchets qu'elle y exploite ;
2°) la mise à la charge de l'État d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu d'appliquer les dispositions de l'article 156 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 qui font obstacle à ce que l'administration rehausse les bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année en litige ;
- les alvéoles d'enfouissement, qui ne sont pas destinées à stocker des produits, sont des éléments du sous-sols exonérés de taxe foncière conformément au point 30 du BOI-IF-TFNB-10-30 ;
- les alvéoles, une fois scellées ne remplissent plus les critères de la définition comptable d'élément d'actif et ne peuvent donc plus figurer au bilan, ce qui fait obstacle à l'application de la méthode comptable de détermination de leur valeur locative ;
- les alvéoles de stockage, qui ont pour objet de favoriser la transformation par décomposition et méthanisation des déchets qui y sont enfouis et qui constituent de véritables installations techniques doivent bénéficier de l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
Par trois mémoires en défense, enregistrés respectivement les 9 avril 2021, 20 décembre 2021 et 20 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la SAS Séché Eco Industries n'est fondé.
III - Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés respectivement les 12 mars 2021, 6 juillet 2021 et 10 mars 2022, sous le n° 2101309, la SAS Séché Eco Industries, représentée par la SELARL Nasri Avocats, demande au tribunal :
1°) la décharge, à concurrence de 71 931 euros, de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 dans les rôles de la commune de La Dominelais (Ille-et-Vilaine) à raison de l'établissement d'enfouissement de déchets qu'elle y exploite ;
2°) la mise à la charge de l'État d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu d'appliquer les dispositions de l'article 156 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 qui font obstacle à ce que l'administration rehausse les bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année en litige ;
- les alvéoles d'enfouissement, qui ne sont pas destinées à stocker des produits, sont des éléments du sous-sols exonérés de taxe foncière conformément au point 30 du BOI-IF-TFNB-10-30 ;
- les alvéoles de stockage, qui ont pour objet de favoriser la transformation par décomposition et méthanisation des déchets qui y sont enfouis et qui constituent de véritables installations techniques doivent bénéficier de l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- les alvéoles, une fois scellées ne remplissent plus les critères de la définition comptable d'élément d'actif et ne peuvent donc plus figurer au bilan, ce qui fait obstacle à l'application de la méthode comptable de détermination de leur valeur locative.
Par trois mémoires en défense, enregistrés respectivement les 28 juin 2021, 31 janvier 2022 et 18 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la SAS Séché Eco Industries n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2005894, 2005895 et 2101309 de la SAS Séché Eco Industries concernent un même contribuable, un même site industriel et posent des questions identiques ou similaires. Il y a lieu de les joindre afin de statuer par un seul jugement.
2. La SAS Séché Eco Industries conteste le bien-fondé de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties mise à sa charge au titre de l'année 2018 et des droits de cotisation foncière des entreprises qui lui ont été réclamés au titre des années 2017 et 2018, à raison de l'établissement d'enfouissement de déchets industriels ultimes de classe 2 qu'elle exploite sur le territoire de la commune de La Dominelais. Elle en demande la décharge partielle.
Sur les conclusions en décharge :
En ce qui concerne le principe de l'imposition des alvéoles à la taxe foncière sur les propriétés bâties et, par suite, à la cotisation foncière des entreprises :
S'agissant de la loi :
3. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11° et 12° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. () ".
4. Aux termes de l'article 1381 du code général des impôts : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () / 5° À l'exception de ceux mentionnés au dernier aliéna de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage () industriel () ". Il résulte des dispositions précitées que sont soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties les terrains non cultivés employés à usage industriel.
5. Il résulte de l'instruction que la SAS Séché Eco Industries exploite, sur le territoire de la commune de La Dominelais, un centre d'enfouissement de déchets industriels ultimes de classe 2, au sein duquel la zone d'exploitation est divisée en casiers, eux-mêmes subdivisés en alvéoles. Les casiers creusés dans le sol naturel du site sont équipés d'aménagements de nature à garantir leur étanchéité, d'une géomembrane étanche, d'une couche de drainage, de drains, buses, canalisations permettant l'évacuation des lixiviats vers des collecteurs et une chaîne de traitement. Un réseau de drainage permet de capter le biogaz et de le transporter vers une installation de valorisation. Une fois remplis, les alvéoles et les casiers sont recouverts d'une couverture finale limitant les infiltrations d'eau et plantés de végétaux. Un suivi doit alors être assuré pendant une période d'au moins trente ans durant laquelle les systèmes sécurisant le site sont maintenus en service. De telles installations constituent des terrains non cultivés employés à un usage industriel, devant être soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 5° de l'article 1381 du code général des impôts, jusqu'à ce qu'une affectation différente leur soit attribuée.
S'agissant de l'interprétation de la loi fiscale par l'administration :
6. Les alvéoles de stockage étant des immobilisations industrielles soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 5° de l'article 1381 du code général des impôts, la SAS Séché Eco Industries ne peut utilement invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, le point n°30 du BOI-IF-TFNB-10-30 prévoyant l'exonération des terrains non cadastrés, notamment du sous-sol, de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, qui ne comporte aucune interprétation des dispositions de l'article 1381.
En ce qui concerne la prescription des impositions en litige :
7. Aux termes du II de l'article 156 de la loi du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 : " Pour les contribuables de bonne foi, s'agissant des conséquences liées à un changement de méthode de détermination de la valeur locative d'un bâtiment ou terrain industriel en application des articles 1499-00 A ou 1500 du code général des impôts à la suite d'un contrôle fiscal : / 1° Par dérogation aux articles L. 173 et L. 174 du livre des procédures fiscales, aucun droit de reprise de l'administration n'est applicable pour les contrôles engagés avant le 31 décembre 2019 si les impositions supplémentaires correspondantes n'ont pas été mises en recouvrement avant le 31 décembre 2018 ; / 2° Par dérogation au même article L. 174 : / a) Pour les contrôles engagés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de l'année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due ; / b) Pour les contrôles engagés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la deuxième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due. ".
8. Il résulte de l'instruction que les impositions en litige sont des impositions primitives et non des impositions supplémentaires. Par suite, la SAS Séché Eco Industries ne peut utilement invoquer le bénéfice des dispositions précitées du II de l'article 156 de la loi du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 qui ne concernent que des impositions supplémentaires procédant d'un contrôle fiscal.
En ce qui concerne les conséquences de l'application de la règlementation comptable aux alvéoles fermées :
9. Si la société Séché Eco Industries fait valoir qu'une fois remplies et fermées, les alvéoles ne lui procurent plus aucun avantage économique futur, ne correspondraient plus alors à la définition de l'actif au sens du plan comptable général et doivent donc être extraites de son bilan, elle n'établit pas que les impositions litigieuses ont été établies sur la base d'immobilisations ne figurant plus à son bilan, ni même qu'elle aurait extrait de son bilan des alvéoles closes. Elle ne démontre pas davantage qu'elle serait tenue de procéder à une telle extraction, dès lors qu'une partie de son activité consiste à surveiller ces alvéoles, à capter et valoriser le bio gaz issu de la méthanisation des déchets s'y trouvant et à traiter les lixiviats s'écoulant des casiers et qu'aussi bien les produits que les charges résultant de ces opérations participent à la détermination de son résultat. Enfin, l'absence d'alvéoles fermées au bilan de la société requérante aurait uniquement pour effet de faire obstacle à l'application de la méthode comptable d'évaluation de leur valeur locative et d'entraîner l'application des dispositions alors en vigueur de l'article 1498 du code général des impôts. Par suite, la SAS Séché Eco Industries n'est pas fondée à soutenir que la règlementation comptable s'oppose à ce que les alvéoles fermées soient soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties et par suite, également à la cotisation foncière des entreprises.
En ce qui concerne l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 :
10. Aux termes de l'article 1382 du code général des impôts : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés à l'article 1381 1° et 2° ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes, enfin, du II de l'article 324 B de son annexe III : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux, équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation ".
11. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
12. Il est constant que les alvéoles en litige font corps avec les terrains, qu'elles conduisent à être qualifiés de terrains non cultivés à usage industriel et entrent ainsi dans le champ d'application de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises. Ces alvéoles constituent, par leur nature et leurs caractéristiques, des biens spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel et ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts dès lors qu'elles ne sont pas destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits, ne constituent pas des ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions, ni des ouvrages d'art ou des voies de communication. Par suite, la SAS Séché Eco Industrie est fondée à soutenir que ces alvéoles sont au nombre des biens entrant dans les prévisions du 11° de l'article 1392 du code général des impôts et qu'elles doivent, à ce titre, être exclues des bases de calcul de la valeur locative de son établissement industriel.
Sur les frais d'instance :
13. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La base de la taxe foncière sur les propriétés bâties fixée à la SAS Séché Eco Industrie, au titre de l'année 2018, à raison de son établissement industriel de La Dominelais, est réduite de la somme qui correspond à l'exclusion du prix de revient des alvéoles du calcul de la valeur locative cadastrale de cet établissement.
Article 2 : Il est accordé à la SAS Séché Eco Industrie la décharge de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018, à raison de son établissement industriel de La Dominelais, à concurrence du montant résultant de la réduction de la base d'imposition définie à l'article 1er et dans la limite de la somme de 65 582 euros.
Article 3 : Les bases de la cotisation foncière des entreprises fixée à la SAS Séché Eco Industrie, au titre des années 2017 et 2018, à raison de son établissement industriel de La Dominelais, sont réduites des sommes qui correspondent pour chacune de ces deux années à l'exclusion du prix de revient des alvéoles du calcul de la valeur locative cadastrale de cet établissement.
Article 4 : Il est accordé à la SAS Séché Eco Industrie la décharge des droits primitifs de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison de son établissement industriel de La Dominelais, à concurrence des montants résultant, pour chacune de ces deux années, de la réduction de la base d'imposition définie à l'article 3 et dans la limite des sommes respectives de 72 064 euros (2017) et 71 931 euros (2018).
Article 5 : L'État versera à la SAS Séché Eco Industrie la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des trois requêtes de la SAS Séché Eco Industrie est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Séché Eco Industrie et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
E. ALe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2005894, 2005895, 2101309
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026