vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102151 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BOIZARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 avril, le 12 août, le 27 décembre 2021 et le 30 mars 2023, M. et Mmes A, C et F G, agissant en leurs noms propres et en qualité de représentants légaux de M. B G, représentés par Me Cartron, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Redon (CHR) à leur verser la somme de 264 217,91 € ainsi qu'une rente annuelle viagère de 3 420 €, assortie des intérêts de droit et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du CHR la somme de 6 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Ils soutiennent que :
- sur la responsabilité : le CHR a commis un retard dans le diagnostic de nature à engager sa responsabilité pour faute ;
- cette faute est à l'origine d'un taux de perte de chance qui ne saurait être inférieur à 50 % ;
- sur les préjudices de la victime directe :
- en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
- s'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires : frais de déplacement : 438,40 € ; frais de médecin conseil : 960 € ; frais administratifs : 138,84 € ; frais d'assistance par tierce personne : 9 119,33 € ; perte de gains professionnels actuels : 41 395,06 € ;
- s'agissant des préjudices patrimoniaux permanents : frais de logement adapté : 50 € ; frais de véhicule adapté : 10 649,28 € ; frais d'assistance par tierce personne : rente annuelle viagère de 3 420 € à capitaliser ; incidence professionnelle : 30 000 € ;
- en ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires : déficit fonctionnel temporaire : 7 180 € ; souffrances endurées : 20 000 € ; préjudice esthétique temporaire : 8 000 € ;
- s'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents : déficit fonctionnel permanent : 60 600 € ; préjudice esthétique permanent : 8 000 € ; préjudice sexuel : 15 000 € ; préjudice d'agrément : 12 000 € ;
- sur les préjudices des victimes indirectes :
- en ce qui concerne Mme C G : frais de déplacement : 4 687,80 € ; préjudice moral : 20 000 € ;
- en ce qui concerne M. et Mme B et F G : préjudice moral : 8 000 € chacun ;
- ces sommes porteront intérêts à compter du 26 janvier 2021, date de la demande indemnitaire préalable, et seront capitalisées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 juin et le 27 octobre 2021, le 11 février 2022, le 18 avril et le 2 mai 2023, le CHR, représenté par Me Boizard, conclut à la réduction à de plus justes proportions des sommes demandées par les requérants.
Il fait valoir que :
- il ne conteste pas la faute invoquée par les requérants ;
- le service d'aide médicale urgente (SMUR) rattaché au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Rennes a commis une faute de nature à limiter sa propre responsabilité ;
- la perte de chance subie par le requérant doit être répartie de la manière suivante : CHR : 40 % ; CHRU de Rennes : 10 % ;
- il y a lieu de réduire à de plus justes proportions les préjudices suivants, avant application du taux de perte de chance : frais de véhicule adapté : 4 050,96 € ; frais d'assistance par tierce personne permanent : 75 600 € ; déficit fonctionnel temporaire : 6 462 € ; souffrances endurées : 10 000 € ; préjudice esthétique : 4 000 € ; déficit fonctionnel permanent : 45 000 € ; préjudice sexuel : 3 500 € ; préjudice d'agrément : 5 000 € ; préjudice moral de Mme C G : 5 000 € ; préjudice moral de M. et Mme B et F G : 3 000 € chacun ;
- il y a lieu de rejeter les postes de préjudices suivants : frais d'assistance par tierce personne temporaire ; perte de gains professionnels actuels ; frais de déplacement de Mme C G ;
- sur les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Ille-et-Vilaine :
- la réalité des créances invoquées n'est pas démontrée ;
- il n'y a pas lieu d'appliquer de majoration sur les dépenses de santé actuelles et futures.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 avril et le 7 juin 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, le CHRU de Rennes, représenté par Me Chainay, conclut à sa mise hors de cause et à la mise à la charge du CHR de la somme de 1 500 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il fait valoir que les conditions d'engagement de sa responsabilité pour faute ne sont pas réunies.
Par des mémoires, enregistrés le 17 mai et le 12 juillet 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Ille-et-Vilaine demande au tribunal de condamner le CH à lui verser, outre l'indemnité forfaitaire de gestion, la somme de 579 666 € au titre de ses débours.
Elle soutient qu'en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, elle est fondée à intervenir, par subrogation dans les droits de la victime, pour obtenir le remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de M. A G, qui sont en rapport avec sa prise en charge.
Vu :
- l'ordonnance du 2 juin 2020 par laquelle le président du tribunal a taxé les honoraires de l'expert à la somme de 2 500 € ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dayon,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- les observations de Me Cahu, représentant les consorts G, et celles de Me Warin, représentant le centre hospitalier intercommunal Redon Carentoir et de Me Chainay représentant le centre hospitalier régional universitaire de Rennes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A G, alors âgé de 50 ans, a été admis au service des urgences du CHR le 15 octobre 2017 puis transféré au CHRU de Rennes le 16 octobre 2017 où il a été hospitalisé jusqu'au 27 octobre 2017 dans le service de chirurgie cardiaque puis au service de réanimation chirurgicale jusqu'au 13 décembre 2017. Le 26 décembre 2017, M. G a quitté le CHRU de Rennes et été pris en charge au centre de médecine physique et de réadaptation Saint-Hélier jusqu'au 16 mars 2018. S'interrogeant sur les conditions de sa prise en charge par le CHR, M. G a saisi le juge des référés du tribunal, qui a ordonné la réalisation d'une expertise confiée au docteur D, spécialiste en chirurgie thoracique et vasculaire. Le rapport a été déposé le 18 mars 2020. Par un courrier daté du 26 janvier 2021, M. et Mme G ont adressé au CHR une demande tendant à l'indemnisation de leurs préjudices ainsi que de leurs enfants. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. et Mme G demandent au tribunal de condamner le CHR à les indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge de M. G par cet établissement.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Eu égard à la collaboration étroite qui existe entre le service d'aide médicale d'urgence (SAMU), les services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) et les services d'accueil et de traitement des urgences, la victime d'une faute commise à l'occasion du transfert d'un patient d'un établissement de santé vers un autre peut, lorsque les services impliqués dépendent d'établissements de santé différents, rechercher la responsabilité de l'un seulement de ces établissements ou leur responsabilité solidaire, sans préjudice des appels en garantie que peuvent former l'un contre l'autre les établissements ayant participé à la prise en charge du patient.
4. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du Dr D que M. G a été victime le 15 octobre 2017 vers 23 heures de fortes douleurs thoraciques irradiant dans le cou, ainsi que dans la fosse lombaire gauche, le haut de la fesse puis l'ensemble de la jambe gauche, ce qui a justifié son admission au service des urgences du CHR à 23h30. Par la suite, M. G a été examiné par un médecin du service qui a posé un diagnostic probable de sciatique et a prescrit la réalisation d'un scanner lombaire le lendemain au regard des douleurs paralysantes dont celui-ci faisait état au membre inférieur gauche. Il résulte également de l'instruction que lors d'un nouvel examen le 16 octobre 2017 à 9h45, la paralysie et l'absence de pouls du membre inférieur gauche de M. G ont été constatés par un médecin urgentiste qui a demandé la réalisation d'un scanner dont les résultats ont permis de diagnostiquer une dissection aortique à 12h30. Il résulte toutefois de l'instruction que le diagnostic de dissection aortique, caractérisé par de fortes douleurs thoraciques et migratrices ainsi que l'absence de pouls à un membre, aurait dû évoqué dès l'admission de M. G compte tenu des symptômes présentés par celui-ci à son arrivée au CHR. Dans ces conditions, en procédant au diagnostic de la dissection aortique le 16 octobre 2017 à 12h30, le CHR a entaché sa prise en charge de M. G d'un retard fautif de nature à engager sa responsabilité.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'à la suite du diagnostic de dissection aortique, le CHR a contacté à 13h00 le CHRU de Rennes aux fins de procéder au transfert de M. G en service de chirurgie cardiaque. Il résulte de l'instruction que le CHRU de Rennes a sollicité le SAMU afin de procéder au transfert et qu'un véhicule du SMUR a quitté le CHRU de Rennes à 14h25. Ce véhicule est arrivé au CHR à 14h44 puis est reparti en direction du CHRU de Rennes avec M. G à 14h50. Il résulte de l'instruction que M. G a été admis au CHRU de Rennes à 15h20 afin d'y subir une intervention chirurgicale débutée à 16h00 et dans le cadre de laquelle la remise en charge du membre inférieur gauche a été réalisé à 18h30. Il résulte de l'instruction que si le véhicule du SMUR a quitté le CHRU de Rennes 1h25 après la prise en contact entre les deux établissements, ce délai de traitement et de mise en œuvre de la demande de transfert présente, en l'absence de justifications quant à ce délai, un caractère anormalement long compte tenu de l'urgence de la situation médicale que constitue une dissection aortique. Par suite, le CHRU de Rennes, dont dépend le SAMU d'Ille-et-Vilaine, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne la perte de chance :
6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
7. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence de faute dans le diagnostic de la dissection aortique, M. G aurait pu bénéficier d'une remise en charge artérielle le 16 octobre à 9h00, soit 10h00 après l'apparition de la dissection aortique et de l'ischémie du membre inférieur gauche. A ce titre, il résulte de l'instruction que les chances de récupération au membre atteinte par l'ischémie peuvent être complètes en cas de remise en charge dans un délai inférieur à 6 heures, partielles en cas de délai compris entre 6 et 12 heures, et quasi nulles au-delà d'un délai de 12 heures. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la dissection aortique a causé une ischémie du membre inférieur gauche dont la remise en charge artérielle n'a été réalisée que le 16 octobre 2017 à 18h30 au CHRU de Rennes, soit 19 heures 30 après le diagnostic de dissection aortique. Par ailleurs, si le CHR fait valoir que le retard fautif dans le transfert de M. G imputable au CHRU de Rennes a contribué au retard dans la remise en charge artérielle, il résulte de l'instruction que lors de la prise de contact avec le CHRU de Rennes le 16 octobre à 13h00, la dissection aortique était apparue depuis 14 heures de sorte que M. G avait d'ores et déjà perdu la chance de bénéficier d'une récupération partielle, limitée à 12 heures d'ischémie. Par suite, la faute commise par le CHR a fait perdre à M. G une chance d'obtenir une amélioration de son état de santé qu'il y a lieu d'évaluer à 50 %.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :
S'agissant du cadre juridique
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, que le législateur a entendu que la priorité accordée à la victime sur la caisse pour obtenir le versement à son profit des indemnités mises à la charge du tiers responsable, dans la limite de la part du dommage qui n'a pas été réparée par des prestations, s'applique, notamment, lorsque le tiers n'est déclaré responsable que d'une partie des conséquences dommageables de l'accident. Dans ce cas, l'indemnité mise à la charge du tiers, qui correspond à une partie des conséquences dommageables de l'accident, doit être allouée à la victime tant que le total des prestations dont elle a bénéficié et de la somme qui lui est accordée par le juge ne répare pas l'intégralité du préjudice qu'elle a subi. Quand cette réparation est effectuée, le solde de l'indemnité doit, le cas échéant, être alloué à la caisse. Toutefois, le respect de cette règle s'apprécie poste de préjudice par poste de préjudice, puisqu'en vertu du troisième alinéa, le recours des caisses s'exerce dans ce cadre.
S'agissant des préjudices patrimoniaux
Quant aux préjudices patrimoniaux temporaires
9. En premier lieu, M. G produit à l'instance une note d'honoraires de son médecin-conseil, l'ayant assisté dans le cadre de la procédure d'expertise. Ces frais, qui sont évalués à la somme totale de 960 €, ont été réglés par M. G. Par suite, il y a lieu de mettre cette somme à la charge du CHR sans application du taux de perte de chance, les frais étant entièrement imputables au dommage.
10. En deuxième lieu, M. G justifie du paiement de la somme totale de 136,84 € au titre des frais de communication du dossier médical. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge du CHR sans application du taux de perte de chance, les frais étant entièrement imputables au dommage.
11. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. G a dû effectuer des déplacements en lien avec son dommage et les opérations d'expertise. Ainsi, M. G est fondé à obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'il a exposés le 11 février 2020 pour se rendre à Versailles pour les opérations d'expertise. Compte tenu de la distance qui sépare son lieu de domicile de ces lieux, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 5 cv, il y a lieu d'évaluer à 438 € le montant des déplacements justifiés par les réunions d'expertise, à laquelle il n'y a pas lieu d'appliquer le taux de perte de chance dès lors qu'ils résultent entièrement de la faute commise par l'établissement hospitalier.
12. En quatrième lieu, l'expert a retenu un besoin en assistance par tierce personne à raison de la faute commise par le CHR pour une durée de deux heures par jour du 17 mars au 29 juin 2018 puis de quatre heures par semaine du 30 juin 2018 au 3 septembre 2019, date de consolidation. Dans ces conditions, le besoin en assistance par tierce personne non spécialisée, qu'il y a lieu d'évaluer à 2h par jour tous les jours du 17 mars au 29 juin 2018 puis à 4h par semaine du 30 juin au 3 septembre 2019, date de consolidation, peut être évalué, par application d'un taux horaire de 14 € tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés, à la somme totale de 7 219,59 €, soit la somme de 3 609,80 € après application du taux de perte de chance.
13. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que M. G avait procédé à la rupture conventionnelle de son contrat à durée indéterminée de chef des ventes au sein d'un concessionnaire automobile et perçu un solde de tout compte le 30 septembre 2017. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que sans la faute commise par le CHR, M. G aurait pu reprendre une activité professionnelle 6 mois après son hospitalisation pour dissection aortique, soit le 15 avril 2018. La perte de gains professionnels imputable à la faute concerne donc la période du 15 avril 2018 au 3 septembre 2019, date de consolidation. Si M. G soutient qu'il a droit à une indemnité égale au salaire qu'il percevait avant sa rupture conventionnelle au motif qu'il pouvait démarrer une activité de reprise économique tout en percevant l'allocation d'aide de retour à l'emploi dans la limite du montant de son précédent salaire, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer que l'activité projetée aurait permis à M. G un revenu pour la période précitée.
14. Il résulte de l'instruction, notamment du courrier du 16 novembre 2017 de Pôle Emploi que M. G aurait dû percevoir, au titre de l'allocation retour à l'emploi versée à la suite de sa rupture conventionnelle, une allocation journalière d'un montant de 107,71 € jusqu'au 30 septembre 2019. Au vu des avis d'imposition des années 2018 et 2019, les revenus perçus par M. G peuvent être fixés à 51 721,98 €, incluant les indemnités journalières versées par la CPAM du Finistère au cours de cette période, qui se sont élevés à 26 761,80 €. M. E, qui aurait dû percevoir au cours de la période considérée la somme de 65 810,81 €, a donc subi une perte de revenus théorique de 14 088,83 €. Le montant mis à la charge du CHR est donc de 40 850,53 € (26 761,80 + 14 088,83), soit 20 425,32 € après application du taux de perte de chance. Par application du principe de priorité prévu par l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale, il y a lieu de condamner le CHR à verser à M. G la somme de 14 088,83 €.
15. En sixième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que l'état de santé de M. G consécutif à la faute du CHR a requis l'installation d'un siège de douche à son domicile. Il résulte de l'instruction que M. G produit une facture acquittée du 16 mars 2018 pour un montant de 50 €. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de M. G sur ce point et de condamner le CHR à lui verser cette somme après application du taux de perte de chance, soit la somme de 25 €.
16. En septième lieu, d'une part il résulte de l'instruction que M. G a réalisé une évaluation de son aptitude à la conduite le 5 juin 2018. Il y a lieu de considérer que cette évaluation présente un lien avec le dommage subi par M. G et imputable à la faute commise par le CHR. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge de l'établissement la somme de 44 € justifiée par facture du 28 mai 2018, soit à la somme de 22 € après application du taux de perte de chance. D'autre part, M. G sollicite l'indemnisation des frais de location de véhicule, justifiés par factures du 5 septembre 2018. Ces frais présentent une utilité compte tenu de l'évolution de l'état de santé de M. G imputable à la faute du CHR, et notamment le déficit fonctionnel du membre inférieur gauche qui requiert l'usage d'un véhicule automatique. Par suite, il sera mis à la charge du CHR les frais de location après application du taux de perte de chance, soit la somme de 539,03 €.
Quant aux préjudices patrimoniaux permanents
17. En premier lieu, il résulte de l'expertise et de ce qui a été dit au point 12 que M. G a subi une perte de gains professionnels imputable à la faute commise par le CHR du 3 septembre 2019, date de consolidation, au 30 septembre 2019, veille du départ de la pension d'invalidité d'un montant annuel de 11 400,65 €. Il résulte de l'instruction que M. G aurait dû percevoir, au titre de l'allocation de retour à l'emploi versée à la suite de sa rupture conventionnelle, une allocation journalière d'un montant de 107,71 €, soit la somme totale pour la période précitée de 3 015,88 €. Il résulte de l'instruction, au vu de l'avis d'imposition de l'année 2019, que M. G a perçu au cours de cette période la somme de 2 460,24 €, incluant les indemnités journalières versées par la CPAM du Finistère au cours de cette période, qui se sont élevés à 1 226,40 €. M. E a donc subi une perte de revenus théorique de 555,64 €. Le montant mis à la charge du CHR est donc de 1 782,04 € (555,64 + 1 226,40), soit 891,02 € après application du taux de perte de chance. Par application du principe de priorité prévu par l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale, il y a lieu de condamner le CHR à verser à M. G la somme de 555,64 €.
18. En deuxième lieu, l'incidence professionnelle a pour objet d'indemniser les préjudices périphériques du dommage touchant à la sphère professionnelle, comme le préjudice subi par la victime en raison de sa dévalorisation sur le marché du travail, de sa perte d'une chance professionnelle ou de l'augmentation de la pénibilité de l'emploi qu'elle occupe imputable au dommage, ou encore au préjudice subi qui a trait à sa nécessité de devoir abandonner la profession qu'elle exerçait avant le dommage au profit d'une autre qu'elle a dû choisir en raison de la survenance de son handicap.
19. Il résulte de l'instruction que M. G exerçait jusqu'au 30 septembre 2017 les fonctions de chef de vente au sein d'un concessionnaire automobile et qu'il avait sollicité la rupture anticipée de son contrat de travail afin de créer une entreprise. A la suite de la dissection aortique dont a été victime M. G et de la faute commise par le CHR dans sa prise en charge, celui-ci a abandonné son projet de création d'entreprise, s'est reconverti dans la formation et s'est vu reconnaître le statut de travailleur handicapé au mois d'octobre 2019. Dans ces conditions, compte tenu l'abandon de son projet de création d'entreprise et de sa dévalorisation sur le marché du travail, il sera fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle subie par M. G en l'évaluant à la somme de 5 000 €, soit 2 500 € après application du taux de perte de chance.
20. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le déficit fonctionnel au membre inférieur gauche de M. G imputable à la faute commise par le CHR nécessite l'usage d'un véhicule à boîte automatique, dont le surcoût peut être évalué à 1 500 € tous les 7 ans, soit un coût annuel de 107 € après application du taux de perte de chance. Compte tenu de l'âge de M. G à la date du présent jugement, soit 56 ans et du coefficient de capitalisation viagère de 26,031 issu du barème de capitalisation de la Gazette du Palais 2022, il serai fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant le CHR à verser à la victime un capital de 2 800 €.
21. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. G nécessite une assistance par tierce personne à raison de la faute commise par le CHR pour une durée de quatre heures par semaine. D'une part, pour la période du 3 septembre 2019, date de consolidation, au présent jugement, le besoin en assistance par tierce personne peut être évalué, par application d'un taux horaire de 14 € tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés, à la somme totale de 12 678,31 €, soit la somme de 6 339,16 € après application du taux de perte de chance
22. D'autre part, pour la période à compter du présent jugement, le besoin d'une assistance à tierce personne peut être évalué à quatre heures par semaine à titre viager, soit par application des modalités de calcul précisées au point précédent à la somme totale de 3 724,48 € par an. Par application du coefficient de capitalisation viagère de 26,031 issu du barème publié par la Gazette du Palais pour l'année 2022, les besoins en assistance par tierce personne pour la période postérieure au jugement s'élèvent à la somme de 96 951,94 €, soit 48 475,97 € après application du taux de perte de chance.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires
23. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. G a subi un déficit fonctionnel temporaire strictement imputable à la faute du CHR total du 1er février au 16 mars 2018, de classe IV du 17 mars au 29 juin 2018 et de classe II du 30 juin 2018 au 3 septembre 2019, date de consolidation. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 4 610 €, soit 2 305 € après application du taux de perte de chance.
24. En deuxième lieu, les souffrances strictement imputables à la faute commise par le CHR ont été évaluées par l'expert à 4,5 sur une échelle de 0 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 10 000 €, soit 5 000 € après application du taux de perte de chance.
25. En troisième lieu, le préjudice esthétique temporaire strictement imputables à la faute commise par le CHRU de Rennes a été évalué par l'expert à 3,5 sur une échelle de 0 à 7 compte tenu de la modification de l'image corporelle liée à la démarche. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 €, soit 1 500 € après application du taux de perte de chance.
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents
26. En premier lieu, il résulte du rapport d'expertise que M. G reste affecté d'un déficit fonctionnel permanent strictement imputable à la faute commise par le CHR évalué à 30 % compte tenu des troubles de la mobilité. En conséquence, eu égard à l'âge du requérant à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre en l'évaluant à la somme de 50 000 €, soit 25 000 € après application du taux de perte de chance.
27. En deuxième lieu, le préjudice esthétique permanent strictement imputables à la faute commise par le CHRU de Rennes a été évalué par l'expert à 3,5 sur une échelle de 0 à 7 compte tenu de la modification de l'image corporelle liée à la démarche. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 000 €, soit 3 000 € après application du taux de perte de chance.
28. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que la faute commise par le CHR a entrainé une diminution de la libido et une altération de la vie sexuelle. Il sera fait une juste appréciation du préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 €, soit 1 000 € après application du taux de perte de chance.
29. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que si M. G produit des photos attestant de sa pratique des voyages avant sa prise en charge par le CHR, ces éléments ne démontrent pas l'existence d'un préjudice d'agrément non indemnisé dans le cadre du déficit fonctionnel permanent. Par suite, cette demande sera rejetée.
En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :
S'agissant de Mme C G
30. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise qu'en l'absence de faute commise par le CHR dans le diagnostic de la dissection aortique dont a été victime M. G, celui-ci aurait subi une hospitalisation de deux mois au CHRU de Rennes puis une hospitalisation de 45 jours en centre de réadaptation fonctionnelle. Dans ces conditions, si Mme C G a dû effectuer des déplacements en lien avec l'évolution de l'état de santé de son époux, seuls les déplacements postérieurs au 1er février 2018 présentent un lien avec le dommage de M. G imputable à la faute du CHR. Ainsi, Mme G est fondée à obtenir le remboursement des frais de déplacement qu'elle a exposés entre le 14 février et le 24 septembre 2018 pour se rendre au centre St-Hélier à deux reprises et au CHRU de Rennes à trois reprises. Compte tenu de la distance qui sépare son lieu de domicile de ces lieux, ainsi que du barème kilométrique applicable pour un véhicule de 7 cv, il y a lieu d'évaluer à 400 €, soit 200 € après application du taux de perte de chance, le montant de ses frais de déplacement.
31. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme G en l'évaluant à la somme de 3 000 €, soit 1 500 € après application du taux de perte de chance.
S'agissant de M. et Mme B et F G
32. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. et Mme G, enfant de la victime directe, en l'évaluant à la somme de 2 000 €, soit 1 000 € chacun après application du taux de perte de chance.
Sur les demandes de la CPAM :
En ce qui concerne les préjudices avant consolidation :
33. En premier lieu, la CPAM d'Ille-et-Vilaine, justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, du montant des débours qu'elle a acquittés en lien avec la faute imputable au CHR comme suit : 4 565,04 € de frais médicaux, 1 896,10 € de frais pharmaceutiques, 2 509,79 € de frais d'appareillage, 11 528,64 € de frais de transport. Il sera fait droit à ces demandes. En outre, il résulte de l'instruction que si la CPAM sollicite l'indemnisation des frais hospitaliers pour un montant total de 59 474,37 € pour les périodes du 15 et 16 octobre 2017, du 16 octobre au 25 décembre 2017 et du 19 mars au 26 novembre 2018, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise que seules les hospitalisations postérieures au 1er février 2018 sont imputables aux fautes du CHR. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge du CHR les frais hospitaliers relatifs à la seule période du 19 mars au 26 novembre 2018, justifiés par le médecin conseil de l'assurance maladie à la somme de 9 939,03 €. Par suite, il sera mis à la charge du CHR la somme totale de 30 438,60 €, soit 15 219,30 € après application du taux de perte de chance.
34. En deuxième lieu, la CPAM d'Ille-et-Vilaine, justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, d'un montant de 29 740,20 € d'indemnités journalières. Il résulte de ce qui a été dit au point 14 qu'il y a lieu, par application du principe de priorité, de condamner le CHR à verser à la CPAM d'Ille-et-Vilaine le reliquat de la perte de gains professionnels, soit la somme de 6 336,49 € (20 425,32 - 14 088,83).
En ce qui concerne les préjudices après consolidation :
35. Le remboursement à la caisse par le tiers responsable des prestations qu'elle sera amenée à verser à l'avenir, de manière certaine, prend normalement la forme du versement d'une rente. Il ne peut être mis à la charge du responsable sous la forme du versement immédiat d'un capital représentatif qu'avec son accord.
36. En premier lieu, la CPAM d'Ille-et-Vilaine, justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, d'un montant de 29 740,20 € d'indemnités journalières. Il résulte de ce qui a été dit au point 17 qu'il y a lieu, par application du principe de priorité, de condamner le CHR à verser à la CPAM d'Ille-et-Vilaine le reliquat de la perte de gains professionnels pour la période postérieure à la date de consolidation, soit la somme de 335,38 € (891,02 - 555,64).
37. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de M. G requiert la réalisation de deux séance de kinésithérapie pour la période postérieure à la date de consolidation. D'une part, pour la période de la date de consolidation à la date du jugement, la CPAM d'Ille-et-Vilaine justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, d'un montant de 16,125 € par consultation, soit une somme totale pour la période de 6 468,43 €, soit 3 234,21 € après application du taux de perte de chance.
38. D'autre part, pour la période postérieure au jugement, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation du médecin conseil de l'assurance maladie que le montant de frais de kinésithérapie s'élève à la somme annuelle de 1 681,81 €. Par suite, compte tenu du taux de perte de chance, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier la rente annuelle de 840,91 € à verser à la CPAM d'Ille-et-Vilaine. Cette rente sera revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
39. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de M. G imputable à la faute du CHR requiert des chaussures orthopédiques dont le renouvellement doit être opéré chaque année. La CPAM d'Ille-et-Vilaine justifie, par une attestation du médecin conseil de l'assurance maladie, d'un montant unitaire de 808,94 €. D'une part, pour la période de la date de consolidation à la date du jugement, il y a lieu de mettre à la charge du CHR, compte tenu des sommes et fréquence de renouvellement précitées la somme de 3 111,65 €, soit 1 555,82 € après application du taux de perte de chance.
40. D'autre part, pour la période postérieure au jugement, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation du médecin conseil de l'assurance maladie que les frais relatifs au renouvellement des chaussures orthopédiques s'élèvent à la somme annuelle de 808,94 €. Par suite, compte tenu du taux de perte de chance, il y a lieu de mettre à la charge du CHR la rente annuelle de 404,47 € à verser à la CPAM d'Ille-et-Vilaine. Cette rente sera revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
41. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que la dégradation de l'état de santé de M. G imputable aux fautes commises par le CHR a justifié la délivrance d'une pension d'invalidité à compter du 1er octobre 2019 d'un montant annuel de 10 910,40 € justifié par l'attestation du médecin conseil de l'assurance maladie. D'une part, pour la période de la date de consolidation au jugement, les débours de la caisse relatifs à la pension d'invalidité s'élèvent à la somme de 41 130,71 €, soit 20 565,36 € après application du taux de perte de chance, sans qu'il soit besoin de faire application du principe de priorité dès lors que M. G ne sollicite pas d'indemnisation au titre des pertes de gains professionnels pour la période postérieure au 30 septembre 2019.
42. D'autre part, pour la période postérieure au jugement jusqu'au 8 décembre 2030, date théorique de départ à la retraite de M. G à 63 ans et 9 mois, il y a lieu de mettre à la charge du CHR une rente d'un montant annuel total de 10 910,40 €, soit 5 455,20 € après application du taux de perte de chance et sans qu'il soit besoin de faire application du principe de priorité. Cette rente sera revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
43. Par ailleurs, eu égard au montant de la somme qui lui est allouée par le présent jugement, la CPAM du Finistère a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, à la somme de 1 162 €.
Sur les intérêts et la capitalisation :
44. En premier lieu, M. G et autres ont droit aux intérêts sur les sommes qui leurs sont dues à compter du 2 févier 2021, date de réception de leur demande indemnitaire préalable par le CHR. Il sera fait droit à cette demande. Par ailleurs, M. G et autres ont demandé la capitalisation des intérêts le 27 avril 2021, date d'enregistrement de leur requête. Par suite, les intérêts échus à compter du 2 février 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les frais liés au litige :
45. Les frais de l'expertise du docteur D, liquidés et taxés à la somme de 2 500 € par l'ordonnance n° 1904888 du 2 juin 2020, sont mis à la charge définitive du CHR.
46. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHR la somme de 2 000 € à verser à M. G et autres au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
47. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande du CHRU de Rennes présentée sur le fondement au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le CHR est condamné à verser les sommes suivantes :
1°) à M. A G : 118 295,27 € ;
2°) à Mme C G : 1 700 € ;
3°) à Mme et M. F et B G : 1 000 € chacun.
Article 2 : Les sommes mentionnées à l'article 1er porteront intérêts à compter du 2 février 2021 et seront capitalisées à compter du 2 février 2022.
Article 3 : Le CHR est condamné à verser à la CPAM la somme de 47 246,56 €, des rentes à titre viager d'un montant total de 1 245,38 €, une rente annuelle jusqu'au 8 décembre 2030 d'un montant de 5 455,20 €. Ces rentes seront revalorisées en application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale, outre l'indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 162 €.
Article 4 : Les frais de l'expertise du docteur D, liquidés et taxés à la somme de 2 500 € par l'ordonnance n° 1904888 du 2 juin 2020, sont mis à la charge définitive du CHR.
Article 5 : Le CHR versera à M. G et autres la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mmes A, C et F G, au centre hospitalier de Redon, au centre hospitalier régional universitaire de Rennes, à la caisse primaire d'assurance maladie d'Ille-et-Vilaine.
Une copie sera adressée à l'expert M. D.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
C. Dayon
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026