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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2100159

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2100159

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2100159
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationVice-Président 6 ème chambre
Avocat requérantARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 11 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé d'un retrait de points entraînant la perte de validité de son permis de conduire par solde de points nul, ainsi que la décision de retrait de points antérieure afférente à l'infraction commise le 11 mai 2020 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer, sous huitaine à compter de la notification du jugement à intervenir, son permis de conduire au capital reconstitué ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la réalité de l'infraction relevée à son encontre le 11 mai 2020 n'est pas établie, dès lors qu'il a régulièrement formé opposition à l'ordonnance pénale du 8 octobre 2020.

Le ministre de l'intérieur, informé de la requête et de l'audience publique, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Descombes, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande l'annulation de la décision de retrait de points de son permis de conduire consécutive à l'infraction relevée le 11 mai 2020, et l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 11 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé d'un retrait de points entraînant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L.223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". Aux termes de l'article 524 du code de procédure pénale : " Toute contravention de police même commise en état de récidive, peut être soumise à la procédure simplifiée prévue au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article 527 du même code : " Le ministère public peut, dans les dix jours de l'ordonnance, former opposition à son exécution par déclaration au greffe du tribunal. / Si, à l'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent, le ministère public n'a pas fait opposition, l'ordonnance pénale est notifiée au prévenu selon les modalités prévues au deuxième alinéa de l'article 495-3 et exécutée suivant les règles prévues par le présent code pour l'exécution des jugements de police. / Le prévenu peut, dans un délai de trente jours à compter de la date d'envoi de la lettre ou de la date à laquelle le procureur de la République a porté l'ordonnance à sa connaissance, former opposition à l'exécution de celle-ci. / A défaut de paiement ou d'opposition dans le délai ci-dessus, l'amende et le droit fixe de procédure sont exigibles. / Toutefois, s'il ne résulte pas de l'avis de réception que le prévenu a reçu la lettre de notification, l'opposition reste recevable jusqu'à l'expiration d'un délai de trente jours qui courent de la date à laquelle l'intéressé a eu connaissance, d'une part, de la condamnation, soit par un acte d'exécution, soit par tout autre moyen, d'autre part, du délai et des formes de l'opposition qui lui est ouverte. / Le comptable public compétent arrête le recouvrement dès réception de l'avis d'opposition à l'ordonnance pénale établi par le greffe. ". Aux termes de l'article 528 du même code : " En cas d'opposition formée par le ministère public ou par le prévenu, l'affaire est portée à l'audience du tribunal de police dans les formes de la procédure ordinaire. () ".

3. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation d'une ordonnance pénale prise sur le fondement des dispositions précitées de l'article 524 du code de procédure pénale du fait d'une opposition à exécution formée sur le fondement de l'article 527 du même code, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation de l'ordonnance pénale.

4. L'infraction au code de la route relevée à l'encontre de M. B, le 11 mai 2020 à Guingamp, a donné lieu, dans le cadre de la procédure simplifiée prévue à l'article 524 du code de procédure pénale, à une ordonnance pénale du vice-président du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc le 8 octobre 2020. Pour contester le caractère définitif de cette condamnation, M. B fait valoir qu'il a formé opposition à cette ordonnance pénale le 19 octobre 2020 et produit une citation à comparaître devant le tribunal judiciaire de Saint-Brieuc en vue d'une audience devant se tenir le 22 mars 2021 à 11h. Toutefois, l'intéressé ne produit aucun document permettant d'établir que cette opposition a été regardée comme recevable, et s'est en tout état de cause abstenu d'informer le tribunal des suites qui ont été données à l'opposition qu'il a formée, les pièces produites à l'appui de sa requête ne permettant pas de justifier de ce que la réalité de l'infraction ait été remise en cause. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de réalité de l'infraction relevée le 11 mai 2020 n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant au tribunal, qui statue comme juge de plein contentieux, d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction qu'il présente doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.

Le président-rapporteur,

Signé

G. DescombesLa greffière,

Signé

V. Le Boëdec

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. Le Boëdec

N°2100159

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