mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2100140 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2021, Mme A C, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 novembre 2020 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui accorder une remise de dette d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2 129 euros ;
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser cette dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021 la directrice de la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- et les observations de Mme B représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, titulaire d'un contrat de location-accession dont la levée d'option n'a pas été effectuée bénéficiait d'un droit à l'aide personnalisée au logement à compter de janvier 2015 auprès de la CAF de l'Ille-et-Vilaine depuis sa demande en date du 5 août 2014. Le 28 juin 2019, une demande d'information a été effectuée par la CAF afin de savoir si le contrat de location-accession avait pris fin. Le 29 juin 2019 la requérante a déclaré que ce contrat n'avait toujours pas été signé ce qui a entrainé la suspension du versement des droits à l'aide au logement. Le 9 août 2019, la même demande a été faite auprès de " Neotoa " qui a répondu que le contrat avait pris fin le 18 juillet 2018 et que Mme C n'avait pas levé l'option d'achat et était considérée comme étant locataire avec une dette de loyer de 13 299,50 euros. Le 4 novembre 2019, la CAF a demandé au bailleur de la requérante de lui adresser une attestation de loyer pour réétudier ses droits depuis juillet 2018. Le
14 mars 2020, la CAF a réceptionné un avis d'échéance au nom de la requérante et de son conjoint daté du 26 juillet 2019. Suite à cela, le dossier de Mme C a été régularisé en tenant compte de ces éléments et a engendré un trop perçu d'aide personnalisée au logement pour la période d'août 2018 à juin 2019. Le 8 septembre 2020 Mme C a sollicité une remise de sa dette. Par la décision du 5 novembre 2020, la directrice de la caisse d'allocations familiales a refusé d'accorder la remise de dette sollicitée. Mme C demande l'annulation de cette décision et de lui accorder une remise totale de sa dette.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la bonne foi de la requérante n'est pas contestée, et, d'autre part, qu'avec un revenu et des charges déclarées de respectivement 1 220 euros et 583 euros, Mme C dispose d'un reste à vivre par personne et par jour de moins de 11 euros. Dans ces conditions, sa situation de précarité est établie et il y a lieu de lui accorder la remise totale de sa dette restant en litige.
D É C I D E :
Article 1er : Une remise totale de sa dette restant en litige est accordée à
Mme C.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
G. DescombesLa greffière,
Signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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