mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101491 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BONDIGUEL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
A une requête et deux mémoires, enregistrés respectivement les 22 mars 2021, 8 et 21 novembre 2022, M. et Mme F B, représentés A la SCPA Bondiguel et Associés, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. et Mme B ont été assujettis au titre de l'année 2015 ;
3°) la mise à la charge de l'État du versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- au titre de l'année 2015, les sommes de 37 863,43 euros et 200 euros ne sont pas imposables dès lors que leur origine est parfaitement déterminée, puisqu'il s'agit de sommes prêtées A Mme D, A un acte authentique rédigé A un notaire ;
- au titre de l'année 2014, la somme de 2 871,37 euros créditée au 27 novembre 2014 ne constitue pas un revenu imposable.
A deux mémoires en défense enregistrés les 13 juillet 2021 et 17 novembre 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés A M. et Mme B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public,
- et les observations de M. E, de la SCPA Bondiguel et Associés, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont fait l'objet, en 2016, d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, au titre des années 2013 à 2015. Les intéressés n'ayant pas remis au vérificateur des copies de leurs relevés de comptes bancaires, le service a mis en œuvre le droit de communication, qu'il détient en vertu des articles L. 81 et suivants du livre des procédures fiscales, auprès des établissements bancaires et a adressé, en mars 2017, à M. et Mme B, sur le fondement de l'article L. 16 du même livre, des demandes d'éclaircissements ou de justifications portant sur des sommes constatées, notamment, en 2014, au crédit de leur compte ouvert auprès de la Société Générale et, en 2015, au crédit de leur compte bancaire détenu à la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel. Les contribuables n'ayant pas répondu à ces demandes dans le délai de deux mois qui leur était imparti, l'administration leur a adressé, le 30 juin 2017, deux propositions de rectifications, l'une relative à l'année 2014, l'autre à l'année 2015, les informant notamment que les sommes constatées au crédit de ces deux comptes bancaires seraient soumises à l'impôt sur le revenu, selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, en tant que revenus d'origine indéterminée. Les impositions supplémentaires procédant de ces rectifications ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2017. Le 2 mai 2018, M. B a formé une première réclamation contentieuse au titre de l'année 2013 qui n'est pas ici en litige et au titre de l'année 2014. Cette réclamation a été rejetée, le 25 octobre 2018, en tant qu'elle concernait l'année 2014. Le contribuable a formé une seconde réclamation contentieuse le 6 août 2019, dont les demandes relatives aux sommes imposées en tant de revenus d'origine indéterminée ont été rejetées A deux décisions du 19 janvier 2021. Dans le cadre de la présente instance, M. et Mme B font valoir que les sommes imposées en tant de revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2015, proviennent d'un prêt qui leur a été consenti A acte authentique et que la somme ayant fait l'objet d'une imposition identique au titre de l'année 2014 n'est pas imposable.
2. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements () / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés () ". Aux termes de l'article L. 16 A de ce livre : " Les demandes d'éclaircissements et de justifications fixent au contribuable un délai de réponse qui ne peut être inférieur à deux mois () ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16 ".
3. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable au présent litige : " () / la charge de la preuve incombe () / au contribuable () en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69. ". Il est constant que M. et Mme B n'ont pas répondu aux deux demandes de justifications, qui leur ont été adressées en mars 2017, dans le délai de deux mois que l'administration leur avait accordé. A suite, le service a pu, en vertu des dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, procéder à la taxation d'office des sommes en litige, en tant que revenus d'origine indéterminée. Dès lors, la charge de la preuve incombe à M. et Mme B.
Sur le bien-fondé des impositions supplémentaires établies au titre de l'année 2014 :
4. En se bornant à faire valoir que la somme de 2 871,37 euros, créditée le 27 novembre 2014 sur leur compte bancaire ouvert auprès de la Société générale, ne constitue pas un revenu imposable, sans apporter le moindre élément justifiant de la cause de ce versement et de son origine, M. B ne conteste pas valablement son imposition en tant que revenu d'origine indéterminée au titre de l'année 2014.
Sur le bien-fondé des impositions supplémentaires établies au titre de l'année 2015 :
5. Afin de justifier l'origine des sommes de 37 863,43 euros et 200 euros correspondant à des virements crédités sur leur compte bancaire détenu auprès de la Caisse régionale de Crédit Agricole Mutuel, les 13 et 18 février 2015, M. et Mme B font valoir que ces sommes proviennent d'un crédit consenti à M. B, devant notaire, A Mme D. Il ressort de l'acte authentique de prêt du 11 février 2015 soumis à la formalité de l'enregistrement, produit A l'administration, que Mme D a prêté à M. B, pour une durée de sept ans, la somme de 200 000 euros, devant être remboursée, en une seule échéance et au plus tard le 31 janvier 2022. Dans le cadre de la présente instance, les requérants ont produit un relevé du compte ouvert au nom de M. B A le notaire, dans sa comptabilité, afin de retracer l'affectation de la somme empruntée. Ce relevé, en date du 10 décembre 2015, indique que le 12 février 2015 les sommes de 25 834,35 euros et 12 029,08 euros, dont le total est de 37 863,43 euros, ont été versées au Crédit Agricole afin de rembourser deux prêts précédemment souscrits A M. B et que la somme de 200 euros a été virée au Crédit Agricole le 17 février 2015 afin de solder l'un de ces deux prêts. En cours d'instance, ils ont également produit un relevé du compte de Mme D, tenu A ce même notaire, confirmant que la somme empruntée à été remise à ce dernier en deux fois les 22 janvier et 6 février 2015. Au regard des dates et des montants des opérations figurant sur le relevé du compte de M. B, les requérants doivent être regardés comme justifiant de l'origine et du caractère non imposable des virements de 37 863,43 euros et 200 euros constatés au crédit de leur compte bancaire aux dates valeurs des 13 et 18 février 2015. A suite, ils sont fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales qui leur ont été réclamées au titre de l'année 2015 en tant qu'elles procèdent de l'imposition des deux sommes en litige.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à M. et Mme B d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à M. et Mme B la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 en tant qu'elles procèdent de l'imposition des sommes de 37 863,43 euros et 200 euros.
Article 2 : L'État versera à M. et Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme F B et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
E. CLe président,
signé
E. Kolbert
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026