mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101081 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2021, la SARL Auto Contrôle du Niel, représentée par Me Guillou, demande au tribunal :
1°) de constater l'inexistence des pénalités déclarées par l'administration fiscale dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire dont elle fait l'objet ou, à titre subsidiaire, de constater que ces pénalités doivent être remises en application du I de l'article 1756 du code général des impôts ;
2°) de déclarer que sa dette fiscale s'élève à un total en droits de 84 120,85 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SARL Auto Contrôle du Niel soutient que :
- l'administration ne justifie ni le prononcé ni la mise en recouvrement des pénalités de retard qu'elle a déclarées ; son compte fiscal ne mentionne pas de pénalités ; aucun avis de mise en recouvrement ne lui a été notifié avant le placement en redressement judiciaire ; les pénalités déclarées par l'administration sont ainsi inexistantes ;
- en tout état de cause, ces pénalités devraient être remises en application du I de l'article 1756 du code général des impôts ;
- le montant de sa dette fiscale doit être limité aux sommes figurant sur son compte fiscal dont il n'est pas établi qu'elles seraient erronées ;
- le virement bancaire de 46 920 euros, qu'elle a effectué le 3 novembre 2016, n'a pas été correctement imputé sur les sommes qu'elles devaient, puisqu'il a été imputé sur les pénalités qui sont inexistantes ou qui auraient dû être remises en raison de son placement en redressement judiciaire ; en tout état de cause, les impositions dues étant antérieures aux pénalités, ce virement aurait dû être imputé en priorité sur les impositions en application de l'article 1256 du code civil ; une fois ce virement imputé sur les impositions dues, le montant total de celles-ci est ramené à 84 120,85 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les pénalités dont la SARL Auto Contrôle du Niel conteste l'existence ont été appliquées et mises en recouvrement ; le montant des pénalités déclarées doit être réduit de 191 euros correspondant à une majoration de 10 % qui doit être remise en application du I de l'article 1756 du code général des impôts ; le reste des pénalités correspond à des majorations de 40 % pour dépôt tardif de déclaration ou manquement délibéré qui sont exclues de la remise prévue par cet article ;
- l'extrait de compte fiscal produit par la société requérante correspond à la situation au 9 mars 2020 et il s'agit d'informations données à titre indicatif et non nécessairement exhaustives ; l'administration justifie du montant et de l'origine des créances déclarées ;
- l'imputation du virement de 46 920 euros n'a pas été effectuée totalement dans le respect de l'article 1342-10 du code civil, mais la société requérante n'a subi aucun préjudice de ce fait, la remise de pénalités prévues à l'article 1756 du code général des impôts étant intervenue avant cette imputation, à l'exception de 130 euros d'intérêts de retard ; le montant des droits déclarés ne doit donc être réduit que de 130 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de commerce ;
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de M Guillou, avocat de la SARL Auto Contrôle du Niel.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 624-5 du code de commerce : " Lorsque le juge-commissaire se déclare incompétent ou constat l'existence d'une contestation sérieuse, il renvoie, par ordonnance spécialement motivée, les parties à mieux se pourvoir et invite, selon le cas, le créancier, le débiteur ou le mandataire judiciaire à saisir la juridiction compétente dans un délai d'un mois à compter de la notification ou de la réception de l'avis délivré à cette fin, à peine de forclusion à moins d'appel dans les cas où cette voie de recours est ouverte () ".
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'État, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° À l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; () ".
3. La déclaration des créances fiscales par un comptable des impôts vaut acte de poursuite, ainsi que le rappelle d'ailleurs désormais l'article L. 622-25-1 du code de commerce, selon lequel " La déclaration de créance interrompt la prescription jusqu'à la clôture de la procédure ; elle dispense de toute mise en demeure et vaut acte de poursuites ". L'acte par lequel le mandataire judiciaire discute d'une créance auprès du comptable des impôts, en application de l'article R. 624-1 du code de commerce, après avoir établi la liste des créances sur lesquelles le débiteur a présenté ses observations conformément à l'article L. 624-1 du même code, constitue une réclamation au sens des articles L. 281 et R. 281-1 du livre des procédures fiscales à l'encontre des créances visées par cet acte, dès lors qu'il se fonde sur l'un des motifs relevant de la compétence du juge fiscal, alors même que cette discussion est engagée dans le cadre des dispositions du code de commerce. Une telle contestation s'exerce dans les conditions prévues au livre des procédures fiscales, notamment aux articles L. 281 et R. 281-3-1 de ce livre.
4. La requête de la SARL Auto Contrôle du Niel concerne des impositions et des pénalités qui ont été déclarées, le 9 janvier 2017, par le pôle de recouvrement spécialisé du Morbihan dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire ouverte à l'encontre de cette société, par un jugement du tribunal de commerce de Lorient du 4 novembre 2016. Cette requête a été introduite après que le juge commissaire du tribunal de commerce a constaté l'existence d'une contestation sérieuse relative à ces impositions et pénalités, dépassant son office, et a, pour ce motif, invité la SARL Auto Contrôle du Niel à saisir la juridiction compétente. Les moyens soulevés par la société requérante sont principalement relatifs à l'exigibilité d'une partie des impositions et des pénalités déclarées par l'administration et au montant de sa dette compte tenu des paiements effectués. Par suite, la requête de la SARL Auto Contrôle du Niel, qui n'est pas relative à la mise en œuvre des règles propres à la procédure collective, relève du contentieux du recouvrement et la société requérante doit être regardée comme demandant, dans le cadre d'une opposition à poursuites, d'une part, la décharge de l'obligation de payer les créances correspondant à des pénalités, procédant de la déclaration de créances du 9 janvier 2017 et, d'autre part, la décharge de l'obligation de payer les créances de taxe sur la valeur ajoutée déclarées en tant qu'elles excèdent la somme de 82 726 euros et les taxes d'impôt sur les sociétés déclarées, en tant qu'elles excèdent la somme de 48 315 euros.
Sur les conclusions en décharge de l'obligation de payer les pénalités déclarées :
5. La SARL Auto Contrôle du Niel fait valoir que les pénalités, qui ont été déclarées par l'administration, n'ont jamais été prononcées ni mises en recouvrement, qu'elles ne figurent pas sur son compte fiscal, qu'aucun avis de mise en recouvrement ne lui a été notifié avant son placement en redressement judiciaire et que ces pénalités auraient dû faire l'objet d'une remise en application de l'article 1756 du code général des impôts.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () / L'avis de mise en recouvrement est individuel. Il est émis et rendu exécutoire par l'autorité administrative désignée par décret, selon les modalités prévues aux articles L. 212-1 et L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration. Les pouvoirs de l'autorité administrative susmentionnée sont également exercés par le comptable public compétent. / Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. ". Aux termes de l'article R. 256-6 du même livre : " La notification de l'avis de mise en recouvrement comporte l'envoi au redevable, soit au lieu de son domicile, de sa résidence ou de son siège, soit à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects compétent, de l'" ampliation " prévue à l'article R. * 256-3. / Au cas où la lettre recommandée ne pourrait, pour quelque cause que ce soit, être remise au redevable destinataire ou à son fondé de pouvoir, il doit être demandé à la Poste de renvoyer au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects expéditeur, le pli non distribué annoté : / a) D'une part, de la date de sa première présentation à l'adresse indiquée à la souscription ou, s'il y a lieu, à la nouvelle adresse connue de La Poste ; / b) D'autre part, du motif de sa non-délivrance. / Dans cette éventualité, l'" ampliation " renvoyée reste déposée au service compétent de la direction générale des finances publiques ou à la recette des douanes et droits indirects chargé du recouvrement où il peut en être délivré copie, à tout moment et sans frais, au redevable lui-même ou à son fondé de pouvoir. / La notification de l'avis de mise en recouvrement peut également être effectuée par le ministère d'un huissier. Elle est alors soumise aux règles de signification des actes d'huissier. ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'administration, pour notifier un avis de mise en recouvrement, n'est pas dans l'obligation de recourir exclusivement à l'envoi par lettre recommandée avec avis de réception ou bien à la signification par un huissier de justice, et qu'il lui est loisible de procéder, notamment, par les voies ordinaires, telles que la remise de la main à la main ou l'envoi d'un courrier simple.
8. L'administration produit les propositions de rectification des 4 octobre 2011, 30 novembre 2012, 25 février 2013, 6 mars 2015, 6 juin 2016 ainsi que la réponse aux observations du 7 mai 2015, accompagnées de leurs avis de réception postale, informant la société requérante de l'application des pénalités en litige, aussi bien en matière d'impôt sur les sociétés que de taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que l'ensemble des avis de mise en recouvrement relatifs aux pénalités contestées. Toutefois, elle ne justifie d'une notification à la société requérante que d'une partie d'entre eux, à savoir, l'avis de mise en recouvrement n° 2011 11 00003 du 23 novembre 2011 (avis de réception postale le 25 novembre 2011), l'avis de mise en recouvrement n° 2013 01 00001 du 24 janvier 2013 (avis de réception postale le 25 janvier 2013), l'avis de mise en recouvrement n° 2013 04 05000 du 16 mai 2013 (avis de réception postale du 17 mai 2013), l'avis de mise en recouvrement n° 2013 04 0500 du 16 mai 2013 (avis de réception postale le 17 mai 2013) l'avis de mise en recouvrement n° 2015 06 05001 du 17 juillet 2015 (avis de réception postale le 21 juillet 2015), l'avis de mise en recouvrement n° 2016 01 00001 du 24 juin 2016 (avis de réception postale le 28 juin 2016). S'agissant des autres avis de mise en recouvrement produits, émis les 24 juin 2016 et 31 octobre 2016, l'administration n'établit ni même ne soutient qu'ils auraient été notifiés à la SARL Auto Contrôle du Niel, que ce soit par lettre recommandée avec avis de réception, par voie d'huissier de justice, par remise en mains propres ou par courrier simple. À défaut d'avoir été notifiés au contribuable, ces avis de mise en recouvrement n'ont pas produit d'effets et, par suite, la SARL Auto Contrôle du Niel est fondée à soutenir que les pénalités figurant sur ces avis de mise en recouvrement n'étaient pas exigibles, le 9 janvier 2017, lorsque l'administration les a déclarées à la procédure de redressement judiciaire, et à obtenir la décharge de l'obligation de les payer. Les pénalités concernées par cette décharge sont celles comprises dans les créances n°s 201613200, 201613210, 21613220, 201613230, 201613240, 201613340, 201613350, 201613360, 201613370, 201613380, 201613390, 201613450, 201613460, 201613470, 201613480, 201613490, 201613500, 201613510.
9. En deuxième lieu, la SARL Auto Contrôle du Niel ne peut utilement faire valoir que son compte fiscal au 9 mars 2020 ne comporte l'indication d'aucune pénalité restant due, dès lors que ce document précise qu'il ne présente pas de caractère exhaustif et qu'il s'agit d'informations données à titre indicatif. Au demeurant, ce compte fiscal indique l'existence de pénalités d'assiette restant dues à la date de son édition, contrairement à ce que soutient la société requérante.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 1756 du code général des impôts : " En cas de sauvegarde ou de redressement ou de liquidation judiciaires, les frais de poursuite et les pénalités fiscales encourues en matière d'impôts directs et taxes assimilées, de taxes sur le chiffre d'affaires et taxes assimilées, de droits d'enregistrement, taxe de publicité foncière, droits de timbre et autres droits et taxes assimilés, dus à la date du jugement d'ouverture, sont remis, à l'exception des majorations prévues aux b et c du 1 de l'article 1728 et aux articles 1729 et 1732 et des amendes mentionnées aux articles 1737 et 1740 A. ".
11. Il résulte de l'instruction, qu'à l'exception d'une somme de 191 euros correspondant à une majoration de 10 % appliquée, sur le fondement du a de l'article 1728 du code général des impôts, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée relatifs aux périodes du 1er avril 2012 au 31 mars 2012 et du 1er avril 2012 au 31 mars 2013, comprise dans la créance n° 201508120, les pénalités déclarées à la procédure de redressement judiciaire par l'administration correspondent à des majorations que l'article 1756 du code général des impôts exclut du dispositif de remise qu'il prévoit en cas de sauvegarde ou de redressement ou de liquidation judiciaire. Par suite, la SARL Auto Contrôle du Niel est, en application des dispositions de l'article 1756 du code général des impôts, seulement fondée à obtenir la décharge de l'obligation de payer la majoration de 10 %, d'un montant de 191 euros, comprise dans la créance n° 201508120.
Sur les conclusions en décharge partielle de l'obligation de payer les impositions déclarées :
12. En premier lieu, la SARL Auto Contrôle du Niel ne peut utilement faire valoir que les montants des impositions déclarées comme dues par l'administration ne correspondent pas aux montants figurant sur son compte fiscal au 9 mars 2020 dès lors que ce document précise qu'il ne présente pas de caractère exhaustif et qu'il s'agit d'informations données à titre indicatif.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1342-10 du code civil, que la SARL Auto Contrôle du Niel doit être regardée comme invoquant en citant les dispositions de l'ancien article 1256 du même code qui n'étaient plus en vigueur à la date du virement en litige : " Le débiteur de plusieurs dettes peut indiquer, lorsqu'il paie, celle qu'il entend acquitter. À défaut d'indication par le débiteur, l'imputation a lieu comme suit : d'abord sur les dettes échues ; parmi celles-ci, sur les dettes que le débiteur avait le plus d'intérêt d'acquitter. À égalité d'intérêt, l'imputation se fait sur la plus ancienne ; toutes choses égales, elle se fait proportionnellement. ".
14. Pour contester l'imputation faite par l'administration du virement d'un montant de 46 920 euros qu'elle a effectué le 3 novembre 2016, sur ses dettes fiscales, la SARL Auto Contrôle du Niel fait valoir qu'il a été imputé sur des pénalités inexistantes et qu'il aurait dû être imputé prioritairement sur les droits dès lors que ceux-ci sont nécessairement des créances plus anciennes que les pénalités.
15. Il résulte toutefois de l'instruction que le virement en cause a été imputé sur des droits et sur des majorations ayant fait l'objet d'avis de mise en recouvrement dont l'administration établit la notification à la société requérante, qui n'est, par suite, pas fondée à en remettre en cause l'existence. Par ailleurs, l'ancienneté d'une créance d'impôt ne s'apprécie pas au regard de la date du fait générateur de cet impôt, mais au regard de la date de sa mise en recouvrement. Ainsi lorsqu'elles sont mises en recouvrement simultanément, comme cela a été le cas en l'espèce, une créance d'impôt n'est pas plus ancienne que la créance relative aux pénalités correspondantes. Par suite, la SARL Auto Contrôle du Niel ne conteste pas utilement l'obligation de payer les créances d'impôt déclarées par l'administration.
16. Le service relève cependant que le virement du 3 novembre 2016 a été imputé notamment sur une créance (n° 201615940 non déclarée) comprenant à hauteur de 130 euros des intérêts de retard qui auraient dû faire l'objet d'une décision de remise en application de l'article 1756 du code général des impôts et que par suite, la SARL Auto Contrôle du Niel est fondée à obtenir la décharge de l'obligation de payer les impositions déclarées à concurrence de 130 euros. L'administration admet ainsi implicitement qu'il n'a pas été tenu compte de cette somme de 130 euros lorsque, postérieurement au dégrèvement de la totalité de la créance n° 201615940, la fraction du virement initialement imputée sur cette créance a été imputée sur la créance n° 201508130. Par suite, la société requérante est bien fondée à obtenir une décharge de l'obligation de payer, qui au regard de la liste des impositions déclarées et des dégrèvements prononcés le 11 juin 2019, qui n'ont pas encore été exécutés, doit porter sur la créance d'impôt sur les sociétés de l'année 2011, n° 20111000, mise en recouvrement le 23 novembre 2011. Cette décharge de l'obligation de payer doit être limitée à la somme de 130 euros.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros qu'il versera à la SARL Auto Contrôle du Niel.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à la SARL Auto Contrôle du Niel la décharge de l'obligation de payer les pénalités comprises dans les créances n°s 201613200, 201613210, 21613220, 201613230, 201613240, 201613340, 201613350, 201613360, 201613370, 201613380, 201613390, 201613450, 201613460, 201613470, 201613480, 201613490, 201613500, 201613510.
Article 2 : Il est accordé à la SARL Auto Contrôle du Niel la décharge de l'obligation de payer les majorations de 10 %, d'un montant de 191 euros, comprises dans la créance n° 201508120.
Article 3 : Il est accordé à la SARL Auto Contrôle du Niel la décharge de l'obligation de payer la créance d'impôt sur les sociétés de l'année 2011, n° 20111000, mise en recouvrement le 23 novembre 2011, à concurrence de la somme de 130 euros.
Article 4 : L'État versera à la SARL Auto Contrôle du Niel la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la SARL Auto Contrôle du Niel est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Auto Contrôle du Niel et au directeur départemental des finances publiques du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
E. ALe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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