mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2100560 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BURBAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2021, la SCA Terres de Saint-Malo, venant aux droits de sa filiale, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) TSM Conditionnement, qui a fait l'objet d'une dissolution sans liquidation avec transfert universel de patrimoine à son profit, représentée par Me Burban, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises qui a été assignée à la société TSM Conditionnement dans les rôles de la commune de La Gouesnière (Ille-et-Vilaine) au titre de l'année 2019 à raison des établissements qu'elle exploite sur le territoire de cette commune, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'activité de la société TSM Conditionnement n'est pas de nature industrielle dans la mesure où elle ne traite que des produits frais pour lesquels aucun traitement de conservation, ni aucune opération de transformation ne sont effectués ;
- elle réceptionne les produits, les stocke en chambre froide ou les conditionne préalablement à leur distribution ; les installations frigorifiques représentent 30 % de ses actifs ; le dispositif de conditionnement est peu développé ;
- compte tenu de la part des matériels et équipements, le caractère important des moyens techniques mis en œuvre n'est pas constitué ;
- les installations dont dispose la société TSM Conditionnement ne peuvent être qualifiées de prépondérantes pour l'exercice de son activité ; les moyens humains déployés constituent le principal facteur de son activité ; leurs salaires et charges sociales représentent 85,18 % des charges opérationnelles nécessaires au bon fonctionnement de l'activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2021, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la société Terres de Saint-Malo n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Après une vérification de comptabilité de la SASU TSM Conditionnement, dont l'activité est le conditionnement, le stockage, l'expédition et la logistique de pommes de terre, fruits et légumes apportés par les producteurs adhérents de la coopérative agricole Terres de Saint-Malo, qui en est l'actionnaire unique, l'administration fiscale a estimé que cette société était insuffisamment assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015 à 2018 pour le site de La Gouesnière et n'était à tort pas assujettie à cette cotisation au titre des mêmes années pour les sites de Pleurtuit et de Saint-Méloir des Ondes. La société TSM Conditionnement a contesté devant le tribunal administratif de Rennes les impositions supplémentaires qui ont ainsi été mises à sa charge. Par un jugement du 4 novembre 2020, confirmé par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Nantes du 24 juin 2022, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur ses conclusions relatives au site de Pleurtuit et rejeté le surplus de sa demande. Par la présente requête, la SCA Terres de Saint-Malo, venant aux droits de sa filiale la société TSM Conditionnement, qui a fait l'objet d'une dissolution sans liquidation, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises qui a été assignée à la société TSM Conditionnement dans les rôles de la commune de La Gouesnière (Ille-et-Vilaine) au titre de l'année 2019, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 1500 du code général des impôts : " I- A. - Revêtent un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'une activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques. Revêtent également un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'activités autres que celles mentionnées au premier alinéa du présent A qui nécessitent d'importants moyens techniques lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant ".
3. En premier lieu, il est constant que l'activité exercée par la société TSM Conditionnement de conditionnement, stockage, expédition et logistique de pommes de terre, fruits et légumes, après qu'ils ont été triés, calibrés, conditionnés et stockés dans ses établissements, qui ne comportait aucune activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers, ne peut être regardée comme une activité industrielle par nature.
4. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que la société TSM Conditionnement réceptionnait des produits agricoles, notamment des fruits, des légumes et des pommes de terre, les triait, les calibrait, les conditionnait sur palettes, les stockait en chambre froide avant de les expédier. Pour réaliser ce conditionnement, elle disposait de quais de déchargement et d'expédition. Elle utilisait divers équipements techniques comme les trémies de réception, tapis de transport et de convoyage, transpalettes, déterreurs, chaînes de lavage, calibreuses, ensacheuses, ébarbeuses, pareuses, botteleuses et cercleuses. Elle manipulait les produits au moyen de chariots électriques ou thermiques. Le stockage imposait une conservation en entrepôts réfrigérés en froid positif. À La Gouesnière, la superficie des chambres froides et locaux réfrigérés est supérieure à la superficie des locaux d'activité, soit 4 656 m² contre 4 408 m². Le coût des équipements et matériels utilisés par la société TSM Conditionnement sur les sites de la Gouesnière s'élevaient à 1 727 064 euros au 31 décembre 2019.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que les installations techniques, matériels et outillages jouent un rôle prépondérant dans les opérations de déchargement, conditionnement et stockage qui constituent l'ensemble de l'activité de la société TSM Conditionnement. Si des manipulations manuelles ne sont pas exclues, il s'avère que le personnel de la société est essentiellement affecté à l'utilisation et au fonctionnement des moyens techniques mis en œuvre sur les sites de La Gouesnière. Ce rôle prépondérant ressort également de la comparaison entre le volume, non contesté, de légumes traités par an à savoir environ 55 000 tonnes et le nombre de salariés qui s'élève à 20, dont 10 affectés à la chaîne de conditionnement. Il s'ensuit que les établissements exploités par la société TSM Conditionnement à La Gouesnière revêtent un caractère industriel.
6. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, l'activité de conditionnement de la société TSM Conditionnement revêtait un caractère industriel au sens de l'article 1500 du code général des impôts et la valeur locative devait être déterminée selon la méthode comptable définie à cet article.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la société Terres de Saint-Malo n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises qui a été assignée à la société TSM Conditionnement dans les rôles de la commune de La Gouesnière au titre de l'année 2019, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Terres de Saint-Malo demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Terres de Saint-Malo est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCA Terres de Saint-Malo, venant aux droits de la SASU TSM Conditionnement, et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.
La rapporteure,
signé
L. ALe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026