lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102091 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | MSS 5ème chambre GOURMELON Virginie |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS HORIZONS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 avril 2021 et 11 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Luet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre de pension n° B 21 016359 D édicté par arrêté du 22 février 2021 ainsi que le titre de pension n° B 21 042589 X édicté par arrêté du 21 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre au service des retraites de l'Etat de réétudier ses droits à pension et de rectifier son titre de pension en conséquence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sur les fins de non-recevoir opposées en défense ; la circonstance qu'un nouveau titre de pension ait été édicté postérieurement à l'introduction de son recours ne rend pas celui-ci irrecevable ; sa requête est suffisamment motivée ;
- le montant de sa pension est entachée de plusieurs erreurs : alors qu'elle est reconnue travailleur handicapé à 80%, son temps partiel n'a pas été prise en compte à temps plein ; le taux de 73,125% retenu par le service des retraites de l'Etat au titre du minimum garanti prévu par l'article L. 17 du code des pensions civiles et militaires de retraite n'est pas justifié et est erroné ; un taux de 77,5% aurait dû être retenu compte tenu de ses 23 années de service ; la somme de 109,19 euros retenue au titre du supplément de pension relatif à la nouvelle bonification n'est pas justifiée ; le taux de majoration de 43% retenu au titre de la majoration de pension due aux fonctionnaires handicapés n'est pas justifié ; sa pension devrait s'élever à tout le moins à 15 989,56 euros et non à 15 007,13 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 septembre 2021 et 5 juillet 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 mai et 2 août 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 10 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 22 février 2021, qui a été retiré en cours d'instance par l'arrêté du 21 juin 2021.
Par un courrier du 12 octobre 2022, M. A a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Par un courrier du 21 octobre 2022, le ministre des armées a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 février 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance a concédé à Mme A une pension de retraite d'un montant annuel brut de 14 902,99 euros. Cette dernière a, par une requête introduite le 22 avril 2021, demandé l'annulation de cette décision. Postérieurement à l'introduction de cette requête, un nouvel arrêté du 21 juin 2021 a fixé à 15 007,13 euros le montant brut annuel de la pension de retraite de Mme A, qui demande l'annulation de cette seconde décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
3. En premier lieu, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe général, que la décision arrêtant la pension civile de retraite d'un fonctionnaire de l'Etat devrait être motivée.
4. En deuxième lieu, s'il résulte de l'article 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite que, pour la constitution du droit à pension, les périodes de services accomplis à temps partiel sont décomptées comme des périodes de services à temps complet, cette assimilation à des périodes de services à temps plein ne s'applique que pour déterminer la durée d'assurance. En revanche, l'article 11 du même code précise que, pour la liquidation de la pension, qui dépend du nombre de trimestres liquidables, les périodes accomplies à temps partiel sont prises en compte à raison de la quotité accomplie. Ainsi, le moyen tiré de ce que le service des retraites de l'Etat aurait dû, pour la détermination du niveau de la pension de Mme A, assimiler les périodes accomplies à temps partiel à des périodes à temps plein doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Si le nombre de trimestres de durée d'assurance, telle que définie à l'article L. 14, est égal au nombre de trimestres nécessaire pour obtenir le pourcentage maximum de la pension mentionné à l'article L. 13 ou si l'intéressé a atteint l'âge ou la durée de services auxquels s'annule le coefficient de minoration prévu aux I et II de l'article L. 14 ou si la liquidation intervient soit pour les motifs prévus aux 2° à 5° du I de l'article L. 24, soit pour les motifs prévus aux 1° bis et 3° du II du même article, soit pour les motifs d'infirmité prévus aux 1° et 2° du même II, le montant de la pension ne peut être inférieur () / b) Lorsque la pension rémunère quinze années, à 57,5 % du montant défini à l'alinéa précédent, ce taux étant augmenté de 2,5 points par année supplémentaire de services effectifs de quinze à trente ans et de 0,5 point par année de services effectifs de trente à quarante ans () ". D'autre part, aux termes de l'article 12 du même code : " Aux services effectifs s'ajoutent, dans les conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, les bonifications ci-après () / b) Pour chacun de leurs enfants légitimes et de leurs enfants naturels nés antérieurement au 1er janvier 2004, pour chacun de leurs enfants dont l'adoption est antérieure au 1er janvier 2004 et, sous réserve qu'ils aient été élevés pendant neuf ans au moins avant leur vingt et unième anniversaire, pour chacun des autres enfants énumérés au II de l'article L. 18 dont la prise en charge a débuté antérieurement au 1er janvier 2004, les fonctionnaires et militaires bénéficient d'une bonification fixée à un an, qui s'ajoute aux services effectifs, à condition qu'ils aient interrompu ou réduit leur activité dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat () ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme A, admise à la retraite à titre anticipé en raison de son handicap en application du 5° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite, est éligible aux dispositions précitées instaurant un minimum garanti de pension. Le taux de 73,125% retenu par l'arrêté du 21 juin 2021 tient compte de la durée de services effectifs accomplis par la requérante, soit 21 ans, un mois et 23 jours. Si la requérante soutient qu'une durée de 23 ans un mois et 23 jours aurait dû être prise en compte, incluant les deux années de bonification accordées à cette dernière au titre des enfants qu'elle a élevés, il résulte des dispositions précitées de l'article 12 du code des pensions civiles et militaires de retraite que les bonifications accordées pour les enfants, prises en compte pour la détermination de la durée d'assurance mais ne peuvent être assimilées à des services effectifs au sens des dispositions précitées. Ainsi, Mme A n'établit pas que le taux de 73,125% retenu serait erroné.
7. En troisième et dernier lieu, Mme A, en se bornant à s'interroger sur le bien-fondé du taux de 43% retenu au titre de la majoration de pension due aux fonctionnaires handicapés, et sur le montant de pension retenu au titre de la nouvelle bonification indiciaire, ne démontre pas que ces éléments seraient erronés.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées. Enfin, compte tenu du rejet des conclusions dirigées contre cet arrêté, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 22 février 2021, retiré par l'arrêté du 21 juin 2021.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 février 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre des armées et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
V. C La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre des armées et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026