mercredi 14 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101571 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
| Avocat requérant | DESFARGES PIERRE-HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2021, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine a confirmé l'indu de revenu de solidarité active (RSA) mis à sa charge pour un montant de 8 735,61 euros pour la période comprise entre les mois d'avril 2018 et septembre 2019 inclus ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette ;
4°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 8 février 2021, prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, ne comporte pas les informations requises par les dispositions des articles L. 311-3-1 et
R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été saisie ; il a donc été privé de la garantie de la collégialité instaurée par ces dispositions ;
- cette décision est signée par une personne qui ne justifie d'aucune délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;
- cette décision est insuffisamment motivée dans la mesure où elle ne lui permet pas de comprendre les faits qui lui sont reprochés, ni la base du calcul retenue ;
- les droits de la défense n'ont de surcroît pas été respectés dès lors que cette décision n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, et qu'il n'a pas reçu communication des conclusions du contrôleur de la CAF de sorte qu'il lui a été impossible de faire valoir ses observations en méconnaissance de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'Homme ;
- la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine ont manqué à leur devoir d'information en méconnaissance des dispositions de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;
- il n'a commis aucune fraude, a toujours été de bonne foi ; le conseil départemental, qui n'a pas motivé l'intention frauduleuse qui lui est reprochée, ne pouvait dès lors retenir des sommes perçues au-delà du délai de prescription biennal prévu par l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Ayant constaté à la faveur d'un contrôle de sa situation que M. B avait omis de déclarer son activité professionnelle ainsi que les salaires en résultant, la CAF d'Ille-et-Vilaine a modifié les droits au RSA de l'intéressé et lui a notifié, par une décision du 18 novembre 2020, un trop-perçu d'un montant total de 11 042,60 euros composé notamment d'un indu de RSA d'un montant de 8 735,61 euros pour la période comprise entre les mois d'avril 2018 et septembre 2019 inclus. Le requérant a contesté cet indu que le président du conseil départemental a confirmé par une décision du 8 février 2021. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. ". Aux termes de l'article R. 311-3-2 du même code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes : 2° Les données traitées et leurs sources ; 3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; 4° Les opérations effectuées par le traitement. ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la décision en litige résulte non d'un traitement algorithmique ainsi que le soutient le requérant mais d'une analyse de la situation de M. B faite par le président du conseil départemental au regard des informations recueillies par la CAF lors du contrôle de sa situation. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".
5. En l'espèce, la convention de gestion du revenu de solidarité active conclut le 10 juillet 2017 entre la CAF et le département d'Ille-et-Vilaine, que ce dernier verse au débat, prévoit explicitement " que l'examen du recours administratif préalable obligatoire (Rapo) par décision de la Commission de recours amiable (CRA), tel que prévu par l'article L. 262-47 du Casf n'est pas délégué à la Caf et reste de la compétence exclusive du Département ". Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
6. En troisième lieu, la décision du 8 février 2021 a été signée par Mme Catherine Debroise, vice-présidente du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine déléguée à l'insertion, qui disposait, à la date de son édiction, d'une délégation de signature en vertu de l'arrêté n° 1-DG-AJ-2015-051 du 22 avril 2015 transmis en préfecture et affiché le 23 avril 2015. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
8. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre du RSA est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. À ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
9. En l'espèce, la décision du 8 février 2021 indique notamment que " la créance de RSA (INK05) d'un montant initial de 8 735,61 € ", dont le solde s'élève à la somme de 8 464,41 euros, " concern[e] la période d'avril 2018 à septembre 2019, suite à la pris en compte de revenus professionnels non déclarés " par M. B et dont le montant mensuel est précisé pour chaque trimestre de la période comprise entre les mois de janvier 2018 et juin 2019 inclus. Cette décision précise par ailleurs qu'elle a été prise sur le fondement des articles L. 262-3,
R. 262-6, R. 262-7, R. 262-37 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
10. En cinquième lieu, le requérant invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense en raison du défaut de communication des conclusions de l'agent de la CAF ayant procédé au contrôle de sa situation. Toutefois, si le principe général des droits de la défense prévoit que les décisions individuelles défavorables n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales, le recours administratif préalable obligatoire institué par l'article L. 262-47 précité du code de l'action sociale et des familles est destiné à remédier à l'absence de procédure contradictoire en permettant à l'administré de faire valoir ses observations sur la décision défavorable qui lui est opposée. À cet égard, il résulte de l'instruction que M. B, préalablement à la décision du 8 février 2021 en litige et par deux lettres en dates des 17 décembre 2020 et 14 janvier 2021, a saisi la CAF d'Ille-et-Vilaine à fin de contestation de l'indu de RSA mis à sa charge et a ainsi pu exposer tous les arguments voulus à l'encontre de la décision initiale précitée du 18 novembre 2020. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à la CAF ni au conseil départemental de communiquer à l'allocataire les conclusions de l'enquête établie par l'agent assermenté à l'issue d'un contrôle de situation, lesquelles figurent au demeurant dans la décision en litige et ont été de surcroît communiquées à l'intéressé dans le cadre de la présente instance. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne saurait être utilement invoqué à l'encontre d'une décision qui n'émane pas d'un tribunal au sens de ces stipulations. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active définis à la section 3 du présent chapitre. Il est aussi informé des droits auxquels il peut prétendre au regard des revenus que les membres de son foyer tirent de leur activité professionnelle et de l'évolution prévisible de ses revenus en cas de retour à l'activité ". Aux termes de l'article R. 262-84 du même code : " Les organismes qui assurent le service de la prestation sont tenus, lors de la notification de la décision d'attribution de l'allocation de revenu de solidarité active, d'informer le bénéficiaire de l'ensemble des droits et des obligations qui s'attachent à cette qualité ". Aux termes enfin de l'article L.583-1 du code de sécurité sociale : " Les organismes débiteurs des prestations familiales et leur personnel sont au service des allocataires. Ils sont tenus en particulier : 1°) d'assurer l'information des allocataires sur la nature et l'étendue de leurs droits ; 2°) de leur prêter concours pour l'établissement des demandes dont la satisfaction leur incombe. Ils peuvent également apporter leur concours à leurs allocataires en fin de droit pour l'établissement de dossiers formulés au titre d'autres régimes de protection sociale auprès d'autres organismes ".
12. En l'espèce, les dispositions précitées ne sauraient être invoquées contre une décision de récupération de sommes indûment perçues au titre du RSA alors, au surplus, que le requérant, qui ne conteste d'ailleurs pas avoir perçu et omis de déclarer à la CAF les sommes prises en compte à fin de rectification de ses droits, n'établit en tout état de cause nullement que ces indus résulteraient d'un défaut de délivrance d'informations relatives à ses obligations déclaratives, ou de manquements de la part de la CAF ou du département, M. B ayant au demeurant, ponctuellement, déclaré correctement ses revenus.
13. En septième lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. () ".
14. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a déposé une demande de RSA le 13 juillet 2017, déclarant être sans activité depuis le 21 juin 2017 et inscrit comme demandeur d'emploi depuis le mois de juillet suivant, situation confirmée à la CAF le 6 août 2018 en réponse à un contrôle de sa situation. L'instruction révèle par ailleurs que M. B a systématiquement déclaré n'avoir perçu aucune ressource lors de ses déclarations de ressources trimestrielles en dates des 1er avril 2018 (trimestre de référence de janvier 2018 à mars 2018), 11 juillet 2018 (avril 2018 - juin 2018), 2 octobre 2018 (juillet 2018 - septembre 2018), 3 janvier 2019 (octobre 2018 - décembre 2018), 4 avril 2019 (janvier 2019 - mars 2019) et 9 juillet 2019 (avril 2019 - juin 2019) et qu'il a, par une déclaration du 10 octobre 2019, informé son organisme gestionnaire d'une activité salariée entreprise à compter du 3 décembre 2018. L'instruction révèle toutefois que M. B, d'une part, n'a pas été sans activité ni ressources durant le reste de l'année 2018 et qu'il a en réalité exercé une activité salariée aux mois de janvier 2018 et février 2018, ainsi que des mois de juin 2018 à novembre 2018 inclus, déclarant par suite aux services fiscaux la somme totale de 13 647 euros, et que s'il a déclaré d'autre part à la CAF au titre de l'année 2019 les sommes perçues à compter du mois de juillet 2019 pour un montant total de 6 803 euros, M. B a en réalité exercé une activité rémunérée durant toute l'année 2019 et déclaré à ce titre aux services fiscaux la somme totale de 24 664 euros. À cet égard, l'intéressé n'apporte aucune explication ni aucun élément susceptibles de pourvoir expliquer ses omissions de déclaration, et doit en conséquence être regardé comme ayant régulièrement renseigné de fausses déclarations afin de percevoir indûment le RSA. Par suite, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine ne pouvait mettre en œuvre la prescription biennale prévue par l'article L. 262-45 précité et le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :
15. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (). ".
16. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. Si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
17. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 14 que le requérant n'est pas fondé à demander une remise gracieuse de sa dette.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
G. DescombesLa greffière,
Signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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