vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102126 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | MSS 4ème chambre Mme ALLEX |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXARMOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2021, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler son compte rendu d'entretien professionnel définitif établi au titre de l'année 2020 par le directeur du centre hospitalier (CH) des Pays de Morlaix ;
2°) d'enjoindre au CH des Pays de Morlaix de modifier son évaluation au titre de l'année 2020.
Il soutient que :
- l'évaluation est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa manière de servir ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2021, le CH des Pays de Morlaix représenté par la selarl Lexarmor conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article L. 774-1 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme A, magistrate pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Met, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 novembre 2020, M. B, employé par le CH des pays de Morlaix en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié exerçant les fonctions d'agent funéraire s'est vu notifier son évaluation au titre de l'année 2020. Le 13 novembre suivant il a saisi la commission administrative paritaire d'un recours contre cette notation. A la suite de cet avis, une nouvelle notation a été établie le 5 mars 2021 par le directeur de l'établissement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 du décret du 12 juin 2020 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière : " I. - L'entretien professionnel annuel vise à analyser en commun le bilan des actions menées pendant l'année écoulée et à fixer les objectifs prioritaires pour l'année à venir. Il permet également à l'agent de s'exprimer sur l'exercice de ses fonctions et son environnement professionnel ainsi que le cas échéant d'exprimer ses souhaits d'évolution de carrière. Pour cela, il porte notamment sur : 1° L'atteinte des objectifs qui lui ont été fixés lors de l'entretien professionnel de l'année précédente ou à l'occasion de sa prise de fonction lorsque celle-ci est intervenue dans l'année, en lien avec les conditions d'organisation et de fonctionnement de la structure dont il relève ; 2° Sa manière de servir ; () ". Aux termes de son article 5 : " Les critères à partir desquels la valeur professionnelle de l'agent est appréciée, au cours de cet entretien, sont fonction de la nature des missions qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé./Ces critères, fixés par décision de l'autorité investie du pouvoir de nomination après avis du comité social d'établissement, portent notamment sur : /1° Les résultats professionnels obtenus par l'agent et la réalisation des objectifs ; / 2° Les compétences et connaissances professionnelles et techniques ; / 3° La manière de servir de l'agent et ses qualités relationnelles ; / 4° La capacité d'expertise et, le cas échéant, la capacité d'encadrement ou à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. ". Aux termes de l'article 18 du même décret : " Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er janvier 2021 et s'appliquent aux entretiens professionnels conduits au titre de l'année 2020. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le 31 juillet 2020 M. B a bénéficié d'un entretien individuel pour son évaluation professionnelle au titre de l'année 2020. Cette évaluation qui lui a été notifiée le 4 novembre 2020 comporte l'attribution d'une note de 16,50 sur 25 et mentionne s'agissant des appréciations du chef de service : " Les connaissances et techniques professionnelles sont bien maîtrisées. Doit revoir son positionnement et son attitude envers la direction et appliquer en toute confiance les directives et protocoles établis par celle-ci. ".
4. Il ressort des termes d'un compte-rendu d'entretien du 14 avril 2020 qu'à cette date, M. B et les deux autres agents de la chambre mortuaire ont refusé d'appliquer les termes d'un protocole de l'établissement du 2 avril 2020 sur les modalités de présentation du corps d'un défunt à sa famille, au motif que ces modalités n'étaient pas conformes aux dispositions du décret du 1er avril 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire imposant la mise en bière immédiate, ce qui contrindiquant selon M. B une présentation du corps du défunt à la famille. Si le requérant, auquel il appartenait de se conformer aux instructions de son employeur et dont le caractère manifestement illégal n'est pas démontré, soutient qu'il n'a fait que notifier son désaccord à sa hiérarchie tout comme ses collègues, il ressort des termes du rapport précité que contrairement à ceux-ci, il a manifesté son opposition aux instructions données de manière parfois virulente. Compte tenu de ces éléments qui tiennent à la manière de servir de l'agent, le CH a pu, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ni de détournement de pouvoir procéder à l'évaluation litigieuse.
5. Il ressort de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le CH, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que le CH des Pays de Morlaix sollicite sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier des Pays de Morlaix sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier des Pays de Morlaix.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
La magistrate désignée
signé
A. ALa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102126
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026