mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2101849 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LES CONSEILS D'ENTREPRISES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, et des mémoires enregistrés les 30 décembre 2021, 14 septembre 2023, 9 novembre 2023 et 28 novembre 2023, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Complexe aquatique de Bretagne orientale, représentée par Me Rocaboy, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations de taxe sur les salaires qu'elle a acquittées, au titre des années 2015 à 2017, et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration a méconnu l'article 231 du code général des impôts ainsi que la doctrine administrative figurant au BOI-TPS-TS-20-30 n°240 dès lors que, pour déterminer le rapport d'assujettissement à la taxe sur les salaires au titre de chacune des années 2015 à 2017, elle a retenu l'exercice se clôturant au 31 juillet comme période de référence au lieu de l'année civile ;
- le calcul du rapport d'assujettissement a été effectué avec des proportions erronées compte tenu d'un nombre de mois inexacts par période de référence ;
- la proposition de rectification du 18 juillet 2018 n'a pas valablement interrompu le cours de la prescription ;
- la demande d'information et de pièces justificatives du 25 janvier 2021 auprès de la requérante est insusceptible de régulariser le redressement dès lors que l'administration avait la possibilité de faire usage du droit de communication prévu à l'article L. 81 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, et des mémoires enregistrés les 28 août 2023, 25 septembre 2023 et 28 novembre 2023, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale a pour objet la gestion et l'animation d'un complexe aquatique et l'exploitation d'un centre esthétique et de soins du corps à Pontivy. La société est redevable de la taxe sur la valeur ajoutée pour les opérations qu'elle réalise en application des dispositions de l'article 256 du code général des impôts. Par une proposition de rectification du 18 juillet 2018, l'administration a imposé à la taxe sur les salaires les rémunérations perçues par les salariés au titre des années 2015 à 2017 en application de l'article 231 du code général des impôts. Par une réclamation du 29 décembre 2020, l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale a contesté les impositions mises à sa charge. Sa réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet le 22 mars 2021. Par la présente requête, l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale demande au tribunal la décharge des cotisations de taxe sur les salaires qu'elle a acquittées, au titre des années 2015 à 2017, et des pénalités correspondantes.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 231 du code général des impôts dans sa rédaction alors applicable : " 1. Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l'exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l'entremise de l'employeur, sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, sans qu'il soit toutefois fait application du deuxième alinéa du I et du 6° du II du même article. Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés (), qui paient ces rémunérations lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée en totalité ou sur 90 p. 100 au moins de son montant, ainsi que le chiffre d'affaires total mentionné au dénominateur du rapport s'entendent du total des recettes et autres produits, y compris ceux correspondant à des opérations qui n'entrent pas dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée mentionné au numérateur du rapport s'entend du total des recettes et autres produits qui n'ont pas ouvert droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée. ".
3. Il résulte de l'instruction que le rapport d'assujettissement, servant à calculer l'assiette de la taxe sur les salaires, a été calculé s'agissant des salaires respectivement versés par l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale en 2015, 2016 et 2017, à partir des liasses fiscales déposées par la société respectivement au titre des exercices clos les 31 juillet 2014, 31 juillet 2015 et 31 juillet 2016. La société requérante soutient, en substance, que le rapport d'assujettissement retenu, de 37 %, pour chacune des années 2015 à 2017 est sous-évalué et induit donc un taux d'assujettissement surévalué. Toutefois, elle n'a pas répondu à l'administration, qui lui avait demandé des données précises, par année civile, en vue de la détermination du rapport d'assujettissement, ni n'a produit devant le tribunal de quelconques éléments factuels, de nature à permettre de calculer ce rapport suivant la méthodologie qu'elle revendique. Ainsi, elle ne démontre pas que le rapport d'assujettissement retenu pour chacune des années litigieuses, de 37 %, serait erroné, alors qu'il lui incombe d'établir l'exagération des impositions en litige, en vertu des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, dès lors qu'elle a omis de présenter ses observations sur la proposition de rectification dans le délai de 30 jours, non prorogé, courant à compter du 19 juillet 2018, date de notification de la proposition de rectification.
4. En deuxième lieu, la société requérante soutient que le rapport d'assujettissement aurait dû être calculé en retenant comme période de référence l'année civile précédant celle du paiement des rémunérations et non pas les exercices fiscaux, lesquels sont clôturés au 31 juillet de chaque année. Toutefois, si l'administration a procédé à la détermination du rapport d'assujettissement au vu de données agrégées par exercice et non par année civile, c'est au seul motif que la société requérante ne lui a fourni des données permettant de réaliser ce calcul par année civile à aucun stade de la procédure. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à prétendre que l'administration aurait méconnu les dispositions du 1 de l'article 231 du code général des impôts. Elle n'est par ailleurs pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des prévisions du paragraphe n° 240 de la documentation administrative BOI-TPS-TS-20-30, qui ne comporte aucune interprétation de cet article du code général des impôts.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ". Aux termes de l'article L. 169 A du même code : " Le délai de reprise prévu au premier alinéa de l'article L. 169 s'applique également : / () 6° A la taxe sur les salaires () ". Aux termes de l'article L. 189 du même code : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun. ".
6. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 18 juillet 2018, relative à la taxe sur les salaires au titre des années 2015 à 2017, dont il ressort de la réponse aux observations du contribuable et dont il n'est pas contesté, qu'elle a été notifiée le jour suivant, a interrompu le cours de la prescription. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'expiration du délai de reprise doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin de décharge doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Complexe aquatique de Bretagne orientale et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026