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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2100643

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2100643

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2100643
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS FRANCOIS JACQUOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 février 2021 et 21 novembre 2022, l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH), représentée par la société d'avocats Francois Jacquot, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier de Plouguernével a refusé de lui communiquer le rapport annuel de l'année 2018 rendant compte des pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention et la copie du registre de contention et d'isolement de l'établissement établi au titre de cette même année ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Plouguernével de lui communiquer les documents sollicités, sans les mentions permettant d'identifier les personnels hospitaliers, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Plouguernével la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande, qui tend à la communication du registre de contention et d'isolement, ne porte pas sur la communication des mentions permettant d'identifier le personnel de santé ;

- le refus implicite attaqué contrevient à la législation sur l'accès aux documents administratifs, les documents demandés sont des pièces publiques qui ne tombent sous aucun secret prévu par la loi ;

- le refus d'accès à ces documents porte atteinte à sa liberté d'association et sa liberté d'expression ;

- il n'y a pas lieu, s'agissant des patients, de procéder à l'occultation des mentions figurant sur les registres de contention et d'isolement ni des mentions quant au début, à la fin et à la durée des mesures d'isolement et de contention, et le registre doit lui être communiqué avec les identifiants anonymisés des patients mais sans les mentions permettant d'identifier les personnels hospitaliers.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 août 2022 et 21 novembre 2022, le centre hospitalier de Plouguernével représenté par la SELARL Valadou-Josselin conclut :

- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;

- à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

- à titre infiniment subsidiaire, à la limitation de la communication du registre de contention et d'isolement de 2018 aux seules informations relatives aux dates et heures de début et de fin de la mesure, et la durée qui en découle, ainsi qu'à l'exclusion de la communication de l'identifiant anonymisé des patients ;

- et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est tardive, car il n'a jamais reçu le courriel de la CCDH, il appartient à la CCDH d'en démontrer la bonne réception par ses soins ;

- il n'est pas démontré de la qualité de Mme A à représenter la CCDH ;

- la demande de communication formée par l'association requérante, connue pour ses dérives sectaires et son hostilité aux soins psychiatriques, est abusive dès lors qu'elle vise à perturber le fonctionnement de l'établissement ;

- la satisfaction de cette demande ferait également peser sur ses services une charge disproportionnée au regard des moyens dont il dispose ;

- la communication de l'identifiant anomysé porte atteinte à la vie privée du patient et devra en tout état de cause être exclue.

Vu :

- l'avis n° 20201169 du 4 juin 2020 de la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) ;

- les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Le Roux, rapporteur public,

- et les observations de Me Clairay, représentant le centre hospitalier de Plouguernével.

La clôture d'instruction a été fixée au 6 décembre 2022 à 12h00.

Un mémoire a été enregistré le 6 décembre 2022, pour le centre hospitalier de Plouguernével qui n'a pas donné lieu à communication.

Un mémoire a été enregistré le 9 février 2023, pour la CCDH, postérieurement à la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par courriel du 17 décembre 2019, l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) a sollicité du directeur du centre hospitalier de Plouguernével la communication du registre des mesures de contention et d'isolement de l'établissement et celle du rapport annuel rendant compte des pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention, établis au titre de l'année 2018. Sa demande étant restée sans réponse, l'association CCDH a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), le 9 mars 2020, qui a rendu un

avis favorable sur sa demande, le 4 juin 2020. Le centre hospitalier de Plouguernével n'ayant pas transmis les documents en cause, l'association CCDH demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur de cet établissement a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les fins de non-recevoir opposées par le centre hospitalier de Plouguernével :

2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier de Plouguernével, l'association CCDH lui a demandé communication des documents litigieux

par un courrier électronique adressé le 17 décembre 2019 à 14h05 à l'adresse " contact@ahbretagne.com ", produit dans la présente instance, et dont rien ne permet de dire

que le défendeur, qui, à l'occasion de l'instruction de la demande d'avis de la commission

d'accès aux documents administratifs saisie le 9 mars 2020, n'a pas prétendu qu'aucune

demande ne lui aurait été faite en ce sens, ne l'aurait pas reçu. Par suite, cette fin de non-recevoir doit être écartée.

3. En second lieu, une association est régulièrement engagée par l'organe tenant de ses statuts par le pouvoir de la représenter en justice, sauf stipulation de ces statuts réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif. L'article 10 des statuts de l'association CCDH prévoit que " le président ou le vice-

président () représentent l'association en justice, en demande et défense pour toute action devant toute juridiction étatique ou autre ". Dès lors, la présidente de l'association CCDH a qualité pour agir, nonobstant l'absence de délibération du conseil d'administration l'autorisant à ester en justice. Si le centre hospitalier de Plouguernével fait valoir qu'il n'est pas justifié d'une élection de Mme Escudier, présidente de l'association CCDH, dans les conditions prévues par les articles 10, 11 et 12 des statuts, il n'appartient pas au juge administratif de vérifier la régularité des conditions dans lesquelles l'habilitation du représentant de l'association a été adoptée. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité à agir de Mme A doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 300-2 de ce code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargés d'une telle mission ". Aux termes de l'article L. 311-6 dudit code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical () / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. / () ". Aux termes de l'article L. 311-7 du même code : " Lorsque la demande porte sur un document comportant des mentions qui ne sont pas communicables en application des articles L. 311-5 et L. 311-6 mais qu'il est possible d'occulter ou de disjoindre, le document est communiqué au demandeur après occultation ou disjonction de ces mentions. ".

5. Aux termes de l'article L. 3222-5-1 du code de la santé publique : " L'isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours. Il ne peut y être procédé que pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui, sur décision d'un psychiatre, prise pour une durée limitée. Leur mise en œuvre doit faire l'objet d'une surveillance stricte confiée par l'établissement à des professionnels de santé désignés à cette fin et tracée dans le dossier médical. / Un registre est tenu dans chaque établissement de santé autorisé en psychiatrie et désigné par le directeur général de l'agence régionale de santé pour assurer des soins psychiatriques sans

consentement en application du I de l'article L. 3222-1. Pour chaque mesure d'isolement ou de contention, ce registre mentionne le nom du psychiatre ayant décidé cette mesure, sa date et son heure, sa durée et le nom des professionnels de santé l'ayant surveillée. Le registre, qui peut

être établi sous forme numérique, doit être présenté, sur leur demande, à la commission départementale des soins psychiatriques, au Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou à ses délégués et aux parlementaires. L'établissement établit annuellement un rapport rendant compte des pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention, la politique définie pour limiter le recours à ces pratiques et l'évaluation de sa mise en œuvre. Ce rapport est transmis pour avis à la commission des usagers prévue à l'article L. 1112-3 et au conseil de surveillance prévu à l'article L. 6143-1. "

6. Les dispositions précitées de l'article L. 3222-5-1 du code de la santé publique, qui prévoient, d'une part, que le registre de contention et d'isolement doit être présenté, sur leur demande, à la commission départementale des soins psychiatriques, au contrôleur général des lieux de privation de liberté ou à ses délégués et aux parlementaires et, d'autre part, que le rapport annuel rendant compte de ces pratiques est transmis pour avis à la commission des usagers et au conseil de surveillance de l'établissement, n'ont ni pour objet ni pour effet de soustraire ces documents aux règles du code des relations entre le public et l'administration régissant le droit d'accès aux documents administratifs. Par suite, ces dispositions ne sont pas applicables au litige, lequel porte exclusivement sur la communicabilité de ces documents.

7. Le registre des mesures d'isolement et de contention ainsi que le rapport annuel rendant compte de ces pratiques, qui sont produits et détenus par les établissements de santé dans le cadre de leur mission de service public, constituent des documents administratifs et sont donc communicables en application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, toutefois, les éléments permettant d'identifier les patients doivent, en application des articles L. 311-6 et L. 311-7 du code des relations entre le public et l'administration, être occultés préalablement à la communication du registre de contention et d'isolement, afin de ne pas porter atteinte au secret médical et à la protection de la vie privée, comme doivent également l'être celles permettant d'identifier les soignants, afin d'éviter que la divulgation d'informations les concernant puisse leur porter préjudice.

8. Dans le cas où l'identité des patients a fait l'objet d'une pseudonymisation, laquelle ne permet l'identification des personnes en cause qu'après recoupement d'informations, il appartient au juge administratif d'apprécier si, eu égard à la sensibilité des informations en cause et aux efforts nécessaires pour identifier les personnes concernées, leur communication est susceptible de porter atteinte à la protection de la vie privée et au secret médical. En l'espèce, compte tenu de la nature des informations en cause, qui touchent à la santé mentale des patients, et du nombre restreint de personnes pouvant faire l'objet d'une mesure de contention et d'isolement, facilitant ainsi leur identification, alors au demeurant que les autorités énumérées à l'article L. 3222-5-1 du code de la santé publique peuvent accéder à l'ensemble des informations figurant sur les registres et contrôler l'activité des établissements concernés, l'identifiant dit

" anonymisé " figurant dans ces registres, qu'il s'agisse, selon la pratique du centre hospitalier, de " l'identifiant permanent du patient " (IPP) ou d'un identifiant spécialement défini, doit être regardé comme une information dont la communication est susceptible de porter atteinte à la protection de la vie privée et au secret médical. Cet identifiant n'est donc communicable qu'au seul intéressé en vertu des dispositions de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration.

En ce qui concerne le registre des mesures de contention et d'isolement de l'établissement établi entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018 :

9. En premier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration n'est pas tenue de donner

suite aux demandes abusives, en particulier par leur nombre ou leur caractère répétitif ou

systématique ". Il résulte de ces dispositions que seule revêt un caractère abusif la demande qui a pour objet de perturber le bon fonctionnement de l'administration sollicitée ou qui aurait pour effet de faire peser sur elle une charge disproportionnée au regard des moyens dont elle dispose.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de communication dont l'association requérante a saisi le centre hospitalier de Plouguernével ferait suite à de précédentes et nombreuses demandes dont aurait déjà fait l'objet cet établissement de santé ni qu'elle serait destinée à en perturber le fonctionnement. En outre, il ne ressort pas non plus des pièces du

dossier que cette demande aurait pour effet de faire peser sur cet établissement une charge disproportionnée au regard des moyens dont il dispose. Enfin, la circonstance que cette association manifeste une hostilité notoire, non pas seulement aux modalités de la prise en charge hospitalière de la psychiatrie mais, en réalité, au principe même de cette prise en charge, n'est pas de nature à la priver du droit à la communication de ces documents qu'elle tient de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le centre hospitalier de Plouguernével n'est pas fondé à prétendre que la demande de cette association présenterait un caractère abusif.

En ce qui concerne le rapport rendant compte des pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention pour l'année 2018 :

11. Il ressort des dispositions précitées de l'article L. 3222-5-1 du code de la santé publique que ce rapport est un outil destiné à rendre compte des pratiques des établissements en matière d'isolement et de contention des patients hospitalisés sans leur consentement dans des unités ou établissements psychiatriques, que son contenu est issu de traitements statistiques de données médicales et de données liées à l'activité de l'établissement et qu'il est transmis pour

avis à la commission des usagers prévue à l'article L. 1112-3 du code de la santé publique et au conseil de surveillance prévue à l'article L. 6143-1 ainsi qu'à l'agence régionale de santé et à la commission départementale des soins psychiatriques dans le cadre de la mise en œuvre d'une politique de suivi, d'analyse et de prévention du recours à la contention et à l'isolement. Toutefois, eu égard à ce qui a été dit au point 8 du présent jugement, il convient que la communication ait lieu après occultation préalable de l'identifiant " anonymisé " du patient. Dans ces conditions,

ce rapport annuel est communicable sous la réserve précitée. Il suit de là que l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme est fondée à soutenir que c'est à tort que le centre hospitalier de Plouguernével a refusé de lui communiquer le rapport de l'année 2018.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

12. L'exécution du présent jugement implique nécessairement la communication à l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme d'une copie du registre des mesures d'isolement et de contention prises au sein du centre hospitalier de Plouguernével au cours de l'année 2018, avec occultation des éléments permettant d'identifier les professionnels de santé et avec occultation de l'identifiant " anonymisé " des patients et des mentions de début, de fin et de durée des mesures d'isolement et de contention, ainsi que la copie du rapport rendant compte des pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention établi pour l'année 2018. Il y a lieu d'enjoindre au centre hospitalier de Plouguernével d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

13. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Plouguernével demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme au même titre

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur du centre hospitalier de Plouguernével sur la demande de l'association CCDH tendant à la communication du rapport annuel 2018 sur les pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention et du registre des mesures de contention et d'isolement établi au titre de l'année 2018, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier de Plouguernével de communiquer à l'association CCDH, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, le rapport annuel 2018 sur les pratiques d'admission en chambre d'isolement et de contention dans cet établissement et le registre des mesures de contention et d'isolement établi au titre de l'année 2018, avec occultation de l'identifiant anonymisé des patients.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions du centre hospitalier de Plouguernével tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Commission des citoyens pour les droits de l'homme et au centre hospitalier de Plouguernével.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

M. Grondin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

Le rapporteur,

signé

Y. B

Le président,

signé

G. Descombes

Le greffier,

signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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